Actu musique

2 mai 2017

Radiohead dévoile une surprise pour le 20ème anniversaire de “Ok Computer”

Capture d'écran du clip "No Surprises", titre qui figure sur "Ok Computer" (1997).

Lundi 1er mai, à dix jours du 20e anniversaire de l’album OK Computer (1997), Radiohead a mis en ligne sur Twitter une mystérieuse vidéo de 30 secondes, qui a suffi à exciter Internet. 24 heures plus tard, le groupe d’Oxfrod annonce la sortie d’une réédition exclusive baptisée OKNOTOKCOMPUTER?, attendue le 23 juin prochain. Composé de 23 morceaux, dont huit extraits de face B et trois titres jamais parus, ce double album existera en vinyle, en format CD, en digital ainsi qu’en coffret en édition limitée avec une cassette, des artworks et d’autres surprises, disponibles sur le site officiel.

https://t.co/iGFCioUbB5
OK Computer
OKNOTOK
1997 2017 pic.twitter.com/GVY9epKfCT

— Radiohead (@radiohead) May 2, 2017

Fans de Radiohead et de jeux de pistes

Sur Internet, chaque mouvement de Radiohead, toujours très discret, provoque un coup de tonnerre au sein de la communauté, et ce lundi 1er mai aura été un bel exemple avec cette vidéo postée sur Twitter :

pic.twitter.com/dsmAGh6bkm

— Radiohead (@radiohead) May 1, 2017

L’image ressemble à l’écran de chargement d’un vieil d’ordinateur des années 1990 sur laquelle on entend la voix étrange d’un enfant passée par un vocoder. D’après Fact Magazine, il semble réciter les paroles de Climbing Up The Walls, neuvième morceau de Ok Computer, sauf que certains vers ont été modifiés :

I am the key to lock in your dress
That keeps your toys in the basement
And if you get too far inside
You’ll find you came out where you went in
So tuck the kids in safe tonight
And shut the eyes in the cupboard
I am the weapon that you needed
Keep an eye out for the neighbours
Anywhere you turn
I’ll be there
Open your skull
I’ll be there
Climbing up the walls

Plusieurs fans du groupe anglais (extrêmement fidèles et actifs sur le web) avaient misé sur une tournée événement pour célébrer les 20 ans de l’album culte. Ils se sont basés sur des affiches apparues dans les rues d’Amsterdam, Berlin, Londres, Los Angeles ou encore New York à la fin du mois d’avril. Dans des discussions sur Reddit, certains internautes ont rappelé que ces posters faisaient partie du merchandising lié à Ok Computer, en 1997 :

Slaves Aren't Educated #MoreFear

A post shared by Adam Readle (@adamreadle) on Apr 21, 2017 at 10:21pm PDT

Le troisième disque de Radiohead est considéré comme l’un des plus influents de l’ère alternative, et le groupe a conscience de l’engouement qu’il a suscité à sa sortie, et qu’il suscite encore de nos jours. Comme lors de la sortie de A Moon Shaped Pool en avril 2016, Radiohead a encore réussi un joli coup de com’.

Découvrez la tracklist de OKNOTOKCOPUMTER ci-dessous : 

1. Airbag
2. Paranoid Android
3. Subterranean Homesick Alien
4. Exit Music (For a Film)
5. Let Down
6. Karma Police
7. Fitter Happier
8. Electioneering
9. Climbing Up the Walls
10. No Surprises
11. Lucky
12. The Tourist

1. I Promise
2. Man Of War
3. Lift
4. Lull
5. Meeting In The Aisle
6. Melatonin
7. A Reminder
8. Pyethylene (parts 1 & 2)
9. Pearly
10. Palo Alto
11. How I Made My Millions

Les Inrocks - Musique

Installé à Berlin, Fink délaisse l'éléctro folk… pour le blues

Elevé au hip-hop et à la techno, le Britannique, fer de lance du label Ninja Tune, se lance avec intensité dans le blues, loin des clichés.

Télérama.fr - Musiques

Que s’est-il passé au Fyre Festival ?

Sur le papier, le Fyre Festival ne pouvait que faire rêver : deux week-ends au coeur des Bahamas, une programmation bindée de têtes d’affiches (Disclosure, Major Lazer, Blink 182, Tyga…), du gastronomique à tous les repas… Bref, de quoi convaincre les it girls et autres influenceurs du moment, qui n’ont pas hésité à faire la promotion de l’événement en janvier dernier dans un teaser alléchant. Mais finalement, les festivaliers n’auront pas pu poser leurs valises sur l’île Exumas très longtemps car, en quelques heures seulement, le Fyre Festival a viré au cauchemar.

Retour de bâton

De l’état délabré du site aux logements proposés (des tentes de secours utilisées en temps normal pour les réfugiés de guerre), en passant par les repas uniquement constitués de pain de mie et fromage en tranches, les festivaliers ont très vite déchanté en arrivant au Fyre Festival. Compréhensible, d’autant plus qu’il fallait débourser entre 450 et 12.000 dollars pour une entrée. Au delà de la déception qu’il a engendré, l’événement s’est même révélé dangereux pour les participants : entre sécurité inexistante et rapatriements dans l’urgence, le fiasco était total. Rapidement, les témoignages ont commencé à envahir la toile et les photos et vidéos se sont propagées sur Twitter.

AMERICAN HORROR STORY#fyrefestival pic.twitter.com/nrFtXZglvH

— Max Angles (@maxangles) 28 avril 2017

The dinner that @fyrefestival promised us was catered by Steven Starr is literally bread, cheese, and salad with dressing. #fyrefestival pic.twitter.com/I8d0UlSNbd

— Tr3vor (@trev4president) 28 avril 2017

Annulé le jour même de son ouverture, le festival est aujourd’hui poursuivi par un certain Daniel Jung qui, au nom de tous les festivaliers, porte plainte contre le Fyre,et réclame la modique somme de 100 millions de dollars de dommages. Pour le moment, le festival s’était engagé à dédommager les participants avec… des billets valables pour la prochaine édition. Osé.

#FyreFestival update, photos from the ground! pic.twitter.com/Z7fn9cKaz3

— FyreFestivalFraud (@FyreFraud) 27 avril 2017

In case you’re wondering, those “cabanas” are actually disaster relief tents.#fyrefestival pic.twitter.com/jaZpkIKVT2

— Matt Halfhill (@MattHalfhill) 28 avril 2017

Les Inrocks - Musique

Fight The Air : le nouveau challenge viral revu (et brillamment corrigé) par Rocky

Extrait du nouveau clip de Rocky

Après nous avoir fait vibrer sur leur premier album Soft Machines et avant de les retrouver sur scène dès demain, Rocky nous offre un nouveau clip qui bastonne : Love is a Soft Machine. A visionner ci-dessous :

Un clip entre danse, combat et crise d’épilepsie.

Réalisé par Baptiste Penetticobra (officiant aussi pour Myth Syzer And Ikaz Boi) et produit par HIRVI (Grand Blanc, The Pirouettes…), le clip met en scène une bande de copains donnant des coups en l’air dans un décor studio de shooting photo. Après quelques échauffements, les voilà qui boxent des lutteurs imaginaires, avec une rage folle. Ce défouloir collectif s’achève fort heureusement sur une session de câlins bien méritée. Le réalisateur explique sa démarche qui s’inspire du Fight The Air Challenge, né récemment dans les lycées américains :

“Le concept est simple : il s’agit de faire semblant de se battre, dans le vide. Les protagonistes prétendent à participer à une bagarre de rue (souvent en groupe) et font tout à coup valser leurs points en l’air et donnent des coups de pieds dans le vide, font semblant qu’on leur tire les cheveux bref… une baston sale.”

“I’m a lover not a fighter”

Ce refrain si juteux que nous soufflaient les Kinks il y a plus de 50 ans semble toujours d’actualité quand on écoute attentivement le premier album de Rocky. Soft Machines ne joue ainsi pas les gros durs mais nous invite à danser sur le dancefloor de l’amour. Leurs 9 grandes déclarations y sont dévoilées tantôt en anglais, tantôt en langue togolaise mina, par la chanteuse charismatique Inès Kokou. Réunissant les multi-instrumentalistes Laurent Pauingault et Tom devos, tous deux de Lille, rapidement rejoints par Olivier Bruggeman, Rocky réussit le pari détonnant de croiser techno de Detroit, clubs de Madchester et disco-pop. La voix de leur enchanteresses chanteuse, Inès ne faisant qu’accroître la tension et le mystère qui s’en dégagent.

Tête de gondole du fameux label GUM (Woodkid, The Shoes, Sage, Herman Dune), leur premier album est co-produit par Guillaume Brière (The Shoes) et mixé par Eric Broucek et Julien Delfaud. Un sans faute !

>>> A lire : Premier Round pour Rocky

En concert à la Gaité Lyrique le 3 mai prochain, aux Eurockéennes de Belfort le 9 juillet, et en tournée dans toute la France. Plus d’infos.

Les Inrocks - Musique

Les 6 albums à écouter cette semaine, en attendant dimanche

La pochette du très attendu nouveau Gorillaz, intitulé "Humanz" et paru 7 ans après le dernier album "The Fall".

La semaine s’annonce rude à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle. Heureusement, l’adage dit que la musique adoucit les mœurs, et les nouveautés sorties vendredi 28 avril ont de quoi vous détendre un peu, avec deux retours très attendus, celui de Feist et de Gorillaz, ainsi que de belles sorties francophones.

Gorillaz – Humanz

En 2015, le public n’attendait pas l’ombre d’un single de Gorillaz jusqu’à ce que Damon Albarn et Jamie Hewlett, les deux fondateurs du groupe virtuel, annoncent leur retour en studio. Sept ans après la sortie de The Fall, le nouveau disque est enfin là et se nomme Humanz. Riche d’une liste impressionnante de collaborations, dont Benamin Clementine la prometteuse Ray BLK, Jenny Beth des Savages, De La Soul ou encore Popcaan, cet album propose un regard flippant sur notre époque. Tout en surfant sur la nostalgie des années 2000.

>> A lire aussi : De Londres à Paris, on a suivi les hommes derrière le phénomène Gorillaz

A écouter sur Apple Music.

Feist – Pleasure

Son single 1,2,3,4 reste ancré dans toutes les têtes grâce, ou à cause d’une une publicité oubliée. La chanteuse canadienne fait son come-back cette année avec un projet qui tranche résolument avec la pop du passé. Terminé les ballades colorées et les titres folk mélancoliques, Feist assume son côté plus sombre, pleine de justesse et d’éclat expérimental.

A écouter sur Apple Music.

Damso – Ipséité

Le nouvel album de Damso avait fuité la semaine passé et le rappeur belge riait jaune. Mais depuis sa sortie officielle, vendredi 28 avril, ce second effort en deux ans fait un carton plein puisqu’il s’est hissé en tête des top des ventes sur iTunes en seulement trois jours. Ipséité succède à Batterie faible, sorti il y a un an, et dépeint une vision divisée  entre egotrip décomplexé et confessions mélancoliques.

>> A lire : Qui est Damso, le rappeur francophone le plus talentueux du moment ?

A écouter sur Apple Music.

Clara Luciani – Monstre d’Amour

Gagnante du concours de jeunes talents organisés par les InRocKs en 2016, Clara Luciani sort son tout premier ep cette année. Sa voix grave et ses mélodies romantiques frôlant le gothique lui donnent des airs de jeune madone extra-sensible, mais révèle une grande force, fière et poétique. Un joli essai qui annonce (peut-être) un album prometteur.

A écouter sur Apple Music.

Parcels – Hideout Remix

Le groupe australien avait réchauffé notre hiver avec le très bon mini-album Hideout. Les voici qu’ils préparent l’arrivée de l’été avec la sortie d’un ep de remix composé de cinq titres, revisité pour le dancefloor (ou la route des vacances). On note surtout la présence de L’Impératrice, collectif de DJ parisiens, qui a réussi saisir l’essence funk de Gamesofluck pour en faire un morceau jouissif et entêtant.

A écouter sur Apple Music.

Eliott Moss – Boomerang

Un an seulement nous sépare du premier album d’Eliott Moss, songwriter américain sensible mais fasciné par les machines. Son nouveau disque, bien plus concis, illustre des prises de risques d’abord surprenantes mais finalement validées, à base de pop chagrine chantée à l’autotune.

A écouter sur Apple Music.

Les Inrocks - Musique

En écoute : les Blacks Lips en duo avec Yoko Ono, ça donne quoi ?

Extrait de la pochette de "Satan's graffiti or God's art", nouvel album des Black Lips

Voici une belle réunion de zinzins. Les Blacks Lips se sont offert un featuring avec Yoko Ono sur Occidental Front, deuxième extrait de leur nouvel album Satan’s graffiti or God’s art ? Rien que de très normal en définitive puisque c’est Sean Lennon que l’on retrouve à la production de l’album attendu pour ce vendredi 5 mai chez Vice Records.

Fidèle à elle-même, Yoko Ono pousse ses désormais fameux hurlements comme autant de ponctuations satanistes sur un titre d’un classicisme tout Blacklipsien. Batterie et guitare sont à la chevauchée sauvage, convoquant des images de western-spaghetti/Tarantiniens, tandis que la voix toujours aussi crasse navigue du côté du blues et du psychobilly tendance Sud des Etats-Unis. Efficace.

La Fat White de la partie 

Parce que jamais deux sans trois, un autre grand zinzin devant l’Éternel est de la partie : Saul Adamczewski de Fat White Family devrait apparaître sur ce successeur de Underneath The Rainbow (2014). Y figureront aussi deux nouveaux membres : Oakley Munson à la batterie et Zumi Rosow au saxophone. Un premier extrait avait déjà été dévoilé à la mi-avril, lui aussi classique mais efficace :

Quant à Yoko Ono, 83 ans, après avoir fait l’objet d’une belle rétrospective au Mac de Lyon à l’été dernier, elle figurera au casting du prochain film de Wes Anderson, Isle of the Dogs, aux côtés de l’indémodable Bill Murray, de Tilda Swinton, Edward Norton ou encore Scarlett Johnanson… Et pour ceux qui voudraient entendre ses cris un peu plus distinctement, il n’y a qu’à appuyer sur play ci-dessous :

Dear Friends,
I would like to share this message with you as my response to @realDonaldTrump
love, yoko pic.twitter.com/s1BqfUgfLr

— Yoko Ono (@yokoono) 11 novembre 2016

Les Inrocks - Musique

Gorillaz annonce une date au Zénith de Paris

Extrait du clip de Gorillaz : "Saturnz Barz (Spirit House)"

C’est officiel : quelques jours seulement après la sortie de leur cinquième album studio Humanz, Gorillaz vient tout juste d’annoncer son grand retour en France. Si les places seront mises en vente dès le 5 mai ici ou là (à 10h précises, pour les plus impatients), il faudra attendre le 24 novembre prochain pour voir le quatuor au Zénith de Paris.

Humanz, le nouvel album le plus dingue du moment 

Cinq ans après Plastic Beach, Gorillaz a mis les bouchées doubles pour ce nouvel opus en enchaînant les featurings de choix : de Vince Staples à Grace Jones, en passant par De La Soul, Jehnny Beth et bien d’autres, Humanz regroupe une vingtaine de titres tous plus dingues les uns que les autres. Qu’en est-il du live ? Qui sera présent sur scène, quels invités viendront accompagner le groupe ? Réponse dans quelques mois. En attendant, les paris sont ouverts.

L’album Humanz est disponible sur Apple Music.

En concert le 24 novembre au Zénith de Paris. Lien vers l’événement facebook.

>> A lire aussi : De Londres à Paris, on a suivi les hommes derrière le phénomène Gorillaz

Les Inrocks - Musique

A gagner le remix de Red Hill Mining Town

Avec son partenaire Barclay, U2France vous offre le remix de 'Red Hill Mining Town'.

Pour gagner votre exemplaire c'est par là : Concours 'Red Hill Mining Town'

C'est le producteur de Joshua Tree, Steve Lillywhite qui s'y est collé (dans tous les sens du terme) pour nous offrir ce remix de 'Red Hill Mining Town'.

La photo qui sert de support à ce nouveau picture disc est de notre talentueux photographe et réalisateur néerlandais, ami de longue date de nos 4 paddies, j'ai nommé Anton Corbijn

Le single est disponible depuis le 22 avril 2017, jour du Disquaire Day et sera également inclus dans les réédition de The Joshua Tree, célébrant le 30e anniversaire de la sortie de l'album. Sortie prévue le 2 juin.

U2 France

Benjamin Kantes, force vive de Sporto Kantes, est de retour sur le ring avec Futuro Pelo

Monsieur Bouche, l'alter ego de (et dessiné par) Benjamin Kantes (Futuro Pelo).

Après quinze ans de vie commune avec son binôme Nicolas Kantorowicz et une pause bien méritée, Benjamin Kantes revient sur le devant de la scène avec un nouveau projet solo baptisé Futuro Pelo (les cheveux du futur en espagnol).

A presque 50 ans, cet artiste – dessinateur et musicien – nous prouve qu’il a encore plus d’un tour dans son sac avec un nouvel ep, Bluff, où se mélangent les fameux samplings et expérimentations sonores qui ont fait la gloire de Sporto Kantes, un hommage à la pop yéyé, le retour au français et aussi une curieuse marionnette : Mr Bouche… bien entourée par des chanteuses à la peau douce (Agnès Aokky, La Flaca).

Monsieur Bouche (Benjamin Kantes) répondant (et croquant) notre interview à la terrasse d’un café.

Sa marque de fabrique ? Un “laboratoire de sons” inspiré par la frénétique scène française des années 80

C’est à la terrasse ensoleillée d’un café typiquement parisien, sur la place de la Réunion, Paris XXe, que l’on retrouve Benjamin Kantes. Entre un vent frais qui balaye les tracts des candidats à la présidentielle et les effluves sucrés du marché primeurs, on s’attarde sur ce quartier qui l’a vu grandir artistiquement et qui reste ancré dans son cœur :

“C’est marrant parce qu’on jouait pas loin d’ici, au Club Gambetta [anciennement Chez Jimmy], le bar adossé à la Flèche d’Or. Quand j’avais 15-16 ans, le quartier était super populaire, pas comme aujourd’hui. Toutes les semaines, la scène pré-alternative s’y réunissait pour bœufer (les Wampas, Parabellum, les Bérus). Et c’était la faune, tu peux pas savoir ! Tous les punks ! La cour des miracles, c’était génial !  Et c’est là où s’est créée toute la scène alternative française (Mano Negra, Les Négresses Vertes). Et donc, avec mon premier groupe, les Wanderers, on venait jouer là-bas.”

Et c’est sans doute cette frénésie artistique, qui a donné à Benjamin le goût du mélange des genres. En effet, Sporto Kantes comme Futuro Pelo ont la particularité d’emprunter des textures sonores à des morceaux préexistants, de les réassembler pour créer un patchwork musical unique, sur lequel se superposent des voix et effets à gogo. Benjamin nous raconte ce contexte artistique qui l’a nourri :

“C’est vrai que c’était un peu un moment d’incertitude musicale. On était en 83-84. On sortait du punk anglais. Tout le monde s’habillait un peu en rockab. Très bizarre ce revival. Un mouvement un peu libertaire. Et le meilleur exemple, ce qui est né de ce truc-là, c’est l’énorme claque de la Mano Negra. Multiculturelle en plus. Ça a entraîné toute une génération, même ceux qui n’aimaient pas le rockn’roll, car c’était tellement humain et festif, mais aussi très référencé. Et moi justement, je viens de ce truc-là. Un laboratoire de sons, où l’on mélangeait tous les ingrédients. Et de ça, tout était possible.”

Un artiste aux multiples facettes : les Wanderers, Torpedo, Sportes puis Sporto Kantes

Après son premier groupe, les Wanderers, puis un détour par Londres pour des études de dessin et de cinéma, Benjamin fait son retour en France dans les années 90 et crée Torpedo, accompagné de musiciens anglais. Puis, entre deux décors signés pour l’émission pour enfants Minikeums, il monte Sportes, un projet moitié en français moitié en arabe. Avant d’entamer en parallèle la grande aventure de Sporto Kantes en 1998, et de signer quatre albums signés chez Gum et deux tournées historiques.

dessin autobiographique de Benjamin Kantes

dessin autobiographique de Benjamin Kantes

Après l’odyssée Sporto Kantes, viendra la traversée du désert : “Je me suis posé plein de questions, est-ce que j’ai encore envie ?”

A la fin de Sporto Kantes en 2013, Benjamin entame une traversée du désert, avant de retrouver la force de continuer. Dans un premier temps, il se remet au dessin, son premier amour, qui ne l’a jamais vraiment quitté : “Je postais un dessin par jour sur Facebook. C’est un truc qui m’aidait aussi, parce que j’ai arrêté de faire de la musique pendant 6 ou 7 mois. Complètement. J’arrivais même plus à lire la presse musicale ou un livre sur la musique à l’époque. J’étais gavé. Je ne savais plus ce qui était bien et ce qui n’était pas bien, j’écoutais que mes vieux trucs.”

Puis il tente de repartir sur une musique très électronique, dans la mouvance de Disclosure ou des Nantais C2C. Sans grande conviction, Benjamin revient finalement à son être cher : la musique instantanée, celle qu’il crée dans son laboratoire, puisant dans une titanesque banque de sons accumulés au fil du temps :

“Je me suis posé plein de questions, est-ce que j’ai encore envie ? Et puis, je me suis aperçu que je n’étais pas fait pour enregistrer des sons hyper léchés. Je ne suis pas un forcené, à essayer de faire sonner une caisse claire pendant des heures, ni à la pointe des derniers logiciels. Je suis vachement dans l’instantané. C’est pour cela que j’utilise beaucoup de samples. Ça pose un paysage sonore. Il y a déjà une émotion à travers le son.“

Un nouveau laboratoire, un bébé et ça repart !

Convaincu que son rôle d’artiste se situe plus à la frontière entre l’image et le son, le cinéma et le dessin, Benjamin se remet donc au travail, quittant son ermitage et emménageant dans un loft avec l’ancien guitariste de Sporto Kantes (désormais aux manettes d’Arigato Massaï) :

“On s’est installé au sous-sol dans des locaux de Kawanimation, qui bossent dans l’animation. Et travailler avec des gens aussi créatifs ça m’a redonné un certain élan, un coup de boost. En effet, j’ai toujours bossé depuis chez moi. J’ai fait tous les albums de Sporto Kantes, seul, à la maison.”

L’arrivée d’un enfant sur le tard sera également une révélation pour Benjamin, cette naissance lui permettant de se libérer d’un flot de questions qui l’assaillent depuis des années. Il se remet ainsi au travail et compose pendant deux années durant, ce qui deviendra Futuro Pelo.

Futuro Pelo : une aventure collaborative et un premier EP 

Sur son premier ep, Bluff, Futuro Pelo n’hésite pas à chanter en français et à inviter des voix féminines, comme celle d’une ancienne chroniqueuse de Radio Nova, à la tête d’un projet électro-poétique : Agnes Aokky. Sur le titre Hands, il invite aussi La Flaca, qui n’est autre que sa femme Mélanie. Cette ex-professeur d’espagnol au Mexique et bilingue, interprétera également des morceaux en espagnol sur son futur album.

Un album prévu pour 2018 et qui s’annonce, comme toujours, multiculturel. L’espagnol, le français, “c’est très varié, ça part un peu dans tous les sens, comme Sporto Kantes.” nous précise Benjamin. Pas de barrière, pas de limite donc, tout est possible, mais le liant de tout ça, restera sans nul doute sa production sonore à base de samplings “qui font que tout d’un coup, tu as l’impression d’avoir déjà entendu quelque chose qui fait partie de ce titre-là.”

La rencontre avec le label Pain Suprises : le choc des générations

Avec quelques titres en poche, Benjamin Kantes ira frapper à la porte de nombreux labels. C’est la jeune maison Pain Suprises (celle du compositeur electro-ménager Jacques, entre autres illuminés) qui répondra la première et avec quel enthousiasme ! Si une génération les sépare, c’est leur créativité commune qui va les réunir. Rapidement, ils collaborent et Benjamin signera un remix pour Jacques.

“Il y a chez Pain Surprises, une grande conscience de marketing, et en même temps c’est très open. On sent que ce sont les énergies des artistes qui leur donnent envie de bosser, plus qu’un calcul financier. Et quand je leur ai apporté mes dessins de Monsieur Bouche et ma musique, ils ont trouvé ça super, et on a tout mélangé.”

Et ce fameux personnage de Monsieur Bouche – caractère principal du clip réalisé en stop motion Bluff – accompagnera en filigrane la nouvelle aventure de Benjamin Kantes : sur scène (sous forme de marionnette), sur le papier (pochette du disque) et virtuellement (dans des clips et sur les réseaux sociaux). Un retour qui a définitivement de la gueule !

Bluff, le premier ep de Futuro Pelo est disponible sur Apple Music (chez Pain Surprises, en coproduction avec Délicieuse Musique)

En concert à Paris au Nuba le 12 mai,au Pop Up du label le 24 mai, au Chalet des îles le 2 juin, le 28 juin au Wanderlust, puis en Normandie au festival Pete The Monkey le 13 Juillet.

Les Inrocks - Musique

Nick Cave : “Par le passé, j’étais sincère tout en me cachant. Je ne me cache plus”

Un coffret retrace ses trente années avec les Bad Seeds. A cette occasion, Nick Cave sort du silence qu’il s’était imposé après la mort de son fils, en 2015. Pour “Télérama”, le chanteur revient sur son parcours porté, encore aujourd’hui, par le besoin d’évoluer sans jamais se renier.

Télérama.fr - Musiques