Actu musique

4 avril 2017

L’album du printemps est signé Mac DeMarco : interview fleuve d’un héros normal

© Moos-Tang pour Les Inrockuptibles

“J’ai découvert la musique de Mac en 2011, dans un vieux magasin de disques. Le mec qui tenait la caisse revenait d’une petite tournée avec son premier groupe Makeout Videotape. Plus tard, le groupe est venu jouer devant quatre personnes, ici à New York. Je crois que j’ai bien fait de garder contact. Aujourd’hui, Mac DeMarco est bien plus connu que le label.”

Quand il observe les piles de vinyles dans son open space planté en bordure nord de Brooklyn, Mike Sniper jette un regard nostalgique sur les premiers disques de Mac DeMarco. On est alors en avril 2016. Et le boss de Captured Tracks, l’un des labels indés les plus importants de l’époque, n’a aucune idée de ce que le héros fantasque de son catalogue lui préparait. “Je ne sais pas à quoi va ressembler son prochain album. Il est capable de tout.”

Presque une année s’est écoulée quand les treize chansons de This Old Dog atterrissent dans notre courrier. Loin du registre déconneur qui électrise ses concerts dans le monde entier, DeMarco se révèle sage et apaisé, quasi discipliné au moment d’attraper sa guitare acoustique pour confesser les influences de Paul Simon ou de James Taylor.

On trouve même de l’harmonica sur ce disque. Il n’en fallait pas plus pour en déduire une accalmie dans la carrière fulgurante du kid d’Edmonton (Canada) devenu, en l’espace de trois albums et d’un quinquennat, la représentation idéale du mec cool à guitare.

Un personnage de cartoon hashtag pizza, hashtag slacker, forcément pris au piège de l’image qu’il reflète, mais toujours chaleureux et farceur au moment de raconter l’envers du décor. “Une grosse partie du partyboy qui est en moi est morte aujourd’hui”, dira-t-il dans un sourire, avant de consumer la fin de son paquet de cigarettes. “Mais ce n’est pas pour cela que je suis prêt à grandir.

C’est la première fois que tu publies un disque aussi long et détendu. L’enregistrement a-t-il été influencé par ton déménagement à Los Angeles ?

Mac DeMarco – La majorité des chansons a été composée à New York mais je suis revenu sur certaines parties pour les réenregistrer différemment quand je suis arrivé à Los Angeles. Et puis j’en ai profité pour en écrire quelques autres. Il doit y avoir un gap de six ou huit mois entre la composition des premiers morceaux et l’aboutissement du disque. (suite…)

Les Inrocks - Musique

Le Globe Radioooo : un poste pour écouter la musique du monde entier et de toutes les époques

Capture d'écran de la vidéo de présentation du projet Le Globe.

C’est un objet qui attirera l’oeil des mélomanes curieux. Le Globe est un appareil qui s’apparente à un poste de radio mais en bien plus interactif et bien plus libre. Imaginé par les équipes qui ont créé Radioooo.com, ce projet se base sur l’exact même principe que leur site français, à la différence près que l’expérience se vit en physique.

Radioooo.com est, comme son nom l’indique, une webradio française interactive qui permet aux internautes d’écouter de la musique selon plusieurs critères. Ils sélectionnent sur un planisphère un pays, et en bas de la fenêtre, une époque (des années 1900 à nos jours). Le Globe fonctionne de la même façon. Il suffit à l’utilisateur de tourner la mappemonde jusqu’à la destination de son choix, une décennie, le thème (lent, rapide ou bizarre) et la radio diffusera une chanson aléatoire qui s’écoutait à tel endroit à tel époque.

La Delorean de la musique 

Avec ce bel objet au milieu de votre salon, vous pourrez découvrir ce qu’écoutez les Turcs en 1970, quel était le tube des années 1950 à Madagascar, ou sur quelles chansons dansaient les Japonnais dans les années 1980. Il suffit juste de connecter la machine en Wi-fi.

Le projet est encore au banc d’essai des ingénieurs et artisans, et bien qu’aucun prototype n’existe encore, une campagne de crowfunding a d’ores et déjà été lancée, ce mardi 3 avril. L’appel aux dons est disponible ici.

Les Inrocks - Musique

L’Européen, une salle qui a toujours été à l'avant-garde

Humour ou chanson française, la salle de spectacle parisienne assure depuis sa création, en 1987, une programmation artistique ambitieuse et engagée.

Télérama.fr - Musiques

A la rencontre de Chocolat, les rockeurs cools du Québec (re)débarquent en France

Le gang québécois de Chocolat, avec une formation qui se fait et se défait depuis 2007.(Crédit photo : Audrey Canuel)

Si vous êtes passés à côté d’un des groupes les plus exaltants du Québec, il est toujours temps de vous rattrapez. Chocolat, c’est l’histoire d’un projet pensé par un habitué des nuits montréalaises : le compositeur, musicien et chanteur Jimmy Hunt. Entouré de ses compagnons de route, eux aussi bien connu de la scène locale, il a fondé Chocolat, entre 2005 et 2007. Le premier EP éponyme est une ode au rock lo-fi, opérée dans la simplicité et la spontanéité.

Aujourd’hui, le groupe a traversé de nombreuses étapes : deux albums, puis une pause pendant laquelle Jimmy s’est consacré à sa carrière solo. En 2014, Chocolat est de retour avec un nouvel album Tss Tss, avec de nouveaux musiciens, mais toujours le même esprit : jouer un rock fort, créatif et sans prétention. Si ce second disque use encore et encore du fuzz et de la reverb, Chocolat s’aventure désormais dans des contrées différentes, mais pas si éloignées sur leur dernier enregistrement, Rencontrer Looloo. Une injonction qui ouvre les portes d’un univers plus hard rock, mais jamais dénué de la poésie décalée de Jimmy Hunt. On a rencontré Emmanuel et Ysaël, guitariste et bassiste du groupe, de passage en France en avril 2017 (et à ne pas louper).

Cette année, le premier enregistrement, l’EP Chocolat, qui date de 2007, fête ses 10 ans.

Ysaël – Ouais c’est ça. Chocolat s’est formé un peu avant je me demande si ce n’est pas aux alentours de 2006 ou 2005. On avait passé beaucoup de temps dans mon appartement, si je me souviens bien.

Emmanuel – Moi, je n’étais pas là au départ. Je suis arrivé pour Tss Tss, ça doit faire 3 ou 4 ans, lors de la reformation. Avant, j’ai beau coup joué avec Jimmy sur ses projets sol et j’ai produit pas mal de ses albums.

Ça semble lointain 10 ans pour un groupe ?

Ysaël – Un peu mais il y a eu des périodes où on existait moins. Ça ne me surprend pas qu’on ait réussi à garder contact aussi longtemps. Je pense que c’est une relation qui dure, autant d’amitié que de plaisir à créer ensemble avec Jimmy Hunt, et avec d’autres gens qui sont allés et venus dans le groupe. J’avais pensé que ça durerait un certain moment mais il y a une période ou Jimmy s’est concentré sur sa carrière solo, et le groupe Chocolat n’existait plus vraiment mais un jour on s’est rappelé. Emmanuel s’est joint un nous, pour sortir le nouvel album… On dit “nouvel album” pour parler de Tss Tss qui marque la reformation du groupe en 2014. C’était plus pour le plaisir au début, on voulait juste faire quelques concerts, et pourquoi pas enregistrer des chansons. Finalement on s’est retrouvé avec un album qui est sorti sur Born Bad Records chez vous (en France ndlr.), qui a eu une bonne réception et qui a redonné un souffle neuf à Chocolat, auquel on s’attendait pas.

Comment on arrive à se retrouver et à travailler au sein d’un groupe pendant 10 ans ?

Ysaël – C’est surtout une question de relations. Il faut d’avoir des valeurs communes, similaires entre copains. Des valeurs personnelles, en général, une bonne entente. Et prendre des pause aussi ! J’imagine que la pause qu’on a pris quand Jimmy s’est relancé en solo nous a permis de mieux nous retrouver après, et d’avoir envie de faire de choses ensemble de nouveau.

Votre album s’appelle Rencontrer Looloo, vous pouvez le présenter ?

Emmanuel – Looloo est une sorte de demi-dieu hermaphrodite un peu maladroit, qui a un costume de Evel Knievel (ndr : motard cascadeur américain célèbre dans les années 1970 pour avoir tenté notamment de sauter au-dessus du Grand Canyon en moto) avec une tête de guitare, un genre de gourou rock’n’roll.  L’idée était un peu de faire n’importe quoi. (rires). Jimmy est arrivé avec cette idée là et nous a fait beaucoup rire, et en général, quand ça nous fait rire c’est bon signe. Il n’y avait pas vraiment de démarche très compliquée derrière tout ça, on voulait essayer de faire une histoire sur cet album sans vraiment la prendre au sérieux.

Ysaël – C’était cool de travailler avec ce genre d’esthétique pour une fois plutôt que sur un disque plus personnel. Avec Looloo, c’est plus ésotérique. Les paroles sont bourrées d’excellentes références à la culture populaire, et de trucs abstraits qui s’entrecroisent. Après, une personne qui l’écoute, qu’est-ce qu’elle en pense ? Je n’en sais rien. Des fois je me demande si les gens ils prennent ça au premier ou deuxième degré.

Tss Tss a été enregistré “pour le plaisir” selon vous. Qu’est-ce qui vous a donné envie de retourner en studio ?

Ysaël – On s’est bien amusé sur l’enregistrement de Tss Tss et la réception a été bonne, c’est ce qui nous a permis de faire pas mal de choses en France même au Québec : on s’est pas mal promené, on est même allé en Amérique du Sud récemment. Je pense que tout ça nous a donné envie de faire un autre disque. Mais la création émane surtout de Jimmy à la base. Il est venu nous voir en nous disant : “bon j’ai assez de matériel dans mon calepin de notes pour faire un nouvel album”. On s’est booké une session de studio et on s’est mis au travail. Cela s’est construit un peu au jour le jour mais on trouvait que ça valait la peine de continuer à jouer ensemble. Le résultat est quand même intéressant.

Jimmy vous a d’abord envoyé des maquettes c’est ça ?

Ysaël – Oui, c’est ça ! C’est un peu drôle, parce que c’est presque du hard rock ce qu’on a produit sur nouvel album. Mais en maquette c’était seulement Jimmy et une guitare acoustique, ce qui était comique, parce qu’on entendait comme du rock mais sans groupe, sans batterie, sans corps quoi ! C’était intéressant comme expérience. Quand on s’est mis ensemble pour tester les maquettes, les références de chacun se sont placées, et ça a donné des sonorités qu’on aimait. On était content de jouer des riffs un peu plus rock, même si cela s’avérait comme un certain défi. On pensait un album plus complexe que ce qu’on avait l’habitude de jouer et de composer.

Emmanuel – En fait, on a voulu enregistrer un album d’hard rock, presque metal. Mais comme on n’est pas des musiciens de metal, on s’en est tenu au hard rock. On entend peut-être un peu d’expérimental mais le mantra de Chocolat, c’est de ne jamais sortir le même album. On essaye de changer de direction d’un disque à l’autre. C’est venu assez naturellement, avec les maquettes de Jimmy. Je crois que ça nous demanderait plus d’efforts de faire la même chose tout le temps.

Vous revenez en France pour une tournée d’un mois, en avril. Vous avez l’habitude du public français ?

Emmanuel – Oui on y est allé quatre ou cinq fois l’an passé je pense. Le public est cool, les gens sont simples, ce sont des bonnes soirées, Il y a beaucoup de villes c’est agréable. Au Québec, la jeunesse bouge à Montréal, tout y est concentré. C’est plus plus dur de tourner là-bas.

Ysaël – Malheureusement, cette tournée, je ne la ferais pas, je serais remplacée par un autre bassiste. Je suis déçu, parce que pendant une tournée, on ressent une énergie à part, autant pour nous que pour le public. Ce sont des moments qui te font oublier toutes les difficultés.

L’album Rencontrer Looloo est sorti en novembre 2016. Disponible sur Apple Music.

Concert à Clermont-Ferrand le 14 avril, à La Maroquinerie à Paris le 15, à Bordeaux le 16, à Rennes le 18, à la Rochelle le 19, le 20 à Rouen, le 21 à Lille, le 25 à Lyon, le 26 au Capbreton, le 27 à Nantes et le 28 à Lorient. Plus d’infos sur la tournée.

Les Inrocks - Musique

Les plus gros squatteurs des festivals en 2017 sont…

Capture d'écran Youtube du clip "Pas là".

C’est un rituel qui s’opère à l’orée du printemps : le site Sourdoreille fait l’état des lieux des programmations des festivals en France (et un peu en Europe). Et comme tous les ans, certains artistes s’avèrent être de véritables squatteurs des scènes ouvertes.

Le résultat de cette étude, partagée le 3 avril 2017 est sans appel : le plus gros squatteurs de festivals cet été est Vianney. Avec son second album, le jeune chanteur français s’est constitué un public fidèle, a su attirer les radios de France et séduire les organisateurs de festivals. Comme le souligne Sourdoreille, Vianney sera présent dans pas moins de 26 événements musicaux, des Vieilles Charrues à Musilac jusqu’aux Nuits de Fourvière à Lyon.

Le chanteur, accordéoniste et ancien candidat de The Voice, Claudio Capéo se retrouve à la seconde place, avec 24 festivals prévus cet été 2017, dont les Francofolies de La Rochelle, Brive Festival ou encore les Papillons de Nuit. Chinese Man, Matmatah et le collectif Motivés [fondé par deux membres de Zebda, réinterprétant des chants de lutte] partagent la troisième marche du podium.

Des affiches jumelles

Certains festivaliers ont parfois l’impression de lire les même affiches d’un festival à un autre. Pour en avoir le cœur net, Sourdoreille a dressé un tableau qui permet de pointer les line-up qui se ressemblent le plus. Le Printemps de Bourges et les Francofolies de La Rochelle ont ainsi sensiblement les mêmes groupes et artistes de programmés. Il faut se tourner vers les festivals spécialisés pour découvrir un programme vraiment différent (comme le Hellfest pour le metal, ou le Jazz à Vienne). Enfin on peut féliciter à This Is Not A Love Song et Les Nuits Sonores, qui proposent quant à eux des affiches qui sortent relativement du lot !

A observer ce top 20 des squatteurs de festivals, Sourdoreille rappelle le manque de parité dans les programmations. Sur les 20 artistes qu’on croisera le plus souvent cet été, seulement 3 d’entre eux sont des femmes : Imany, Jain et Calypso Rose qui squatteront respectivement 17, 16 et 15 festivals.

Le récapitulatif de l’étude est à lire en intégralité sur le site de Sourdoreille.

Les Inrocks - Musique

Damso dévoile un nouvel extrait de son album très attendu

Capture d'écran clip.

“Je suis venu au monde en pleurant et chaque jour, je comprends pourquoi”. Ce lundi soir, Damso, a fait monter l’attente qui règne autour de son prochain album, Ipseité, dont la sortie est prévue pour le 28 avril prochain.

Dans ce morceau posté sur sa page Facebook et qui totalise déjà plus de  700 000 vues, le rappeur belge évoque avec sa noirceau habituelle les ravages du consumérisme. Sur fond de jeu vidéo vintage (Tetris, Mario..) et des billets de banque, jette un regard désabusé sur notre répoque.

NOUVEL ALBUM IPSÉITÉ
en précommande:https://t.co/v6xUqTIGro pic.twitter.com/QR4eyolXhg

— DAMSO (@THEDAMSO) April 2, 2017

La playlist de son album :

1) Nwaar Is The New Black
2) Dieu Ne Ment Jamais
3) Mosaïque Solitaire
4) #QueDuSaalVie
5) Signaler
6) Kietu
7) Gova
8) Macarena
9) Peur d’être Père feat Youri
10) Kin La Belle
11) Lové
12) Noob Saibot
13) J Respect R
14) Une Ame Pour Deux

Les Inrocks - Musique