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4 juin 2017

Rock et chanson : les 20 concerts à voir en juin à Paris

Que du beau monde sur scène ce mois-ci dans la capitale. La preuve avec notre liste des immanquables du mois de juin, catégorie rock et chanson française.

Télérama.fr - Musiques

Martin Dupont, la folle histoire d’un groupe oublié de la new-wave française

Martin Dupont

“Un homme un peu dingo qui ne sait pas comment il a fait pour vivre toutes ses vies.” Voilà ce qu’est Alain Seghir en ce mois de mai 2017. Un Français originaire de Marseille, passé des chorales d’église (il a notamment chanté pour le pape à 7 ans) à la conception de nouvelles technologies (il est à l’origine d’une carte pour le légendaire synthé DX7 Yamaha, utilisée par Jean-Michel Jarre), vivant désormais en Normandie où il occupe le métier de chirurgien plastique. Un homme bien sous tous rapports, mais qui a participé à la transgression des codes musicaux en France en contribuant à sa manière à l’émergence d’une scène new-wave spécifiquement hexagonale.

C’était en 1981. Follement amoureux de Catherine Loy, Alain Seghir a l’idée de former un groupe à ses côtés pour être toujours auprès d’elle. Ce sera Martin Dupont, un nom un peu “débile”, qui le “dessert”, mais sous lequel il enregistre deux albums à ranger parmi les plus beaux trésors cachés d’une génération entrée dans l’âge adulte en écoutant New Order : Just Because et Hot Paradox.

Le premier, sorti en 1984 et enregistré en pensant très fort aux travaux de Kas Product, tranche d’emblée avec les productions soutenues à l’époque par l’industrie musicale : les mélodies sont branlantes, les textes ne prônent ni l’amour en solitaire, ni les duels au soleil et les nappes de synthés paraissent aussi maladroites qu’avant-gardistes – sinon, comment expliquer que Madlib (For The Nasty) et Tricky (Something In The Way) aient samplé Just Because ces dernières années, voire que Kanye West se soit réapproprié Take A Look pour une prod destinée à Theophilus London ?

“Je manquais de sérieux et de professionnalisme”

Si ces hommages rendus par les artistes actuels ne l’ont pas rendu riche (“quelques milliers d’euros, tout au plus”), Alain Seghir peut toutefois se réjouir d’avoir publié un deuxième album tout aussi fascinant. Ça se passe en 1987, Martin Dupont vient d’accueillir une nouvelle musicienne, Beverley Jane Crew, et ça se ressent immédiatement dans le son : Hot Paradox paraît plus orchestral, mieux produit, même s’il conserve la fougue et le côté DIY des précédentes productions.

Paradoxalement, l’arrivée de cette clarinettiste anglaise marque également la fin d’une aventure humaine. Très vite, Alain Seghir tombe raide dingue de sa nouvelle partenaire de jeu et quitte Catherine, qui choisit de son côté de laisser le groupe derrière elle. Un choix logique, mais qui, à entendre le seul homme du quatuor, n’est pas l’unique raison expliquant l’arrêt de Martin Dupont : “Je manquais de sérieux et de professionnalisme à l’époque. Je me donnais à fond dans mon travail, je voulais apprendre, faire mes preuves en tant que chirurgien et j’avoue avoir parfois mal géré les choses. Par exemple, on aurait pu collaborer avec Kas Product ou avoir des interviews dans des médias nationaux, mais je ratais systématiquement les rendez-vous.”

Des singles cultes, un come-back et John Lurie

Trente ans plus tard, Martin Dupont a heureusement accumulé suffisamment de faits d’armes pour continuer de fasciner ceux qui préfèrent les chemins de traverse aux routes bien tracées. Il y a d’abord ces concerts donnés à Montpellier en première partie de Siouxsie And The Banshees et de The Lounge Lizards : “Personne ne nous connaissait, mais le public était dingue, précise-t-il. On a même passé une super soirée avec John Lurie et les autres membres de The Lounge Lizards. Une soirée bien festive et assez alcoolisée”.

Il y a aussi ces singles, souvent écrits tard le soir, qui refusent de choisir entre synth-pop et new-wave – c’est notamment de cette matrice hybride, maltraitée par des nappes de synthés omniprésentes, que s’est échappé un titre tel que Just Because, aujourd’hui connu pour avoir servi de générique au film Des jeunes gens mödernes.

Il y a enfin cette réédition entreprise par Minimal Wave. Pourquoi Minimal Wave ? Très simple : “J’ai été sollicité par environ cinq labels, mais aucun d’entre eux ne semblait aussi professionnel que Veronica Vasicka (la boss du label américain, ndr). Elle a tout de suite compris la démarche qui était celle de Martin Dupont à l’époque. Notre état d’esprit également.”

Un état d’esprit avec lequel Alain Seghir a décidé de renouer ces derniers mois : après un EP publié en avril dernier aux côtés de Mick Wills, Martin Dupont devrait en effet faire parler de lui d’ici la fin de l’année, avec un album concept à venir après l’été sur Prego, un tribute album produit par BOREDOMproduct et la réédition de son catalogue par Minimal Wave.

“J’ai envie de consacrer davantage de temps à la musique”, finit par avouer Alain Seghir. À la recherche d’un temps perdu ? Plutôt dans l’idée de donner enfin sa chance à un groupe qui aurait mérité il y a déjà longtemps de voir son nom apparaître dans le grand roman de la scène rock française.

Les Inrocks - musique

Endless Boogie, Finley Quaye et New York Dolls… la sélection vinyle de la semaine

Du boogie psyché très répétitif, déniché par la boutique The Rev’ à Tulle, une comète trip hop, une explosion pré-punk… C'est la sélection vinyle de 180 gr, à mettre sur toutes les platines.

Télérama.fr - Musiques

Alt-J lâche tout son nouvel album sur YouTube

La cover du nouvel album d'Alt-J, "Relaxer"

Le groupe de Leeds vient de livrer Relaxer, un nouvel album très attendu, le vendredi 2 juin dernier, et en a posté l’intégralité sur son compte YouTube. On peut notamment y retrouver une reprise rêveuse du plus célèbre single de The Animals, House Of The Rising Sun :

Si cinq des huit morceaux qui composent le LP viennent tout juste d’être révélés, les clip de 3WW et In Cold Blood avaient eux été mis en ligne il y a déjà plusieurs semaines. Vous pouvez retrouver ce dernier juste en dessous, introduit par la voix rauque et éraillée d’Iggy Pop :

Plusieurs concerts en France

Relaxer est le troisième disque du trio Alt-J, qui avait marqué les esprits dès son premier LP, An Awesome Wave (2012), avant d’enchaîner avec This Is All Yours (2014), toujours dans une veine indie et expérimentale.

Si vous souhaitez retrouver le groupe en live, ils sera de passage à Rouen le 10 juin, Lyon le 4 juillet, et se produira sur scène lors du Lollapalooza festival, le 23 juillet prochain, à l’hippodrome de Longchamp.

Les Inrocks - musique

Mogwai en invité surprise, Mac DeMarco en slip : Primavera toujours aussi cool

Crédits : Eric Pamies pour Primavera

“Mais quel bouffon“. Le garçon, bob vissé sur le crâne, secoue la tête en tirant sur sa clope. Et sa copine de le pousser gentiment, avant de répondre en le taquinant : “Non, arrête, il est cool ! Je crois que je suis amoureuse de lui“. Voilà qui résume parfaitement la prestation de la tête d’affiche de cette deuxième journée de Primavera. Sous les yeux d’un public massif, Mac DeMarco vient de quitter son jean, de lâcher un rot tonitruant et de se mettre en slip, avant d’empoigner sa guitare et de lancer Dreamin.

DeMarco, compositeur génial, mais en slip

Bon, il serait quand même assez malvenu de s’en tenir aux pitreries du songwriter américain, même si ces dernières font partie intégrante de son personnage. Effectivement, force est de constater que chacune de ses chansons porte la marque des grands compositeurs. Tant du coté de ses tubes (Viceroy, My Kind Of Woman) que de son dernier album, plus acoustique (This Old Dog, dont il nous parlait longuement ici), les titres de Mac DeMarco auront pris toute leur ampleur pendant ces 90 minutes de live. Et en dépit d’un batteur nu sur son tabouret, de musiciens frappant n’importe comment sur leurs percussions et d’une certaine tendance à l’exhibitionnisme, le musicien aura prouvé, en une heure et demie de concert, que ses chansons, si simples puissent-elles paraitre, sont bien moins crétines qu’elles n’en ont l’air. Et que toutes, sans exception, sont le fruit d’un incontestable talent de composition.

El strip tease musical de Mac DeMarco en @Primavera_Sound #festival pic.twitter.com/8xCpXDvkCW

— ALBERTO SCHWARZMANN (@alschwarzmann) 3 juin 2017

La classe de Sampha

Juste avant lui et sous un soleil brûlant, Sampha ravissait également les spectateurs de Primavera. Revisitant la soul à grands renforts d’influences électroniques, le chanteur n’a eu de cesse que de se faire acclamer (à raison) par un public en transe. En même temps, difficile de ne pas tomber sous le charme des chansons du Britannique, qui aura mené ses spectateurs là où bon lui semblait. Balades lacrymales en tête à tête avec son piano, matraquage de pads en compagnie de ses musiciens, chant doux, rageur, rêveur : l’homme sait tout faire, et s’impose comme une figure résolument incontournable de la musique contemporaine (il a d’ailleurs collaboré avec les plus grands, de Kanye West à Drake, en passant par SBTRKT). L’on peut d’ores et déjà affirmer que son show, principalement composé de chansons tirées de son premier album, aura été l’un des plus marquants de cette édition du festival.

Swans, l’assourdissante noirceur

Et puis, la nuit tombe, l’ombre se lève sur Barcelone. Tandis que le concert de The xx, quelque peu platonique, nous écarte de la grande scène, on court se réfugier dans les envolées sombres et chamaniques de Swans. Le concert est déjà commencé, le leader Michael Gira est en train de psalmodier sur fond de drones et de distorsions, et quelques spectateurs fuient les décibels assourdissants. Ce soir, les musiciens délaissent tous leurs titres mélodieux pour se concentrer sur des incantations d’une noirceur sans égale (y compris une superbe version de The Knot) ; et le résultat est d’une puissance stupéfiante. Une large partie du public semble ne pas trop savoir ce à quoi elle est en train d’assister, et les auditeurs se divisent en deux camps : ceux qui se laissent porter par les incantations soniques du groupe, et ceux qui fuient la scène en se bouchant les oreilles. Une chose est certaine, tous se souviendront de ce moment passé en compagnie du groupe américain qui, comme d’ordinaire, aura poussé ses spectateurs à dépasser les limites de leur propre conscience.

Une publication partagée par Martin Milone (@martinmilone) le 2 Juin 2017 à 15h32 PDT

La soirée se conclue sur des notes moins graves, avec une très chouette prestation du groupe de post-punk Operators, mené par Dan Boeckner (la tête pensante des Handsome Furs) et un live supersonique de Flying Lotus, caché derrière des vidéos psychés. Et puis vient le temps de l’éternel retour ; en attendant un samedi qui devrait se placer sous le signe du rock indépendant.

XR

C’est un fragment non négligeable de l’histoire de la musique américaine qui jouait hier, en début d’après-midi, sur la scène Primavera. Slim Cessna’s Auto Club et cette gueule cassée de Jay Munly, membres émérites du club fermé du son de Denver, ont multiplié les positions suggestives et craché au visage du public un folk rock crasseux de cul-terreux du midwest. L’occasion de rappeler ici que si le festival catalan n’est pas toujours à la pointe du défrichage, il fait néanmoins un important travail de documentation, en programmant les représentants les plus significatifs des courants musicaux qui ont marqué les époques depuis le premier riff de Chuck Berry.

#UnexpectedPrimavera

La preuve encore hier, quand, entre deux diatribes sur Jésus proférées par Munly, on reçoit une notification indiquant que Mogwai, qui n’était pas programmé cette année, jouera à 20h, pour présenter en avant-première mondiale son nouvel album. Comme la veille avec Arcade Fire, c’est sous le hashtag #UnexpectedPrimavera, lâché sur Twitter, que le festival annonce son line-up surprise. Sur les coups de 19h45, on délaisse donc le showcase de Weyes Blood à la Maison Mango, pour rejoindre la scène Bacardi. Les Ecossais sont visiblement hyper attendus et jouent l’intégralité de Every Country’s Sun, qui devrait sortir le 1er septembre. Mogwai a ainsi fait du Mogwai, convoquant à l’infini motifs synthétiques et mélodies surannées perdues quelque part entre deux temps ; à tel point que chacun de leurs albums devraient porter le sous-titre Music For a Forgotten Future. 

Just arrived in Barcelona pic.twitter.com/YFnF9v9vnz

— Mogwai (@mogwaiband) 2 juin 2017

En parlant d’Ecosse et de mélancolie, Arab Strap a joué hier. Après le décès soudain de Kevin Garcia au début du mois de mai, Granddaddy a annulé sa grande tournée des festivals et a été remplacé ici, à Primavera, par Aidan Moffat et Malcolm Middleton. Le début du concert est marqué par le son des cornemuses de l’intro de Loch Leven, brandi comme un doigt d’honneur à Nigel Farage, tandis que la suite pourrait se résumer à ce passage de The Shy Retirer : “I want to fall in love tonight / And form the perfect unbreakable bond…” “Je veux tomber amoureux ce soir soir / et créer un lien parfait et incassable”. Moffat et Middleton ont ainsi joué très fort, faisant résonner les caissons de basse dans nos poitrines, sur une scène jouxtant le crépuscule du monde.

Ian Svenonius, Jésus Christ superstar

Juste avant Arab Strap, on a croisé Descendents, pionniers parmi les pionniers du punk-rock californiens, devant une foule arborant t-shirt Black Flag et autres signes ostentatoires de ralliement à la cause de la bande de Bill Stevenson et Milo Aukerman. Un peu plus tard, tandis que le son du concert de Swans se fait entendre d’un bout à l’autre du Parc du Forum, on a vu la Vierge. Ou plutôt l’Antéchrist, voire même carrément le Christ en personne. Le matin même, dans le quotidien catalan La Vanguardia, Ian Svenonius, leader incandescent de The Make-Up, fanfaronnait sur l’underground, arguant en être le dépositaire, et fustigeant la totalité de la scène indie-rock en la qualifiant de conservatrice.

Sous les regards de Kevin Morby et Alexis Taylor (Hot Chip / This Is Not This Heat), Svenonius a tout mis en oeuvre hier soir pour justifier ses outrances verbales, transformant un créneau horaire dans un line-up millimétré en véritable prêche rock’n’roll. Toujours sur la brèche, micro enfoncé au fond de la gorge et marchant sur le public comme Jésus sur l’eau, il a expié nos péchés tout et redonné au rock sa dimension cosmique.

C’était comme naître à nouveau.

FM

Les Inrocks - musique

U2, 3 juin 2017, Soldier Field Stadium, Chicago, Illinois (1er soir)

Première partie : The Lumineers

Setlist

1 - Sunday Bloody Sunday
2 - New Year's Day
3 - Bad / America (snippet)
4 - Pride (In The Name Of Love)
5 - Where The Streets Have No Name
6 - I Still Haven't Found What I'm Looking For
7 - With Or Without You
8 - Bullet The Blue Sky / Black Dog (snippet) / America (West Side Story) (snippet)
9 - Running To Stand Still
10 - Red Hill Mining Town
11 - In God's Country
12 - Trip Through Your Wires
13 - One Tree Hill
14 - Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)
15 - Mothers Of The Disappeared

Rappel(s) :
16 - Beautiful Day / My Kind Of Town (snippet)
17 - Elevation
18 - Miss Sarajevo / The New Colossus (snippet)
19 - Ultra Violet (Light My Way)
20 - One
21 - Happy Birthday
22 - I Will Follow

Source des commentaires : U2Gigs

U2 donnait, hier soir, le premier de ses deux concerts à Chicago. C'est la seconde ville de la partie nord américaine de la tournée à avoir deux concerts, après Los Angeles, avec une ville à venir à New York.

Les rapports du soundcheck montrent que A Sort of Homecoming est manquante depuis le premier concert de Los Angeles, où elle a été répétée. Hélas, elle ne figure pas sur la set d'hier soir.

Pour Sunday Bloody Sunday, Bono aborde l'attaque terroriste de Londres, ainsi que celle de Manchester, conduisant le public à scander avec passion le traditionnel "no more ! no more !" de ce morceau. Bad est jouée pour la 7e fois d'affilée. C'est la première fois qu'elle est jouée d'aussi nombreuses fois d'affilée, depuis les 7 concerts consécutifs des 28 avril au 9 mai 2001.

L'ordre des rappels est une nouvelle fois légèrement. Miss Sarajevo en était l'ouverture lors des trois derniers concerts mais ce soir c'est Beautiful Day qui revient à cette position et Miss Sarajevo se retrouve entre Elevation et Ultra Violet.

I Will Follow est jouée pour la 4e fois sur la tournée JT 2017—mais il convient de noter que c'est la toute première qu'elle figurait bien sur la setlist prévue. Les 3 autres performances étaient des divergences spontanées de la set. C'est également la première fois qu'elle est jouée plusieurs concerts d'affilée sur cette tournée.

Avant que U2 ne la lance, Bono emmène le public dans un joyeux Happy Birthday en l'honneur de Chris Blackwell, fondateur de Island Records, dans l'assistance ce soir. Et Bono d'expliquer que cet anniversaire ne sera que dans Presque trois semaines, le 22 juin et qu'il aura 80 ans ce jour-là.

U2 France