Actu musique

26 mai 2017

Livre : Syd Barrett, le rock et autres trucs

Activiste majeur de la poésie française vivante, Jean-Michel Espitallier cultive par ailleurs une passion immodérée pour le rock – cette musique dont, étant né en 1957, il est l’exact contemporain. Avec Syd Barrett, le rock et autres trucs, il donne (très) libre cours à cette passion en plaçant au cœur de son projet d’écriture la figure ô combien iconique de Syd Barrett, l’ange déchu du swinging London qui, après avoir été éjecté de Pink Floyd en 1968 pour cause de conduite de plus en plus erratique, laissa tout tomber en 1974 et, redevenu Roger Keith Barrett, se mura dans l’anonymat et le silence jusqu’à sa mort en 2006. “Il s’est raconté tellement d’histoires sur cet énigmatique effacement…” : fasciné par le mystère Barrett, Espitallier s’en approche au plus près, se rend même devant chez lui un jour de novembre 2004 – moment-clé autour duquel tout se cristallise – mais sans chercher à le percer.

Nouvelle édition donc, d’un livre où il est question, entre autres trucs, de Barrett, du rock, des sixties, de l’immortalité, des artistes maudits (Rimbaud en tête), des drogues, de la gloire et de la déchéance, l’effacement apparaît – stimulant paradoxe – comme le sujet secret de ce livre hybride, aussi vif dans le fond qu’inventif dans la forme.

Aux éditions “Le Mot et le Reste”, 154 pages, 15 €

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Le nouvel album de Lana Del Rey a enfin une date de sortie

Capture d'écran Youtube du teaser "Lust For Life".

Lana Del Rey sait se faire désirer ! Depuis qu’elle a déboulé de nulle part avec un nouveau single, le sublime Love, paru le 18 février dernier, l’auteure-compositrice-interprète américain prépare tranquillement la sortie de son prochain album. Le 25 mai dernier, la chanteuse a enfin révélé la date officielle de son troisième disque Lust For Life, dont le titre avait été dévoilé dans un drôle de teaser en noir et blanc, il y a deux mois. Il s’agit du 21 juillet.

En plein été

July 21 fam

— Lana Del Rey (@LanaDelRey) May 25, 2017

Il faudra donc patienter jusqu’au 21 juillet pour découvrir dans son ensemble ce nouvel LP. Seulement deux extraits studios sont d’ores et déjà disponibles, le premier Love et le second Lust Fort Life en featuring avec The Weeknd.

Lana Del Rey est actuellement en tournée en Amérique du Nord. Le 20 mai dernier, sur la scène du KROQ Weenie Roast Festival, non loin de Los Angeles en Californie, elle a offert un aperçu inédit de son prochain album avec le moreau Cherry, pas encore officiellement sorti mais dont une version live amateur tourne sur Youtube (à regarder ci-dessous).

Concert au Lollapalooza de Paris le dimanche 23 juillet.

Les Inrocks - musique

Jacques, The Blaze et Paradis à l’affiche du festival Calvi on the Rocks

Jacques sur l'affiche de Calvi On The Rocks 2017, redimensionnée (© Alice Moitié et Thomas Lélu)

Calvi on the Rocks vient de balancer une première salve de noms pour le line-up de son édition 2017 et c’est très prometteur. Parmi les têtes d’affiche du festival corse qui se tiendra du 30 juin au 5 juillet, on retrouve Jacques, le duo électronique The Blaze et enfin Paradis.

Le festival corse accueillera aussi la DJ parisienne Clara 3000, les producteurs de house Kerri Chandler, Jeremy Underground et Black Coffee, les Pachanga Boys, HVOB & Winston Marshal, la Coréenne Peggy Gou, Andres Tome, Solstice, et un mix de Bon Entendeur.

Des affiches funs et fruitées

L’identité visuelle de Calvi a elle été confiée à l’artiste plasticien Thomas Lélu, qui avait déjà collaboré avec le festoch en 2008, et à la photographe Alice Moitié, qui avait signée notre couverture avec Jacques et Fishbach en janvier dernier. Sur les sept affiches qu’ils ont réalisées, trois ont pour l’instant été révélées, avec Rocky, le DJ Marco Dos Santos et Jacques :

Jacques (© Alice Moitié et Thomas Lélu)

Rocky (© Alice Moitié et Thomas Lélu)

Marco Dos Santos (© Alice Moitié et Thomas Lélu)

Festival Calvi on the Rocks
Du 30 juin au 5 juillet 2017
Les places sont en vente sur le site de l’événement.

Les Inrocks - musique

Interview: Beth Ditto explique ses raisons pour quitter Gossip, et se lancer en solo

Tu as fait partie de Gossip 
pendant dix-sept ans. Le groupe s’est arrêté en 2016. Cela a-t-il 
été difficile de trouver une identité musicale en solo ?

Beth Ditto – Cela s’est fait 
de manière assez naturelle. J’ai ressenti lors de nos derniers enregistrements 
que personne n’était réellement satisfait. Ce n’était de la faute de personne 
en particulier, je crois que chacun a évolué. Nathan est retourné dans l’Arkansas, 
dans cette ferme où il a grandi. Et j’ai senti que c’était différent des autres fois. 
Les gens du label m’ont dit : “Pourquoi 
ne commencerais-tu pas à écrire des chansons ?” Je m’y suis mise. J’ai rencontré du monde, des compositeurs, et j’écrivais mais c’était des morceaux pour Gossip 
que j’imaginais. ça me frustrait. J’ai envoyé un texto à Nathan en lui disant : “J’ai commencé à écrire des chansons, je pense que c’est le moment où je me sens prête à arrêter Gossip.” Il m’a simplement répondu “OK”. On ne se parle plus beaucoup 
depuis. Je l’ai vécu comme une rupture, 
un déchirement. On était très proches, c’était une relation compliquée.

Comment s’est passée l’écriture 
de l’album ?

Techniquement, c’était totalement différent du boulot que je faisais 
avec Nathan. Lorsqu’on travaillait ensemble, aucun de nous ne maîtrisait la musique 
de manière technique, donc ça pouvait nous prendre énormément de temps pour parvenir au résultat escompté. Quand j’ai commencé à travailler avec des musiciens de studio, je leur disais juste “j’ai envie 
de telle ou telle chose” et ils le jouaient. Je n’en revenais pas. Cela a donc été 
plus simple. Mais la dynamique que nous 
avions avec Nathan était unique. Nous avons grandi ensemble. Pendant des années, j’ai pensé que sans lui je me casserais la figure. C’est très hétéro-normatif de penser de cette façon. Cette vision sexiste était tellement ancrée dans mon cerveau alors même que je passais mon temps 
à parler de féminisme, de ma place 
de femme dans le groupe…

Jennifer Decilveo a produit l’album. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Le label nous a présentées. Elle est lesbienne elle aussi. C’est un disque produit, chanté, produit par des queers. Je pense que c’est quelque chose qui 
n’est quasiment jamais arrivé dans l’histoire de la musique ! On a eu une relation 
très ouverte, complémentaire. Elle n’avait jamais entendu parler de The Slits 
par exemple, et moi j’avais beaucoup à apprendre d’elle techniquement, sur 
des arrangements par exemple. Très vite, 
je lui ai expliqué que je voulais créer 
un disque qui ne soit pas “cool”, mais qui 
me ressemble. Je voulais qu’il mêle pop, rock, des influences de mon enfance, 
le honky tonk (de la country jouée dans les bars – ndlr) que j’écoutais avec mon père… (suite…)

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10 choses que vous ne savez pas sur Vincent Delerm

Le chanteur se traîne la réputation d'un gars ennuyeux comme une fiction bavaroise un soir de pluie. Or, pas du tout. La preuve par dix.

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Pourquoi l’album de Damso a (presque) disparu d’Internet

Capture d'écran du clip "Amnésie" sur Youtube… désormais indisponible.

Où est donc passé un des titres les plus populaire du premier album de Damso ? Amnésie, véritable tube de Batterie Faible sorti en juillet 2016, est introuvable sur Internet depuis le 24 mai dernier. Sur plusieurs plateformes de streaming, dont Soundcloud, Apple Music, Deezer et Google Play, la chanson n’apparaît plus dans la tracklist du disque. Spotify et TIDAL de leurs côtés, ont tout simplement supprimé Batterie Faible de leur catalogue. Seul Ipséité, dernier LP en date paru le 28 avril 2017, est encore disponible. Enfin, sur Youtube,  le clip officiel a totalement disparu de la page VEVO du rappeur belge.

L’artiste a réagi à ces étranges disparitions sur son compte Twitter et sur Instagram, depuis. Ses mots laissent penser qu’il n’est pas derrière le retrait d’Amnésie et de Batterie Faible des services de streaming audio et vidéo sur le web.

Free Batterie Faible.

— DAMSO (@THEDAMSO) May 24, 2017

Le site internet Booksa-P, spécalisé en rap francophone, suppose que le problème viendrait d’un conflit de droits d’utilisation d’un sample présent dans le titre Amnésie. 

Selon le site Who Sampled, le rappeur aurait utilisé une partie de l’intro du morceau Heard A Sigh de Cortex. Il n’est pas question du Cortex français de Youtube qui a consacré nombres de ses vidéos à clasher d’autre Youtubeurs il y a quelques années. Cortex est aussi un duo français de jazz fusion et de funk en activité dans le milieu des années 1970 jusqu’au début des années 1980.

Cela reste une simple hypothèse car Damso n’a pas fait de déclaration officielle sur les raisons du retrait de son album et de ce titre. Les internautes ont déjà réussi  à contourner ces restrictions, et certaines vidéos Youtube proposent le son de Damso gratuitement.

Concerts à Lille le 18 octobre, à Paris le 6 novembre, à Reims le 16 novembre et en festival cet été à We Love Green le samedi 10 juin à Paris et à Dour en Belgique le mercredi 12 juillet.

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Daphni (aka Caribou) annonce un nouvel album, et livre un morceau inédit

Capture d'écran Youtube de Dan Snaith alias Daphni

Cinq ans après son dernier disque Jiaolong, Daphni va dévoiler un nouvel album le 21 juillet, composé de 23 nouveaux morceaux et de 4 édits. Il s’agira d’une sortie un peu spéciale : le LP sera révélé lors d’un mix fabriclive, en collaboration avec le club Fabric, l’un des piliers de la nuit londonienne.

D’après le site de Pitchfork, l’artiste aurait eu l’idée de s’associer avec la boîte de nuit après y avoir passé « 10 ou 15 » soirées, la plupart du temps pour « voir Ricardo Villalobos », une légende de la minimale. Ce dernier avait d’ailleurs lui-même sorti un album à travers fabriclive (Fabric 36), tout comme le producteur de Détroit Omar S (Fabric 45), ou encore Shackleton (Fabric 55), et Daphni affirme s’être inspiré de leur démarche.

Un morceau inédit disponible à l’écoute

Dan Snaith, l’artiste derrière Daphni (et Caribou), est revenu sur le processus créatif qui lui a permis de créer son nouvel album, Fabriclive 93, comme le relate Pitchfork :

Beaucoup de ces morceaux ont été enregistrés lors du mix lui-même, in situ – je passais un track, et au lieu de chercher un morceau déjà existant à mettre ensuite, j’en créais juste un qui soit complètement nouveau. (…) Les tracks dessus proviennent de différentes extrémités du spectre de la musique que j’aime/je fais.

Au passage, le Canadien a offert un avant-goût de son prochain LP, en révélant Face to Face :

Face to Face by DaphniDepuis l’album Jialong, Dan Snaith n’avait sorti que quelques morceaux sous son pseudo Daphni. Il avait par contre livré l’excellent album Our Love en 2014 en tant que Caribou.

Découvrez le tracklisting complet de fabriclive 93 :

01 Daphni – Face to Face
02 Daphni – Xing Tian
03 Daphni – Carry On
04 Jamire Williams – FUTURISM (Daphni Edit)
05 Daphni – Poly
06 Daphni – Ten Thousand
07 Daphni – Medellin
08 Daphni – Hey Drum
09 Luther Davis Group – You Can Be A Star (Daphni Edit)
10 Daphni – Try
11 Daphni – Vikram
12 Pheeroan Ak Laff – 3 In 1 (Daphni Edit)
13 Daphni – Listen Up
14 Daphni – Tin
15 Daphni – Moshi
16 Daphni – Strange Bird
17 Container – Dissolve (Daphni Edit)
18 Daphni – Joli Mai
19 Daphni – Nocturne
20 Daphni – So It Seems
21 Daphni – Screaming Man Baby
22 Daphni – vs
23 Daphni – The Truth
24 Daphni – 406.42 ppm
25 Daphni – Always There
26 Daphni – Fly Away
27 Daphni – Life’s What You Make It

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La Magnifique Society s’impose comme le nouveau festival incontournable de Reims

Alex Cameron à la Magnifique Society, mai 2017 (Photo Clément Caron)

Point névralgique d’une scène musicale hexagonale qui a fait péter les codes du genre grâce à des artistes comme les Shoes, les Bewitched Hands, Yuksek ou encore Brodinski, la cité des sacres a rayonné sur la France des festivals pendant près de quinze ans avec Elektricity. Disséminé dans toute la ville sous le regard bienveillant de la Cathédrale six fois centenaire de Reims, le rendez-vous électro-pop n’est plus et laisse dorénavant place à la Magnifique Society.

Un nom de loge maçonnique, sans rite de passage exigé et ouverte à tous, pour un festival qui s’est monté dans l’écrin luxuriant du Parc de Champagne:

“Elektricity était un festival assez contraint dans la mesure où on naviguait en ville. On ne pouvait pas vraiment créer d’univers raconte Christian Allex, programmateur de la Magnifique Society. On avait envie de légèreté et de modernité, alors on a cassé l’héritage et on a monté cette première édition dans un parc qui a de la gueule, inscrit monument historique, dans lequel on pouvait réunir tous ces groupes dans un seul et même lieu”. 

Pari gagné, puisqu’une cinquantaine d’artistes se partageront les quatre scènes du site : trois en extérieur et une dernière sous une tente, dans un espace appelé pour l’occasion Tokyo Space ODD, consacré à la diversité de la scène musicale nippone.

Magnifique people

La première claque du week-end nous vient tout droit du passé glorieux de la French Touch. Ou du futur, c’est selon, tant la musique de Air est intemporelle. Pardon d’être, près de vingt ans après la sortie de Moon Safari, encore émerveillé par la beauté et la grâce d’une discographie qui devrait être inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Même si la scénographie (sublime) ne semble pas avoir beaucoup évolué depuis la reformation de l’année dernière, la maitrise et l’émotion restent intactes. Du regard contemplatif de Kelly regardant les étoiles au décollage final de La Femme D’argent, Jean-Ben Dunckel et Nico Godin ne font pas que tirer sur la corde sensible de la nostalgie, ils la transcendent en continuant à nous livrer une certaine idée, un peu naïve, de la modernité.

De l’autre côté du Parc de Champagne, c’est pas la même chanson : Anders Trentemøller est en train de tabasser le public à grands coups de rythmes martiaux, dans un set glacial et frénétique, le regard résolument rivé sur le rétro de la cold wave. Le Danois lâche ainsi de façon intempestive ses claviers pour venir haranguer la foule, tandis que son live band soutient la cadence avec des lignes de basse redoutables, sans jamais faire retomber la pression. Une belle façon de rappeler qu’on n’a jamais autant bien fait la fête que depuis la révolution post-punk.

Un peu à la manière des rouleaux compresseurs et vieux briscards des nuits qui s’éternisent que sont Moderat et Boys Noize. Devenus les têtes d’affiche incontournables des festivals du monde entier, les berlinois semblent, en ces temps incertains, les seuls capables de réveiller les foules.

Les Allemands n’ont pas pour autant le monopole du fracassage de festivalier. Quelques heures avant son concert, Jason Williamson, moitié gouailleuse de Sleaford Mods, se souvient de son passage à la Villette Sonique l’année dernière aux côté des parisiens de Frustration. Le public avait littéralement pété un plomb, envahissant inlassablement le plateau sous les salves de mots rageurs des working class hero de Nottingham. Pas la même ambiance ici, malgré la présence de quelques irréductibles venus en découdre bière au poing et la prestation impeccable de Jason et Andrew.

Sur la scène d’en face, Thee Oh Sees est déjà en place et attend sagement la fin du concert des Mods de Sleaford. Ces derniers terminent leur set sur Tweet Tweet Tweet – un track très punk californien – et c’est sans plus attendre que John Dwyer, accompagné d’une basse et de deux batteries, se lance dans une heure de fuzz et de psychédélisme furibard. Les mouvements synchronisés des batteurs ont un effet hypnotique, tandis que le vieux John semble à cran, voire carrément énervé. Tant mieux, la rage palpable du leader le plus charismatique de la scène psyché west coast a un effet libérateur sur le public, qui n’hésite pas à se foutre joyeusement sur la gueule.

Un peu plus tôt dans la journée de samedi, sous le regard attentif de Jack Ladder – crooner australien injustement méconnu en France -, autre ambiance. Alex Cameron, accompagné d’un groupe et de son indéboulonnable “business partner” de saxophoniste Roy Molloy, déroule les comptines de son album Jumpin the Shark avec une classe déconcertante, dans un numéro de music-hall au charme suranné. Il gratifiera le public d’une poignée de nouveaux morceaux (dont le très beau Candy May), mais fera l’impasse sur Mongrel. Dommage, il s’agit de la plus belle des ballades sombres jamais sortie d’Australie depuis Red Right Hand, de Nick Cave.

Magnifique scène française

Ce week-end, on aura une nouvelle fois pu constater la belle vitalité de la scène musicale française. Et ce n’est pas Jean-Mathieu, fan hardcore de Juliette Armanet, qui dira le contraire. La lauréate féminine du prix inRocKs Lab 2014 a l’habitude de jouer avec son public ; elle dédiera cette fois une partie de sa setlist à ce garçon du premier rang, qui a dû passer le meilleur moment de sa vie. Au-delà de la suffocante beauté de l’interprétation de titres comme Manque d’amour, A la folie, l’accident, ou l’amour en solitaire, c’est le magnétisme de Juliette qui sidère. A tel point que son groupe semble parfois s’arrêter de jouer pour la regarder seule derrière son clavier. Sur la scène d’en face, Fishbach cale même son line-check en reprenant en choeur dans son coin les paroles d’un samedi soir dans l’histoire. 

La veille, c’est l’iconoclaste Anthonin Ternant, ex-membre des Bewitched Hands, qui avait foutu une petite claque à la Magnifique Society avec son projet zombiesque Black Bones. Inclassable, le rémois à la dégaine de Garth Algar dans Wayne’s World, joue les guitar hero et prend des voix cartoonesques, sous une avalanche de percussions dévastatrices. Figure tutélaire de la scène locale, Ternant remet une nouvelle fois Reims sur la carte.

Requin Chagrin est la confirmation du festival. Citant un large pan de la pop française allant de Bashung à Daho, les parisiens tracent une voie à cheval entre le garage, la dream pop et le shoegaze. Certains titres comme Ciao Rubello et Adélaïde, possèdent une force de frappe considérable sur scène. On a hâte d’écouter la suite.

On regrette d’avoir manqué Bon Gamin. Il parait que la bande d’Ichon est arrivée à la bourre sur scène, mais pile à l’heure pour coller une claque au rap français.

Magnifique odyssée nippone 

Fruit de la rencontre fortuite entre Christian Allex, programmateur de cette première édition, et l’artiste électro français 2080 sur le crossing de Shibuya en 2106, le Tokyo Space Odd a mis en avant pendant toute la durée du festival quelques-uns des plus éminents représentants des scènes électroniques japonaises. De la chiptune kawaï de YMCK, figure emblématique et pionnière de ce courant musical utilisant des puces audio de consoles de jeu comme instrument, à la trap du collectif de rap Killa ambiance Neo Tokyo du manga culte Akira, l’écart avait de quoi surprendre.

Curateur de cet espace à part, 2080, qui n’hésite pas à sampler des passages de Twin Peaks en japonais lors de ses show, met en avant la singularité des artistes programmés cette année. Comme Seiho et son electronica teintée d’influences jazz et techno et, surtout, Wednesday Campanella, objet pop inclassable. La curiosité suscitée par ces trois jours de festival est plutôt une bonne nouvelle pour le soft power nippon.

Une première édition prometteuse.

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