Actu musique

13 mars 2017

A l'Opéra Bastille, la Carmen violente et militante de Calixto Bieito

L'opéra vedette de Bizet revu par le metteur en scène castillan garde une âpreté qui le fait résonner avec la dureté du monde contemporain. Au milieu d'une distribution riche, Roberto Alagna brille en Don José.

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Les Eurockéennes se dévoilent un peu plus avec quatre nouveaux noms

Franck Carter et the Rattlesnake aux Eurockéenes de Belfort, l'année dernière. (Crédits : Christian Ballard)

Pour ceux qui hésitaient encore à se rendre à Eurockéennes, entre le 6 et le 9 juillet prochain, les quatre nouveaux artistes qui viennent de tomber, sauront peut-être les convaincre.

#EUROCKS2017

4 nouveaux artistes pour 4 jours de musique en plein air
Progra complète : 13/04/17

Infos et résa : https://t.co/Qq2m8Z5DJu pic.twitter.com/KS77IzErZ6

— Les Eurockéennes (@eurockeennes) March 13, 2017

Le vendredi, le groupe anglais Editors mais aussi les français de Gojira qui ont rencontré un franc succès aux États-Unis, se rendront sur la presqu’île du Malsaucy. Dimanche, le public aura droit au punk cru des Savages, et au R&B engagé de Solange (la petite sœur de Beyoncé, plus discrète mais pas moins talentueuse).

Arcade Fire, Phoenix, PNL…

Après avoir annoncé de sacrés têtes d’affiches, à savoir Arcade Fire, Iggy Pop, Moderat, Justice, Phoenix, PNL mais aussi Royal Blood et Gucci Mane, les organisateurs du festival de Belfort ont dévoilé la seconde partie de la programmation seulement. Il faudra patienter jusqu’au 13 avril prochain pour découvrir le line-up complet.

Les Eurockéennes de Belfort auront lieu du 6 au 9 juillet, en accès 1 jour, 2 jours, 3 jours ou 4 jours.

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Géraud Portal, le jazzman qui envoie du bois

Entre la musique et la forpet, celui qui anime la jam session hebdomadaire du Duc des Lombards a choisi de ne pas choisir. Retour sur le parcours de ce musicien singulier à l'occasion de son concert au Sunside.

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“Chanel”, le nouveau single de Frank Ocean pourrait bien devenir culte

Capture d'écran du clip "Nikes" de Frank Ocean sorti en 2016 (source: Youtube)

C’est le morceau qui nous a accompagné tout le week-end. En soirée, en matinée, en déjeuner. Partout, tout le temps. Déjà, parce qu’on avait épuisé Blonde, le dernier album de Frank Ocean, écouté et réécouté jusqu’à l’os en 2016. Ensuite, parce que Chanel, lâché lors de “Blonded”, la seconde carte blanche offerte au Californien sur la radio d’Apple Beats1 vendredi 10 mars, est une belle réussite, à tous les niveaux.

Un morceau liquide dans lequel on se laisse couler d’une traite, sans variation de température, d’une sensualité folle, comme la plupart des productions de Frank Ocean, petit prince d’un r’n’b smooth et embrumé renfermant des images de caresses nocturnes et de clubs moites.

“Je vois les deux côtés comme Chanel” 

Mais si le rythme et la mélodie ont de quoi retourner, c’est le premier couplet de Chanel qui a particulièrement retenu l’attention des internautes, se retrouvant largement commenté sur ce bel internet :

“My guy pretty like a girl/And he got fight stories to tell/ I see both sides like Chanel.”

“Mon mec est beau comme une fille/Et il a des histoires de bagarre à raconter/Je vois les deux côtés comme Chanel.”

A première vue complètement cryptique, ce premier couplet exprime la dualité dont Frank Ocean a fait son mantra. Une dualité ouverte et non fermée, trahissant une fluidité aussi mélodique que politique. Ici, l’auteur de Channel Orange évoque les traits féminins et la virilité de son ami pour faire éclater les stéréotypes de genres, marteler la pluralité des individus. A l’image du logo de la marque Chanel, donc, composé de deux C entrelacés mais se tournant le dos, comme s’ils regardaient dans des directions opposés tout en étant étroitement liés.

Une référence aussi à Janus, Dieu de la mythologie romaine représenté sous la forme de deux visages reliés par la tête mais regardant dans des directions opposées, l’un vers le passé, l’autre vers le futur, et dès lors considéré comme le Dieu des recommencements, des transitions, du Temps.

Une ode à la bisexualité ?

Pour d’autres, Chanel est aussi et surtout une ode à la bisexualité, “les deux côtés”, renvoyant à l’hétérosexualité et l’homosexualité. C’est ce qu’affirme une journaliste, elle-même bisexuelle, dans une tribune publiée sur le site de Teen Vogue :

“Chanel est affirmatif, fonctionne comme un rappel, sinon une leçon : je ne choisis pas de bord, aussi simplement que ça. C’est un Frank Ocean naturel, libéré des labels, gravant à l’aide d’un couteau à double tranchant un hymne bi, et le diffusant tranquillement encore et encore dans son émission de radio. Sans que cela soit compliqué, comme j’aurais espéré que cela l’ait toujours été; comme ça devrait toujours l’être.”

Sans s’être jamais défini comme bisexuel, Frank Ocean a toujours joué avec la dualité. L’été dernier, son album studio Blonde s’accompagnait d’un double 100% visuel : Endless. Cette fois-ci, il assortit Chanel d’une image représentant les paroles du single éclatées sur une page blanche, surmontée d’une photo de lui aussi coupée que dédoublée :

Source : frankocean.tumblr.com

La fluidité pour horizon 

En 2012, l’artiste révélait son homosexualité dans un texte publié sur son Tumblr. Il y racontait sa première romance à l’âge de 19 ans avec un ami masculin :

“Quand nous étions ensemble, le temps filait. Je passais la plupart de ces journées à le regarder, lui et son sourire. Nous partagions souvent notre sommeil. Au moment où j’ai réalisé que j’étais tombé amoureux, ce fut terrible. Sans espoir. Il n’y avait pas d’issue, pas de négociation possible avec les femmes avec lesquelles j’avais été, celles que j’aimais, et celles dont je pensais avoir été amoureux.”

Au lendemain de la tuerie qui avait fait 49 morts dans un club gay d’Orlando le 12 juin 2016, Ocean signait là encore un beau texte qu’il adressait à ses “frères“:

“Beaucoup nous détestent et souhaiteraient que nous n’existions pas. Beaucoup sont gênés par le fait que nous voulions nous marier comme tout le monde, ou utiliser les toilettes appropriées, comme tout le monde. Beaucoup ne voient rien de mal à transmettre ces vieilles valeurs qui conduisent des milliers de jeunes à la dépression suicidaire chaque année. Nous exprimons donc la fierté et l’amour pour ce que nous sommes. Car qui le fera sinon pour être honnête ?”

Dans une autre publication, cette fois-ci dans le magazine Boys Don’t Cry qui accompagnait Blonde à sa sortie, Frank Ocean revenait sur sa fascination pour les voitures, traditionnellement associées à une masculinité stéréotypée, et pourtant très présentes dans ses clips :

“Un jour, Raf Simons m’a dit que c’était un cliché, toute mon obsession des voitures. Peut-être que c’est lié à un fantasme profondément inconscient du garçon hétéro. Même si consciemment, je ne souhaite pas être hétéro – un petit penchant est bon.”

Et en effet, sur Blonde, Ocean parle de “bitch” sans préciser s’il s’agit de filles ou de mecs, refusant d’imposer une sexualité à son album, le laissant naviguer loin du manifeste politique et de la catégorisation facile, dans la plus grande flexibilité, insaisissable, tout en détails et subtilités.

De la même façon, Chanel restera comme l’un des grands singles de 2017, tant pour son sens de la mélodie fluide que pour sa capacité à refléter à l’aide de métaphores mystérieuses et d’images poétiques un zeitgeist aussi politique qu’artistique. Et comme pour bien nous le signifier, Ocean ne s’est pas privé pour diffuser 18 fois son single au cours de ses deux heures d’émission, entre du Thundercat, J Dilla, DJ Shadow, Whitney Houston, Todd Rundgren… et un remix de Chanel par A$AP Rocky, en écoute juste ici :

Les Inrocks - musique

Son & Lumière : Valérie June en session privée

Voix magnétique, charme fou, son intemporel : Valérie June, venue du Tennessee, interprète pour nos sessions Son & Lumière les titres “Astral Plane” et “With You”. Avec toute l’ardeur du Sud et du blues.

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Les rockeurs de Cloud Nothings font un (petit) peu moins la gueule qu'avant

Héritier du grunge et du rock emo des années 1990, Cloud Nothings confirme, avec son cinquième album, qu’il est un immense groupe minuscule. Rencontre avec sa tête pensante, Dylan Baldi, qui explique pourquoi sa tête va mieux, justement…

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