Actu musique

12 mai 2017

Les 10 albums de jazz français qu’il faut écouter d’urgence

Les sapeurs blancs d'Electric Vocuhila et leurs passions africaines (© Julien Poulain)

Fred Pallem & Le Sacre du Tympan, Soul Cinema !

Bassiste, producteur, chef d’orchestre, Fred Pallem est un bon génie : tout ce qu’il touche devient lumineux, intelligent, fascinant. Son jeu marqué par les basses charnues de John Barry et Serge Gainsbourg et sa direction élégante sont au service aussi bien de la meilleure pop française (Barbara Carlotti, Daphné, Lafayette, Clarika…) que de la musique instrumentale. Après avoir rendu un superbe hommage à François de Roubaix, le Sacre du Tympan, son big band, arpente cette fois les rues chaudes et crades du Harlem des années 70 avec les grands thèmes de la Blaxploitation en bande-son. Funk tortueux, duels de cuivres affutés et susurrements de loulous en rut sont au programme, restitués avec une classe impériale.

Endless, Lost Lake

Rarement, trop rarement, il arrive qu’un disque réponde à une attente que vous ne soupçonniez pas, comble un vide que vous ignoriez, ouvre en vous de nouvelles fenêtres sensorielles. Ainsi, la lumière de Lost Lake déborde de partout, et elle n’attend pas pour vous submerger : de la première à la dernière note, tout est aussi imprévu qu’à sa place dans cet album, fragile suspens du temps opéré par Endless, soit David Haudrechy au soprano et Grégoire Aguilar au piano. S’il vous faut encore une preuve que le salut viendra de la beauté, plongez-vous dès le 19 mai dans les mouvances infinies de Lost Lake.

François Poitou, Funambule

Le titre est bien choisi : on progresse ici à pas légers, en équilibre sur des cordes (contrebasse, violons, alto, guitare) ou un souffle (de soprano ou de clarinette basse), dans un clair-obscur feutré où glissent chuchotis secrets, non-dits et rires étouffés. Aucun éclat dramatique, aucune intrusion de paillettes dans ce monde de velours noir – pas même quand se profile l’ombre redoutée de Mathieu Chédid à travers une reprise de Ne le dis à personne. Gracieux et d’une élégance étourdissante, ce premier album capitonné, à explorer en voleur appliqué, dévoile en François Poitou un contrebassiste et compositeur déjà parfaitement maître de ses moyens. Sortie le 26 mai.

Electric Vocuhila, Kombino Splinto

Ce pourrait être la réédition de quelque vieille cassette enregistrée au Zaïre, en Ethiopie ou à Madagascar dans les années 70, pourtant ce disque date bien de 2017 et on le doit à quatre Français. Interprètes d’une musique aux sonorités vintage où s’entremêlent motifs inlassablement répétés, rythmes tachycardes et fureurs expressives des possessions africaines, les sapeurs blancs d’Electric Vocuhila démontrent que l’esthétique peut échapper au conditionnement des origines et des territoires pour se propager d’âme en âme, par la seule magie des sons. A retrouver au Studio de l’Ermitage le 30 mai, jour de la sortie de l’album.

Big 4+1, 7 Years

Quelle était l’atmosphère au Triton durant ces deux soirs de mai 2016 ? A l’écoute de ce live tout de frénésie, de tripes brûlantes, de cris éperdus et d’oppressions renversées, elle dût paraître exaltante autant qu’étouffante. On se sent là comme dans une serre chaude et on retrouve tout ce qui fait de Big 4 (augmenté, pour la célébration de ses 7 ans d’existence, du trompettiste Quentin Ghomari) un groupe si singulier et nécessaire : de l’urgence, du vif, du cru, une bonne dose de loufoquerie et d’irrévérence, de la pertinence musicale et aucun souci des lignes toutes tracées, bref, tous les caractères d’une démarche véritablement aventureuse, donc précieuse.

Srdjan Ivanovic Blazin’ Quartet, La mer, la pierre, la terre l’oiseau

Le nom à rallonge de l’album l’indique clairement : la nature va parler, chuchoter ces secrets que l’esprit seul reçoit et que le musicien, dirigeant les vibrations de l’air, saura à son tour communiquer. Pour le batteur Srdjan Ivanovic, c’est là toute l’affaire, musicale aussi bien que spirituelle, et elle commande de savoir s’entourer pour arriver à ses fins. En Christophe Panzani (ténor et clarinette basse), Andreas Polyzogopoulos (trompette) et Mihail Ivanonv (contrebasse), il a trouvé les meilleurs partenaires possibles pour traverser l’espace de ses compositions en lents vols planés, plongées vertigineuses et jaillissements libérateurs.

El Strøm, Long Time No Sea

La première impression est câline : petite boîte à musique et voix douce nous affirmant que la liberté existe, ce que nous sommes tout prêts à croire, comme à n’importe quel conte de l’enfance. Et puis, rapidement, ça se détraque et on décolle vers un territoire sans balises, hors-monde, traversé de transes obsédantes, d’étranges ruminations vocales et tripatouillages qui déconstruisent le sens, déroutent, égarent, ravissent. Le paysage s’élabore en collages et zigzags aléatoires et c’est toute une anarchie fantasque, drôle et vivante à laquelle nous invitent l’expérimentateur compulsif Jean-Jacques Birgé, la chanteuse Birgitte Lyregaard et le percussionniste Sacha Gattino. La musique si neuve d’El Strøm nous vient sans doute d’un lointain futur : la seule chose dont on est sûr, c’est qu’on ne s’y ennuie pas.

Antoine Galvani, Suite astrale

Entre le jazz et les astres, c’est une vieille histoire d’amour (suprême), l’échelle cosmique reflétant le plus souvent, chez le musicien qui l’emprunte, une aspiration à une liberté totale, à l’orée du langage. Plus proche de Holst que de Coltrane, le pianiste Antoine Galvani (a.k.a Ahn Tuan) a quant à lui repris la forme du poème musical, procédant, à la tête de son quartet, par mouvements tour à tour calmes et impétueux, tonals et parfois atonals, instants de communion à la messe psychédélique et retours aux babillages de l’enfance, le temps passant cul par-dessus tête, au dessus des comètes. Semblable voyage, toujours risqué, ne doit pas se manquer.

Yves Rousseau & Christophe Marguet 5tet, Spirit Dance

Entre le contrebassiste Yves Rousseau et le batteur Christophe Marguet, l’alliance est de longue date, au point que leurs compositions, souvent troubles, nerveuses, émotives, ne se démêlent plus. Fruit d’une émulation qui paraît avoir gagné chacun, de Fabrice Martinez (trompette) à David Chevallier (guitare) et Bruno Rude (claviers), tous très inspirés, Spirit Dance sonde l’invisible, l’impalpable, ce qu’il peut rester d’une nuit solitaire ou d’un parfum éphémère, d’une acrobatie risquée ou d’une danse dans le vent et en tire une musique toute d’espoirs invaincus et d’exaltations intimes.

Les Fanflures Brass Band, Dans ta face !

Le titre de l’album fait craindre le pire, mais les premières notes rassurent et, bien vite la gaieté qu’il délivre devient contagieuse. On est en fanfare et l’envie de s’amuser prime sur tout. Alors, on descend dans la rue et pour que la fête soit parfaite, la dizaine de cuivres et percussions toulousains se dépense sans compter, n’oubliant pas pour autant de caler ses grooves aux titubations d’un carnaval de haut vol et de lancer ses solos dans l’air printanier. Un peu funk, un peu jazz, totalement fun, ces Fanflures Brass Band réussissent finalement à nous mettre leur sauce dans la face sans jamais nous prendre la tête.

Les Inrocks - musique

Les 4 clips qu’il ne fallait pas rater cette semaine

capture d'écran Youtube/MileyCyrusVEVO

Perfume Genius Die 4 You

Quelques jours après la sortie de son nouvel album, le très très beau No Shape, Perfume Genius se met en scène dans une chorégraphie de Teresa Toogie Barcelo et une réal de Floria Sigismondi. C’est d’une délicatesse folle et d’une bizarrerie toute en retenue. Bref, c’est classe.

Miley Cyrus Malibu

Rien de foufou mais c’est marrant de voir, avec ce clip dans la nature, comment Miley Cyrus décide de s’éloigner de son esthétique pseudo-trash pour mettre en avant son nouveau single. Celui-ci s’appelle Malibu et préfigure un nouvel album solo pour bientôt, suite de Bangerz en 2013 et de son projet avec les Flaming Lips en 2015. Le morceau est sympa, le clip aussi. On a juste pas compris la petite danse de Miley à partir de 1:05.

Benjamin Biolay Hypertranquille

Excellent ce nouveau clip de PNL.

Alt-J In Cold Blood

Une main coupée, la voix d’Iggy Pop, une souris, des gens qui s’embrassent, du sang partout : voilà pour le cahier des charges du nouveau clip d’Alt-J, réalisé par Casper Balslev. De quoi patienter jusqu’au nouvel album, Relaxer, prévu pour le 2 juin.

Les Inrocks - musique

Pourquoi les jazzmen aiment-ils tant Jean-Sébastien Bach ?

Le plus emblématique des compositeurs baroques s’impose comme l’un des musiciens les plus influents pour les artistes de jazz, de Jacques Loussier à Keith Jarret, en passant par Edouard Ferlet, qui transpose Bach dans un registre improvisé.

Télérama.fr - Musiques

En écoute : le premier extrait du nouvel EP de Buddy et Kaytranada

Pochette de l'ep à quatre mains, "Ocean and Montatna", de Kaytranada et Buddy.

Quand le rappeur et protégé de Pharrell WIlliams, Buddy, et le DJ Kaytranada unissent leur force, ça fat des étincelles. Preuve à l’appui : un titre inédit, dénommé Find Me, extrait d’un tout nouvel ep, à découvrir juste ici :

Intitulé Ocean & Montana, ce mini-album collaboratif est attendu pour le 19 mai prochain sur le label Cool LIL Company, rapporte Pitchfork.
Pépite R&B mêlée d’électronique tranquille ou dansante selon l’humeur, cette chanson passe partout : au soleil ou sous un ciel gris, au crépuscule ou aux aurores, seul ou bien entouré. Find Me pourrait bien devenir la bande-originale de votre weekend. Si vous n’en avez pas assez, il est possible d’enrichir sa playlist avec la chanson Sweet F’in Love d’Alicia Keys produite par Kaytranada, sorti en janvier dernier.

Tout le monde veut Kaytranada

Buddy, Alicia Keys, mais aussi Anderson Paak. ou encore Chet Fakear… l’artiste haïtien et canadien enchaîne les collaborations intelligentes et certains semblent lui faire de l’œil. Notamment Pharrell Williams qui a confié au micro de Beats 1, la radio d’Apple Music, qu’il aimerait beaucoup travailler à ses côtés. Ecoutez l’interview de Pharell Williams ci-dessous en anglais :

Kaytranada sera en concert à Montreux en Suisse le 12 juillet et au festival de Dour en Belgique, le 13 juillet.

Les Inrocks - musique

Après son fiasco hallucinant, le Fyre Festival refuse de payer ses employés

Décidément, l’affaire Fyre Festival ne cessera jamais de dépasser les limites de l’absurde. Souvenez-vous, ce festival aux allures de paradis sur Terre s’était révélé être le fiasco de l’année, proposant non pas sable fin et logements de luxes à son public, mais plutôt terrain impraticable et tentes de survie. En réaction au scandale, les organisateurs avaient menacé de poursuivre en justice les plaignants s’ils ne retiraient pas leurs témoignages d’internet. Aujourd’hui, c’est un nouvelle non moins hallucinante qui vient d’être révélée : selon une enquête de Vice, Billy McFarland (l’un des co-organisateurs) a annoncé aux salariés de l’événement qu’ils ne seraient tout simplement pas payés. Ambiance.

Pire encore, on apprend dans cette interview de McFarland que l’organisation propose aux employés de continuer à travailler gratuitement en émettant l’hypothèse qu’une fois la situation de crise résolue, un retour à la normal serait possible (sans oublier de faire miroiter un éventuel salaire aux plus courageux). Une pilule difficile à avaler pour les concernés, lorsque l’on sait que les célébrités embauchées pour promouvoir l’événement ont elles empoché des chèques à hauteur 250 000$…

Les Inrocks - musique

Kitsuné met la France à l’honneur dans sa compilation “Parisien IV”

Pochette de la compilation "Kitsune Parisien 4"

Et de quatre ! Pour sa toute nouvelle compilation, Kitsuné met une nouvelle fois la France à l’honneur, en proposant 16 morceaux provenant du meilleur de la nouvelle génération French Touch. De Møme à Gracy Hopkins, en passant par Wealstarr, Napkey et bien d’autres, le label réunit de nombreux talents dans une playlist idéale pour les soirées d’été à venir. A écouter ci-dessous :

Précisément quatre ans après la compilation numéro 3 (que vous pouvez toujours écouter juste ici), le label franco-japonais rhabille son renard du drapeau tricolore et ce n’est pas pour nous déplaire. A noter que dès le 10 mai prochain débutera le Parisien Tour, une tournée de DJ sets dans les plus grands clubs d’Asie : Hong Kong, Séoul, Shanghai et bien d’autres villes accueilleront donc les sons de cette nouvelle scène française pleine de promesses.

La compilation Parisien IV disponible sur Apple Music et en streaming.

Les Inrocks - musique

Après une nomination aux Grammys, Oren Lavie revient avec un album intimiste au piano

crédit : Renaud Monfourny

Révélé dès 2009 par une nomination aux Grammy’s Awards pour son clip Her Morning Elegance, Oren Lavie est ce qu’on appelle un artiste complet. Tour à tour metteur en scène, auteur-compositeur-interprète, réalisateur de clips et écrivain pour enfants, rien ne l’arrête quand il s’agit de raconter des histoires à son public. Mais rassurez-vous, ça ne fait pas de lui un beau parleur au contraire. Avec ses récits imagés, l’Israélien Oren semble plonger dans notre inconscient pour mieux nous émouvoir. Après son premier album The Opposite Side of the Sea paru en 2009, il revient le 12 mai avec un second intimiste et composé principalement au piano : Bedroom Crimes.

Orchestré en deux actes, cet album est un ouvrage dramatique en 11 scénettes (dont 3 respirations sous forme de ‘sonates’), autopsiant les relations humaines et en particulier la fin d’une relation amoureuse. Il s’ouvre sur un tandem magique avec Vanessa Paradis – mettant en scène un couple en pleine déliquescence – et se dénoue dans la solitude du monologue Note To Self.

Un disque certes mélancolique et en noir & blanc, mais aussi teinté de rouge et où s’agitent de vives passions. Bedroom Crimes résonne bien évidemment avec – six mois après sa disparition –, le Songs of Love and Hate de Leonard Cohen, une référence importante pour l’artiste. A découvrir ci-dessous via Apple Music :

Comment as-tu attrapé le virus du piano ?

Oren Lavie – Mon père et mon grand-père sont des mélomanes. Mon grand-père, qui vient d’Europe, était fan de musique classique. Petit, j’en écoutais donc pas mal chez lui. Des opéras aussi. Des compositeurs français romantiques comme Debussy, Ravel et Satie. Et de la chanson française : Jacques Brel, Georges Brassens, Charles Aznavour.

Petit, tu jouais pour tes proches ? 

Je ne jouais jamais du piano devant ma famille. Je devais être timide. Et comme le piano était initialement dans le salon, je devais attendre qu’ils soient sortis pour jouer. Plus tard, on l’a déplacé dans ma chambre. Je n’ai pas eu de professeur de piano, j’ai appris tout seul. Au début, je m’en tenais aux morceaux assez simples. J’ai débuté avec Jim Morrison, ce qui ne sonnait pas vraiment très bien au piano (rires). Mais aussi les Beatles ou The Animals.

Tu as débuté ta carrière comme metteur en scène à Londres, avant de te tourner vers la musique. Qu’est-ce qui t’a fait changer d’avis ?

Je n’ai pas changé d’avis, j’ai toujours fait plusieurs choses à la fois. Petit, j’ai toujours adoré raconter des histoires. Et on peut le faire de multiples manières : en chantant, dans une pièce de théâtre, dans un film ou dans un livre. Mais c’est une histoire de cycle, on ne peut pas tout faire à la fois. Un temps, j’ai écrit des pièces, puis des morceaux pour mes propres pièces de théâtre.

La réalisation de clips est également un domaine qui te passionne ?

Oui. Je dirige mes propres clips. Et je les appréhende comme des courts métrages. J’essaye aussi d’y raconter des histoires. J’espère pouvoir en réaliser plusieurs dans la série Bedroom Crimes. D’ailleurs, je vois cet album comme un long métrage qui aurait 11 scènes qui se passent dans 11 chambres à coucher différentes. Et la caméra se glisse d’une chambre à une autre, y passe quelques minutes, le temps de s’imprégner de l’atmosphère et des conversations des personnes qui s’y trouvent. Puis passe à la suivante.

Le cinéma, c’est ta prochaine étape ?

J’ai toujours vu le théâtre comme une manière de rejoindre le cinéma. Et beaucoup de réalisateurs de cinéma que j’apprécie ont débuté dans le théâtre. Comme Woody Allen ou Ingmar Bergman. J’ai donc fait ça pendant un moment pour apprendre la structure dramatique et travailler avec des acteurs. Car c’était plus facile d’approche que le cinéma.

Après ton expérience à Londres, tu as vécu à New York et aussi Berlin pour l’enregistrement de ton premier album. Tu te sens l’âme d’un nomade ?

Je suis surtout assez réticent au changement. Donc quand j’arrive quelque part, j’y reste pour un bon moment. Je ne voyage pas comme un backpacker avec mon sac à dos dans le monde entier. Je préfère aller dans une ville et y rester pour plusieurs années. Je suis à la fois, lent mais curieux. Quand j’ai l’impression d’avoir apprivoisé la ville où j’habite, je passe à une autre.

Après le clip Her Morning Elegance, ton second album Bedroom Crimes se concentre encore sur le lit. Un terrain fertile pour toi ?

Tout d’abord j’aime beaucoup dormir. Je passe beaucoup de temps au lit. Et les chambres à coucher sont intéressantes selon moi car elles incarnent le moment où le conscient devient inconscient. Ce sont les dernières minutes de la journée, où tu te déshabilles, physiquement mais aussi là où on se libère mentalement. On redevient qui on est vraiment et c’est vraiment dur de se mentir à soi-même, la nuit venue. Ce qui reste de la journée, est encore là, mais on commence à piquer du nez et à glisser doucement vers l’inconscient. 

Ce second album traite bien d’amour, aussi dramatique soit-il ?

Pas forcément. Ce sont des chansons sur les relations humaines en général. Autopsy Report, décrit la mort d’une relation, de manière très détachée et froide. J’imagine une pièce vide avec des signes de vie, mais plus personne à l’intérieur. Et on y pénètre, et on cherche à savoir ce qui s’est passé. Cette chansons essaye de pister une relation qui est déjà finie. Donc ce n’est pas un album qui traite d’amour mais qui recherche cette intimité.

La chanson inaugurale Did You Really Say No (en collaboration avec Vanessa Paradis) est un thème central de l’album. Ce thème revient aussi sur la chanson The Passion Song. Pourquoi cette répétition ?

Ces deux chansons ont des paroles presque identiques, sauf pour les refrains. C’était intéressant pour moi d’approcher le même texte différemment. Chacune représente une humeur.

Quel est le sentiment que tu voulais mettre en exergue ici ? 

Je pense qu’il y a un moment dans une relation où il y a ce détachement. Un manque de communication, ou plutôt qu’elle se détériore. Quand on commence à collecter des preuves accablantes de son partenaires. Tout ce qui était mignon au début, ne l’est vraiment plus. Donc il y a cette distance énorme entre ces deux personnes.

C’est cette distance que tu as cherché à mettre en scène dans le clip ?

Quand j’ai écrit le script du clip Did You Really Say No ?, j’ai essayé de m’en faire une image et je me suis dit que le mieux pour le représenter, ça serait de mettre le couple dans une maison beaucoup trop grande pour eux. Ce qui les obligerait à être seuls. Et tous les malentendus et les petits mensonges seraient représentés par les danseurs. Chaque action, y est fracturée en de nombreuses ondulations jusqu’à ce qu’elle arrive de l’autre côté, et qu’elle prenne un sens tout autre. A la fin, ce sont deux points de vue différents, de la même situation. 

Pour composer un album aussi intimiste, tu es resté chez toi à Tel-Aviv ?

Quand j’ai décidé d’enregistrer ce second album, j’ai été dans plusieurs studios pour tester différents pianos mais aucun d’entre eux ne m’a plu. Du coup, j’ai décidé de l’enregistrer à la maison avec mon propre piano et dans ma chambre. Ce piano m’accompagne depuis des années un peu partout dans le monde et je l’ai customisé. Le jeu est très doux, presque étouffé car j’ai mis du tissu sur les cordes.

En parallèle de ce disque, tu travailles aussi sur l’écriture de livres pour enfants. Tu ne serais pas un peu hyperactif ?

Je ne suis pas vraiment hyperactif mais par contre j’aime beaucoup de formats artistiques. Et chacun offre des opportunités différentes. Certaines très convaincantes, en 3 min, il faut tout dire. Chaque art m’inspire et nourrit l’autre discipline. En particulier, dans les livres pour enfants car il y a une dimension philosophique derrière le simple conte de fée. D’ailleurs ça m’arrive de relire Winnie the Pooh ou Peter Pan… car c’est vraiment bien (rires) !

Comment est-ce que tu vis les boycotts récents des concerts prévus à Tel-Aviv (Radiohead, The Chemical Brothers) ?

Je pense juste que l’art devrait être utilisé pour connecter et réunir les gens et pas le contraire. Le fait que les musiciens de Radiohead viennent jouer en Israël, il n’y a pas meilleure situation pour qu’ils comprennent et qu’ils se fassent leur avis par eux-mêmes, et qu’ils voient la situation de l’intérieur. Je n’aime pas trop quand les artistes sont utilisés comme une carte politique.

En concert le 22 mai aux Etoiles (Paris)

L’Album Bedroom Crimes (AL+SO) est disponible sur Apple Music

Les Inrocks - musique

Nommé CM de Depeche Mode, Tony Hawk joue le fanboy avec Trent Reznor

Tony Hawk, Depehce Mode et Trent Reznor ont un point commun. (Captures d'écran Youtube.)

En pleine tournée pour leur nouvel album Spirit, sorti en mars dernier, les membres de Depeche Mode souhaitent se rapprocher de leur communauté et pas seulement grâce aux concerts. Il y deux mois, le groupe a lancé un concours pour permettre à un fan par jour de gérer leur page Facebook. Pendant un an, une personne différente aura le droit de publier au nom de Depeche Mode sur le fameux réseau social, rapporte le magazine SPIN. 

Mais mercredi 10 mai, ce n’est pas un anonyme qui a eu la chance d’investir la page officielle de Depeche Mode, mais un champion de skate de renommée internationale : Tony Hawk.

Hi, I’m Tony Hawk, Pro Skater (but please don’t call me THPS haha). I’ve been a fan of Depeche Mode since hearing “Just…

Posted by Depeche Mode on Wednesday, May 10, 2017

Le sportif professionnel a profité de son nouveau statut de community manager temporaire pour partager un mail que lui a envoyé Trent Reznor, leader de Nine Inch Nails (NIN), au sujet du trio britannique. Dans son post, il avoue que l’album de NIN, Pretty Hate Machine (1989) a changé sa vie avant d’expliquer : “Quand on m’a demandé de gérer la page de Depeche Mode, j’espérais que Trent pourrait contribuer.” Il poursuit :

Sans DM (Depeche Mode) et NIN, je serais perdue dans l’océan de l’ignorance à confondre electronia et musique industrielle, pendant mes années de formation. Tous deux ont continué à livrer quelques unes des meilleurs chansons de notre génération.

Une correspondance émouvante entre le skateur et le leader de Nine Inch Nails, Trent Reznor.

Dans cette correspondance, Tony Hawk révèle que Trent Reznor et lui-même affectionnent tout particulièrement Black Celebration, le cinquième disque de Depeche Mode. Le fondateur de Nine Inch Nails raconte comment sa vie a changé, l’été 1986, alors qu’il venait d’abandonner l’université et vivait à Cleveland “essayant de se faire ne place sur la scène locale.” Il se souvent d’une soirée qui l’a énormément marqué lors d’un concert de Depeche Mode à l’amphithéâtre du centre musical de Blossom, pendant le Black Celebration Tour. “J’ai pensé à cette nuit encore de nombreuses années plus tard,” confie-t-il. Ce show l’a grandement inspiré pour écrire un de ses albums les plus importants de sa carrière : Pretty Hate Machine, celui que préfère Tony Hawk.

C’était la nuit d’été parfaite, et j’étais pile à l’endroit où je sentais que je devais être. La musique, l’énergie, le public, la connexion…. C’était spirituel et franchement magique. J’ai quitté le concert reconnaissant, humble, plein d’énergie, concentré et émerveillé par la force de la musique. Et j’ai commencé à écrire ce qui pourrait devenir Pretty Hate Machine.

Pretty Hate Machine changed my life. I knew immediately that NIN would play a pivotal role in the soundtrack of my life….

Posted by Depeche Mode on Wednesday, May 10, 2017

Dans la foulée, le skateur professionnel a publié une vidéo de ses performances avec en fond sonore, le titre Never Let Me Down Again extrait de Music for the Masses, album paru en 1987, malheureusement illisible sur l’internet français. Tony Hawk a également partagé un commentaire de la chanteuse Amanda Palmer sur Depeche Mode et leur influence sur sa musique, à regarder juste ici.

Comme quoi, même les célébrités sont des groupies invétérées.

Les Inrocks - musique

Quand la Flèche d’Or réveillait l’Est parisien

Faute d’avoir trouvé un modèle économique pérenne, la Flèche d’Or va fermer ses portes. Dans les années 2000, l’ancienne gare de la rue de Bagnolet était la salle la plus défricheuse et imprévisible de la capitale. Ceux qui ont fait son histoire tumulteuse se souviennent.

Télérama.fr - Musiques