Actu musique

10 mai 2017

U2 Will Release New Version Of “Red Hill Mining Town,” Rework Songs Of Experience With Steve Lillywhite

by Peter Helman

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© Anton Corbijn

In a few months, U2 are heading out on a tour celebrating the 30th anniversary of their 1987 classic The Joshua Tree. And in support of that, U2 fansite @U2 reports, they're going to release an updated version of album track “Red Hill Mining Town” helmed by English producer Steve Lillywhite. According to a new interview in the latest edition of MOJO magazine, Bono went back to the master and re-recorded his vocal for the new version, and he says that the band also “brought out the colliery brass band which was recorded at the time…You can't hear it in the original mix.”

The Edge has already said that the band are planning on revise their upcoming album Songs Of Experience to better address Trump's terrifying presidency, and in the same MOJO article, they expand on the changes they're making to the album with the help of Lilywhite. “I've been writing and changing things a little bit,” Bono says. “Just tinkering. Edge, too.” According to the Edge, “A couple of tunes may get lyric updates, and we might even write a new song or two.” But bassist Adam Clayton offers the most insight:

There wasn't clarity to some of the mixes [on Songs Of Innocence] and we needed to be a little bit more inventive sonically. I mean, that record, when we performed it live, the songs became very, very masculine and very tough and we didn't really capture that on the record. So again one of the reasons why we're trying to slow this down a bit is we really want to get the mixes right. We don't want a soup. We want a consommé.
The album is apparently “at the 85 percent mark” of being finished.

View online : Stereogum

U2 France

Polo & Pan nous ont bricolé une playlist parfaite pour le printemps

Polo & Pan par Barrere & Simon (détail)

“Tu me feras un best of de Ravel”, balance Paul à Alex quand ils réfléchissent à une playlist qui ressemble, au final, à une sorte de portrait chinois. Alors que leur premier album s’apprête à sortir (le 19 mai), Polo & Pan sont toujours mystérieux. C’est quoi ces chansons un peu tropicales, un peu tubesques, un peu électroniques, un peu on-ne-sait-pas-trop? “On n’a jamais ressenti le besoin d’appartenir à quelque chose”, explique Alex, tandis que Paul ajoute : “Il faut que ça déborde un peu”. Quelques éléments de réponse supplémentaires sont présents dans la sélection qu’ils ont bricolée pour nous ci-dessous, en fouillant dans les différents recoins de leurs influences.

Alex Grynszpan et Paul Armand-Delille ont respectivement 31 et 36 ans. Leur premier album s’appelle Caravelle et comme ce titre l’indique, il parle de voyages et d’exploration d’univers tantôt inconnus, tantôt imaginaires. Un album à la fois mélancolique et parfait pour la plage, un peu comme la playlist à retrouver ici. On vous parle plus longuement de Polo & Pan dans Les Inrocks n°1120, en kiosque le 17 mai.

(Nouveau clip de Polo & Pan réalisé par Pablo Maestres.)

Vladimir Cosma Tendre Sam

Alex : “On a choisi six morceaux. Le premier est du franco-roumain Vladimir Cosma. On adore les BO. Tendre Sam est le générique d’un téléfilm. C’est super. Et c’est marrant de réécouter cette icône française qui vient d’ailleurs, à la base.”

Axel Krygier Silbad El Calipso

Paul : “Ici, on est sur des arrangements assez proches de Cosmo. On aime ces petits sifflements.”

Maurice Ravel Rapsodie Espagnole

Alex : “Parfois il n’y a pas besoin d’expliquer, les sensations parlent d’elles-mêmes. Il y a une certaine idée de la nostalgie chez Ravel. C’est quelque chose qui m’a beaucoup suivi pendant mes quêtes de l’ennui à la campagne.”

Les Baxter Taboo

Paul : “Les Baxter est un des compositeurs d’un mouvement qu’on a appelé l’exotica dans les années 50 aux Etats-Unis. Il y a eu beaucoup de choses faites pour le cinéma et la radio. D’un certain point de vue, c’est un peu le début de la “world music”. Ils utilisaient beaucoup d’instruments exotiques. Ce morceau se situe dans la jungle.”

La Brigade feat. Lunatic 16 Rimes (Le Chargeur Est Surchargé)

Alex : “Changement de registre avec ce morceau de rap emblématique de notre adolescence. On peut le chanter de A à Z en fermer les yeux et se persuader qu’on est des rebelles! Les punchlines sont hallucinantes. C’était l’époque où Booba était encore le Dieu du flow…”

Thornato Gaita Gaita

Paul : “Un groupe qu’on aime beaucoup, et qu’on joue souvent en DJ set. C’est un des mecs récents qu’on préfère. Voilà, petite lettre ouverte pour une éventuelle collab!”

Album Caravelle (Hamburger/Ekler’o’shock/Caroline) dispo le 19 mai
Tournée en France à partir du 20 mai

Les Inrocks - Musique

“Pelléas et Mélisande” : une adaptation qui patauge

Scénographie claustrophobique, mise en scène austère et marécageuse, direction musicale sans grande fantaisie… Cette ténébreuse adaptation de l'opéra de Claude Debussy suscite la perplexité et n'offre que de trop rares moments de réjouissance.

Télérama.fr - Musiques

Festival Solidaire Causette : le nouveau rendez-vous qui fait honneur aux femmes

extrait de l'affiche du festival Solidaire Causette

Yelle, Cléa Vincent, Sexy Sushi DJ, Sônge, Norma, Corine, La Fraîcheur… Pour son tout premier festival, Causette met les petits plats dans les grands, et les femmes à l’honneur ! Dès les premiers jours de l’été (du 22 au 25 juin plus précisément), l’événement investira la ville de Bordeaux pour quatre jours de musique, de débats, de théâtre et de cinéma. Parfait pour bien commencer la saison, donc.

Des concerts mais aussi des débats, projections et pièces de théâtre

Alors que bon nombre des festivals sont loin de respecter une certaine parité au niveau de leur programmation, le Festival Solidaire Causette lui, renverse les normes et propose une affiche quasi-exclusivement féminine.

Loin de s’arrêter là, l’événement traitera tout le weekend de la question du féminisme et des inégalités de genre grâce à des débats. On attend aussi la représentation anniversaire de la pièce Les Monologues du Vagin (qui fête ses vingt ans de scène). Mais encore les projections des CinéastX(s) : Julie Gayet et Mathieu Busson, du film Le ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, et de Cherchez la femme de Sou Abadi. A noter sans hésiter dans les agendas.

Vous pouvez retrouver toutes les informations nécessaires sur le festival ici ou là.

Les Inrocks - Musique

Robert Miles, pionnier de la dream trance, est décédé

Le DJ italien Roberto Concina, plus connu sous son pseudo Robert Miles s’est éteint a 47 ans à Ibiza selon DJ Mag Italia, après avoir lutté neuf mois contre un cancer. Il est devenu célèbre grâce à son tube Children, qui l’a propulsé tout en haut des charts dans douze pays, en 1995. Au total, le single s’est vendu à cinq millions d’exemplaires.

Le morceau a ensuite intégré l’album Dreamland (1996), avec lequel le style “dream trance” est né. Children continue d’inspirer certains artistes vingt ans plus tard, et on peut même l’entendre samplé sur Stimulated, du rappeur américain Tyga :

Le producteur transalpin a sorti cinq albums après Dreamland, dont le plus récent, Th1rt3en (2011), mêle des influences ambient, rock et jazz. Il a également fondé Openlab, une radio de musique électronique diffusée à Ibiza et Formentera, dans les Baléares, aussi présente sur internet.

Les Inrocks - Musique

Et si l’autoroute de la pochette “OK Computer” existait vraiment ?

Montage superposant la pochette de l'album et l'autoroute en question

Vingt ans après sa sortie, le secret de la pochette d’Ok Computer est enfin révélé ! Sur la plateforme Reddit, un utilisateur dénommé Jordan117 affirme avoir trouvé l’endroit qui aurait inspiré le fameux visuel bleu et flou, réalisé par le designer anglais Stanley Donwood.

Dans un thread dédié au sujet, l’internaute explique s’être longtemps demandé de quelle autoroute il s’agissait (comme de nombreux fans). C’est en tombant au hasard sur une autre version de la pochette, moins floue que l’originale, que l’on devine plus facilement les contours d’un paysage urbain, légèrement vallonné et probablement américain.

Pochette de l’album “Ok Computer”

Un embranchement situé dans l’état du Connecticut…

Après quelques recherches, le fan de Radiohead (sûrement le plus méticuleux de tous les temps) suppose que la route se situe dans l’Est des Etats-Unis dans l’état du Connecticut. Elle serait située à un embranchement entre l’autoroute I-84, aussi appelée la voie rapide Yankee, et la I-91 qui mène vers la ville d’Hartford.

Pour défendre sa théorie, Jordan117 a listé plusieurs liens vers Google Maps et une photo prise depuis l’hôtel Hilton, afin de confirmer la ressemblance entre ce carrefour et la pochette d’Ok Computer.

Il a également pris le temps de créer un montage pour comparer la photo de l’embranchement avec la pochette de l’album, et c’est troublant :

View post on imgur.com

L’autoroute du Connecticut serait-elle en passe de devenir un lieu de pèlerinage pour tous les adorateurs de Thom Yorke et sa bande ?

Concert  le dimanche 2 juillet au Main Square Festival à Arras.

Les Inrocks - Musique

Steve McQueen va réaliser un documentaire sur Tupac

Capture d'écran du clip de Tupac "Only God Can Judge Me"

Amaru Entertainment, la société créée par la mère de Tupac pour sortir ses projets posthumes, va produire un documentaire sur la vie du rappeur. C’est ce que révèle le site Deadline, qui précise qu’il sera réalisé par Steve McQueen, très emballé par le projet :

“Je suis bouleversé et surexcité d’explorer la vie de cet artiste légendaire (…) Très peu de gens, voire personne n’a brillé autant que Tupac Shakur. J’ai hâte de travailler en collaboration proche avec sa famille pour raconter l’histoire réelle de cet homme talentueux.”

All Eyez On Tupac

Le docu sera coproduit par Tom Whalley (l’exécuteur testamentaire de Tupac), aux côtés de Nigel Sinclair (qui a déjà travaillé sur de nombreux documentaires musicaux, dont The Beatles : Eight Days A Week), Jayson Jackson (What Happened, Miss Simone ?) et Nicholas Ferrall. Gloria Cox, la tante du rappeur, a elle été nommée coproductrice exécutive.

All Eyez On Me, un biopic sur 2pac, sortira quant à lui dans un mois aux Etats-Unis. Et ce n’est pas tout : LAByrinth, un film sur l’enquête qui a suivi les meurtres du rappeur et de son grand rival Notorious B.I.G, sortira lui aussi en salles prochainement, avec Johnny Depp dans le rôle principal.

Les Inrocks - Musique

Entretien croisé avec les superbes Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni

Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni, Paris, avril 2017. © photo Julien Soulier pour Les Inrockuptibles

C’était en 2004. Chiara Mastroianni et Benjamin Biolay formaient un couple d’une absolue perfection et entrouvraient les portes de la perception de leur intimité avec Home, disque cool et lumineux d’amour. Treize ans plus tard, une fille, une séparation, deux vies, des disques et plein de films plus loin, on les retrouve ensemble autrement sur Volver, le nouvel album de Biolay sous perfusion argentine – illuminé par des titres d’une rare puissance (Sur la comète, Le Nuage, Roma (amoR) ou encore Happy Hour featuring Catherine Deneuve).

Quelques mois auparavant, la superbe Chiara avait illuminé de sa présence la tournée de Palermo Hollywood, disque déjà façonné dans le pays de Borges et Maradona. L’occasion rêvée donc de les réunir pour une interview simple, lucide et complice, qui revient sur une vie d’artistes, tant de raisons et de sentiments, loin de la foule et des passions, où il sera question de PNL, de Morrissey ou encore de Zinedine Zidane.

Home, l’album que vous aviez enregistré en duo, date de 2004. Comment vos goûts ont-ils évolué depuis ? Avez-vous toujours les mêmes accords et désaccords musicaux ?
Chiara Mastroianni – J’écoute des choses qui sortent maintenant, évidemment, mais on a continué d’écouter ce qu’on toujours aimé. Martin Newell, Neil Young, Stevie Wonder. On est assez raccord. Sauf sur les effets de voix.
Benjamin Biolay – Elle n’aime pas le Vocoder, le ringtone, l’Auto-Tune…
Chiara Mastroianni – Mamie, elle n’aime pas trop le Vocoder, non ! Quand il me faisait écouter les titres du nouvel album sur lesquels il y a des effets, je le voyais qui me regardait en coin en studio (rires). Le rap, j’ai moins de culture que lui mais j’aime bien. Les raps espagnols, comme La Mala Rodriguez, qui chante sur le disque – genre tous les trucs en import Fnac, je ne sais pas si on dit encore ça –, je connais moins.
Benjamin Biolay – Elle dit ça mais elle ment, elle a une vraie culture rap, c’est de la modestie…

Et PNL ? Benjamin, il y a un titre qui semble inspiré par le duo sur Volver…
Benjamin Biolay – J’aime vraiment PNL, c’est concret. L’autre jour, j’ai fait un blind-test et c’est le seul titre que j’ai reconnu de façon immédiate. J’adore leurs clips. C’est rare, un engin aussi abouti.
Chiara Mastroianni – J’aime bien aussi PNL. Un truc que j’ai adoré cette année, c’est Big Baby D.R.A.M, l’album de D.R.A.M. – c’est un mec avec des dreads hyperlongues, qui joue avec une marionnette dans son clip. J’en avais parlé à Benjamin, qui m’avait un peu renvoyé dans les cordes : “C’est du rap de bac à sable ton truc…”
Benjamin Biolay – Mais non, pas du tout, c’est bien !

Sur Volver, vous chantez en duo ¡Encore Encore!, une chanson qui raconte la discontinuité d’une relation amoureuse en même temps qu’un rapport physique. Benjamin, ça a tout de suite été évident que tu voulais la chanter avec Chiara ?
Benjamin Biolay – Le sens de la sensation et nos deux voix qui chantent “je rentre et sors”, je savais que ça allait bien marcher. Et puis Chiara n’écoute pas les textes, c’est ma France Gall… (rires)
Chiara Mastroianni – Mais bien sûr que j’écoute les textes ! Je suis à fond karaoké ! Je lis les textes dans les pochettes ! (suite…)

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Sigur Rós lance son propre festival en Islande

Capture d'écran du teaser du festival

Après avoir publié un teaser sibyllin hier, le groupe islandais Sigur Rós vient d’annoncer la création de son propre festival d’art, Norður og Niður, qui se tiendra à Reykjavik du 26 au 31 décembre 2017.

Au programme : de la musique bien sûr, et aussi des installations d’art, de la danse, des happenings, et des projections, qui se tiendront au sein de  l’Harpa, l’une des principales institutions culturelles de la ville.

L’ambiance s’annonce assez dark, puisque Norður og Niður peut se traduire par “Tout va en enfer” (bien que ça signifie littéralement “va dans le Nord, et descends”). Le teaser du festival n’est d’ailleurs pas des plus guillerets :

Une tournée mondiale, avec un passage à Paris

Sigur Rós, dont le dernier album Kveikur est sorti en 2013, montera sur scène à quatre reprises, dans une salle de l’Harpa qui peut contenir jusqu’à 1 800 places. Les Islandais donneront ainsi leurs premiers concerts en Islande depuis cinq ans, entre le 27 et le 30 décembre 2017.

Avant cela, le groupe va entamer une tournée internationale, qui commencera dès la fin du mois de mai. Il s’envolera au Brésil, et aux quatre coins de l’Europe, avec trois dates prévues en France, au Grand Rex à Paris, les 27, 28, et 29 septembre.

Les Inrocks - Musique

Apprenez les bases de la musique avec le nouveau site d’Ableton

Capture d'écran Youtube de la chaîne d'Ableton.

Aujourd’hui, mixer c’est comme jouer de la guitare : vous avez l’impression que tout votre entourage sait le faire mais ça vous semble très compliqué à apprendre. Heureusement, internet ouvre une multitude de portes à tous les musiciens amateurs qui s’ignorent encore. Parmi elles, le site que vient de lancer l’entreprise Ableton, spécialisée dans le logiciel de mixage et de production musicale : Learning Music.

La société berlinoise a mis au point une cinquantaine de leçons pour découvrir pas à pas les bases de la musique électronique. Avec des sections consacrées aux basses, aux rythmes, aux mélodies et aux accords, l’utilisateur novice peut se référer à des textes courts et explicatifs pour en apprendre plus sur chacun des éléments qui constituent un morceau : de la différence entre l’électronique et l’acoustique, à l’emploi des accords diatoniques, la méthode est complète pour tous les débutants.

Pour ben comprendre la théorie, le site décortique aussi des chansons à titre d’exemples telles que l’incroyable I Feel Love de Donna Summer ou Ride de Robert Hood. comprendre la théorie. L’espace “playground” est d’ailleurs réservé à la pratique afin de tester ce que vous avez retenu des leçons précédentes.

A vous de jouer en cliquant ici. Seul le temps révèlera si vous êtes le prochain David Guetta ou le nouveau Laurent Garnier.

Les Inrocks - Musique

Kanye West enregistrerait son nouvel album… au sommet d’une montagne

Kanye West dans le clip de “Bound 2” (capture d'écran Youtube)

D’après TMZ, Kanye West serait en train de composer un nouvel album dans une résidence perchée sur une montagne, dans le Wyoming. Plusieurs sources ont d’ailleurs assuré au site américain que le choix de ce lieu n’était lié à ses problèmes de santé mentale, en référence à  son hospitalisation pour des troubles psychiatriques l’année dernière. L’endroit exact de sa retraite créative n’a cependant pas été révélé.

Il y aurait séjourné la semaine dernière, après y avoir déjà passé quinze jours plus tôt. Ce qui pourrait expliquer son absence au Gala du Met, où sa femme Kim Kardashian s’est rendue seule…

Kanye West se fait discret

Le rappeur de The Life of Pablo fuit les projecteurs depuis quelques mois. Il n’était pas monté sur scène à la fin de son propre défilé Yeezy Season 5, en février dernier. La semaine dernière, il a même supprimé ses comptes Instagram et Twitter.

Kanye West s’efface, mais reste productif. Il vient de sortir sa première ligne de vêtements pour enfants, conçue avec Kim Kardashian. Côté musique, on pouvait l’entendre sur le morceau Feel Me de Tyga en début d’année. Il est aussi en featuring sur le dernier album de Mary J Blige, Strengh Of aWoman.

Les Inrocks - Musique

Volodos plays Brahms

Qui a entendu Arcadi Volodos en concerto sait de quels emportements, de quelle puissance tellurique est capable ce doux colosse, le piano devenant, sous ses doigts, un quasi-rival de l'orchestre symphonique. Mais c'est en récital soliste qu'il éblouit le plus, par sa maîtrise technique bien sûr, et plus encore par l'intelligence et la sensibilité du dialogue qu'il entretient avec les compositeurs. Né en 1972 à Saint-Pétersbourg, Arcadi Volodos enregistre peu et mûrit longuement ses programmes. Quatre années séparent ainsi cet album du précédent et superbe disque consacré à Federico Mompou. Sur un Steinway patiné par les années, il s'intéresse ici au Johannes Brahms de la maturité, à travers treize miniatures dont la grâce et la mélancolie n'éclipsent pas la stupéfiante densité. Composées en 1878, les (quatre) Pièces pour piano op. 76 suivent une longue période de diète pianistique. Plus tardifs, les Trois Intermezzi op. 117 (« berceuses de mes douleurs », dira Brahms au sujet de ces pièces lunaires, particulièrement chères à Arcadi Volodos) et les Six Pièces pour piano op. 118 feront encore évoluer le langage du musicien. D'un capriccio à l'autre, on admire à la fois la légèreté et la délicatesse du toucher, et son ferme ancrage dans le clavier. Déclamatoire ou tout en retenue, toujours très habité, le Brahms de Volodos dispose aussi d'une incroyable palette de nuances. — Sophie Bourdais

| 1 CD Sony Classical.

Télérama.fr - Disques

Slowdive

Entre le Jesus and Mary Chain le mois dernier et Ride en juin, l'époque est au retour sur disque des tenants du shoegaze, mouvement qui alliait déluges de guitares et mélopées évanescentes au tournant des années 90. Ce mois-ci, après une convaincante tournée de reformation, c'est au tour des héros très discrets de Slowdive de publier leur premier album depuis vingt-deux ans. Une renaissance qui démontre, une fois n'est pas coutume, que l'on peut être et avoir été. Car si le Mary Chain se contente de s'autoparodier avec efficacité, le quintet anglais rappelle que ses trois premiers albums affirmaient un constant besoin d'évoluer qui déboucha sur la métamorphose du groupe en Mojave 3 en 1995.

Il est important de le rappeler, car le Slowdive d'aujourd'hui est le fruit de ces années de quêtes stylistiques (d'une country ascétique à une dream pop mélodique) réconciliées avec l'esthétique noisy planante d'antan. Ajoutez la présence du producteur Chris Coady, artisan du son de Beach House, et vous comprendrez que Slowdive, bien ancré dans le présent, aura su s'inspirer de son disciple le plus doué. Résultat, les huit titres de l'album s'emboîtent comme les pièces d'un harmonieux puzzle reliant tous les rivages ­sonores abordés par Neil Halstead et Rachel Goswell au cours des ans. Du ­délicatement tonitruant Star Roving au rêveur mais entêtant Sugar for the pill, à l'instar du va-et-vient entre chant féminin et masculin en apesanteur, Slow­dive creuse son singulier sillon, au distant écho seulement des Cocteau Twins ou de Cure. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Dead Oceans.

Télérama.fr - Disques

Monstre d'amour

Sur une scène pop sans cesse à court de chair fraîche, chaque mois ou presque porte son lot de révélations. Mais combien de baudruches se dégonflent avant même d'avoir eu le temps de quitter le sol ? Dans ce tourbillon de buzz, où l'un chasse l'autre en permanence, Clara Luciani pourrait résister un moment. En quatre titres — ceux d'un premier EP, sorti fin avril —, la jeune femme de 24 ans, qui s'est déjà fait entendre au sein de La Femme, Nouvelle Vague et même sur l'album de Nekfeu pour un duo, ­affiche une identité musicale forte et prenante. Limite… dérangeante, ce qui n'est pas pour nous déplaire.

Voix grave et souple, faite de brumes et de clartés ; climat mouvant, entre références eighties, sixties, et guitares rock (trois réalisateurs y ont contribué, dont Benjamin Lebeau de The Shoes, et Ambroise Willaume de Revolver). Et surtout, chansons étranges, archi mélancoliques (« Dis-moi pourquoi je sombre dans des eaux, dans des om­bres »), pour ne pas dire angoissantes, comme quand la chanteuse se lance dans une plainte lancinante propre à hanter ceux qui l'écoutent (Pleure, ­Clara pleure). Autant dire qu'on attend la suite avec impatience. En espérant quand même y entendre un peu plus de sourire. — Valérie Lehoux

| 1 CD 4 titres, Initial.

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The dreamer is the dream

Quelqu'un avait dit assez cruellement : « Quand vous entendez un sax ténor moderne et ne savez pas qui c'est, vous pouvez être sûr qu'il s'agit de Chris Potter. » Manière de regretter que ce brillant virtuose, héritier de Michael Brecker, ne se soit pas forgé un style personnel. On l'a entendu dans un grand nombre de formations sous son nom, en sideman avec des grands comme Pat Metheny, et même en soliste invité par Steely Dan.

The Dreamer is the dream, en quartet, marque un nouveau pas dans sa carrière. La présence tutélaire de ­Michael Brecker se sent encore (mesure-t-on l'influence qu'il a exercée sur toute une génération de saxophonistes ?) mais sa personnalité s'affirme. Ouvrant l'album avec une belle ballade coltranienne (Heart in hand), il donne libre cours à sa sensibilité, qui est plus vive qu'on ne croyait, avant de se lancer dans une effervescente improvisation sur Ilimba, où le pianiste David Virelles montre l'étendue de son inspiration — un musicien à suivre. Potter brille également à la clarinette basse.

La rythmique, constituée de ces as que sont Joe Martin à la contrebasse et Marcus Gilmore à la batterie, est pour beaucoup dans la réussite de ce disque illustrant le mainstream actuel, qui a abandonné la référence au hard-bop des années 60 et 70. Les six compositions, toutes de Chris Potter, dessinent un état des lieux du jazz acoustique, ­explorant successivement le modal et l'harmonique. Il règne sur tout cela un bon goût musical plus que convaincant, même si un peu froid. — Michel Contat

| 1 CD ECM/Universal.

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Boukane

On les a découverts sur des sentiers balkaniques inédits, où ces esprits libres déconstruisaient le folklore dans une transe pop acoustique des plus inventives. Trois ans plus tard, les quatre virtuoses de Lolomis restent fidèles à leur verve expérimentale ultra tonique mais ne s'embarrassent plus du répertoire et composent, en toute langue (rom, bosnien, tamoul, portugais, russe…), leurs propres chants. Davantage mise en valeur sur ce second ­album, la chanteuse polymorphe nous bluffe, tant par son aisance polyglotte que par sa technique véhémente : elle est la chamane, l'enchanteresse, la sorcière, capable de passer de l'incantation sombre au rire le plus diabolique, du scat musclé au rap le plus urbain.

Ses acolytes ne sont pas moins ­déchaînés et font muter les morceaux par leurs syncopes versatiles : vrilles technoïdes et volutes médiévales pour le flûtiste, arpèges mélodieux et picking percussif pour la harpiste, frappes tribales ou R'n'B pour le batteur… Le quartet invite aussi dans sa nuit de sabbat une chanteuse experte dans le souffle guttural des femmes inuites (Marie-Pascale Dubé), le rappeur Mr. E et le clarinettiste Yom. Mélodieuse et percutante, leur magie noire envoûte. — Anne Berthod

| 1 CD Buda Musique/Socadisc.

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Rebel Frequency

Les femmes ne sont pas si nombreuses à se forger une place dans la masculine galaxie reggae. Alors, quand l'une d'elles s'y immisce, on s'y intéresse. L'Australienne Nattali Rize a déjà fait parler d'elle avec deux EP et quelques prestations réussies en festivals. Ne lui manquait qu'un album pour se lancer à la conquête du monde. C'est fait, et bien fait. Son premier essai opère une belle synthèse entre tradition et modernité, balayant plusieurs styles, ce qui lui a valu d'être adoubée par les producteurs jamaïcains. On reconnaît l'empreinte de Marley sur le chaloupé Meditation, et surtout sur la superbe ballade acoustique One people, hommage revendiqué au Redemption Song du maître. Mais sa voix acidulée, quelque part entre Rihanna et Santigold, se montre aussi à l'aise quand il s'agit de se la jouer plus pop-rock (Rebel Frequency) ou new roots en compagnie de Julian Marley, pour un duo « tubesque » et puissant, soutenu par des choeurs virils (Natty rides again).

Rize, porteuse de messages de paix et d'un regard critique sur le monde (Hypocrisy), impressionne par son flow tout-terrain, son sens de la mélodie et sa maîtrise des sonorités. Elle flirte avec le dubstep avec sensualité, se joue du dancehall sans complexe et tire son irrévérence sur un dub bien senti. Beaux débuts. — Frédéric Péguillan

| 1 CD Baco Records.

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