Actu musique

24 avril 2017

Frank Ocean nous fait plaisir et dévoile “Lens” : un inédit sublime

Frank Ocean au SNL en 2012. (Capture d'écran Youtube)

Ces dernières semaines, le génial chanteur américain a balancé des sons inédits sur la toile, pour le plus grand bonheur de ceux qui ont totalement saigné son dernier album Blonde (2016). Le dimanche 23 avril, Frank Ocean a lâché Lens, qui existe en deux versions différentes. Une habitude chez lui. La première, classique, offre tout l’espace à la voix auto-tunée de Frank Ocean. Sur la seconde, le rappeur et proche de l’artiste, Travis Scott, fait une apparition en fin de morceau. Ce dernier s’est montré très content sur Twitter tandis que son acolyte reste, comme à son habitude, incroyablement discret.

Ahhhh is happening

— TRAVIS SCOTT (@trvisXX) April 23, 2017

Lens with frank ocean

— TRAVIS SCOTT (@trvisXX) April 23, 2017

Diffusée hier, en avant-première sur Beats 1 la radio officielle d’Apple Music explique Complex, cette chanson succède à l’excellent Chanel, mis en ligne en mars et au titre Biking, paru plus tôt dans le mois d’avril. Ces trois extraits ont été composés dans le cadre de la carte blanche offerte à Frank Ocean sur Beats 1.

Ecoutez Lens ci-dessous :

Les Inrocks - Musique

Les 5 albums à écouter cette semaine (pour décompresser)

Les Black Angels, après 13 ans de carrière, n'ont pas fini de faire vivre le rock pysché. (Crédit photos : Alexandra Valenti)

Avec le Disquaire Day organisé samedi 22 avril, on en aurait presque oublié les sorties de la semaine. Chez les InRocKs, nous avions déjà partagé notre sélection de la journée des Disquaires, il ne sera donc question que des nouveautés sorties la veille, vendredi 21 avril dernier donc. Au programme : du rap français, le nouvel EP du jeune Douchka et du rock psyché made in Austin. De quoi nous faire patienter avant l’arrivée du prochain Gorillaz la semaine prochaine </div>
<p class=Les Inrocks - Musique

“Snégourotchka, la fille de neige” à l'Opéra Bastille : l'autre “Sacre du printemps”

Œuvre enchanteresse et fable noire, l'opéra préféré de Nikolaï Rimski-Korsakov renaît à Paris après une longue absence, dans une audacieuse mise en scène de Dmitri Tcherniakov, où la magie vient avant tout du plateau vocal.

Télérama.fr - Musiques

Phoenix dévoile des extraits de son tout nouvel album, lors de concerts surprise à Anvers

crédit: compte instagram de @poptimaforma

Alors qu’on attend leur nouveau disque depuis plusieurs mois et qu’il prévoit d’enflammer les festivals cet été, Phoenix a choisi les soirées pré-électorales du 22 et 23 avril, une ambiance très tendue donc, pour remonter sur scène et teaser son prochain album, dont on ne sait encore presque rien. En guise de teasing, les Versaillais ont posté cette vidéo sur instagram  :

Antwerp tonight!

A post shared by Phoenix (@wearephoenix) on Apr 22, 2017 at 10:32am PDT

De nouvelles chansons dévoilées : Role Modele, Ti Amo et J-Boy

Le tracklisting (disponible ci-dessous) de leur concert d’hier soir, lève le voile sur des titres inédits (Role Model, Ti Amo et J-Boy). On y retrouve également des anciens morceaux iconiques, extraits de leurs précédents disques : It’s never been like that (2006), Wolfgang Amadeus Phoenix (2009) et Bankrupt! (2013).

Phoenix setlist for tonight ! #phoenix #setlist #trix #antwerpen #wearephoenix #phoenixband #warmupshow

A post shared by A X E L (@_a__x__e__l_) on Apr 22, 2017 at 11:46am PDT

Un public déchaîné pour leur retour à la scène en 2017

Avant d’entamer une grande tournée mondiale, Phoenix a donc choisi la ville d’Anvers en Belgique pour s’échauffer et offrir au public deux “warm up shows” inoubliables. Des extraits de leurs lives survoltés ont été partagés, pour notre plus grand plaisir, sur les réseaux sociaux et sont à revivre ci-dessous :

#phœnix #wearephoenix first show of the tour

A post shared by Muriel D (@mure73) on Apr 22, 2017 at 1:36pm PDT

De tering. Phoenix speelde nieuwe song Ti Amo (tweemaal – waarvan de reprise hieronder). Meteen hooked. pic.twitter.com/zpYOoSq6IW

— Dave Coenen (@Deeeeeef) 23 avril 2017

Un héros à Anvers!!! #phoenix #thomasmars @florisdhollander

A post shared by Maarten Breckx (@maartenbreckx) on Apr 22, 2017 at 1:42pm PDT

two days of Lisztomania ❤️ @wearephoenix @trix_online . #wearephoenix #phoenix #trix #antwerp

A post shared by Matthias De Ridder (@mdrddr) on Apr 23, 2017 at 11:30pm PDT

Retrouvez toutes les dates de la prochaine tournée de Phoenix ici.

Les Inrocks - Musique

The Feelies entrent dans leur quatrième décennie avec “In Between”

Crédit photo : Doug Seymour

Surtout, ne pas jauger cet In Between à l’aune de Crazy Rhythms, classique indépassable – en même temps qu’inimitable – de l’ère indie-punk. La soixantaine bien sonnée, les Feelies n’ont plus grand-chose à voir avec les quatre nerds qui, au tournant des eighties, réinventaient la danse de Saint-Guy sur fond de boucles électriques et de polyrythmies tribales. Beaucoup plus apaisé, presque laid-back, à l’image de ce qu’a pu faire le groupe par la suite (The Good Earth, 1986), In Between est un album qui va à son propre rythme, tout en équilibre, justesse et retenue. Traversés de percussions et de sonorités nébuleuses, les morceaux, à dominante acoustique, forment un tout répétitif et envoûtant, se consument lentement, puis explosent sans prévenir en gerbes de guitares incandescentes. Jamais sans doute Glenn Mercer n’aura si bien chanté que sur ce disque vespéral, touchant éloge de la maturité.

Les Inrocks - Musique

Cameron Avery joue les romantiques sombres avec son album “Ripe Dreams, Pipe Dreams”

Crédit photo : Delilah Jesinkey

En se fiant uniquement à son CV (batteur de Pond, bassiste de Tame Impala, leader de The Growl), on pouvait imaginer que le premier album solo de Cameron Avery prolongerait les aventures néopsychédéliques ou garage de ses groupes précédents. On aurait eu tort, car pour cette échappée solitaire l’Australien chamboule autant ses habitudes géographiques que musicales. Relocalisé aux Etats-Unis, il a eu l’excellente idée de s’entourer de Jonathan Wilson, en charge de la production voluptueuse, et d’Owen Pallett pour les sublimes arrangements de cordes. Ces deux collaborateurs de luxe contribuent à sa mue surprenante. Métamorphosé en crooner vintage à la Sinatra, il dévoile ses envies de songwriter multi-instrumentiste : composer des chansons pour cœurs brisés, chantées d’un timbre de velours noir. Lascifs et romantiques jusqu’à la démesure, parfois plus incisifs (Watch Me Take It away, Disposable), les morceaux charmants de Ripe Dreams, Pipe Dreams accompagnent à merveille ce début de printemps.

Les Inrocks - Musique

JB Wizz, de Born Bad : “Je suis le Gérard d'Aboville de l'industrie musicale”

Le label rock farouchement indépendant fête dix années d'activisme à la Machine du Moulin Rouge. Son fondateur, JB Wizz, n'aime que les artistes écorchés. Attention, ça va faire du bruit.

Télérama.fr - Musiques

Le monde naturel surgi du passé de Jake Xerxes Fussell

Crédit photos : Brad Bunyea

On dirait qu’on serait en 1961. A New York, du côté de Greenwich Village, un groupe de jeunes gens est en train d’écrire le nouveau chapitre de la grande fresque du folk-blues américain. Le meilleur d’entre eux s’appelle Jake Xerxes Fussell. Il vient de Durham, en Caroline du Nord. Les secrets du folk, il les tient de première main, de son pays de musique. Quand il chante les vertes prairies, ce n’est pas parce qu’il a entendu d’autres le faire avant lui, mais parce qu’il les a arpentées, s’y est allongé et a rêvé d’une musique qui ressemblerait à l’odeur du vent chaud dans les champs après les moissons. Il est le fils de Fred C. Fussell, un folkloriste qui collecte les microcultures du Sud et a transmis le virus à son rejeton.

Tout ce qui précède est vrai, sauf qu’on est en 2017, et que le disque de Jake Xerxes Fussell est merveilleusement préservé de toutes les tares du folk contemporain, l’exercice de style trop référencé comme la vanité de l’avant-garde. Quand il hulule dans une sorte de yodel glissant, on entend que c’est d’abord parce qu’il aime chanter comme ça. Son jeu de guitare et ses mélodies, inspirés par la douceur rédemptrice de Mississippi John Hurt, semblent naître comme le soleil se lève le matin. Son petit groupe d’esthètes sait jouer sans nostalgie, juste pour ouvrir les fenêtres le matin et faire trembler les planchers le soir. What in the Natural World est un album de reprises, beaucoup de chansons des années 1920, et quelques-unes plus récentes. Sur le disque, Jake Xerxes Fussell indique la généalogie des chansons – on repère les noms de Duke Ellington, Jimmy Driftwood, Jimmie Tarlton, et les autres nous sont totalement inconnus. Des chansons obscures qu’en bon artisan Fussell ramène à la lumière.

Les Inrocks - Musique

Bob Dylan à la recherche du temps perdu sur son nouveau disque “Triplicate”

Crédit photo : Merlyn Rosenberg

D ans la rare et passionnante interview mise en ligne sur son site, le prix Nobel de littérature prouve qu’il mériterait aussi le Pulitzer de la rock-critic en théorisant le lien entre la genèse du rock et l’âge atomique. Mais, pour le moment, sous sa casquette de chanteur, Dylan semble plus que jamais préoccupé par l’ère prérock, mais pas par sa traditionnelle obsession folk-blues. Après Shadows in the Night et Fallen Angels, revoilà une triple louche de standards de la musique dite Tin Pan Alley. C’est aussi étonnant que si Godard se lançait dans les remakes “respectueux” de tous les classiques de Ford ou Walsh.

Voilà donc alignés comme à la (hit) parade du top ten des années 1930-1940 les September of My Years, Stormy Weather, As Time Goes by, Stardust ou autres These Foolish Things, rangés en trois séquences dessinant une longue nuit qui s’intitulent “‘Til the Sun Goes down” (“Jusqu’au crépuscule”), “Devil Dolls” (“Femmes fatales”) et “Comin’ Home Late” (“Retour tardif au foyer conjugal”). S’il n’y a plus l’effet de surprise de Shadows…, tout cela reste sublimement inactuel. Les chansons, pas la peine de les vendre, c’est de l’or pur, et les songwriters velléitaires d’aujourd’hui peuvent encore s’échiner longtemps avant d’atteindre ne serait-ce que le dixième de ce niveau de concision et de profondeur existentielle. Les arrangements, c’est du velours bébé, de la plume d’oie, du taffetas, du swing tout en légèreté, battu en neige par des virtuoses du less is more.

Et la voix du Zim est redevenue passionnante, émouvante, à mi-chemin entre le croon satiné et le timbre éraillé du bluesman qui a clopé toute sa vie et n’a pas sucé que de la glace, réinterprétant les saintes écritures à l’aune de sa vie à lui. “Comin’ Home Late” peut aussi s’entendre, selon les propos de Dylan, comme ce “retour tardif à la musique qui a bercé mon enfance, qui a enchanté mes parents, qui a peut-être aidé à ce qu’ils me conçoivent…” Le type qui a inventé l’âge moderne de la chanson américaine revient finalement, et en beauté de boucle bouclée, à son âge classique. Disque de fin de soirée et de soir de la vie, de temps retrouvé. Après Godard, Proust. Que dire d’autre ? Rien.

Les Inrocks - Musique

Avec “Death Song”, The Black Angels restent les ambassadeurs du rock psyché moderne

Crédit photos : Alexandra Valenti

On en a la certitude dès les premières notes de Death Song : les atmosphères légères de l’ep Clear Lake Forest, en 2014, n’étaient qu’une parenthèse enchantée pour les Black Angels. Les voilà de retour avec un cinquième album plus sombre où les guitares fuzz bataillent avec des synthés vintage soulevant sur leur passage des tourbillons de poussière psychédéliques. En ces temps troublés et dans une Amérique encore sous le choc de l’élection de Trump, Death Song a d’ailleurs parfois des allures de bande-son anxiogène pour road-movie sousacide. Il y a bien longtemps que la musique des Black Angels, ses voix résonnant comme des échos dans les gorges du Grand Canyon et ses évocations du 13th FloorElevators de Roky Erickson ont fini de nous surprendre.

Mais le groupe d’Austin reste l’un des fleurons du néopsychédélisme et des titres comme le single Currency, Grab as Much (as You Can), I Dreamt, Medicine ou Life Song (et son Mellotron old school) méritent à eux seuls le voyage.

Les Inrocks - Musique

Interview : Joe Goddard d’Hot Chip se dévoile sur “Electric Lines”

Crédit photo : Marc Sethi

Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ?

Joe Goddard – Quand j’étais tout petit, ma mère écoutait souvent After the Gold Rush de Neil Young, qui reste l’un de mes albums préférés. Je me souviens des premières cassettes que mes parents nous ont données, à mon frère et moi : Rubber Soul des Beatles et Hot Rocks des Rolling Stones. Mon père fait du montage pour le cinéma et il a travaillé sur des clips de The Cure, Queen, Bowie. Ça m’a marqué de le voir travailler avec toutes ses machines et d’entendre cette pop très particulière qui a nourri Hot Chip.

Quand as-tu commencé à jouer d’un instrument ?

Mon père m’a offert une guitare acoustique pour Noël quand j’avais 11 ou 12 ans. Peu de temps après, je me suis mis à faire des essais avec des programmes très simples : prendre un bout d’une chanson des Isley Brothers pour en faire une boucle, créer des beats basiques pour que mes copains puissent rapper dessus… Je n’ai jamais été un musicien virtuose, mais ça fait environ vingt-quatre ans que j’utilise des ordinateurs pour faire de la musique, principalement sur le logiciel Cubase, donc je me sens à l’aise dans ce domaine.

Comment as-tu découvert la culture du clubbing ?

Quand j’étais ado, je me suis intéressé à toute la scène drum’n’bass, comme Photek et Goldie, et je sortais dans des clubs londoniens. Je n’avais pas l’âge, mais je tentais le coup et parfois ça marchait ! J’allais aux soirées Metalheadz au Blue Note. Je restais planté là, à écouter cette musique fascinante, et je ne comprenais pas pourquoi j’étais le seul à avoir des coups de barre – en fait j’étais sobre, alors que tout le monde prenait de l’alcool ou de la drogue. J’ai aussi été marqué par la house et par des concerts de reggae et de hip-hop.

Ton album reflète cet éclectisme…

Au collège, j’étais ami avec Alexis et Owen de Hot Chip et Kieran de Four Tet. On était des nerds, en marge des modes, et ça nous est resté. A nos débuts, la presse anglaise trouvait ça bizarre qu’on pioche dans des styles aussi variés, mais pour nous c’était naturel. J’ai créé cet album dans mon studio, un sous-sol près de Hoxton Square. C’est là que j’entrepose tout mon matériel, tous les synthés vintage que je collectionne. En ce moment, j’y passe beaucoup de temps avec Hot Chip ou avec des groupes que je produis. Quand je suis seul, je peux passer des heures à m’amuser et à bidouiller jusqu’à trouver des sons qui m’intriguent. C’est un luxe rare de pouvoir être dans cet état, sans aucune distraction. Le risque, c’est de ne pas savoir s’arrêter, d’effacer des premières versions dans un moment d’euphorie, ou de bâcler la fin d’un titre sur lequel on estime avoir passé trop de temps.

Comment adapter ces morceaux sur scène ?

J’y pense beaucoup. Le plus simple serait de rejouer l’album, c’est ce que je veux éviter. Avec Hot Chip, on passe des années à monter des concerts qui tiennent la route. J’aimerais que le live apporte quelque chose en plus pour le public et que ces chansons évoluent tous les soirs
– un défi à la fois périlleux et palpitant.

propos recueillis par Noémie Lecoq

Concert à Paris (Badaboum) le 27 avril.

Les Inrocks - Musique

Les mélodies envoûtantes de Karen Elson sur “Double Roses”

Crédit photo : Heidi Ross

Souvent, l’annonce qu’un mannequin-vedette se lance dans une carrière musicale est une mauvaise nouvelle pour nos oreilles – Gisele Bündchen, Heidi Klum, Naomi Campbell et Kate Moss n’ont heureusement pas persisté dans ce domaine. Et puis parfois, le résultat est une telle merveille qu’il fait taire les mauvaises langues. Nico, Grace Jones ou encore Lou Doillon font partie de cette catégorie, dont Karen Elson est l’un des spécimens les plus fascinants de ces dernières années.

A la sortie de son premier album, The Ghost Who Walks, en 2010, sa passion palpable pour la musique s’exprimait à travers un folk vintage et une country hantée. Ces chansons étaient produites par Jack White, son mari d’alors, mais ne surtout pas voir en lui un pygmalion : c’est seule et en secret qu’elle les a écrites. D’ailleurs, cette rousse flamboyante n’a pas attendu de le rencontrer pour se mettre à la chanson. Elle a d’abord chanté des reprises au sein de The Citizens Band, troupe de cabaret qu’elle a cofondée à New York au début des années 2000. On a aussi pu entendre sa voix vaporeuse sur un disque de Robert Plant et sur l’album Monsieur Gainsbourg Revisited, en duo troublant avec Cat Power. Son déclic musical ne date pas d’hier. “C’était une échappatoire, confie-t-elle. J’ai grandi dans le nord de l’Angleterre et ça m’a aidée à surmonter la rudesse du paysage, le froid brutal et le harcèlement incessant des gamins qui me trouvaient différente. Grâce à la musique, je laissais mon imagination s’évader dans des rêves éveillés.”

Alors qu’elle a grandi dans la banlieue de Manchester, elle avoue s’être initiée à la scène bouillonnante de cette ville bien après l’avoir quittée pour les Etats-Unis.

“Quand j’étais petite, c’était juste mon environnement. Mon frère était très proche de Mani des Stone Roses et il partait sur la route avec les Happy Mondays. Je les considérais comme le gang de mon frère, ses copains de classe. Je connaissais, mais ça ne m’emballait pas plus que ça. C’est seulement quand j’ai emménagé aux Etats-Unis que j’ai eu un coup de foudre pour la britpop, The Cure, Joy Division. J’ai eu un autre grand choc quand j’ai vu Nick Cave et Blixa Bargeld dans Les Ailes du désir. Aujourd’hui, peut-être parce que j’ai 38 ans et que je vieillis, je ne comprends plus la pop culture et les gens que mes enfants admirent.”

Ce décalage saute aux yeux dans sa magnifique robe d’un autre temps (signée The Vampire’s Wife, la marque de Susie Bick, l’épouse de Nick Cave), qui rappelle autant La Petite Maison dans la prairie que le gothique à la Tim Burton. Il rejaillit aussi dans les chansons de Double Roses, son deuxième album qui va autant puiser dans le folk du Laurel Canyon que dans la country originelle. Poudrées de cordes et d’arrangements délicats, ses nouvelles chansons ont été écrites à Nashville (où elle vit avec ses deux enfants) et enregistrées à Los Angeles sous la houlette de Jonathan Wilson. Un casting de luxe joue à ses côtés, notamment Father John Misty, Pat Carney des Black Keys, les chœurs de Laura Marling sur Distant Shore. “Aucun d’entre eux n’a participé à la composition des morceaux, tient-elle à préciser. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir des musiciens aussi doués pour m’entourer.”

“J’ai voulu faire face à ma propre vérité”

Même si The Ghost Who Walks racontait des murder ballads et des histoires ténébreuses, elle trouve son nouvel album plus sombre que le précédent alors qu’il regorge de romantisme et de grâce. Aujourd’hui, au lieu de se planquer derrière des personnages, elle ose affronter son propre reflet et se montrer telle quelle.

“J’ai davantage confiance en moi que sur le premier album, où j’avais peur de ne pas être prise au sérieux. Cette fois, je me suis donné le temps d’expérimenter, de jouer avec ma voix et d’être sincère. Dans les paroles aussi, j’ai voulu faire face à ma propre vérité, même dans ses facettes les plus laides. C’était libérateur.”

Qu’elle se rassure : cet album-confession n’a rien de repoussant. On le constate dès l’ouverture sur le majestueux Wonder Blind. Cette première étincelle de chaleur caressante et de lumière irradiante n’est qu’un avant-goût pour la suite, où les charmes se succèdent jusqu’à provoquer un enivrement bienfaisant.

Les Inrocks - Musique

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