Actu musique

5 avril 2017

Vous pourrez bientôt manger les plats favoris de Tupac dans un restaurant

Pochette de l'album "All Eyez On Me" de 2pac, sorti en 1996.

L’idée paraîtra glauque pour certains, d’autres trouveront cette initiative géniale. Un restaurant éphémère compte proposer un menu uniquement composé des plats préférés de Tupac Shakur.

Selon Pitchfork, le lieu est directement inspiré du projet du rappeur de la West Coast : le Powamekka Café. De son vivant, 2Pac avait fait quelques croquis sur le restaurant de ses rêves (dont le logo, le menu, même les toilettes).

Tupac Shakur left behind detailed sketches and notes for the logo and menu of the restaurant he planned on opening before his death. Pac's vision becomes a reality on September, 13th. @take3burgers #powamekkacafe *you can zoom in on IG now.

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L’endroit prendra enfin vie du 7 au 9 avril, à New York aux Etats-Unis, dans les locaux du café Sweet Chick, situé au 178 Ludlow Street (qui changera de nom pour l’occasion). Des poèmes, de vieilles photos et autres objets de collection fournis par la famille de Tupac seront exposés.

Du côté de la nourriture, le menu aurait ravi Tupac s’il était encore des nôtres : une soupe aux gombos, du pain de viande, la recette des ailes de poulets frits de son cousin Jamala et bien plus encore. Vous pouvez réserver une table via ce site, et à moins d’être déjà sur place, il vous faudra faire le voyage pour la Grosse Pomme.

Les Inrocks - musique

Tenez-vous prêts : Father John Misty revient en concert à Paris

Crédit photo : Ana Viotti/ Side Stage Collective/ CC sur Flickr

C’est un des concerts de l’année 2017 à ne pas manquer. Father John Misty sera de passage en France, le 11 novembre prochain au Trianon à Paris.

L’ex-membre du groupe américain Fleet Foxes sort son troisième album, Pure Comedy, le 7 avril prochain. Ces derniers temps, on ne cesse de le voir sur les plateaux télé, interpréter quelques un de ses titres phares dont Pure Comedy, ou Holly Hell. On se souvient de sa performance poignante au Saturday Night Live, émission particulièrement reconnue aux Etats-Unis.

Sur scène aussi, il a déjà présenté une partie de son nouveau disque, notamment lors d’une série de concerts secrets en Europe. L’auteur-compositeur-interprète est passé à Paris, le 20 mars dernier, pour un show intimiste au Café de la Danse, réservé à de rares chanceux. Si vous l’aviez loupé le mois dernier, vous pouvez patienter jusqu’au mercredi 12 avril à 10h, pour l’ouverture de la billetterie sur Internet, juste ici.

Les Inrocks - musique

Timber Timbre : “J’aime les chanteurs qui n’en sont pas”

Entre country caverneuse et rock aux accents cinématographiques, le groupe canadien tisse depuis des années un univers sonore unique et sensuel. Pour la sortie de son cinquième album, “Sincerely, future pollution”, Taylor Kirk, l'âme de Timber Timbre, se raconte.

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Birkin Gainsbourg. Le symphonique

Ce fut d'abord un spectacle, créé en juin dernier aux FrancoFolies de Montréal. Fallait-il tant de distance, et l'enthousiasme de quelques Québécois, pour que Jane Birkin accepte de rechanter Gainsbourg, accompagnée par un orchestre symphonique ? Sans doute. Elle dit pourtant avoir douté… Et nous aussi. Après avoir revisité l'oeuvre à la mode orientale, l'avoir fait jouer par des musiciens japonais, avoir lu ses textes aux côtés de Michel Piccoli et d'Hervé Pierre (de la Comédie-Française), n'avait-elle pas épuisé son sujet ? Et l'orchestre, ne ferait-il pas qu'une bouchée de sa voix fragile ?

Foin des craintes, le concert fut un ravissement, les mélodies de Gainsbourg s'accommodant très bien d'un trai­te­ment classique ; la chanteuse naviguant à merveille entre les pleins et les déliés d'une partition conçue à sa mesure par son pianiste, Nobuyuki Nakajima. C'est ce même sentiment qui préside à l'écoute du disque : la sensation d'un sur-mesure. D'un équilibre naturel. Si l'orchestre déploie sa puissance sur des intros opératiques (parfois impossibles à reconnaître) ou des intermèdes très cinématographiques, il se fait d'une légèreté pointilliste dès que la chanteuse entre en jeu. Jamais écrasée et jamais en force, Birkin chante alors à fleur de voix, sur un fil de cordes ou de vents, dans un exercice de haute voltige.

Sans surprise, les classiques sont inattaquables (Ces petits riens, Les Dessous chics, Fuir le bonheur), mais ce sont les titres les moins attendus qui séduisent le plus. La Chanson de Prévert, à ­laquelle Jane Birkin donne une vulnérabilité ­pudique. L'Aquoiboniste, dont elle met en lumière la virtuosité textuelle. La Gadoue, immortalisée par Petula Clark, qu'elle reprend joyeusement en la ­débarrassant de son kitsch sixties. Elle enfile avec élégance le Pull marine d'Ad­jani, qui prend sur elle des couleurs plus denses. Comme s'il avait été fait pour elle. — Valérie Lehoux

| 1 CD Parlophone/Warner Music.

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Dynastie

Johann Sebastian et ses fils Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel et Johann Christian ne constituent qu'une petite partie de l'impressionnante dynastie formée par les Bach. Mais sur ces deux générations, quelle explosion de joie et d'inventivité, quelle richesse dans les rythmes et la sonorité, quelle grisante sensation d'absolue liberté ! Le claveciniste Jean Rondeau rassemble ici des échantillons de leur abondante littérature pour claviers : deux concertos du père, deux concertos des fils cadets, et la transcription d'un mouvement de sonate composée par leur aîné, qui ménage une respiration entre les poussées de fièvre concertante.

On y relève l'évolution des styles, la façon dont les fils Bach lorgnent vers le classicisme, et même le préromantisme. Mais ce qui frappe, c'est cet esprit de partage, de divertissement, que ne trahit aucunement l'interprétation. Très bien entouré, notamment par les violonistes Sophie Gent et Louis Creac'h, Jean Rondeau impose son talent et sa personnalité. Ce troisième album solo, il l'a imaginé du début à la fin, écrivant jusqu'aux (jolis) textes du livret. A bientôt 26 ans, ce musicien aussi ébouriffé qu'ébouriffant prête à son instrument une expressivité sans faille, et un sens aigu du discours musical. — S.Bo.

| JS, WF, CPE et JC Bach, Dynastie, 1 CD Erato 4F.

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Sonates en trio - Manuscrits d'Uppsala

On ne sait trop pourquoi, Dietrich Buxtehude (1637-1707) traîne encore une injuste réputation de raseur auprès de ceux qui ne le connaissent pas. Le jeune Johann Sebastian Bach aurait-il marché plus de quatre cents kilomètres depuis Arnstadt, en 1705, pour rejoindre un éteignoir ? Serait-il resté quatre mois en sa compagnie, risquant la colère de ses employeurs (qui ne lui avaient accordé qu'un petit mois de congé) avant de rentrer, galvanisé ? Sûrement pas, et l'on sait gré à l'ensemble La Rêveuse de revenir vers ce pilier de la musique baroque d'Allemagne du Nord, né au Danemark d'un père allemand. A l'actif de Dietrich Buxtehude, qui dirigea la vie musicale de Lübeck de 1668 à sa mort, une importante oeuvre pour l'orgue (il en jouait en virtuose), et de nombreuses cantates sacrées. Mais aussi des sonates en trio destinées aux amateurs lübeckois — lesquels, considérant la difficulté des pièces, devaient être d'un excellent niveau.

Bel ensemble de solistes fondé par la gambiste Florence Bolton et le théorbiste Benjamin Perrot, La Rêveuse a déjà enregistré plusieurs de ses sonates en 2009, pour un disque Mirare aujourd'hui épuisé. Celles qui nous sont ici proposées, pour violon, viole de gambe et basse continue, viennent pour la plupart de la bibliothèque suédoise d'Uppsala. La Rêveuse y associe une sonate avec suite de Dietrich Becker et la sonate pour la viole d'un inconnu, contemporaines de celles de Buxtehude, écrites pour le même effectif, avec les mêmes liberté et inventivité formelles, typiques du stylus phantasticus alors en vogue. Sous influence italienne, ces sonates sont aussi très allemandes, ne serait-ce que par le choix des instruments, la viole de gambe, plus sombre, remplaçant le deuxième violon. On y relève une prédilection pour la passacaille et l'improvisation autour d'une basse obstinée, bien représentée dans la courte et gracieuse Sonate en la mineur BuxWV 272.

Stéphan Dudermel au violon et Florence Bolton à la viole de gambe (rejointe par Emily Audouin pour la Sonate en ré majeur BuxWV 267) dé- ­­­­ploient des trésors d'éloquence et de calme virtuosité. Grâce à Sébastien Wonner à l'orgue, Carsten Lohff au clavecin et Benjamin Perrot au théorbe, le continuo est coloré, souple et vivant. En plus d'une remarquable maîtrise technique, on trouve beaucoup de goût et d'âme dans cette interprétation, qui refuse le spectaculaire mais pas la chaleur ni l'émotion. — Sophie Bourdais

| 1 CD Mirare.

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Tomorrow sounds better with you - Since 2006

Après une quarantaine d'albums et une centaine de maxi, le label français électro InFiné célèbre dix ans d'activisme en publiant une compilation de dix-neuf morceaux, réunissant autant d'artistes. Son titre, Tomorrow sounds better with you - Since 2006, est un clin d'oeil à la chanson Music sounds better with you, enregistrée il y a vingt ans par le duo Stardust, derrière lequel se cachaient le producteur Thomas Bangalter, moitié de Daft Punk, et le chanteur Benjamin Diamond. Pourtant, entre ce titre coloré et funky, emblème de la fameuse house french touch, et cette épatante compilation, aucune filiation artistique. Au confluent de la pop électronique, de l'ambient et de la musique classique ou minimaliste, InFiné serait plutôt le digne héritier du cérébral et défricheur label anglais Warp, qui s'est donné pour but de repousser les limites de la techno, quitte à abandonner les pistes de danse. Dès le morceau d'ouverture, In D#7, par Arandel, extrait de son album In D (clin d'oeil au In C de Terry Riley), on pénètre dans un monde subtil, où l'acoustique le dispute en douceur aux beats électro. Sur l'incroyable deuxième titre, Bora Vocal, enregistré par Erwan Casteix, alias Rone, l'un des artistes phares du label, on est happé par la voix d'un récitant inattendu : l'écrivain de science-fiction Alain Damasio. « Tu crées ton île, souffle ce dernier, messianique. Et tu l'effaces au maximum. Il faut que les gens soient extrêmement loin de toi - loin, car l'univers sera vaste, immense ! » Immense, en effet, est le territoire exploré par les artistes ici réunis. De l'électronica rêveuse du Mexicain Murcof à la pop-électro sombre et vénéneuse du Français Danton Eeprom, en passant par le piano fluide du Luxembourgeois Francesco Tristano, chaque titre, ou presque, enchante. — Erwan Perron

| 1 CD InFiné 4F.

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The Navigator

Alynda Lee Segarra n'est pas une nouvelle venue. Depuis une petite dizaine d'années, sous l'appellation Hurray for the Riff Raff, la jeune femme sort des ­albums de néo-americana, mi-folk ­mi-blues, intrigants à défaut d'être réel­lement captivants. D'où ce sixième ­album aux allures de révélation. La chan­teuse d'origine portoricaine, née au fin fond du Bronx, punkette en rupture, a sillonné un temps l'Amérique en train, dans la tradition des poètes beat et des hobos, avant de se trouver une terre d'adoption à La Nouvelle-Orléans.

Mais pour The Navigator, Segarra la déracinée s'est connectée à ses origi­nes : cette culture portoricaine qu'elle a fuie et qui donne déosrmais un sens, une direction à sa vie. The Navigator est un concept album où elle retrace le parcours d'une jeune femme qui se réconcilie avec son identité bafouée, en porte-parole de tant de ses compatriotes aux repères brouillés, exclus d'une Amérique moderne gentrifiée. Une trame solide qui a poussé Segarra à sortir de sa coquille et à s'assumer pleinement comme auteur. On songe à tant de noms à l'écoute de ce riche et ­varié The Navigator — Joni Mitchell, Patti Smith, 10 000 Maniacs… — que l'on se rend à l'évidence : Alynda a de bonnes références, elle a surtout sa propre voix. Du délicatement rythmé Rican Beach à l'intense cri de révolte Pa'lante, du dylanesque Living in the city à la ­déchirante supplique Settle, l'album est paré d'une diversité et d'une sophistication mélodique et orchestrale qui ne cannibalisent jamais le propos. Une belle découverte. — Hugo Cassavetti

| 1 CD ATO Records/Pias.

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Mal Waldron Volume 2

Onze disques de Mal Waldron réédités en un coffret, l'aubaine ! Le pianiste (1925-2002) est un original parmi les ­originaux. Il fut le dernier accompa­gna­teur de Billie Holiday et, au nombre de ses participations mémorables, on compte le disque d'Eric Dolphy et Booker Little, At the Five Spot (1961) et son duo avec la chanteuse Jeanne Lee. Dans les onze albums des labels italiens Soul Note et Black Saint, on le retrouve en solo, duo (avec Steve Lacy, David Friesen, Judi Silvano), trio (avec Enrico ­Rava, Leonard Jones), quartet (avec ­Anthony Braxton, Chico Freeman). Le duo avec Steve Lacy atteint des sommets d'émotion dans la sobriété. Influencé intelligemment par Thelonious Monk, libre de toute tentation mimétique, avec ce sens du silence, des accords abrupts, une façon de penser les harmonies qui met la mélodie sous un éclairage neuf, dans les clairs-obscurs, Mal Waldron apparaît comme l'accompagnateur rêvé pour soliste intrépide.

Ses solos, faits de phrases simples répétées avec insistance, sont des modèles d'improvisation éclairée : on les suit avec le sentiment d'assister à une démonstration logique qui serait animée par une sensibilité d'écorché. C'est le paradoxe de Mal Waldron : un calme qui cache des tempêtes. Sous toutes ses expressions s'entendent le blues, la douleur d'exister et le courage. La plus belle de ses compositions et la plus célè­bre, Soul Eyes, dit tout ce qu'il faut savoir sur son rapport au jazz, placé sous le sceau de la vérité. — Michel Contat

| Coffret 11 CD Kepach/Black Saint/ Soul Note.

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The soul of Jamaica

« Des êtres humains qui se regroupent et mettent en commun leur énergie créative. » C'est ainsi que le chanteur Kiddus I résume l'essence de la musique dans le livret de cette magistrale réunion enregistrée en quatre jours dans une maison isolée sur les hauteurs de Kingston. L'idée ? Rassembler une douzaine d'interprètes, parmi les plus respectés de Jamaïque, toutes générations confondues, pour revisiter, en acoustique, certains de leurs titres.

Et le résultat est, en grande partie, con­­vaincant, voire carrément poignant quand les trois voix des vétérans Viceroys ondulent en harmonies sur le très soul Love is the key, porté par des ­percussions nyabinghi, ou lorsque Lloyd Parks, soutenu par des choeurs intenses, nous tire presque une larme avec un Slaving chargé d'émotion. Du haut de ses 68 ans, l'époustouflant Ken Boothe assume son surnom de Mr Rocksteady en accélérant le tempo avec Let the water run dry, sur lequel son vibrato brille comme toujours. La simplicité et le parti pris roots des ­orchestrations, où s'immiscent parfois l'accordéon de Fixi ou un trombone, permettent d'apprécier la singularité de chaque phrasé, de chaque timbre : nasillard chez Cedric Congo Myton, éraillé chez Steve Newland, ou plaintif pour Derajah. Une belle assem­blée de sages à la parole et aux mélodies sensibles, qui donne toute sa ­mesure au titre de l'album : « L'Ame de la Jamaïque ». — Frédéric Péguillan

| 1 CD Chapter Two/Wagram Music.

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Chamuyo

Le père Juan José Mosalini fut de ceux qui incarnèrent à la fin du xxe siècle le renouveau du tango dans l'exil parisien. Le fils, Juanjo Mosalini, bandéoniste lui aussi, croise à l'avant-garde de la génération suivante, avec quelques autres instrumentistes de la diaspora argentine, mais aussi et surtout des esprits ouverts de tous horizons. Ainsi est né le cuarteto qu'il a cofondé avec le contrebassiste Leonardo Teruggi : les deux compositeurs y confrontent leur sensibilité portègne à l'esprit chambriste de la musique savante occidentale, avec le violoniste Sébastien Surel et le pianiste Romain Descharmes.

Complices et virtuoses, ces quatre-là, qui avaient déjà retraversé l'histoire du tango sur le disque Tango Hoy, séduisent avec impertinence, baratinent avec sophistication : ils ont de la verve, de la tchatche, de ce qu'on appelle en Argentine le « chamuyo ». La passion, la fougue, la langueur mélancolique… tout y est, dans un alerte ­entrelacs de phrases classiques et ­d'assauts impatients. C'est énergique et élégant. — Anne Berthod

| 1 CD Aparte/Pias.

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