Actu musique

3 avril 2017

Pourquoi le dernier clip de Vald et Damso, “Vitrine”, pose problème

Vald et Damso dans le clip de "Vitrine"

Après les titres Kid Cudi et Eurotrap, Vald dévoile le clip de Vitrine, énième single de son album Agartha, en featuring avec le rappeur belge Damso. Et cette fois, cette vidéo pose un réel problème vis-à-vis de l’image de la femme qui y est renvoyée.

Vald et Damso ont sûrement parié sur la carte du second degré : ils tentent d’inverser les rôles entre femmes et hommes hétérosexuels et cisgenres dans le cadre d’une boîte de strip-tease. Mais dans ce clip, ce sont Vald et Damso qui jouent les “gogo-danseurs” face à des femmes qui se délectent du spectacle.

Les femmes toujours à poil

Problème : loin de s’adonner au strip-tease, Vald et Damso ne retirent pas un seul bout de tissu de leur corps. Ils ne sont pas sexualisés, si ce n’est au travers du regard des femmes-spectatrices, qui reflètent toutes les standards de la beauté occidentale.

Au fur et à mesure que les secondes passent, les filles qui contemplent les deux artistes tout habillés dans leur cabine de verre sont tellement excitées qu’elles ne peuvent s’empêcher de se dénuder, de se toucher et de se masturber. Nous voici face une fois de plus à une image  de la femme sur-sexualisée, qui aurait eu exactement la même fonction si elle avait été de l’autre côté de la vitre. Entendre : susciter le désir masculin.

Non pas qu’on demande à Vald et Damso de montrer un peu plus de peau (non merci, vraiment). Mais si le rappeur français, qu’on connaît pour ses provocations parfois puériles, veut se risquer aux jeux de rôles inversés, qu’il le fasse jusqu’au bout. Au fond, sur un exercice pseudo-progressiste, Vald ne parvient qu’à satisfaire son égo démesuré et tombe dans un sexisme affligeant, vulgaire et à peine dissimulé.

Les Inrocks - musique

Pink Oculus : “J’admire les artistes qui sont constants dans la qualité”

Avec son mélange d’électro, hip-hop et R’n’B, la jeune et prometteuse diva hollandaise fut l’une des révélations, en décembre dernier, du festival des Trans Musicales de Rennes. A cette occasion, nous l’avions rencontrée.

Télérama.fr - Musiques

Arte Concert Festival donne carte blanche aux Inrocks Lab

Après réflexion et délibération, les Inrocks Lab ont sélectionné les trois artistes qui rejoignent le line-up du Arte Concert Festival du 6 au 8 avril. On se charge des présentations pour vous préparer le jour-J :

Naya X Ardo, le 6 avril

Deux français déjà musiciens avant de s’unir pour créer un duo de r’n’b et soul en 2014, Naya x Ardo viennent de sortir leur nouvel EP, Desaccordés. Sans privilégier ni la langue de Molière, ni celle de Shakespeare, ils chantent tour à tour des mélodies atmosphériques sur des productions claires et profondes.

Angèle, le 7 avril

Auteure-compositeure-interprète confirmée depuis la sortie de son premier EP Prélude en 2015, Angèle continue de sillonner les salles de concert pour y chanter ses textes, tout en travaillant sur un premier album. Imprégnée de chanson française entre Léo Ferré et Barbara, elle cultive un charme anglo-saxon, dans des mélodies qu font écho à des balades rock à la Nick Cave ou Tom Waits.

Vimala, le 8 avril

Ils ont allié l’authenticité des guitares et les possibilités infinies qu’offrent machines et clavier pour créer des mélodies à leur image. Ancrés dans la musique électronique, les français de Vimala ont sorti un premier EP, (First EP) riche d’un son grave et aéré, preuve qu’ils prennent la musique au sérieux.

Naya x Ardo, Angèle et Vimala rejoignent les artistes au programme tels que Grandaddy (le 06/04), Chilly Gonzales et Jarvis Cocker (le 07/04) ainsi que Miss Kittin et Danny Daze (le 08/04), à la Gaîté Lyrique à Paris.

Les Inrocks - musique

Inna De Yard, le retour du Buena Vista Ganja Club

Au premier rang : Winston McAnuff, Kiddus I, Cedric Myton, Tough McAnuff et Alphonso Craig © Francis Dordor

Malgré une température plus digne d’une vallée vosgienne que d’un coin de Jamaïque, la ruche musicale arrimée à la colline bourdonnait toujours la nuit venue. La terrasse de cette maison de Stony Hill aux angles “lecorbusiens” avait vu défiler depuis la matinée vieux pirates et jeunes forbans rastas pour une séance d’enregistrement au long cours sous pavillon Inna De Yard.

Sans interruption, voix, tambours (nyabinghi), piano, guitares et lignes de basse s’étaient frayés un chemin jusqu’à la music room, immense salon transformé pour la circonstance en une cabine de prise de son très vintage, avec sa baie vitrée, ses poutres apparentes, son plancher aux lattes usées, son mobilier disparate et ses monumentales piles de vieux vinyles alignées en mille-feuilles poussiéreux.

Les yeux las, exorbités, Laurent Jaïs, l’ingénieur du son, témoignait encore d’une remarquable concentration après les quelque douze heures passées derrière sa console. L’après-midi nous avait offert un mix générationnel entre le vétéran Winston McAnuff, ce jour-là vêtu d’un boubou vert bouteille et d’une casquette de Capitaine Haddock du reggae, et la jeune dub poétesse Jah9, en châle pashmînâ.

Mais aussi une version bien mise et chaloupée de L’Hymne à l’amour par Kiddus I et de beaux dénivelés vocaux par The Viceroys, trio le plus capé, mais pas le plus usé, de l’île. Enfin, sucre glace sur le donut, la session s’était conclue par l’angélique contribution d’un certain Kevor Williams dont le nom d’artiste, VAR, n’a rien à voir avec le département azuréen vu que le jeune homme est originaire de la paroisse de Portland, au nord-est de l’île.

L’ingénieur du son Laurent Jaïs et Jah9 à Stony Hill, janvier 2017 © Francis Dordor

Un reggae acoustique conçu par un fan français, Romain Germa

Tout cela capté en mode acoustique, à ciel ouvert, conformément à la charte non écrite par l’un des concepteurs du projet Inna De Yard, Romain Germa, un Français fan de reggae qui, après une première vague d’albums enregistrés en plein air dans le jardin de musiciens jamaïcains et estampillés Inna De Yard au début des années 2000, relance cette initiative amoureuse et plutôt écolo, vu le peu d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle génère. (suite…)

Les Inrocks - musique

10 morceaux dingues qui n’auraient jamais existé sans Ikutaro Kakehashi

Le TR-808, géniale invention de Roland et de son fondateur Ikutaro Kakehashi. (Capture d'écran Youtube/Nick Cavazos)

“Ikutaro Kakehashi, fondateur de Roland, papa du TR-909,TR-808 et parrain de MIDI, et la personne avec qui j’ai collaboré pendant 38 ans et que je considère comme mon deuxième père, est mort à l’âge de 87 ans.”

C’est profondément attristé que Tommy Snyder, l’associé et ami fidèle de Ikutaro Kakehashi, a annoncé la mort du créateur de l’entreprise de fabrication d’instruments de musique électronique, le 1er avril 2017.

Ikutaro Kakehashi, founder of Roland, father of the TR-909,TR-808,Godfather of MIDI, and someone who I have…

Posted by Tommy Snyder on Saturday, April 1, 2017

Esprit génial caché derrière l’invention de la TR-909, de la T-808 ou de la TB-303 et contributeur fondamental de la création du MIDI, Ikutaro Kakehashi a eu un impact immense sur l’histoire de la musique. Sans lui et sans ces fameuses boîtes à rythmes, certains morceaux novateurs n’auraient jamais vu le jour. Hommage en chansons à cet inventeur avant-gardiste sans qui le hip-hop et l’a techno n’auraient jamais eu le même son.

1000 Knives – Yellow Magic Orchestra

Cela peut sembler difficile à croire, mais 1000 Knives de Yellow Magic Orchestra date de 1981. La modernité de ce titre réside en grande partie dans l’utilisation du Transistor Rhythm 808. 1000 Knives est considéré comme le premier morceau enregistré avec les sons du TR-808 comme le souligne Fact Magazine.

Clear – Cybotron

En 1983, Cybotron, pionnier de nombreux courants électroniques, sort Clear, un classique d’avant-garde dans lequel on peut saisir toute la magie du TR-808.

Planet Rock – Afrika Bambaataa & The Soul Sonic Force

Il s’agit peut-être d’un des titres les plus samplés dans l’histoire du hip-hop. Aujourd’hui encore, il n’est pas rare de l’entendre dans les sets des DJ les plus talentueux. L’utilisation du TR-808 en fait un des morceaux les plus emblématiques du rap des années 80.

Love Lockdown – Kanye West

Aussi controversé soit-il, Yeezy reste l’un des grands hérros musicaux de sa génération. Plus qu’un rappeur, il n’a cessé d’innover et de repenser la musique. C’est tout naturellement qu’il a su saisir les qualités du TR-808 pour accoucher du titre Love Lockdown, tube de l’album 808s & Heartbreak (2008).

Rit It Up – Orange Juice

Après le TR-808, commercialisé en 1980, est né le Transistor Bass 303 en 1982. A partir de là, l’ère de la dance music pouvait commencer notamment avec le morceau Rip It Up d’Orange Juice, groupe de post-punk écossais en 1982.

Problèmes d’amour – Alexander Robotnick

Quand les groupes à guitare ont compris l’obsolescence de leurs instruments face au synthés et aux machines comme la TB-303, des tubes ont surgi sur sur les dancefloor pour écrire un nouveau chapitre de l’histoire Parmi eux, Problèmes d’amour du DJ italien Alexander Robotnick.

Can You Feel It – Larry Heard

La TR-909 restera comme l’enfant chéri de la musique de club. En 1988, Larry Heard, figure du mouvement de la deep house à Chicago, s’empare de la petite soeur de la TR-808, la Transistor Rhythm 909, pour un de ses tracks les plus célèbres : Can You Feel It.

PSK, What Does it Mean – Schoolly D

Le hit What Do You Mean du rappeur américain Schoolly D ne lésine pas sur la TR-909. Les sonorités industrielles donnent une crédibilité nouvelle au hip-hop de l’époque.

Revolution 909 – Daft Punk

Les rois de la French Touch, nourris de milles influences, se devaient de rendre hommage à cette petite merveille qu’est le TR-909. Dès 1997, ils affirmaient leur amour pour la musique électronique sans trahir leur amour pour le funk et le disco, sur le titre Revolution 909.

Energy Flash – Joey Beltram

Sans le TR-909, la techno serait résolument différente. Joey Beltram fait partie de ceux qui auront démocratisé son utilisation dans le genre, notamment grâce au titre Energy Flash, paru en 1990.

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