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22 mai 2017

Chromatics apparaît dans Twin Peaks et sort un nouveau clip inspiré par la série

Capture d'écran Youtube du clip "Shadow" de Chromatics

Twin Peaks a fait son grand retour hier soir, vingt-cinq ans après la fin de la deuxième saison, et a marqué le coup avec un premier épisode de deux heures diffusé sur la chaîne de TV américaine Showtime. Cerise sur le gâteau, il s’est conclu avec l’apparition du groupe Chromatics, y interprétant son morceau dream pop Shadow (2015) au Roadhouse, un bar qui sert régulièrement de décor dans la série.

Au passage, le groupe de Portland a aussi sorti le clip du titre, dans lequel la chanteuse Ruth Radelet chante devant des rideaux rouges qui rappellent ceux de la “Black Lodge” :

La description qui l’accompagne précise que c’est un hommage au film Blue Velvet de David Lynch (1986), ainsi qu’à la chanteuse et actrice Julee Cruise, qui a collaboré à plusieurs reprises avec le réalisateur.

Toutes les copies du nouvel album “Dear Tommy”… détruites

La B.O. de la nouvelle saison de Twin Peaks comprendra aussi d’autres morceaux de Johnny Jewel, le leader de Chromatics, tirés de son album solo Windswept sorti plus tôt ce mois-ci. L’artiste prévoit également de sortir un nouveau disque avec le groupe : Dear Tommy faisant ainsi suite à Kill for Love (2012), et comprenant le morceau Shadow.

>> A lire aussi : Pourquoi, vingt six ans après, le retour de Twin Peaks est un véritable événement <<

Le disque à venir avait déjà été annoncé en 2014, mais le manager de Jewel, Alexis Rivera, a révélé sur Twitter le 4 mai dernier que le musicien “avait failli mourir à Hawaï” en 2015, et qu’il avait détruit les 25 000 copies existantes de Dear Tommy en rentrant en Californie. Pour entretenir le mystère, certaines copies restantes ont été mises en scène pour l’une des photos promotionnelles de la nouvelle saison de Twin Peaks.

Mais rassurez-vous, le cinquième album a été réenregistré depuis le coup de colère de Jewel, et devrait sortir prochainement.

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Burial fait son retour avec deux extraits d’ambient pur

Logo officiel de Willam Bevan connu sous son nom de scène Burial.

Burial, de son vrai nom Willam Bevan, dévoile deux inédits et seuls titres qui figureront sur son nouvel ep, attendu le 26 mai prochain : le premier Subtemple et le second Beachfires. Deux morceaux de 7 et presque 10 minutes d’ambient total et immersif. Un genre idéal pour faire une pause en ce début de semaine toujours difficile à démarrer. Découvrez l’ep ci-dessous et en pré-commande ici :

Ce nouvel ep, aussi baptisé Subtemple, débarque totalement par surprise quelque mois après les dernières productions du DJ et producteur londonien. En novembre 2016, Burial partageait sur Bandcamp Youth Death et Nightmarket, deux chansons radicalement différentes : plus mélodieuses, elles se prêtent plus facilement au dancefloor. Comme le souligne Fact Mag, l’artiste anglais a également balancé un remix d’un grand classique de Goldie, Inner City Life, à l’occasion du Record Store Day, le 21 avril dernier. Ecoutez ci-dessous :

L’an dernier, Burial célébrait les 10 ans de son premier album studio, Burial, qui s’impose aujourd’hui comme un incontournable de la culture rave en Angleterre et une influence majeure de la musique dubstep.

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En écoute : un single planant pour DC Salas, producteur belge à suivre de près

Crédit : Maurine Toussaint Photography

Avant de le retrouver à l’affiche de la prochaine soirée bruxelloise, Fifty Fifty, le mercredi 31 mai, dans un des hôtels les plus cools de la capitale belge, DC Salas nous offre son nouveau single Cala Falco. En écoute ci-dessous :

Co-fondateur du label Biologic Records, DC Salas fait figure de surdoué dans les musiques électroniques, il n’y a qu’à observer son parcours artistique… A 15 ans, il anime une émission de radio, puis il devient DJ résident dans un club de Bruxelles (Wax) et directeur artistique dans un autre (Mr. Wrong). Après plusieurs EP et des projets parallèles (Polar, Mugwump et Los Niños Del Parque) Diego Cortez Salas prépare aujourd’hui la sortie de son premier album, The Unspoken (à paraître le 21 mai prochain). Il nous en offre un premier extrait avec le single ci-dessus (disponible sur Apple Music). Il y invite la voix spectrale de la chanteuse Joy Adegoke du duo Joy Wellboy.

Polo & Pan, également à l’affiche de la session Fifty Fifty de mai

Chaque mois, la crème de la nouvelle scène européenne se réunit dans un des hôtels les plus tendances de la capitale belge, le JAM, à l’occasion des showcases Fifty Fifty. En mai, ce sont DC Salas et la pop tropicale de Polo & Pan qui assureront les festivités. Pour pouvoir y assister, rien de plus simple, il suffit de nous envoyer un mail à concours@inrocks.com ! En tout, ce sont 2*20 invitations à remporter.

Session Fifty Fifty avec DC Salas et Polo & Pan
mercredi 31 mai à l’hôtel JAM (Bruxelles) dès 19H
Entrée uniquement sur invitation
Plus d’infos

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Les 6 albums à écouter d’urgence cette semaine

Snoop Dogg, Polo & Pan et Wavves sont de retour ! (Crédits : Pochette de "Neva Left"/ Capture d'écran Youtube/ photo : Barrere & Simon).

Cette semaine, Les InRocKs vous ont concocté une liste d’ouverture avec les plus cool sorties d’albums du moment. Du retour de Snoop Dogg au premier album de Polo & Pan, en passant par les inédits de Wavves, chacun y trouvera son compte.

Snoop Dogg – Neva Left

Près de 25 ans après son premier album, le rappeur californien sort un quinzième effort magistral et prouve qu’il n’a rien perdu de sa verve. Avec Neva Left, Snoop balance une nouvelle salve de morceaux G-funk aux sonorités 90’s old school mais toujours aussi fraîches. Le disque est aussi parsemé par quelques morceaux plus vénères, comme le génial Lavender composé avec Kaytranada, ou encore Trash Bags, un titre trap qui risque de passer en boucle dans les strip-clubs du Dirty South.

A écouter sur Apple Music.

Polo & Pan – Caravelle

Après deux ep, le duo français le plus en vogue du moment a réussi l’épreuve de l’album avec brio. Caravelle traduit sincèrement l’identité que le groupe a bâti depuis ses débuts vers 2014, puisant son inspiration dans la tradition de la chanson française et dans l’électronique moderne et poétique. La B.O de l’été, tout simplement.

>> A lire : Polo & Pan nous ont bricolé une playlist parfaite pour le printemps

A écouter sur Apple Music. 

!!! (Chk Chk Chk) – Shake The Shudder

Onze ans de carrière et toujours prêt à faire danser le public. Le groupe californien dévoile son septième long-format, trois ans après As If. Moins punk qu’aux origines, !!! continue son voyage vers une dance plus épurée et résolument actuelle, aux airs de house assumée.

A écouter sur Apple Music.

Wavves – You’re Welcome

Rien de nouveau sous le soleil californien qui brille au-dessus de la scène garage. Le meneur de bande, Nathan Williams, a claqué la porte de Warner pour retrouver sa liberté avec son propre label Ghost Ramp. Wavves poursuit sa route du rock garage avec des titres très énervés et des pépites surf rock. Tous sont évidemment prétextes à des pogos mémorables.

A écouter sur Apple Music.

Buddy & Kaytranada – Ocean and Montana

Le DJ et producteur Kaytranada enchaîne les collaborations et c’est une réussite presque systématique. Cette fois, il allie ses forces avec le rappeur américain Buddy, jeune protégé de Pharrell Williams. L’ep s’avère court mais s’impose comme un incontournable des playlist ensoleillées.

A écouter sur Apple Music.

(Sandy) Alex G – Rocket

Porte drapeau du rock indé dans cette sélection, (Sandy) Alex G dépoussière la country de manière bien plus intéressante que ne le fait déjà Jack White et se plonge dans des expérimentations périlleuses aux portes du hardcore. Un album brillamment bipolaire.

A écouter sur Apple Music.

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Il y a 15 ans, Eminem formulait la meilleure critique de “l’Amérique blanche”

Extrait de "8 Mile", 2002.

“Amérique ha ha ha, on t’aime/Combien de gens sont fiers d’êtres citoyens de ce beau pays qu’est le nôtre/Les rayures et les étoiles rappellent ces hommes morts pour protéger nos droits/Les femmes et les hommes qui sont morts pour la liberté d’expression/Que le gouvernement des États-Unis a juré de faire respecter.” Voilà les mots sur lesquels s’ouvre White America, l’un des morceaux phares du quatrième album d’Eminem, The Eminem Show. Sorti le 28 mai 2002, le titre est un choc à l’époque : derrière les postures fun du clip de Without Me, les provocations virulentes et les tubes imparables à la Sing For The Moment ou Cleaning Out My Closet, le rappeur de Détroit semble ici prêt à jouer (enfin) son rôle de haut-parleur et à profiter de sa popularité hors-norme (“It’s like a fuckin’ army marching in back of me”) pour balancer à la face de l’Amérique conservatrice des morceaux incroyablement lucides, presque menaçants.

L’ombre du rêve Américain

Le fait que White America soit placé en deuxième position, juste après une brève introduction de trente secondes, n’a d’ailleurs rien d’anodin : il permet au blondinet du rap U.S de présenter son quatrième album, de rappeler à tout le monde qui il est (“Je parle aux jeunes de banlieue qui sans moi ne se seraient jamais doutés de l’existence de ces mots”) et de plonger une fois de plus dans la part d’ombre du rêve américain, s’attaquant à la censure et au conservatisme d’un pays alors dirigé par George W. Bush. Le clip, lui, est du même acabit : en fin de vidéo, on y voit notamment une Amérique au bord de la ruine, des avions militaires survolant Washington et un président, matérialisé ici par un cochon tiré par des ficelles, tenant un discours devant la Maison-Blanche pendant que deux jeunes blancs urinent à ses pieds. Visionnaire ?

Si l’intention est salutaire et finement réfléchie, on pourrait rétorquer qu’elle n’a rien de foncièrement unique : la plupart des rappeurs ont pour habitude de produire des titres pour dire du mal de leur pays, de la classe politique, des autres rappeurs et parfois d’eux-mêmes. Sauf que, comme souvent avec Eminem, tout paraît toujours plus extravagant. Plus maitrisé également : sans forcément atteindre les sommets des morceaux réunis sur The Slim Shady LP et The Marshall Mathers LP, White America se veut en tout cas plus politique, comme une déclaration d’amour à tous ces Américains qui sentent chaque jour un peu plus le sol se dérober sous leurs pieds, à ces Blancs issus de la classe ouvrière dont Eminem est le parfait représentant, à cette population qui, victime de la désindustrialisation massive, de la précarité et des délocalisations votera en majorité pour Trump une quinzaine d’années plus tard.

“J’ai remué de la merde toute ma vie, maintenant je la déverse”

C’est là tout l’intérêt de The Eminem Show, quatrième album profus et foisonnant : avoir su capter l’air d’une temps tout en anticipant celui à venir. On peut ainsi l’écouter comme un roman noir à l’indéniable cruauté, comme une mise en scène de soi calibrée pour le grand public, comme un brûlot politique au ton désabusé ou comme un subtil mélange des trois où tout s’imbriquerait naturellement comme pour décrire au mieux l’état d’un pays et d’une population travaillés de l’intérieur par la haine et les petites tragédies (malheureusement) ordinaires.

Quant à savoir comment une telle succession d’angoisse, d’humour corrosif, de clowneries nombrilistes, de paranoïa et de propos engagés a pu se dérouler d’elle-même en un album dans lequel il est encore possible de plonger en découvrant de nouvelles facettes, on ne le sait toujours pas.

Ce que l’on peut affirmer, en revanche, c’est qu’Eminem n’a jamais craint de regarder l’Amérique en face, de lui cracher au visage le peu d’estime qu’il semble lui accorder tout en parvenant à la définir en se contentant de la décrire. Comme dans le dernier couplet de White America, indéniablement le plus accusateur, lorsqu’il se dit  :

“Envoyé pour mener la lutte vers les marches du Congrès/Et pisser sur les pelouses de la Maison-Blanche/Brûler le drapeau et le remplacer par un sticker “Parental Advisory”/Cracher de l’alcool à la gueule de cette démocratie hypocrite.”

Avant de conclure par un cinglant : “Je t’emmerde, Mme Cheney/Je t’emmerde, Tipper Gore/Je vous emmerde avec la liberté d’expression que cet État divisé par la honte m’autorisera à avoir/ Allez tous vous faire foutre.” On rêve de l’entendre balancer ces propos avec la même rage au gouvernement actuel.

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L’Acadienne Laura Sauvage et ses road songs débarquent en France

Extrait du live "You've Changed" de Youtube

Cousine spirituelle de l’Australienne Courtney Barnett, la jeune Laura Sauvage nous a offert en janvier dernier l’ep Ordinormal, un disque croisant habilement americana et indie-rock. Après une prestation remarquée au festival GENERIQ en février, la Canadienne nous revient très bientôt pour une mini-tournée française, annoncée sur ses réseaux sociaux. Portrait.

Souvenez-vous, elle avait électrisé le Supersonic lors de notre Be Safe Party #2. Laura Sauvage est de retour en France…

Posted by Control Production on Wednesday, April 26, 2017

Ordinormal, un premier EP prometteur

Signée sur le label Simone Records, fondé par Sandy Boutin (également manager de Karkwa) et accueillant Ariane Moffatt, Marie-Pierre Arthur ou encore Louis-Jean Cormier, Laura Sauvage se prépare à affronter sa mini-tournée française en compagnie de ses trois fidèles musiciens : Dany Placard à la basse, le guitariste Nicolas Baudouin et Jonathan Bigras à la batterie (ces deux-là officiant aussi pour le duo Poni). Elle présentera en live son premier EP sorti en France : Ordinormal mais aussi son premier album Extraordinormal (sorti exclusivement au Canada) :

“Je ne réinvente rien avec ce disque mais je fais juste ce que j’ai envie de faire. Mes influences sont apparentes mais je n’essaye pas de copier quelqu’un. C’est donc très… normal pour moi.”

Son premier amour : le trio rétro-folk des Hay Babies 

Laura Sauvage débute sa carrière au sein du trio Les Hay Babies, avant de se lancer en parallèle dans une carrière solo. Rencontrées lors d’un tremplin scolaire dans sa province natale du Nouveau-Brunswick, ses deux amies Julie Aubé et Katrine Noël partagent sa passion pour la musique folk et country. Ensemble, elles assurent plusieurs centaines de concerts à travers le monde dont une mémorable tournée en compagnie de Charles Bradley au Texas, “c’était vraiment super débile [expression québécoise au sens mélioratif : très bien]“.

Une passion pour le vintage et sa “technologie de qualité”

Autre passion partagée avec ses amies Hay Babies : le vintage. Si Julie et Katrine sont plutôt branché mode – ayant même ouvert une boutique en ligne – Laura affectionne elle la “technologie vintage” pour sa qualité et son authenticité :

“Les affaires vintage, c’est une meilleure qualité et tu te sens unique. Moi je trouve qu’on manque de romance aujourd’hui. Avoir tout dans un Cloud, je trouve ça fucking plate [ennuyeux] !”

Mais elle n’échappe pas à la coquetterie vintage pour autant… avec son inséparable képi de marin qu’elle porte depuis bien des années : “J’en avais trouvé un premier à Tadoussac dans une boutique de souvenirs. Et maintenant je l’ai en 6 exemplaires, je les commandes sur Ebay (rires).” Autre accessoire qui fait partie de son uniforme, sa paire de lunettes de vue, une grosse monture dorée payée 10 dollars dans une boutique vintage et sur lesquelles il est gravé son prénom Vivianne.

Une enfance bercée par la pop culture : “J’étais une grosse fan de Britney Spears”

Depuis son plus jeune âge, Laura Sauvage dévore les clips sur le MTV local, Much TV, bien plus que les dessins animés… Il y aura aussi le mémorable Columbia House Record Club. Chaque mois, elle file ainsi à La Poste avec sa mère pour récupérer la dizaine de CDs que le club lui envoie pour seulement une poignée de dollars. Elle en tirera une culture musicale assez variée : “C’était pas toujours dingue, y’avait du Brian Adam, Pearl Jam, Blue Rodeo, Barbara Streisand, Pavarotti”. Son autre péché mignon, c’est son adoration pour Britney Spears :

Oh merde c’est gênant (rires). A chaque anniversaire, gamine, je souhaitais que le tour bus de Britney tombe en panne en bas de la maison et qu’on devienne les meilleures amies, et que je les suive en tournée.

“Je trouve que le monde pense un peu trop quand il crée, et ça gâche tout parfois.”

En grandissant, Laura Sauvage découvre de nouvelles idoles telles que Wilco, Feist ou encore plus récemment Pavement “une révélation, c’est ce son que j’ai cherché toute ma vie”. Sur scène, Laura reprend également le Cyanide Breath Mint de Beck, extrait de son album One foot in a grave (K Records). Un modèle du genre pour la Canadienne :

“Je trouve que le monde pense un peu trop quand il crée, et ça gâche tout parfois. Et Beck est le parfait contre exemple de pas trop y penser et juste d’agir. Cet album sonne home-made, les guitares dézinguées, les paroles débiles, mais je trouve ça très inspirant.” 

Un nouvel album (et un nouveau challenge) en route

Sans perdre de temps, Laura Sauvage a commencé l’enregistrement d’un nouvel album dont elle assurera la production elle-même. Enregistré au gré de ses voyages, cet album nomade et riche en expériences sortira en septembre prochain. Pour Laura, c’est un rêve de gosse qui se réalise :

“Depuis 12 ans, je veux réaliser des albums et je trouve qu’il n’y a pas assez de femmes qui font ça. Je m’étais promis de le faire avant l’age de 30 ans, et puis finalement je tente l’aventure à 25 ans !”

Frankeys qui ajoute du batos.

A post shared by aka Vivianne Roy (@laura.sauvage.music) on May 2, 2017 at 11:44am PDT

L’ep Ordinormal est disponible en ligne. L’album Extraordinormal est lui disponible sur Bandcamp.

En concert : le 1er juin à Paris (en première partie de Talisco), le 2 à Caen (Cargo), le 7 à Amiens (Lune des Pirates), le 8 à Orléans (Guinguette Sardine),  le 9 à Lyon (Sonic), et le 10 et 11 à Nîms (festival TINALS).

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Poni Hoax, Agar Agar et Beach Fossils à l’affiche du festival Hog Hog

source : extrait de l'affiche du festival HOG HOG 2017

Le festival Heart of Glass, Heart of Golf se tiendra à Saint-Amans-des-Côts (Aveyron) du vendredi 15 au dimanche 17 septembre. Il a révélé ce weekend l’intégralité de sa programmation. Roulements de tambour.

Après une soirée de chauffe, vendredi recevra Agar Agar, Poni Hoax…

La carte blanche au label SK Records vous mettra en jambe jeudi soir… Puis ça va swinguer swinguer avec Agar Agar vendredi 15, qui laissera place à la mélancolie enivrante des Beach Fossils, aux mélodies planantes de Petit Fantôme, au quintet français Poni Hoax, et à K-X-P. La scène club accueillera quant à elle un live des bouillonnants producteurs lyonnais The Pilotwings, et un DJ set de Zozo.

Samedi 16 septembre : B Boys, FM Belfast, et Islam Chipsy

Le lendemain ne sera pas en reste, avec le groupe de rock B Boys, l’électro-pop de FM Belfast, les jeunes Californiens de The Buttertones, ainsi qu’Islam Chipsy, Molly Burch, et The Corridor. Pour les plus tenaces, des prolongations sont aussi prévues sous les auspices de Vladimir Ivkovic, et Zaltan (du label Antinote), tous deux en DJ set.

Puis le festival se terminera tranquillement, le dimanche, au bord d’une grande piscine, avec le guitariste Yonatan Gat et The Pilotwings, qui mixeront cette fois.

Les concerts se dérouleront dans un cadre très intimiste puisque seulement 1000 festivaliers sont attendus dans les bungalows du camping Les Tours. Et en plus de concerts, vous pourrez profiter d’expositions et ateliers, d’un Pop-Up market, de tournois sportifs, de cours de yoga, sans oublier un fameux karaoké. Si vous souhaitez prendre votre pass, cliquez ici.

Festival Heart of Gold, Heart of Glass
du 15 au 17 septembre au camping Les Tours (Saint-Amans-des-Côts) (Aveyron)
Evénement facebook

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Beth Ditto, la honky tonk woman en solo

Tu as fait partie de Gossip 
pendant dix-sept ans. Le groupe s’est arrêté en 2016. Cela a-t-il 
été difficile de trouver une identité musicale en solo ?

Beth Ditto – Cela s’est fait 
de manière assez naturelle. J’ai ressenti lors de nos derniers enregistrements 
que personne n’était réellement satisfait. Ce n’était de la faute de personne 
en particulier, je crois que chacun a évolué. Nathan est retourné dans l’Arkansas, 
dans cette ferme où il a grandi. Et j’ai senti que c’était différent des autres fois. 
Les gens du label m’ont dit : “Pourquoi 
ne commencerais-tu pas à écrire des chansons ?” Je m’y suis mise. J’ai rencontré du monde, des compositeurs, et j’écrivais mais c’était des morceaux pour Gossip 
que j’imaginais. ça me frustrait. J’ai envoyé un texto à Nathan en lui disant : “J’ai commencé à écrire des chansons, je pense que c’est le moment où je me sens prête à arrêter Gossip.” Il m’a simplement répondu “OK”. On ne se parle plus beaucoup 
depuis. Je l’ai vécu comme une rupture, 
un déchirement. On était très proches, c’était une relation compliquée.

Comment s’est passée l’écriture 
de l’album ?

Techniquement, c’était totalement différent du boulot que je faisais 
avec Nathan. Lorsqu’on travaillait ensemble, aucun de nous ne maîtrisait la musique 
de manière technique, donc ça pouvait nous prendre énormément de temps pour parvenir au résultat escompté. Quand j’ai commencé à travailler avec des musiciens de studio, je leur disais juste “j’ai envie 
de telle ou telle chose” et ils le jouaient. Je n’en revenais pas. Cela a donc été 
plus simple. Mais la dynamique que nous 
avions avec Nathan était unique. Nous avons grandi ensemble. Pendant des années, j’ai pensé que sans lui je me casserais la figure. C’est très hétéro-normatif de penser de cette façon. Cette vision sexiste était tellement ancrée dans mon cerveau alors même que je passais mon temps 
à parler de féminisme, de ma place 
de femme dans le groupe…

Jennifer Decilveo a produit l’album. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

Le label nous a présentées. Elle est lesbienne elle aussi. C’est un disque produit, chanté, produit par des queers. Je pense que c’est quelque chose qui 
n’est quasiment jamais arrivé dans l’histoire de la musique ! On a eu une relation 
très ouverte, complémentaire. Elle n’avait jamais entendu parler de The Slits 
par exemple, et moi j’avais beaucoup à apprendre d’elle techniquement, sur 
des arrangements par exemple. Très vite, 
je lui ai expliqué que je voulais créer 
un disque qui ne soit pas “cool”, mais qui 
me ressemble. Je voulais qu’il mêle pop, rock, des influences de mon enfance, 
le honky tonk (de la country jouée dans les bars – ndlr) que j’écoutais avec mon père…

La musique occupait une place importante dans ta famille ?

Oui. Mon frère avait un groupe 
de boogie-woogie avec mon cousin. 
Ils tournaient dans des casinos 
du sud du pays. Mon père écoutait tout 
le temps de la musique : Kool & The Gang, les Bee Gees, qui l’obsédaient. Et aussi Patsy Cline, de la musique country et 
du honky tonk. Près de chez nous, il y avait deux endroits où on pouvait acheter 
de l’alcool, des clubs privés de honky tonk. Il m’y emmenait. C’était très cool ! Je pense que j’étais un peu crade, mon père n’avait même pas dû me brosser les cheveux avant d’y aller. Une enfant du Sud ! Le clip de Fire, mon premier single, s’en inspire. Ma mère, elle, aimait Ozzy Osbourne, 
Pink Floyd. C’était une très jeune maman, dans les années 1980, elle faisait le ménage en écoutant I Want Your Sex. J’ai été 
aussi élevée à la pop des années 1980.

Par les influences qu’il convoque, ce disque opère un retour sur ton enfance en Arkansas. Arrives-tu à avoir une relation plus apaisée avec ce lieu où tu as grandi ?

Je crois qu’une grande partie de 
ma nostalgie pour l’Arkansas vient du fait que Nathan y est retourné. J’y pensais 
tout le temps. Je me disais : “Mais merde, qu’est-ce qu’il fout ? On s’est enfui de
là-bas.” Pour moi, ça n’avait pas de sens. 
J’ai commencé aussi à me rappeler 
des sensations positives, les paysages magnifiques de cette région, la gentillesse des gens qui vivent là-bas, leur façon 
de parler très poétique parfois. C’est un peu ce qu’exprime Fake Sugar, cette chanson me ramène à mon enfance, à ce pont près d’une route, un peu pourri, 
à côté duquel j’ai grandi. J’y suis retournée un mois, ce qui est un poil long. On avait besoin d’air avec ma copine. J’ai écouté Graceland de Paul Simon en boucle dans 
le salon de ma sœur. Il parle des paysages, du delta du Mississippi qui brille “like 
a national guitar”, du fait de conduire 
sur l’autoroute et de traverser cette région, berceau de la guerre civile. Et je me 
suis dit : “Mais merde, c’est là où j’ai grandi !” 
J’ai demandé à ma sœur de m’y conduire, c’est à deux heures. On a écouté l’album tout du long. Quand on est arrivées, 
c’était fermé ! C’est pas une blague, 
ça ne devait pas se passer comme ça.

Tu penses qu’il y a un moment 
dans la vie où il faut parvenir à pardonner 
à son enfance, à ses parents ?

Totalement. Et c’est ce que j’ai fait, pendant ma vingtaine. J’ai pardonné à 
ma famille, je me suis ouverte un peu plus 
à eux. Le grand défi de ma trentaine est 
de pardonner à cet endroit, à ces paysages, 
à ce lieu que je redoute alors qu’il peut être agréable. Au lieu d’être effrayée 
par ce pays, j’essaie de pouvoir l’apprécier. Ça m’aura pris presque vingt ans.

Tu as commencé par être punk à 18 ans, en marge. Tes disques racontent aussi ta progression, ton ouverture à d’autres styles musicaux et au monde.

J’étais tellement effrayée à l’idée d’écrire quand j’ai commencé. Les gens pensaient que c’était punk, que c’était de l’insolence. Mais en fait j’avais peur, j’avais conscience d’être en train d’écrire des mots vrais, des mots sincères. Après le premier morceau, j’ai cru que je n’en ferais pas d’autres tellement c’était douloureux. 
J’étais trop vulnérable et je ne pouvais pas supporter de me sentir exposée, observée. Je me suis planquée derrière une façade. Ça n’a rien à voir avec la confiance en soi, rien à voir avec mon corps. J’avais peur que les gens puissent voir ce qui se passait 
à l’intérieur de moi. Maintenant, je n’ai plus peur de ce regard. C’est la meilleure chose qui me soit arrivée en vieillissant. C’est triste que les gens chérissent davantage ce qu’ils ont vécu lorsqu’ils étaient jeunes.

“J’avais peur que les gens puissent voir ce qui se passait à l’intérieur de moi. Je n’ai plus peur de ce regard.”

Tes chansons parlent beaucoup d’amour. Est-ce que ta façon de vivre ce sentiment et de le raconter a beaucoup changé 
avec les années ?

Oui. La rupture avec Nathan, même 
si elle n’était qu’amicale, a été la plus dure de ma vie. Puis je me suis mariée, et notre première année de mariage a été un putain de cauchemar. Ne le faites pas ! Avec Kristin, on se connaît depuis qu’on est gamines, j’avais 18 ans. A l’époque, Gossip répétait dans une cave. Cela a vraiment modifié notre rapport. Tu peux dire à ta copine qu’un truc te soûle et te barrer, mais quand tu es mariée tu te dis que là ça va être comme ça jusqu’à la fin de ta vie. Tous les jours. Dans ma maison. On partage une maison et on se prend la tête plusieurs fois par jour parfois ! (rires). C’était important pour moi de me marier parce que je voulais que l’on ait les mêmes droits et que 
l’on soit visibles. On traverse un moment 
super flippant politiquement partout 
dans le monde, on a un cinglé à la tête 
de notre pays, vous avez échappé au pire 
de peu, et en Angleterre c’est pas la fête. Maintenant que je sais que tout ça 
est menacé, qu’il y a un retour du religieux, que quand tu es trans à l’école tu ne 
peux même pas choisir les toilettes que tu veux utiliser, ça me fait froid dans le dos.

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis l’élection de Trump ?

Je ressens une grande tristesse. Certains problèmes ont toujours été là, même durant l’administration Obama. La raison pour laquelle le mouvement Black Lives Matter a pris une telle ampleur, c’est parce que des personnes noires se faisaient tuer par la police. Tout ça s’est passé sous Obama. Aujourd’hui, nous avons un autre Président qui veut mettre en place des choses complètement dingues. Ça fait vraiment flipper. Je suis mille fois plus renseignée sur la sphère politique que je ne l’ai jamais été, je lis sans cesse. Ça me rappelle que j’ai été naïve et que j’ai tenu ma sécurité pour acquise. Mais j’observe une mobilisation autour de moi, il faut s’organiser et résister. Il faut montrer que les Etats-Unis sont un pays important avec plein de 
gens géniaux, même s’il abrite quelques personnes qui le sont un peu moins…

Tu avais écrit Standing in the Way of Control pour protester contre la politique de Bush. As-tu eu envie d’écrire contre Trump ?

J’y ai beaucoup réfléchi. J’ai regretté 
que mon album soit déjà terminé, oui. Je ne sais pas jouer d’instrument et je n’ai plus de groupe. Si je faisais encore partie d’un groupe, peut-être tout serait-il différent. Je ne peux écrire des paroles que 
sur de la musique. Je ne suis pas une poète.

Le féminisme devient très à la mode. 
Tu en penses quoi ?

Je trouve ça génial. Pourquoi ferait-on ça, si ce n’est pas pour que les gens 
s’y identifient. Quand les gens disent que c’est purement commercial quand la mode s’en empare, j’ai envie de leur répondre : “Tant mieux !” Soyez féministes, pas 
racistes, par tous les moyens, dites-le tous 
les jours, vingt fois par jour. Est-ce 
qu’on peut juste apprécier les gens qui se revendiquent féministes au lieu de les juger constamment et de mettre en cause leur sincérité ? Il faut savoir faire confiance.

propos recueillis par Géraldine Sarratia.

Les Inrocks - musique

Sleaford Mods, le duo qui ne mâche pas ses maux

Après des années de galère dans une Angleterre dévastée, les Sleaford Mods ont trouvé le salut dans un mélange entre punk et hip-hop. Un mix explosif à (re)découvrir à la Gaîté Lyrique.

Télérama.fr - Musiques

U2, 21 mai 2017, Rose Bowl, Los Angeles, Californie (Soir 2)

Première partie : The Lumineers

Setlist

1- Sunday Bloody Sunday
2- New Year's Day
3- Pride (In The Name Of Love)
4 - Where The Streets Have No Name / California (There Is No End To Love) (snippet)
5 - I Still Haven't Found What I'm Looking For
6 - With Or Without You
7 - Bullet The Blue Sky
8 - Running To Stand Still
9 - Red Hill Mining Town
10 - In God's Country
11 - Trip Through Your Wires
12 - One Tree Hill
13 - Exit / Wise Blood (snippet) / Eeny Meeny Miny Moe (snippet)
14 - Mothers Of The Disappeared

Rappel(s) :
15 - Miss Sarajevo / The New Colossus (snippet)
16 - America (snippet) / Bad
17 - Beautiful Day / City Of Stars (snippet)
18 - Elevation
19 - Ultra Violet (Light My Way)
20 - One
21 - The Little Things That Give You Away

Source des commentaires : U2Gigs

Ce soir, U2 donne le second de ses concerts au Rose Bowl, Pasadena, pres de LA, en Californie. Il s'agit de la première des seulement trois villes de la partie américaine de la tournée a avoir plus d'un concert — les deux autres étant Chicago et East Rutherford. Lorsque U2 avait joue pour la première fois au Rose Bowl, en 2009, il n'avait donne qu'un concert, bien entendu il s'agissait de la tournée a 360 degres dont la mise en place permettait de vendre des places derrière la scene, et il y eut par conséquent, deux autres concerts dans les environs de LA, en 2011 a l'Angel Stadium d'Anaheim.

The Joshua Tree keeps creeping closer to the start of the main set. The first three shows had five songs before it, then four at the fourth, and tonight there were just three before the band began Where the Streets Have No Name. This means Mothers of the Disappeared was played the earliest it has ever featured in a setlist, fourteenth song of the night, beating last night's previous record of fifteenth. It had previously been played sixteenth on 12 December 1987 and at the first three shows of this tour. Furthermore, With or Without You was played the second-earliest it has ever appeared in a live set, sixth song of the night, equal with 16 December 1989. Only 25 November 1989 is in front, when it was played fifth.

U2 France