Actu musique

17 mars 2017

Pourquoi The Garden est un groupe encore bien trop sous-estimé

The Garden dans le clip de "All Access" (capture d'écran Youtube)

On traînait une sale amertume depuis le concert archi-décevant de Drake à l’AccorHôtels Arena, quand on eut la géniale idée de se pointer à celui de The Garden au Point Éphémère deux jours plus tard. Deux-trois haters nous avaient demandé pourquoi on continuait de se préoccuper des jumeaux Shears. Repérés par le label Burger Records, adoubés par Saint Laurent, certains leur reprochent d’être un groupe de modasses, des poseurs sans sincérité qui abuseraient d’un certain je-men-foutisme pour se donner une caution punk cool sans y croire “vraiment”. Autant d’arguments auxquels on n’a jamais crus.

========>>>>>>> A relire : notre interview avec ces sales gosses en 2016

Déjà, parce que leur concert à l’Espace B en septembre dernier avait été une belle claque dans notre face de journaliste blasée. Ensuite, parce que leur dernier EP, U Want The Scoop ?, sorti début mars chez Epitaph, a été une nouvelle belle claque dans notre face de journaliste blasée. En cinq morceaux qui pourraient avoir été produits sous acides, Fletcher et Wyatt adressent un joli doigt d’honneur à tous ceux qui les auraient catalogués un peu vite. Car The Garden est tout simplement impossible à définir. Ils brassent large, très large, sans soucis de chapelles, brouillant nos repères, déjouant nos attentes, nous surprenant, encore et toujours. Ah, vous pensiez savoir ce que vous alliez voir ? Perdu !

On ne s’attendait à rien. On était toujours amers de toute façon (voir plus haut). Et l’on eut une explosion d’énergie brute, adolescente, sauvage, mais maîtrisée de bout en bout avec maturité. Un concert calé, mais pas fake. Un pur numéro d’équilibriste devenu la marque de fabrique de ces sales gosses de 24 ans qui déboulent sur scène à toute allure, le brun Wyatt au micro, le blond Fletcher à la batterie. Et c’est parti pour trois-quarts d’heures de vortex infernal. Au bout de 3 minutes, les premiers rangs pogotent et deux-trois génies montent sur scène pour slammer (ou y danser torse nu et l’air hagard, passons).

S’ils aiment mélanger l’insolence du hip-hop, du punk et du gabber, The Garden n’aiment pas tellement interagir avec leur public. Tous zinzins qu’ils soient, les Shears gardent une certaine distance avec les spectateurs, que certains jugeront méprisante, d’autres artistique, c’est selon.

Il y a quelque chose d’outrancier mais version classe chez ces garçons. Un truc qui nous rappelle Julian Casablancas, ses extravagances esthétiques, son timbre de voix insaisissable, ses pétages de plomb, son mélange de familiarité et de distance.

The Garden sont deux et n’ont même pas besoin d’être plus. Ils se suffisent à eux-mêmes. Hydre à deux têtes surpuissante et surexcitée, n’obéissant à aucune règle, faisant ce que bon lui semble sans jamais se ridiculiser. Même lorsqu’ils se maquillaient le visage en clown sur leur précédente tournée, c’est dire.

Refusant de ne se laisser enfermer dans de petites cases toutes gentilles toutes stéréotypées, The Garden est devenu le groupe punk-dada des années 2010 et plus si affinités. A tel point que les frères Shears ont inventé leur propre mouvement, baptisé Vada Vada. Ironie ultime ? Foutage de gueule ? Secte ? Truc marrant ? Franchement, on n’en sait rien et peu importe : ils sont doués.

February 5th we play……. The Echoplex in Los Angeles Link 4 tix in bio ???? ????: @izzycommers

Une publication partagée par “U Want The Scoop?” Out Now (@__thegarden__) le 12 Déc. 2016 à 22h21 PST

Les Inrocks - musique

La chanteuse L se souvient de Vincent Provini

Il était l'un des programmateurs de FIP, également animateur de l'émission “Dites 33”. Vincent Provini est décédé cette semaine, à seulement 46 ans. Ce défricheur de musiques avait été le tout premier à soutenir Raphaële Lannadère, la chanteuse L, que nous aimons aussi beaucoup à “Télérama”. Elle lui rend ici hommage.

Télérama.fr - Musiques

Feist dévoile un premier extrait de son album “Pleasure” et c’est le pied !

Source : DR / photo du profil facebook de l'artiste FEIST

Hier, on poussait des cris de plaisir en apprenant le grand retour de Feist après six ans de silence. Et pour finir la semaine en beauté, Leslie nous dévoile aujourd’hui un premier extrait de son futur album studio, Pleasure. En écoute ci-dessous :

Le morceau éponyme Pleasure démarre tout en douceur, porté par la voix suave de Leslie Feist. Mais il ne faut pas longtemps pour que la Canadienne ne lui donne de l’ampleur, et que son orchestration acidulée finisse par secouer toute la baraque. Un orgasme sonore en quelque sorte !

Après nous avoir ravis avec Metals (2011), son dernier album en date, Feist compte donc visiblement explorer un tout autre domaine, plus sensuel et intime, avec ce titre qui évoque mille délices.

Much to my surprise, I woke up this morning to see the word is out for ????P l e a s u r e???? But as Leonard Cohen once said “the devil laughs at those who make plans.” I’ve been so inward facing during the making of this record that I hadn’t quite prepared myself to face it, and myself, outward again. So here’s what I can tell you…. I made this record last winter with 2 of my closest friends, Mocky and Renaud Letang. I was raw and so were the takes. Our desire was to record that state without guile or go-to’s and to pin the songs down with conviction and our straight up human bodies. I titled the album Pleasure like I was planting a seed or prophecizing some brightness. The experience of pleasure is mild or deep, sometimes temporal, sometimes a sort of low grade lasting, usually a motivator. If the way you look at things is how they look then my motivation is to look with a brighter eye. So there it is, in a nutshell. I’m grateful for your curiosity, the music is en route. Best and soon, Leslie ????. ????:@cassblackbird

Une publication partagée par feist (@feistmusic) le 14 Mars 2017 à 13h34 PDT


Dans son post instagram révélant la pochette du disque, Leslie évoquait également sa vision de l’album : 

Je l’ai appelé Pleasure comme si je plantais une graine qui allait augurer ce qu’il deviendrait. Telle une prophétie. L’expérience du plaisir peut être douce ou profonde, parfois rapide ou parfois progressive, mais elle est souvent une motivation. (…) Je vous suis reconnaissante de votre curiosité. La musique est en route.

La tracklist complète est disponible juste ici :

1. Pleasure
2. I Wish I Didn’t Miss You
3. Get Not High, Get Not Low
4. Lost Dreams
5. Any Party
6. A Man Is Not His Song
7. The Wind
8. Century
9. Baby Be Simple
10. I’m Not Running Away
11. Young Up

On attend la suite avec impatience.

L’album Pleasure sortira le 28 avril chez Polydor. Disponible en précommande sur Apple Music.

Les Inrocks - musique

Double impact pour Future et ses deux nouveaux albums

On le croyait assagi après son flamboyant marathon 2015 (trois mixtapes + un album de haute volée : DS2), voire même un peu fatigué : en 2016, les fans du rappeur d’Atlanta n’ont eu “que” deux projets solo (pas folichons) à se mettre sous le Grillz en début d’année. Une accalmie plutôt inquiétante de la part du stakhanoviste de Pluto. Mais qu’on se rassure, à 33 ans, Future n’est pas encore un homme du passé : sortis à une semaine d’intervalle, ses deux nouveaux albums se sont chacun hissés à la première place du Billboard US. Un exploit mérité.

Multiples personnalités

Sur ces trente quatre pistes s’emboîtent deux facettes contrastées de Nayvadius Cash. Le yin et le yang du dealer devenu millionnaire. Car tel James McAvoy dans le thriller Split, Future est habité d’une horde de personnalités. L’ex-membre de la Dungeon Family les a baptisées “le pompier” (la bête de scène qui fait transpirer les murs de la salle en feu), “Ceasar Lee” (le play-boy), “le sorcier” (le sage inspiré), “Super Future” (le rappeur héroïque) ou encore “Future Hendrix” (la rock-star excentrique).

Sur l’ombrageux Future, c’est “Super Future” qui prend le contrôle. Il orchestre un maelström de braggadocio coupé aux idées noires, à l’hyperconsumérisme métallique et aux infrabasses codéïnées. L’ego bad-trip trouve son point d’orgue sur Mask Off, charge trap aussi crépusculaire qu’épique produite par Metro Boomin à partir d’un sample de flûte (extrait du musical 70’s Selma) : irrespirable, mais totalement hypnotique.

Future Hendrix, alter-ego sensible

L’aube peine à percer dans le sous-sol du supervilain, à peine éclairé en fin de course par deux beats de Zaytoven aux airs de soupirail soul. C’est le moment que choisit le prince des ténèbres “Super Future” pour céder le mic à son alter-ego plus sensible, pop et fêtard sur HNDRXX : “Future Hendrix”, qui n’a certes pas la gratte magique de son ancêtre Jimi, mais un fascinant timbre de bluesman droïde doublé d’un sens inné du groove rocailleux.

Et pour sceller l’orientation r’n’b du disque, quoi de mieux qu’un featuring de Rihanna (la sucrerie Selfish) et de The Weeknd (l’imparable Coming out Strong) ? Sacrée contre-soirée.

Les Inrocks - musique

Afro-pop, la playlist de Binetou Sylla

Binetou Sylla, DJ, productrice et patronne de Syllart Records, a pêché pour nous les vingt perles du genre.

Télérama.fr - Musiques

Soko raconte la confection de son nouvel album à New York

capture d'écran Youtube/NYLON Video

Ça fait combien de temps que tu es ici ?

Soko – Je suis à New York depuis le mois d’août dernier. Au début, à cause de la promo du film (La Danseuse de Stéphanie Di Giusto, dans lequel Soko tient le premier rôle et pour lequel elle a été nommée aux César – ndlr), je bossais une semaine par-ci, une semaine par-là. Mais en ce moment, je suis en plein dans l’album, je ne fais que bosser. L’album ne sortira pas avant septembre. J’ai encore besoin d’écrire et de me laisser surprendre.

Tu travailles avec qui ?

Patrick Wimberly, qui est la moitié de Chairlift et qui a produit quelques morceaux pour Solange. En ce moment, il fait également le nouveau MGMT. Je l’ai d’ailleurs rencontré par Andrew VanWyngarden. Après ça, on a commencé à travailler ensemble très naturellement. Patrick produit mon album, donc, et il fait les basses et les batteries. Sinon, James Richardson, toujours de MGMT, a fait quelques guitares. J’ai une bonne petite équipe !

L’album va parler de quoi ? Tu t’es beaucoup livrée sur le dernier…

J’ai l’impression de le découvrir en ce moment, en le faisant. Je n’avais pas vraiment d’idée préconçue en démarrant. J’avais juste un titre. Et souvent, je pars du titre puis je développe autour. Mais j’ai finalement changé de titre depuis.

Qui est… ?

Je ne peux pas te le dire pour l’instant, j’ai encore trop peur de changer d’avis ! L’album n’est pas prêt du tout… Mais ce sera toujours aussi personnel et émotionnel. En gros, ça parle du présent, de là où j’en suis, tandis que dans My Dreams Dictate My Reality, le précédent, je regardais vers le passé pour ne plus en avoir peur. Je suis allée chercher mes vieux démons sous le tapis pour faire la paix avec eux.

Venir à New York pour cet album, ça fait partie du processus ?

Ma vie est à Los Angeles. J’y ai mes habitudes, mes repères, mes potes. Je suis hyper bien là-bas. Je suis venue à New York pour sortir de ma zone de confort. Ici, je suis déstabilisée. Cette ville me rend un peu folle. Alors je ne fais que travailler. J’avais besoin de ça, sortir de ma routine, pour me lancer de nouveaux challenges. Je me suis même convaincue que je ne pouvais être avec personne de façon romantique en ce moment. Ce serait trop d’énergie. Être intime avec quelqu’un, c’est comme être intime avec mon album. Je ne peux pas faire les deux en même temps. Ce serait une distraction trop grande.

Musicalement, quelle sera la nouveauté ?

Ce sera un peu plus shoegaze. Mais du shoegaze qui groove un peu ! Il y aura davantage de chœurs, aussi. Ce seront des chansons assez solaires mais avec des paroles plutôt tristes et solitaires. Je m’impose une réflexion sur cette solitude.

Après autant d’exposition, c’était difficile de passer à l’isolement ?

Non, j’en avais vachement besoin. Quand tu fais un film avec une équipe de cinquante personnes en permanence autour de toi, et que tu enchaînes la promo, c’est vraiment fatigant. J’avais besoin de me retrouver… Et en même temps, je ne sais pas prendre un jour off ! Quand je ne travaille pas, je ne sais pas quoi faire.

Tu te vois te poser, un jour ?

J’ai même carrément besoin de ça en ce moment. J’ai juste envie d’avoir une maison, des bébés et des chats. Et un petit studio. Mais je ne sais pas quand ça arrivera.

Les Inrocks - musique

Le compositeur Matthias Pintscher fait valser le contemporain

Compositeur prisé et chef charismatique, l'Allemand Matthias Pintscher a chamboulé l'Ensemble Intercontemporain créé par Pierre Boulez. En élargissant le répertoire, et en le confrontant aux autres arts. Avec une ferveur contagieuse.

Télérama.fr - Musiques