Actu musique

20 avril 2017

Jens Lekman ou Cameron Avery, quel crooner choisir ?

Aléas de la programmation printanière : ils sont de passage à Paris le même soir. Entre le baladin suédois et le hipster australien, aux voix enjôleuses et aux cordes sensibles, nos oreilles balancent.

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The Blaze jouera au festival Fnac Live pour sa première date parisienne

Crédit : DR

C’est un concert événement qui se prépare et qui se doit d’être noté dans tous les agendas des amateurs de prodigues musiciens français. Le duo The Blaze a confirmé sa présence au festival Fnac Live à Paris, le 8 juillet. Il s’agira de leur première performance en live et dans la capitale de toute leur carrière (certes encore jeune mais déjà promise à un avenir radieux).

Le groupe assurera seulement une poignée de concerts cet été. Leur étape numéro 1 sera Marseille, le 23 juin. Ils enchaîneront à Paris au festival Fnac Live le 8 juillet et passeront par Bordeaux le 8 septembre pour le Climax Festival. Entre deux dates françaises, The Blaze apparaîtra également à l’affiche d’un festival suédois, le Way Out West à Gothenburg, du 10 au 12 août.

The Blaze, le groupe français le plus intrigant du moment

Grâce à seulement deux clips sortis en janvier 2016 et en février 2017 (le premier Virile et le second Territory), les deux cousins de The Blaze sont devenus la nouvelle sensation musicale à l’internationale. L’esthétique de ces vidéos d’une qualité presque cinématographique, et la puissance d’une musique électronique bourrée d’émotions et de sensibilité, ont conquis en France et outre-atlantique.

> > > A lire : The Blaze : “L’amour, la jeunesse et la folie”

La programmation du festival FNAC Live, qui aura lieu du 6 a 8 juillet à Paris, est à découvrir en intégralité le 30 mai prochain.

Les Inrocks - Musique

Exclu: le troisième teaser d’”Intuition”, le nouvel album de NSDOS

Pendant tout le mois d’août dernier, l’artiste et producteur français NSDOS est parti enregistrer en Alaska. Installé près d’Anchorage pour enregistrer son premier album, Intuition, dont le premier volume est prévu pour le 19 mai 2017, l’ancienne signature du label Clekclekboom est parti accompagné de ses machines de videotracking, et de ses capteurs. Le but: retranscrire électroniquement les mouvements de la nature, et donner vie acoustiquement au monde qui l’entoure. Suivant le vent ou les courants, s’imprégnant de toutes les impulsions qui remuent les paysages ou les cours d’eau, NSDOS traduit le réel pour en faire de la matière sonore, peignant des paysages pour des sens encore peu habitués à ce genre de récits.

Après avoir dévoilé un premier teaser, qui montrait NSDOS en train d’explorer le champ des possibles que lui offrait l’Alaska, et un deuxième dans lequel l’artiste et producteur français récoltait les données nécessaires pour réaliser l’album, voici en exclusivité le troisième teaser qui s’attarde sur l’aspect technique de ce projet étonnant, et montre le travail d’équipe nécessaire pour donner naissance à Intuition.

Un album qu’il ne présentera pas le 27 avril, mais dont il dévoilera le concept en direct : NSDOS enregistrera ainsi des données récoltées pendant la soirée Sciences Frictions, et il les accompagnera d’images capturées pendant son séjour, ainsi que des clichés immersifs du planétarium. Une expérience à vivre dès la semaine prochaine à la Cité des Sciences et de l’Industrie !

L’Event Facebook de Sciences Frictions

Les Inrocks - Musique

Jordan Lee, un des producteurs R&B français à suivre de très près

Crédit : Sylvain Lewis

Avant de le retrouver pour un concert inédit sur la scène extérieure du Victoire 2 à Montpellier, jeudi 27 avril prochain à l’occasion de l’afterwork des inRocKs lab, Jordan Lee s’est confié dans une interview, revenant sur son parcours musical et aussi personnel. Le producteur prépare actuellement un troisième EP, Best Friend’s Redemption, chez Sodasound. Il nous en livrera un premier extrait, Rich in Love, en juin prochain.

Deux précieux mentors : Bruce Lee et Kendrick Lamar

Passionné d’arts martiaux, Jordan choisit le pseudo Jordan Lee en hommage à son idole d’enfance : Bruce Lee. Il fait du même coup, un clin d’oeil à son autre passion : le cinéma, en particulier au réalisateur Spike Lee et à l’acteur Samuel Lee Jackson.

Côté musiques actuelles, Jordan avoue puiser essentiellement son inspiration dans la scène américaine : Kendrick Lamar, Pharrell, ou encore le canadien Drake. Difficile de rapatrier son cœur en Europe, “sauf peut-être l’anglais Sampha, et Paradis en France”. On est rassuré.

Un père bassiste et une grand-mère chanteuse de variété

Baignant très jeune dans le blues, le jazz et la funk, Jordan écoute Michael Jackson, Stevie Wonder, Prince ou encore… les lignes de basse de son père s’entraînant sur Sex Machine de James Brown. Bassiste passionné, ce dernier répète en effet à la maison, quand il n’emmène pas son fiston en répétition. Jordan se met ainsi “dans le bain direct“. Dès 13/14 ans, il commence très naturellement ses premiers bidouillages et productions musicales. Geek et perfectionniste, Jordan Lee passe tout son temps libre… à regarder des tutos d’ingénierie sonore. Pourtant son père reste assez sceptique quand Jordan décide d’en faire son métier  :

“Me lancer à fond dans la musique, ça a été un peu difficile avec mon père. Sachant qu’il était musicien, il avait toutes ces appréhensions là. Mais avec le temps, j’ai su lui prouver que je pouvais y arriver.”

Et si le producteur de 27 ans s’est mis aussi facilement au chant, c’est peut-être aussi grâce à sa mère-grand, une chanteuse franco-tunisienne, Mireille Sarfati, dont il garde précieusement un unique vinyle chez lui. Jordan se souvient :

“Elle me chantait des chansons depuis tout petit. Elle a eu 13 petits enfants, et elle a composé une chanson pour chacun. Et je me souviens de moi en train de chanter, à 12 ans, je dois même avoir des vidéos. (rires)”

Son premier groupe : un summer band répondant au nom sensuel de Love On The Beat

Mélange de funk et de jazz, inspiré par Phoenix ou encore Breakbot, Love On The Beat est un salut évident au père de tous, Serge Gainsbourg. Une des rares références françaises de Jordan. Accompagné par Julian, un pianiste de jazz, et Clément, un génie de la batterie, cette aventure en trio dure 5 belles années et les mène sur des scènes aussi mythiques que la Cigale. Ils raflent également de beaux spots de musique à l’image, dont notamment des jingles pour Le Coq Sportif, Deezer ou encore Bein Sport (Ligue 2).

Therapy, un premier EP solo, adoubé par la chic maison Roche Musique

Avide de liberté et de nouvelles aventures, Jordan finit par se la jouer solo. Sa seconde maison, le très parisien Social Club (feu) met sur sa route Jean Cézaire, le fondateur du label Roche Musique. Ce dernier est séduit par son travail et lui donne carte blanche pour son premier ep : “C’est allé très vite. J’ai tout fait chez moi. Therapy, ça vient d’une rupture difficile. Je me suis enfermé pendant 6 mois. Ça m’a permis de me libérer : une vraie thérapie pour moi qui suis assez sentimental, d’où le nom du disque.”

Une nouvelle aventure (et un nouveau disque) chez SodaSound  

Son second Ep Highlights, est publié par le label SodaSound en juin 2016. Changement de direction artistique donc pour Jordan qui apprécie le travail d’artisans de ses fondateurs Julien et Sebastien… tout en continuant à collaborer avec des artistes de Roche (notamment avec Crayon).

Jordan raconte : “Ils ont monté le label il y a 5 ans, qui est aussi un studio d’enregistrement, à Vitry. C’est aussi un boite de management, et réalisateur, booker… c’est un peu un concept store. Une agence couteau suisse”. Sodasound lui ouvre ainsi les portes d’un studio suréquipé et le voilà qui enregistre un second ep, Highlights, entre sonorités électroniques et organiques (guitare, pianos).

“J’avais envie de déroger à la règle, où tout le monde sonne Ableton / MAO,et de me rapprocher de ce que font les Américains. Entre numérique et organique.”

Entre R&B et hip-hop, un troisième disque composé à Berlin avec son ami d’enfance.

Troisième acte. Fin 2016, Jordan retrouve son ami d’enfance Indio. Après avoir essayé maintes fois de bosser ensemble, une rupture amoureuse les incite à se serrer les coudes et rentrer à nouveau en studio.

“On habitait dans la même résidence. A 10 ans, on descendait en bas et on s’y retrouvait jusqu’à pas d’heure dans la nuit. Indio avait un vieux téléphone, un Alcatel, où tu pouvais t’enregistrer chanter. On commençait à inventer des paroles. Et puis, plus tard on s’est mis à travailler ensemble. Indio rappait, je chantais. (…)Mais musicalement, on a fini par prendre des chemins différents.

Cet Ep de la réconciliation est finalement composé entre Berlin – où Jordan passe deux mois en ermite – et Paris. Indio signe presque tous les textes, sincères et intimes. L’ep s’appellera Best Friend’s Redemption, en hommage aux retrouvailles des deux copains mais aussi au deuil amoureux d’Indio. Après des mois de boulot, on découvrira en juin prochain un premier extrait : Rich in Love… Mais avant ça, il nous donne RDV pour un live inédit, invitant ses anciens musiciens de Love on the Beat à le rejoindre sur scène, à l’occasion de l’afterwork inRocKs lab, le jeudi 27 avril.

Again @sodasound studio #editing #nextep #soon

Posted by Jordan Lee on Thursday, March 3, 2016

En concert jeudi 27 avril dès 20h sur le patio du Victoire 2 (Domaine du Mas de Grille, 34430 Saint-Jean-De-Védas)
Entrée 5 euros, sur place
Evènement facebook

Les Inrocks - Musique

PNL refoulé pour de bon du festival Coachella… faute de visa

Capture d'écran du clip "La vie est belle" de PNL.

Le weekend du vendredi 14 avril, PNL s’est retrouvé en bien mauvaise posture à la frontière américaine. Programmé au fameux festival californien Coachella, le duo devait jouer les dimanches 16 et 23 avril. Mais Ademo, l’un des rappeurs des Tarterêts, s’est vu refusé d’entrer sur le territoire, faute de VISA valable. Le concert du dimanche 16 fut donc annulé.

#OnPrendraLeMondeChico

Têtus et volontaires, les deux rappeurs ont proposé aux organisateurs une alternative pour assurer leur show du second weekend. Dans un post Facebook, ils expliquent que N.O.S se serait produit sur la scène de l’Empire Polo Club à Indio, et la prestation d’Ademo aurait elle été retransmise depuis la France et en direct sur des écrans géants à Coachella…

Le verdict est malheureusement tombé, et le festival préfère annuler la performance de PNL. Le groupe de rap français ne se laisse cependant pas abattre, et espère bien un jour, déverser son flow et son talent sur le sol américain, comme le précise un post facebook :

"Bon les chicos chicas, après de nombreux efforts nous ne pourrons pas jouer au festival Coachella. Le visa a été…

Posted by PNL on Thursday, April 20, 2017

Concerts à Lyon le 15 mai, à Marseille le 18 mai, à Toulouse le 20 mai, à Saint-Herblain le 22 mai, à Lille le 24 mai et à Paris (Bercy) le 29 juin.

Les Inrocks - Musique

Columbine, le collectif qui met un coup de vieux au rap français

Au début des années 2010, dans la section “Cinéma-Audiovisuel” du lycée Bréquigny, à Rennes, le cours d’histoire du septième art porte sur la filmographie d’Eric Rohmer. Mais pendant que le professeur évoque Ma nuit chez Maud et Le Genou de Claire, un élève, Lujipeka, sort son portable et commence à regarder un porno. Autour du smartphone et de la partie de jambes en l’air, il commence à papoter avec Foda C, puis avec Larry Garcia (aka Lorenzo) et Yro, également présents dans la classe. La discussion vire sur la musique. Ils se retrouvent à la fin du cours pour lâcher un freestyle (“tout pourri“, assument-ils rétrospectivement) et “commencent à traîner ensemble“. La petite bande, également composée de Sully, Savaane Chaman et Chaps, donnera vite naissance à Columbine.

Photo Columbine. DR.

Tous issus de ce lycée et de ses filières artistiques, les 8 Rennais commencent à poser leurs punchlines sur des productions qu’ils composent. Et évidemment ces cinéphiles tournent eux-mêmes leurs vidéos. Leur premier clip Vicomte en 2014 secoue les réseaux sociaux, et sera repris dans le zap de Spion, maître-étalon de la vidéo virale sur le web français.

Le collectif inaugure pour l’occasion son rap “de personnages”, Yro devient Charles Vicomte, jeune fortuné de Dinard qui scande : “Je connais pas la violence, je règle mes comptes par chèque” et “les pauvres ne savent pas / J’veux bien lâcher un billet mais qu’ils ne réclament pas“. Mais le réseau du rap français a visiblement du mal à capter le second degré. Un site comme culturerap.fr dénonce ainsi “ces vrais riches (mais faux rappeurs)” à cause de qui “le rap de bobo fait son apparition”. 

Pas de quoi arrêter le collectif, dont le nom renvoie plus à une fascination pour l’Elephant de Gus Van Sant que pour la fusillade lycéenne, expliquent-ils. Avec des clips à la fois foutraques et soignés, et des textes qui mélangent spleen adolescent, références cinéphiles et punchlines poétiquement absurdes, les Rennais continuent de poster leurs titres, où l’auto-tune s’impose peu à peu.

Avec une constante : chez Columbine comme dans les meilleures auberges, tout est fait maison. “Les sons, les clips, le mix, la post-prod : tout est fait en interne, explique Foda C, chacun a une tâche prioritaire : la production, gérer la caméra sur les clips, le rap, le beatmaking, ou la gestion de l’aspect audiovisuel. Mais ensuite tout le monde donne son avis ; chaque son, chaque couplet, chaque clip est débattu collectivement, chacun apporte sa pierre à l’édifice. De toutes façons, personne n’aime créer seul”.

Photo Vincent Gerbet pour les Inrocks

Adoptant jusqu’au bout la technique du DIY, Columbine va sortir sans aide extérieure son premier album Clubbing for Columbine, au début de l’année dernière. Avec des sons “vieux de plusieurs années“, décrit Foda C, et d’autres plus récents. Parmi eux la pépite Les Prélis, où le beat n’arrive qu’après deux minutes, pour faire durer le plaisir.

Pour ce premier disque, l’artisanat est total : “On vivait dans un appart à six, quand on enregistrait dans la chambre d’untel et qu’il était avec sa meuf, il fallait le faire sortir, c’était assez yolo…. Ce premier album, on le vendait nous-même, on avait les stocks dans l’appart et on envoyait les disques par la poste“, raconte Lujipeka.

Originaire d’une région qu’on pensait perdue pour le rap depuis Manau, les Rennais de Columbine n’entendent pourtant pas la quitter: “C’est plus dur pour se professionnaliser, il y a moins de personnes qui viennent vers toi, de structures qui existent. Et pour tourner on a parfois dû acheter du matos, car les entreprises de location n’avaient pas ce type de matériel…. Mais il y aussi des facilités, comme ces appartements gigantesques dans lesquels on peut tous habiter, ou presque“, décrit Foda C.

“Columbine, c’est une entité de groupe, et c’est important de garder ça“, complète Lujipeka. “C’est une oeuvre collective, tout le monde peut avoir sa carrière au sein de Columbine, c’est la mif“, approuve Foda. Le réalisateur du groupe, Larry Garcia va ainsi développer un personnage de dealer loser, adepte du gangsta rap et outrancier jusqu’à l’absurde : Lorenzo, le rappeur qui proclame : “Je suis le frère de Pascal le grand frère” et “J’suis l’responsable des attentats et des guerres, de toutes les guerres mon gars”. Présent d’abord sur scène avec Columbine, et dans des vidéos hilarantes postées sur YouTube, Lorenzo aka l’Empereur du Sale va se mettre à rapper. Et le succès sera foudroyant. Posté il y a un an son Freestyle du sale cumule aujourd’hui 34 millions de vues :

Avec l’aide de ses potes de Columbine (pour l’occasion Foda C devient “Emilien” et Lujipeka “Fabrice Douceur”), il enregistre une mixtape gratuite, Empereur du sale, récoltant près d’1,5 million de vues sur YouTube et téléchargée finalement plus de 85 000 fois… “C’est un délire qu’on a fait rapidement. C’était assez expéditif, et très marrant à faire. Il y avait des lyrics qu’on avait écrits plus jeunes, et d’autres improvisés. C‘était un délire personnel de Lorenzo mais on est sur pas mal de morceaux, parce ça fait aussi partie de sa “mythologie”,  ça faisait référence à du rap de groupe… Parfois je faisais Diam’s, il faisait Vitaa, rigole Foda C Son univers est maîtrisé, il a un vrai talent, et il a trouvé comment l’exprimer.” Notamment dans Keske tu veux, son titre fou avec (presque) tout le crew Columbine :

Aujourd’hui chaque vidéo de Lorenzo est un événement sur Internet, il donne des concerts, part en tournée et promet de faire entrer son gimmick “Maméne”, version franchouillarde de “My men” dans le dico:

“A priori son prochain projet sera plus solo, raconte Foda C, mais il nous fait écouter ses sons, on lui donne notre avis… De toute façon on se retrouvera plus tard, là on est en tournée séparée, mais l’objectif c’est clairement de faire une tournée ensemble”.

En attendant cette grande tournée foutraque, Columbine sort ce vendredi 21 avril son deuxième album, le bien-nommé Enfants Terribles:  “On avait vraiment envie d’évoluer, de faire un album plus construit, plus abouti, sans les mêmes erreurs que le premier”, explique Foda C. “On voulait s’essayer à des sons plus rock, plus jazz, et faire un projet plus introspectif“, complète Lujipeka.

Photo Vincent Gerbet pour les Inrocks

Car si Columbine explique “regarder tout ce qui se fait en rap US ou en rap français”, leurs influences musicales ne sont pas forcément à chercher de ce côté là : “Quand on produit, on essaie de chercher ce qu’il y a de plus profond en nous, de ce qu’on entendait quand on était plus jeunes, de la musique électronique ou des BO de films“, raconte Foda.

Le premier extrait révélé sera l’entêtante production de Savaane. A l’image de l’album, le rap de Columbine se fait là moins déconnant, plus torturé, dépouillé de tout decorum gangsta du rap, avec des voix torturées par un auto-tune omniprésent:

“Nous avions envie d’être de plus en plus classe, de faire quelque chose de plus poussé musicalement, que ce soit carré, que rien ne dépasse“, raconte Foda C.

“Comme on fait tout, de l’écriture à la prod des sons, la conception et le tournage des clips, la promo, la scénographie des lives, tout ça prend énormément de temps.  Mais il y a un but : on a envie de tout connaître, de tout maîtriser. Notre premier album, on l’a mixé nous-même et ce n’était pas top, mais on a compris nos erreurs, et aujourd’hui on peut discuter avec l’ingé son ou le mec du master et vraiment avoir la couleur de son qu’on désirait. Au final, on peut avoir la main sur tout”.

Pour cet album, Columbine s’est un peu entouré : “On a rencontré de nouvelles personnes, de nouveaux potes qui font des beats”, on le voit dans les clips d’ailleurs“. Signe d’une production qui se professionnalise, Alex Gopher, acteur essentiel de la French Touch a participé au mastering de plusieurs titres, dont le sautillant Talkie Walkie:

“On cherche toujours à faire des sons uniques, et différents de tout ce qu’on a fait avant, explique Foda , pour cet album, on a fait 500 prods pour n’en garder qu’une au final”. Comme Bowling for Columbine, ce nouvel album ne comporte pas de featuring, pourtant très répandu dans le paysage du rap français: “On n’a pas rencontré d’artistes avec qui on a eu un bon feeling. Et puis on est déjà pleins dans le groupe… En plus on est à Rennes, et on ne côtoie donc pas beaucoup de rappeurs“.

Un isolement géographique qui conduit Columbine à créer un rap qui ne ressemble à aucun autre, mélancolique et optimiste, poseur et naïf, indolent et énervé, où les états d’âmes et les relations contrariées remplacent les punchlines vantardes.

“On ne sait pas trop comment on est vu par la scène rap française, on ne cherche pas à se placer…, décrit Foda C. On touche un public assez jeune, mais on vieillit, et le public avec nous, comme Harry Potter. Mais dans le rap français, on ne sait pas, on n’a pas vraiment de retours.” Si le rap français ne sait pas encore placer Rennes sur une carte, ça ne devrait pas tarder : il y a bien du rap complètement à l’ouest.

Les Inrocks - Musique

Au Printemps de Bourges, le retour emballant de Camille

Entourée de trois choristes et de trois musiciens, la chanteuse a dévoilé mercredi 19 avril les chansons de son prochain disque dans un spectacle qui, évidemment, sortait de l'ordinaire. A soirée événement, salle comble, et comblée.

Télérama.fr - Musiques

La playlist de la présidentielle: à chaque candidat sa chanson

Emmanuel Macron à Furiani (Corse), le 7 avrilCrédit : Pascal Pochard-Casabianca

Comme il y a cinq ans, le site du Monde invite ses lecteurs à imaginer “l’identité musicale des 11 candidats en lice” avant le premier tour de l’élection présidentielle. Du rock au rap, on s’est amusé à faire la même chose en choisissant un titre représentatif du programme et de l’action que comptent mettre en œuvre les hommes et les femmes qui briguent l’Elysée.

FRANÇOIS FILLON
En fin d’année dernière, avant que les affaires ne rattrapent le candidat républicain, Ichon dévoilait le premier extrait de sa nouvelle mixtape à paraître cette année. Le titre ? 2017. Un track où le rappeur de Montreuil prend rendez-vous avec l’avenir et en profite pour distribuer quelques punchlines nonchalantes sur un air de prémonition :  “On court après la maille, on court après les millions.On veut plus lâcher la balle, on va pas voter pour Fillon. Le pouvoir c’est la base, on veut pas rester des pions. On vit nos rêves en famille : jacuzzi en Espagne. On s’aimera pour la vie en se donnant de l’espace.” Pénélope likes this.

>> Ichon – 2017

 EMMANUEL MACRON
À tout berzingue, La Seine, Les Vangauguins, Transes-Dimanche, Proverbes, Le Roi de la fête, Amour,toujours, tendresse, caresse, Je suis content, La leçon de gymnastique, La Solitude…Toutes les chansons issues de l’album publié par Jacques Dutronc en 1968 peuvent incarner l’un des profils affichés par Emmanuel Macron durant cette campagne. Contrairement à l’un de ses principaux adversaires dans cette élection, le candidat centriste semble n’avoir qu’une seule veste de costard dans son vestiaire. Ample et réversible, en plusieurs endroits.

>> Jacques Dutronc – L’opportuniste

JEAN-LUC MÉLENCHON
“Je suis le feu qui brûle ta peau, je suis l’eau qui tue ta soif. Je suis le château, la tour. L’épée qui garde la fortune.”  On pourrait croire à un extrait du discours triomphal de Jean-Luc Mélenchon au soir du premier tour. Il s’agit en réalité des premières lignes de Tuyo, le cool morceau de Rodrigo Amarante devenu classique grâce à la série Narcos. De là à imaginer Jean-Luc (ou son hologramme) enfoncé dans son canapé devant Netflix, il n’y a qu’un pas… Sauf que l’entreprise américaine a préféré fuir la France plutôt que de se résoudre à payer des impôts.

>> Rodrigo Amarante – Tuyo

 BENOÎT HAMON
Ce n’est plus un secret, Benoît Hamon est un grand fan de Cure, NTM et Joy Division. Loin des pogos éthyliques du Mélo, le club brestois dans lequel il a passé une bonne partie de ses nuits d’ado, le candidat socialiste s’est donné l’objectif de faire battre le cœur de la France. Si l’on en croit les sondages, le rouge conquérant plaqué sur son affiche de campagne pourrait finalement se diluer dans une variation grenadine, teintée de mélancolie. Une paille-parasol et une chanson de Laurent Voulzy pour décuver sur la rade de Brest ?

>> Laurent Voulzy – Le cœur grenadine

NICOLAS DUPONT-AIGNAN
La lecture du programme de Nicolas Dupont-Aignan révèle un (petit) chapitre dédié à la culture. Parmi les propositions du Président de Debout la France, on trouve la volonté de “créer un grand ministère de la Culture englobant le patrimoine, le tourisme, le spectacle vivant, les arts, les lettres et la communication.”  Autant de notions incarnées depuis plus de 50 ans par notre bon vieux Johnny Hallyday national, qui, selon les paroles de ce morceau flippant sorti en 1998, a “grandi avec les loups et a toujours vécu debout.”  Pour les amoureux du mélange des genres, on peut aussi imposer une autre forme de dignité dans la playlist de NDA avec le récent DNA publié par Kendrick Lamar.

>> Johnny Hallyday – Debout

JACQUES CHEMINADE
Au centre du projet de Jacques Cheminade : “Instaurer un crédit national pour l’équipement de l’homme et de la nature”. Et si la Terre devient un jour trop hostile pour  l’espèce humaine, la conquête spatiale pourrait bien représenter une issue existentielle crédible. Une conviction incarnée par le candidat franco-argentin qui souhaite “lancer une exploration robotique lunaire de grande ampleur suivie de l’implantation de centres industriels et scientifiques sur la lune”. Objectif Lune, puis Mars comme le rapporte Le Monde. Qui sera le premier à coloniser la planète rouge ? Matt Damon, Jacques Cheminade ou David Bowie ?

>> David Bowie – Life On Mars

JEAN LASSALLE
Malgré les kilomètres qui séparent les Pyrénées-Atlantique de la Bretagne, il existe forcément une probabilité pour que Jean Lassalle soit derrière la création du groupe Tryo. Dans l’embarras comme dans la tendresse qu’il inspire, le candidat de Résistons! semble aussi convaincu que les mecs assis en tailleur dans la cour du lycée en 1998 : ” Peut-être que je parle pour ne rien dire, que quand tu m’écoutes tu as envie de rire. Mais si le béton est ton avenir, dis-toi que c’est la forêt qui fait que tu respires. J’aimerais pour tous les animaux, que tu captes le message de mes mots. Car un lopin de terre, une tige de roseau, servira à la croissance de tes marmots ! C’est l’hymne de nos campagnes…” C’est le moment où vous imaginez Jean Lassalle avec un djembé et des dreadlocks.

>> Tryo – L’Hymne de nos campagnes

PHILIPPE POUTOU
Lors du dernier débat, le candidat du NPA est le seul à s’être adressé frontalement à ses homologues inquiétés par la justice. Rangez immédiatement le générique des Bisounours et les big bisous smackés par Carlos, Philippe Poutou ne vous embrasse pas. Il est trop occupé à écouter Miossec : ” Par les moyens les plus tordus, à essayer de vivre comme si de rien n’était, on se fait un beau jour rattraper par la marée. Et quand vous apprenez un jour pas la poste que de vous on ne veut plus, vous repensez alors au cocktail molotov. Ca ne serait pas arrivé si on s’était battu; Mais c’est trop tard pour que l’on rechausse les vieilles idées que l’on croyait perdues. C’est désormais bon pour les gosses; Allez les enfants, foutez le raffut”.

>> Miossec – On était tellement de gauche

NATHALIE ARTHAUD
Pour sa deuxième campagne présidentielle, la professeur d’économie s’est encore plus appropriée les mantras travaillistes que scandait Arlette Laguiller. Et même si VALD a aujourd’hui remplacé TTC dans les écouteurs de ses lycéens fans de rap et d’eurodance, l’ambiance club du morceau Travailler pourrait au moins réussir l’exploit de réveiller l’ambiance des meetings de Lutte Ouvrière.

>> TTC – Travailler

FRANÇOIS ASSELINEAU
François Asselineau ne tardera pas à sortir de l’Europe s’il est élu président. Parmi les nombreuses justifications de son projet, le leader de l’UPR estime que : “L’UE oblige la France à fusionner dans un espace artificiel  au seul motif qu’ils sont sur le continent géographique européen” alors que “nous n’avons ni histoire, ni langue, ni culture, ni échanges commerciaux et familiaux communs avec beaucoup d’entre eux. Nous en avons bien davantage avec les pays de la Francophonie.” Et si  Frexit était en réalité le nom du membre caché de la Sexion d’Assaut ? On attend le featuring lors de la prochaine tournée africaine de Maître Gims.

>> Maître Gims – J’me tire

MARINE LE PEN
Pendant que Laurent Garnier emmerde toujours le Front National et que Kery james s’invite dans la campagne avec la création d’une chaîne d’info en ligne, rares sont les artistes français à prendre position contre le danger qui plane sous des faux airs d’apaisement. On termine avec Diam’s et son classique “conscient” sorti en 2004, malheureusement encore plus d’actualité en 2017. Ecoute en boucle jusqu’à dimanche prochain (et peut-être après) avec quelques détours vers le remix Bamao Yendé x Christiane Taubira.

>> Diam’s – Marine

Les Inrocks - Musique

Kery James lance son site d’infos alternatif

“L’information par nous, pour tous”. C’est sous ce slogan que Lebanlieusard.fr, fraîchement débarqué sur le Web, tient à exister. Lancée par Kery James, cette plateforme d’information se veut indépendante, alternative et souhaite partager des contenus avec une analyse différente de celle des “médias mainsteam”, lit-on dans l’onglet de présentation.

Alors que la campagne présidentielle touche presque à sa fin, LeBanlieusard.fr tend à participer à la vie médiatique de la politique, dans le but d’éclaircir certains point avec les candidats eux-même, souligne Libération. A l’initiative d’une web-tv, le site diffuse aussi une émission politique, présentée par Nadiya Lazzouni, dont la première édition a eu lieu mercredi 19 avril. Le premier invité n’était autre que Philippe Poutou, représentant du Nouveau Parti Anticapitaliste.

Aujourd’hui, jeudi 20 avril, ce sera au tour de Benoît Hamon (Parti Socialiste) de se présenter sur le plateau. L’objectif de ces interviews est relativement clair: questionner et dialoguer sur la situation actuelle des banlieues, leurs problématiques, et leurs places dans les programmes électoraux.

“J’accuse les médias d’être au service du pouvoir” – Vent d’Etat, Kerry James

Dès ses débuts en musique, le rappeur, né en Guadeloupe et qui a grandi à Orly en Val-de-Marne, a toujours défendu la banlieue et reproche souvent aux médias et aux politiques de vivre dans une bulle. Ce nouveau site est une façon, pour lui, d’aborder cette thématique sensible pour beaucoup, avec un point de vue neuf et concerné. Critique envers les médias traditionnels dans ses textes et ses déclarations, Kery James (qui nous confiait avoir voulu devenir journaliste) aspire à une information indépendante des politiques et des groupes financiers qui, d’après lui, brident la liberté d’expression.

Concerts au Printemps de Bourges le 20 avril, et aux Solidays le 24 juin.

Les Inrocks - Musique

Lana Del Rey lâche un nouveau clip avec The Weeknd

Capture d'écran du clip "Lust For Life" avec Lana Del Rey feat. The Weeknd

Deux mois après s’être mis des pâquerettes dans les cheveux pour le clip de Love, Lana Del Rey est de retour avec Lust for Life, certainement le single-phare de son album du même nom attendu pour le mois de juin. Comme elle le teasait le 19 avril sur son instagram, l’auteure du culte Video Games a convié la grosse reusta pop du moment The Weeknd à lui tenir compagnie sur cette balade en velours :

My new song with Starboy is out ❤️ it’s the title track of the record –Lust For Life https://lana.lnk.to/LustForLife https://m.youtube.com/watch?v=35cTIXoBnuw

Une publication partagée par Lana Del Rey (@lanadelrey) le 19 Avril 2017 à 12h46 PDT

Un beau jeu d’écho amoureux 

A l’image de Love, le résultat est mitigé. Perchés sur le “H” du fameux signe Hollywood à Los Angeles, les deux stars s’invitent l’une et l’autre à se déshabiller, avec plein d’effets de ralentis, un noir et blanc très contrasté, et encore cette grosse lune sous laquelle Lana Del Rey – vêtue de rose, tout de même- semble avoir placé son album.

Peut-être la suite de son délire mystique anti-Trump. Fin mars, la chanteuse invitait ses fans à lancer un sort commun à l’heure de minuit, à quatre dates différentes contre le président nouvellement élu, dans le cadre d’un véritable mouvement de sorcellerie.

Si la balade est d’un classicisme pop à première vue un peu chiant, elle est sublimée comme toujours par la voix à la fois voilée et d’une pureté cristalline d’une Lana Del Rey qui a su conserver son susurrement d’une grâce quasi-extraterrestre. Ici, doublée de celle aiguë et reconnaissable entre tous de The Weeknd, dans un beau jeu d’écho amoureux qui pourrait bien remettre le slow au goût du jour.

Les Inrocks - Musique

Coffret Bob Dylan '66 : deux mois d'écoute, une folie de fan

Deux concerts (au Zénith le 20 avril, à La Seine Musicale le 21) : c'est le moment de se rappeler que Bob Dylan jouait à Paris pour la première fois en mai 1966, à la fin d'une tournée devenue légendaire. Un coffret de 36 CD vient justement de la retracer : fallait-il l'écouter en entier ?

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