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31 mars 2017

RTV 95.7 Podcast : FonkMasters

FonkMasters : Émission du 31 mars 2017

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Le festival Panoramas a 20 ans : les six artistes à découvrir absolument

Crédit photo : E-T/Wart

Cette année, le festival Panoramas célèbre sa 20ème édition avec, pour l’occasion, une programmation à la hauteur de cet anniversaire. Au Panoramas, c’est la musique électronique qui domine, bien que le organisateurs se soient autorisés des écarts bienheureux, en proposant du rap, du r’n’b et de la pop. On vous soumet une sélection, loin d’être exhaustive, des artistes à ne pas rater, entre le 7 et le 9 avril sur les terres bretonnes de Morlaix.

Sônge aura eu raison des mauvaises langues qui se plaignent de la qualité du r’n’b français. Avec un premier EP sorti l’an dernier, la jeune chanteuse est en passe d’attendre les sommets, et il urgent de la découvrir dans sa vertigineuse ascension (le 7/04).

Lorenzo, c’est d’abord un sacré délire poussé au millième degré. Celui qui s’est auto-proclamé “Empereur du Sale” enchaîne les punchlines bien senties sur un premier EP paru en mars 2016. A déguster sur la scène du Club Sésame, le vendredi 7.

Pépite porte bien son nom. Le groupe de pop française parisiens a beaucoup d’amour à revendre dans ses chansons. Vous pourrez vous vanter de les avoir vus au Panoramas bien avant qu’ils ne soient bookés dans toutes les grandes salles de France et de Navarre (le 9/04).

Blow, eux aussi français, ont tout pour nous convaincre sur scène. Ils sont jeunes, ils sont frais et ils ont de leurs bagages, un paquet de chansons au potentiel immense. Pas totalement électro mais résolument pop c’est avec leur guitares qu’ils pourront mettre le feu au Panoramas, le samedi 8 avril.

Bon Entendeur. Ils nous ont fait danser et réfléchir en intégrant à leurs excellents remix des monologues de personnalités inspirantes, d’Alexandre Astier à Jacques Brel. Découvrir le collectif de DJ français sur une scène de festival a de quoi attiser notre curiosité (le 7/04).

Rødhåd. La scène techno de Berlin l’acclame, Jeff Mills et Robert Hood aussi. Le DJ allemand posera ses platines pour les 20 ans du Panoramas pour le plus grand plaisir des fanatiques du genre, le 8 avril.

On n’oublie pas les concerts incontournables de Jacques, Ann Clue, Motor City Drum Ensemble ou encore Acid Arab, pour ceux qui voudraient découvrir ou revisiter les classiques.

Le festival Panoramas c’est du 7 au 9 avril à Morlaix, accessible via le pass 1 jour, vendredi, samedi et dimanche (complet) ou le pass 2 jours valable du 7 au 8 avril. Plus d’infos sur le site de l’événement.

Les Inrocks - Musique

Kanye West et Mary J. Blige dévoilent un morceau surprise, “Love Yourself”

Après l’annonce de Drake pour More Life et un clip impressionnant de Kendrick Lamar pour Humble, c’est au tour de Kanye West et Mary J. Blige de faire un come-back suprise.

You can now pre-order #STRENGTHOFAWOMAN and get my new single Love Yourself. I can’t wait for you to hear the rest https://t.co/xSeuiUkRgg pic.twitter.com/sipFSpFYHy

— Mary J. Blige (@maryjblige) 31 mars 2017

En effet, il y a quelques heures, Mary J. Blige annonçait via Twitter la sortie du single Love Yourself, en duo avec Kanye West. Lancé par la chanteuse soul, le morceau se voit rapidement pris en main par le flow puissant de Kanye, qui semble bien en forme, (à partir de 2:25).

Comme son nom l’indique, le titre évoque l’importance de l’amour de soi, mais également de l’amour des autres. Il aborde également le traitement de la communauté noire américaine aux Etats-Unis, dans un couplet particulièrement engagé de Kanye :

“J’ai décidé de ne pas utiliser ma couleur comme un handicap,
Je suis un designer, un artiste, un producteur, et je rap,
Je n’ai jamais trouvé la vertu dans la patience,
Le temps, précieux, est juste gâché,
Tu ne sais pas à quoi nous devons faire face”

Love Yourself est extrait du futur album de Mary J. Blige, intitulé Strenth Of A Woman et disponible dès aujourd’hui en précommande sur Apple Music.
Il comportera également des featurings avec Missy Eliott, Quavo, Kaytranada, Dj Khaled ou encore Prince Charlez.

Les Inrocks - Musique

“Je voulais faire un truc incroyable ” : Woodkid dévoile un concert exceptionnel sur YouTube

Comment est né ce projet pharaonique de concert au Montreux Jazz Festival 2016, que tu diffuses en partie sur YouTube ?

Woodkid – J’ai une histoire avec Montreux, c’était la quatrième fois que j’y jouais. La première année, en 2012, le président du festival (Claude Nobs) , avec qui on avait lié des liens assez forts, m’avait dit que nous serions à nouveau invités l’année suivante, avec l’orchestre symphonique de Lausanne. On avait commencé à travailler sur ce projet quand il est décédé, et son successeur Mathieu Jaton a maintenu le concert, nous étions alors déjà trente-cinq sur scène. En 2014, j’ai signé l’affiche du festival où j’ai donné une concert surprise. Ils sont revenus vers moi en 2016 pour les cinquante ans du festival, en me confiant les moyens de réaliser le concert spécial de cette édition. J’ai décidé de monter un concert moins tourné autour de moi, mais autour d’invités, d’un orchestre. Je voulais faire un truc incroyable, rappeler que Montreux était plus qu’un festival de jazz. J’ai alors appelé tous mes amis, la plupart ont répondu présent. On a eu quatre mois pour tout monter, avec un support incroyable du festival.

Tu es intervenu au quotidien sur ce projet ?

J’avais tellement de travail sur la musique que pour une fois, j’ai délégué la scénographie à mon ami canadien Willo Perron, qui fait la mise en scène des concerts de Kanye, Jay-Z, Rihanna… Nous avons collaboré, je voulais un show beaucoup moins noir que le précédent. J’avais envie de blanc, de sortir du métallique. L’idée, c’était de marquer le contraste entre le côté lumineux, romantique de ma musique et son aspect très dystopien. Je nous imaginais sous un dôme, en quarantaine, après la fin du monde, sur une autre planète…

D’où viennent ces voix d’enfants au début d‘Iron ?

Le concert a débuté par une collaboration avec la Nasa. Ces samples viennent des enregistrements chargés à bord de Pioneer 1, la sonde envoyée dans l’espace, qui est désormais sortie du système solaire. Ils ont enregistré des voix d’enfants dans toutes les langues, qui envoient le bonjour des terriens. Comme j’avais l’envie de travailler avec un chœur d’enfants, ces enregistrements ont trouvé leur place. C’était comme un petit rappel à l’ordre en matière d’écologie…

Tu ressens quoi quand le rideau s’ouvre après quatre mois de montage ?

Beaucoup de stress. Pour la première fois, je suis au milieu de la scène lorsque le rideau s’ouvre, le nez littéralement dedans par manque d’espace. En une demie-seconde, je me suis retrouvé avec 5 ou 6 000 personnes devant moi. C’est ce qui rend un tel projet excitant mais aussi frustrant : la certitude qu’il ne sera joué qu’un seul soir. Ça faisait plus d’un an que je n’avais pas fait de scène et j’étais rassuré que le public soit là, qu’il soit touché… J’ai décidé il y a très longtemps de ne jamais cacher mon excitation ou mon entrain lors des concerts. Il y a bien sûr des moments où je dois jouer un personnage, mais je préfère me laisser porter. Moi qui a tendance à être un pleureur, j’ai réussi à ne pas chialer pendant ce concert, j’en suis assez fier. Je ne voulais pas kidnapper les gens avec mes émotions, laisser la place aux invités. J’étais plutôt content, heureux.

Comment l’actrice Elle Fanning se retrouve-t-elle sur scène ?

Je la connais depuis longtemps, je l’ai dirigée en tant que réalisateur. On est devenus amis et parfois, je l’entendais chanter, bien en plus. Comme on manquait de présence féminine, j’ai lancé le pari fou de la faire chanter. C’était pour tester son courage et elle a relevé le défi sans soucis, c’était la première fois qu’elle montait sur scène, qu’elle travaillait en public. On était comme deux gamins. J’aimerais beaucoup la pousser dans cette direction, elle a un charme fou et elle chante très bien.

Comment s’est passée la rencontre avec Grizzly Bear ?

Leur chanteur Ed Droste est un ami, avec qui j’adore faire de la musique. Nous étions en studio en train de bricoler quand je lui ai proposé de venir à Montreux, il a accepté immédiatement et on a adapté très vite deux de mes chansons. Sa voix est très aiguë, elle marche bien avec la mienne. On s’est ensuite tous retrouvés en Suisse une semaine avant le concert pour tout caler musicalement, entre l’orchestre et les répétitions individuelles. Tout s’est accéléré sur les trois derniers jours.

La collaboration la plus impressionnante est peut-être celle avec l’Américain Ryan Lott, de Son Lux.

On est très proches avec Ryan, on parle exactement le même langage musical, ça a été la collaboration la plus fluide. On partage la même passion pour l’image et on est l’un et l’autre des nerds. Du coup, quand on parle musique, on utilise un champs lexical très visuel. Souvent, quand j’utilise ces images et métaphores en studio, on ne me comprend pas. Avec Ryan, on se calcule immédiatement. J’aimerais que l’inédit que nous avons joué ce soir-là, Central Park, le demeure. Il a été assemblé pour ce concert précis, pour le festival de Montreux, à partir d’un poème très aigre-doux de l’Américain Frederick Seidel… Dans notre monde de dématérialisation de la musique, j’aime garder quelques titres uniquement pour le live, le privilégier devant tout. J’ai des titres comme Go ou Volcano qui n’existent que sur scène.

Le moment où arrivent finalement les vieux complices des Shoes, c’est un moment rassurant ?

Oui. On joue une de leurs chansons avec laquelle j’ai une histoire, Wastin’ Time, dont j’avais fait le clip. A l’origine, elle était chantée par l’Anglais Esser. J’aime le côté très joyeux, sans cynisme de cette chanson. Avec la chorale d’enfants, ça s’est transformé en célébration, je me suis même autorisé à danser comme un cake (rires)…

Dans quel état es-tu après le concert ?

Je suis très occupé. Ma mère est là, mon père aussi et comme ils ne se retrouvent que très rarement sous le même toit, il m’a fallu gérer les deux. Je me sentais soulagé et en même temps, déçu que ça soit déjà fini. Il y avait beaucoup d’émotions : ça s’est passé le lendemain de l’attaque terroriste à Nice, il y avait une chape de plomb avant et après le concert. Le concert était dédié aux victimes.

Pourquoi le diffuser sur YouTube ?

Parce que je ne suis pas fan des DVD live. Je ne vois pas pourquoi le public repayerait pour revoir un concert. Il nous a fallu presque un an pour le mixer et le monter, je n’avais pas envie de répondre à un diktat d’instantanéité : pendant un an, les spectateurs ont pu s’approprier ce concert, vivre avec, je ne voulais pas trahir ceux qui ont fait l’effort de venir, de payer leur billet.

Tu comptes revenir à la musique un jour ?

Je travaille beaucoup sur de l’image. Je suis encore et toujours en train d’essayer d’écrire un projet de long-métrage. Mais même si j’essaye de me concentrer sur ma carrière de réalisateur, je passe un peu de temps en studio. Je suis dans une période d’un an, deux ans, trois ans de recherche. Après une expérience aussi étonnante que celle que j’ai vécue, pour laquelle je n’étais pas prêt, j’ai besoin de temps pour avoir à nouveau des choses à dire. Après le premier album The Golden Age (2013), j’ai passé quatre ans en tournée. Et puis j’ai été très déstabilisé par mon retour en France, les attentats, j’ai besoin de comprendre comment faire des choses utiles, sans tomber dans la mièvrerie. C’est ma période de recherche de sens.

Les Inrocks - Musique

A l’Opéra de Lyon, les mises en scène ont de la mémoire

Jusqu'au 5 avril 2017, l'Opéra de Lyon ressuscite trois productions mythiques pendant son festival Mémoires. Dont une “Elektra” et un “Tristan et Isolde” d'une intemporelle beauté.

Télérama.fr - Musiques

Pour la sortie de leur album, “Slow Down”, interview fleuve avec les Madcaps

Pierre Moissard, 2016

Fondé il y a un peu plus de trois ans, au cœur de la ville de Renne, le groupe aux origines rock garage sort déjà son troisième album aujourd’hui : Slow Down. A cette occasion, on a papoté avec Thomas Dahyot, chanteur et guitariste du groupe.

Alexis Janicot, 2016


Vous avez désormais un nouveau batteur et un nouveau bassiste, tu peux me les présenter ?

Thomas Dahyot : Absolument. Deux nouveaux musiciens sont arrivés en janvier 2016 : Léo Leroux à la batterie et Wenceslas Carrieux à la basse. Bastien Bruneau Larche est passé de la basse à la guitare.

J’ai lu une interview sur le site “rennesmusique.com” où tu déclares : “Au tout début, c’était un groupe de garage, de la saturation dans la guitare et la voix. Progressivement, on est arrivé sur des choses un peu plus pop, rhythm and blues.” Vous en êtes où de cette évolution ? 

Je pense que le blues est un peu présent pour tout le monde. C’est la base de la plupart des musiques populaires, et c’est difficile de s’en dédouaner complètement. Quand tu fais de la musique, à moins de faire du classique, tu en es toujours un héritier. On ne sera jamais noirs, on reste des blancs-becs, donc c’est notre façon à nous d’entrevoir et de faire de la musique afro-américaine.

Pour ce nouvel album on a choisi d’utiliser des cuivres dans la rythmique. On a également enlevé certains éléments pour obtenir une musique qui respire et qui joue sur les silences. Au début du groupe, c’était tout le temps tout le monde tous ensemble à fond la caisse. Mais on n’oublie pas les guitares pour autant !

Vous êtes originaires de Rennes, c’est une ville qui vous a influencée ? Je sais que vous travaillez avec plusieurs groupes rennais (Kaviar Special, The Valderamas)

Je suis très content de vivre à Rennes, c’est d’autant plus agréable qu’il s’y passe plein d’événements culturels. Je ne sais pas si ça nous influence directement mais ce qui est évident c’est que ça crée de l’émulation. On partage notre local de répétition avec les groupes que tu as mentionnés et on s’aide mutuellement, on est un grand groupe de copains. Mais est-ce que chacun s’influence musicalement ? Je n’en suis pas si sûr.

Votre nouvel album, Slow Down, sort le 31 mars. Vous le préparez depuis combien de temps ?

On a dû s’y coller aux alentours de mars-avril de l’année dernière. Donc cinq mois de boulot, de l’écriture jusqu’aux répétitions. Ce troisième album a vraiment été un travail commun, collégial, ce qui n’était pas autant le cas dans les précédents.

Sur les deux premiers albums tu étais l’unique compositeur. Sur celui-ci, Bastien et Wenceslas ont signé cinq morceaux à eux deux.

J’incite depuis le début Bastien à écrire des chansons. Pour Slow Down, il s’est mis à énormément écrire, je ne sais pas si c’est lié au fait qu’il ait changé d’instrument, ou s’il s’est senti investi d’une nouvelle mission. Il y a eu pas mal de tri, des bonnes chansons qui ont été écrites mais qui n’ont pas été mises sur le disque car elles s’y incluaient moins. Elles feront l’objet de sorties un peu plus tard, on a un 45 tours de prévu à la rentrée. Wenceslas a quant à lui écrit deux titres sur le disque, dont un qui donne son nom à l’album !

Comment s’est opéré le choix des onze titres ? Vous aviez une colonne vertébrale de ce que vous souhaitiez ? 

On était dans une optique de faire des choses groovy, dans des contrées rythm and blues et soul. On a choisi d’éliminer les gros morceaux de rock garage qui nous semblaient moins cohérents. Je ne sais pas si ils verront le jour à un moment.

Le rythme de trois albums en trois ans est assez productif, c’est quelque chose que vous vous imposez ?

Je pense que l’on est jamais aussi productifs que lorsqu’on suit des objectifs. Si on est dans une espèce de latence on peut rapidement se complaire dans le fait de prendre son temps, d’être peinard sans avoir de but à atteindre. J’ai toujours aimé écrire des chansons et amener des choses aux camarades pour que l’entrain soit renouvelé. Le premier album est sorti naturellement, le second est venu de la même manière. C’était peut être un peu présomptueux d’enregistrer si vite le troisième avec des nouvelles personnes. Mais finalement je trouve qu’on a réussi à avoir quelque chose de très cohérent malgré un contenu très varié. On a également un métier à côté, à temps plein, ça ne laisse pas toujours le temps qu’on voudrait. Je pense qu’on va continuer comme ça, jusqu’à ce qu’on devienne professionnels de la musique et qu’on puisse en vivre, là on en fera deux par an, voire plus (rires).

Ce n’est pas trop dur de continuer à assumer cette double casquette, de musicien et professeur d’anglais? 

On a tous des activités annexes, ce n’est pas toujours facile… En 2016 on a fait cinquante concerts, ça commence à prendre davantage d’ampleur et de temps. Tu fais un concert, tu dînes, tu rentres à trois heures du matin et tu te lèves trois heures après. Des fois j’aimerais avoir du temps pour écrire des chansons, mais je dois travailler. Et inversement. Si je ne faisais que de la musique je pense que j’écrirais beaucoup plus de chansons,  et j’aurais d’autres projets à côté. Mais on ne s’en sort pas si mal.

Pour l’enregistrement vous êtes retournés aux studios Kerwax, pourquoi ce lieu ? 

Ce lieu est tellement génial ! Ça a de la gueule, tu as des pièces avec des volumes magnifiques, c’est meublé avec goût et rempli de petites vieilleries des années 20 jusqu’aux années 70. C’est pareil pour le matériel d’enregistrement, il y a des instruments des années 30/40, de la seconde guerre mondiale, des années 50/60. Le mec est à l’écoute, calme, et sait très bien se servir de tout ça. C’était cool d’y retourner pour ça, construire des collaborations, des habitudes… Et puis le fait d’être en autarcie c’est génial. Tu es loin de chez toi pendant une semaine avec tes potes. C’est un peu la colo du rock.

Se confronter à ce type d’enregistrement, sur bandes, c’est un postulat qui est intéressant. C’est une manière d’aborder la musique, de jouer ensemble pour faire un tout. Si tu fais une merde mais que le morceau fonctionne tu mets ton égo dans la poche, tu es là pour servir le morceau. Dans le numérique tout est possible tout le temps, tu peux refaire/découper/ré-enregistrer… Là le choix est déjà fait rien qu’avec la manière dont tu t’installes dans la pièce. Si t’as envie de refaire ta prise de guitare tu ne peux pas car elle passe déjà dans les micros de la batterie. Enregistrer comme ça c’est assez honnête.

Il y a un titre de morceau en français, Le Passe Muraille, pourquoi ce choix ?

Le titre parle de l’histoire du Passe muraille de Marcel Aymé. C’est une nouvelle que j’adore et que je lis tous les ans. Huit pages merveilleusement bien écrites, fines, drôles. Cela m’a permis d’aborder le chant de manière différente, un peu plus parlé que chanter, plus fleuve. On est sortis des temps ramassés pour aller sur une chanson de plus de quatre minutes. On a eu de nouvelles contraintes, un cahier des charges différent.

L’esthétique, le graphisme, ce sont des éléments que vous travaillez beaucoup ? Je pense notamment à votre pochette d’album, dont la photo a été prise par Titouan Macé.

Notre look n’est pas du tout travaillé, chacun se fringue comment il a envie. Au niveau des visuels qu’on utilise, ça me semble ultra important oui. C’est la première chose que les gens voient dans un bac. La première pochette c’était un dessin, le second une photo (de Martin Parr). Là je me suis dis “il y a un nouveau groupe, j’ai envie que tout le monde soit au courant que ce sont ces personnes là“. On avait jamais fait ça et on s’est dit que c’était une bonne idée de mettre nos tronches, dans un cadre relativement sixties. Titouan vient de Rennes et fait de plus en plus parler de lui car il prend de très belles photos, notamment de lives.

Au niveau des clips, vous avez une ligne directrice ? 

Tout l’album va être clipé, mais de manière très cheap, histoire de se jouer un peu de ce pli qu’on est presque obligés d’avoir. Etre musicien en 2017, il faut avoir du clip, sinon les gens ne t’écoutent pas. Je trouve ça un peu désolant… On va prendre un téléphone ou une webcam, faire des plans séquences, des trucs avec des situations un peu débile. Sur Chill pants on voit qu’on s’entend bien, il y a des gens qui m’ont dit “ça donne envie d’être votre pote” et j’ai trouvé ça trop cool à entendre, ça fait extrêmement plaisir.

Vous allez faire une release party au Point Ephemere le 1er avril, accompagnés d’une section cuivre.

Oui. Malheureusement le tromboniste n’est pas disponible mais on aura deux saxophones, un ténor, un baryton et une trompette. On a décidé de faire une release party à proprement parler, je trouve qu’il y a souvent l’appellation mais ce n’est ni plus ni moins qu’un concert. Nous on va faire ça pour honorer le disque : on va le jouer de A à Z, dans l’ordre, avec le maximum d’arrangements similaires. Et habillés comme sur la pochette. La soirée, c’est le disque.

Vous avez des scènes, des lieux qui vous font rêver pour la suite ?

Je veux bien jouer à l’Olympia (rires). Plus sérieusement, j’aimerais bien me retrouver dans un théâtre victorien, avec des balcons, du velours, je trouverai que ça a beaucoup de gueule. En terme de festival, This Is Not A Love Song. Ou aller faire une tournée aux USA tiens, pour aller manger des tacos.

Les Inrocks - Musique

La playlist du mois : les 40 morceaux qu’il ne fallait pas manquer en mars 2017

C’est le printemps, et il est temps de sortir de son hibernation. Finis les titres pour rester les dimanches sous la couette et les playlists “chill”, les bons morceaux bourgeonnent dorénavant aussi joyeusement que les boutons sur un visage adolescent.

En cette jolie saison, comme les roses après les giboulées, il faut noter le grand retour de belles fleurs telles que Gorillaz, Alt-J et Feist, pour notre plus grand plaisir. Et puis il faut en profiter aussi pour découvrir toutes les petites pépites disséminées un peu partout dans cette sélection printanière, un peu comme si on partait à la recherche des oeufs de Pâques dans le jardin. La métaphore printanière sera ainsi le socle de cette playlist de mars, et comme elle est un peu pénible, autant passer directement au vif du sujet, avec les quarante titres à retenir de ce joli mois de mars.

TRACKLIST

Saturnz Barz (feat. Popcaan) – Gorillaz
S.S.D – La Femme
In Cold Blood – Alt-J
Pleasure – Feist
Chanel – Frank Ocean
Swim – Her
Lavender (feat. Kaytranada & Snoop Dogg – BADBADNOTGOOD
Despair (feat. Yael Naïm) – Eric Legnini
Home – Joe Goddard
Sarah – Aliocha
Reverie – Arca
Pleure Clara, Pleure – Clara Luciani
You’ll Miss Me When I’m Gone – Jay-Jay Johanson
My Willing Heart – James Blake
Sugar for the Pill – Slowdive
Ran – Future Islands
Clay – The Garden
Understup (feat. Colette) – Stupeflip
Legend Has It – Run The Jewels
Âpres Après – Frànçois & the Atlas Mountains
Teenagers – Vimala
Pluie Fine – Corine
Sucker – The Big Moon
Did You Really Say No (feat. Vanessa Paradis) – Oren Lavie
Désaccordés – Naya X Ardo
I Am A Telescope – Wesley Gonzalez
Le Goût Du Chagrin – Louise Thiolon
LAND OF THE FREE – Joey Bada$$
Toy – Noga Erez
Jewels – Warhola
Dance with me – Cameron Avery
Someone Better – Juveniles
Take Me to Your Home – No Money Kids
Yere Faga (feat. Tony Allen) – Oumou Sangaré
Foggy Goodbye – The George Kaplan Conspiracy
Why Are There Boundaries – FKJ
Headphones – Dan Black
Vision – Joke
Wishing Girl – Lola Marsh
Telescope – Vanishing Twin

Les Inrocks - Musique

De Lou Reed à Sonic Youth : les justes adaptations de Mendelson

Avec “Sciences politiques”, nouvel album de Mendelson, il renouvelle l'art de la reprise, hommage et appropriation. De Leonard Cohen aux Stooges, de Bruce Springsteen à Marvin Gaye, Pascal Bouaziz a recueilli ses adaptations autour d'une thématique actuelle. Il s'explique sur sa démarche.

Télérama.fr - Musiques

Matthieu Pigasse rachète Rock en Seine : pas très rock’n’roll tout ça !

Il est loin le temps où le rock était un monde de rebelles prêts à défier le système. Difficile d’imaginer un Woodstock au XXIe siècle, époque où les festivals sont devenus un business comme un autre avec ses holdings qui concentrent jusqu’à plus soif. Le rachat de Rock en Seine par l’homme d’affaires Matthieu Pigasse en est une nouvelle illustration.

Télérama.fr - Musiques