Actu musique

8 mars 2017

En écoute : la productrice techno Louisahhh remixe “Les Mots Fous” de Christophe, et c’est beau

Crédits : Marilyn Clark pour Louisahhh et David Bascuñana pour Christophe

Tiré de l’ep de remixes Les Vestiges du Chaos de Christophe (dont le dernier album est paru en avril dernier), Les Mots fous est ici revisité par la productrice parisienne Louisaah et en écoute exclusive ci-dessous :

Dans cette version, on y retrouve la voix de Louisahhh mêlée à celle d’un des plus grands chanteurs de variété française, Christophe. Repulpée d’un beat sombre et pénétrant, on se laisse volontiers aller sur cette transe de mots d’amour.. fou !

Figure féminine majeure du paysage techno, Louisahhh a plusieurs flèches à son arc : productrice (PARTYINFO), chanteuse (pour Danny Daze)… quand elle n’est pas en train de gérer son label fondé avec Maelstrom : RAAR. Après avoir sorti en octobre dernier l’ep RAAR004 en collaboration avec ce dernier, Louisahhh nous offrait le clip déroutant du titre Hurry – signé Cyprien Clément-Delmas. Et plus récemment, on a pu savourer sa prestation live aux Nuits Fauves (vidéo à retrouver ci-dessous). Enfin, préparez-vous à la revoir prochainement sur le devant de la scène, puisque Louisahhh est actuellement en studio pour finaliser un nouvel EP dont la sortie est prévue cette année.

A l’occasion de la journée de la femme, Louisahhh sera sur les ondes de Rinse France aujourd’hui, dès 19h, dans le cadre du takeover (dj sets, émissions, débats) organisé par le duo d’artistes Piu Piu.

La version de Louisahhh Les mots fous est à retrouver sur l’ep de Remixes Les vestiges du Chaos (Capitol) et disponible sur Apple Music.

Les Inrocks - Musique

En écoute : Fleet Floxes de retour avec un nouveau morceau et un album à venir

Capture d'écran Youtube

Depuis six ans, date de leur dernier album (Helplessness Blues), une intarissable question restait sur toutes les lèvres : les Fleet Foxes vont-ils faire leur retour ? Le quintet originaire de Seattle a annoncé via les réseaux sociaux un troisième album à venir, Crack-Up, et déclare “n’avoir jamais été aussi fier d’un album”. Il comprendra onze titres, exclusivement composés par le chanteur du groupe Robin Pecknold. Un premier morceau a d’ores et déjà été dévoilé : Third of May. Un titre de neuf minutes qui se place dans la lignée parfaite de ce qu’on connaissait du groupe, que cela soit au niveau de la voix comme de l’instrumental.

Le groupe jouera un premier concert à l’Opera House Concert Hall de Sydney en mai, avant d’enchaîner avec une tournée européenne et américaine. Aucune date n’est prévue en France pour le moment.  L’album Crack-Up sortira le 16 juin sur le label Nonesuch Records, et est d’ores et déjà disponible en pré-commande sur Apple Music.

Les Inrocks - Musique

“Je ne m’appelle pas bébé” : On a parlé sexisme avec Corine, Pi Ja Ma et Sônge

Sônge (à gauche), Corine (au centre) et Pi Ja Ma (à droite) photographiées à Paris le 1er mars 2017 par Renaud Monfourny pour Les Inrocks

Ces trois artistes qui naviguent sur le vaste territoire de la pop française (mais anglophile) sont auteures de premiers ep : Radio Girl pour Pi Ja Ma, sorti en 2016. Sônge pour Sônge lâché le 20 janvier, et Fille de ta région pour Corine balancé fin 2016. Toutes les photographies sont de Renaud Monfourny.

Le fait d’être des femmes vous habite-t-il au quotidien ?

Pi Ja Ma : Je me rends de plus en plus compte que quand on est une fille on n’est pas un garçon. J’ai l’impression d’avoir été aveuglée jusqu’à mes 20 ans. Surtout qu’en ce moment, il se passe plein de choses sur les questions de féminisme. On partage des expériences sur les réseaux sociaux, on découvre des phénomènes. Je me suis rendue compte qu’être une jeune fille c’était plus compliqué qu’être un garçon. Il faut parfois supporter des blagues reloues, il faut montrer qu’on n’est pas juste là pour faire joli, qu’on a des choses à dire. C’est un combat quotidien pour ne pas tomber dans ces cases qu’on a soigneusement creusées pour nous. Certaines filles s’y mettent sans s’en rendre compte parce que c’est ce qu’on attend d’elles. Je l’ai fait aussi plus jeune. En venant à cette interview, sur le chemin, un mec m’a abordé en me disant “hey salut bébé !” Or je ne m’appelle pas bébé.

Tu as répondu quoi ?

Pi Ja Ma : A Avignon d’où je viens, j’avais l’habitude de répondre par l’insulte. Mais ici ça ne passe pas, alors je baisse les yeux. C’est une forme d’humiliation. Parfois, quand j’ai le courage, je demande à la personne pourquoi elle fait ça.

Pauline de Tarragon, moitié de Pi Ja Ma (avec Axel Concato)

Le milieu musical est-il particulièrement sexiste ?

Sônge : J’ai l’impression qu’il faut faire attention, aussi, à ne pas stigmatiser un milieu, au risque d’exacerber une réalité. Je ne me sens pas fille en premier lieu. Je fais de la musique mais pas spécialement en tant que femme. Bien sûr que le sexisme est présent et que je me sens concernée, mais je n’aime pas la victimisation des femmes en mode “Oh, les pauvres, il faut les aider !” Nous ne sommes pas plus faibles que les hommes.

Corine : J’écris tous les textes et mélodies du projet Corine, que je bosse avec deux garçons. C’est un vrai pied de nez à tout ce qu’on peut vivre dans l’industrie musicale. Le clip de Pourquoi pourquoi met en scène une féminité très affirmée, outrancière mais de façon humoristique, décalée, un peu comme ce que fait Philippe Katerine. C’est aussi un hommage au cinéma de la Nouvelle vague, à Bardot, voire à Marilyn Monroe, des femmes qui ont été très admirées et très critiquées parce qu’on les supposait stupides. J’ai aussi pensé à Jane Fonda, Bonnie Tyler, des femmes sexy et fortes. Le nom de Corine est une référence aux années 80. C’était le surnom de la cocaïne à cette époque, et un prénom très utilisé. C’était drôle.

Pi Ja Ma : J’ai filmé tout le clip de Radio Girl à l’aide du Photobooth de mon ordinateur. Je me suis éclatée à faire exactement ce que je voulais. Comme je ne fais que chanter dans le groupe et me produire sur scène c’est important pour moi de développer cette partie visuelle. S’il n’y avait pas eu ces dessins, ces clips dans la musique, je n’en aurais pas fait je pense. Mon moment préféré du concert c’est peut-être quand je dessine sur les vinyles pour les dédicacer ! J’aimerais à termes construire un spectacle visuel. Pour un concert à Londres, j’avais dessiné dans le train 100 dessins originaux différents que j’ai distribués à la fin du show. C’était cool.

Avez-vous eu peur à un moment de vous retrouver prisonnières d’une image de chanteuse sexy ?

Pi Ja Ma : J’ai choisi ce nom de scène car le pyjama est l’anti-tenue de soirée. C’est une façon de prendre le contre-pied de ce cliché de chanteuse sexy et glamour. Je voulais être moi, naturelle. J’aime bien montrer aux filles qu’on n’est pas obligées d’être super bien apprêtées pour faire de la musique, pour monter sur scène. Il y a plein de femmes qui me suivent pour ça, qui m’expliquent que ça leur fait du bien de voir autre chose que des clichés stéréotypés concernant les femmes dans la musique. Et moi j’aime bien cette idée d’entraide, de former une communauté sur les réseaux sociaux.

Corine : Moi ça serait l’inverse ! Je m’habille avec des combi moulantes et des plateformes sur scène. C’est une féminité assumée. Après, c’est moi qui ai développé toute cette image et personne d’autre. Je suis en contrôle total. Ce n’est pas le réalisateur qui m’a demandé de me mettre en bikini pour le clip de Pourquoi pourquoi !

Sônge : Je me pose beaucoup de questions sur la féminité, sur ce que c’est. Peut-être que ça veut seulement dire s’assumer soi-même, talons ou non ! Avoir confiance en soi.

Comment as-tu commencé la musique Pi Ja Ma ?

Pi Ja Ma : A la base, il n’y avait rien de musical dans mon environnement. Je chantais pour mon plaisir. Un été, je n’ai pas trouvé de job et j’ai décidé de chanter dans la rue pendant le festival d’Avignon. Au début j’étais morte de trouille. Finalement, ça a plu aux gens et j’ai gagné de l’argent. Du coup, des copines m’ont inscrite à la Nouvelle Star pour rigoler. J’y suis allée, j’ai été sélectionnée et j’ai fini troisième ! C’était en 2014. J’avais 16 ans. C’est dans cette émission où j’ai eu pas mal de problèmes avec les clichés entourant la féminité. Les gens me maquillaient, m’habillaient, sans que j’ai mon mot à dire. Ils m’avaient imposé une image que j’avais acceptée c’est sûr, mais je n’avais que 16 ans ! Je n’arrivais pas à leur dire non. Ils me mettaient des robes alors que je n’en mettais jamais. Quand j’en suis sortie j’avais associé musique et télé et je ne voulais donc plus en faire. Plus tard je me suis coupée les cheveux courts et j’ai rencontré la personne avec qui j’ai créée Pi Ja Ma, un personnage à mon image, sans que personne ne me force à rien. La Nouvelle Star a été très traumatisante au niveau de mon image, de ma place de fille. C’est pour ça qu’aujourd’hui j’ai ce discours consistant à dire : “Ce n’est pas parce que tu n’as pas de rouge à lèvres que tu es moche !”

L’émission était plus pesante pour les filles que pour les garçons ?

Pi Ja Ma : Oui, je crois. Quand les garçons sortaient de scène, on leur filait des cartes de visite de maisons de disque, on disait “ta prestation était super !“. Moi on me disait “t’étais trop jolie ! Allez, vas te changer maintenant“. Je recevais des photos de bites, des numéros de téléphone. Ce genre d’émissions aime bien catégoriser les gens. Moi, j’étais la chanteuse de salle de bain. Du coup ils m’avaient filmé en train de chanter avec ma brosse à dents alors que je ne fais pas du tout ça…

Sônge : Moi, il y a tout le temps des gens qui me demandent “mais qui compose tes chansons ?”

Corine : Moi j’ai aussi “A part ça, tu fais quoi dans la vie ?“. Je suis sûre qu’on ne le demande pas à un garçon artiste. C’est mon métier en fait ! J’écris, je compose, je me produis ! Un jour, j’enregistrais une reprise en studio et je disais “j’avale” au sein d’une phrase qui n’était pas du tout sexuelle. Sauf que l’ingé son m’a demandé de répéter ce tout petit segment plusieurs fois. Il était mort de rire derrière la vitre. Franchement je trouvais ça nul. Au début t’apprends, t’es timide, tu dis rien. Mais maintenant je suis tranquille avec ce genre de choses. Je réagis si j’ai envie de réagir. Je réponds avec humour. Pour moi, c’est la meilleure des armes. Si tu réponds à quelqu’un de sexiste avec de l’humour, sans agressivité, ça le déstabilise.

Sônge et Corine, vous avez cité toutes les deux Björk comme artiste femme ayant marqué votre vie, pourquoi ?

Corine : Pour moi, c’est une des premières artistes à avoir débarqué avec un visuel très fort. Une maîtrise incroyable de ce qu’elle a envie de montrer, de donner, un truc anti-star système aussi. C’est la musique, l’art qui parle et qui prime ! Mais plus jeune, enfant, celle qui a éveillé en moi l’envie de me déguiser, de surjouer la femme, d’être créative, c’est Madonna ! Je me souviens de faire des chorées sur la terrasse de mes parents devant ses clips. Je la trouvais magnifique avec son bandana dans les cheveux.

Sônge : J’ai découvert Björk tardivement mais j’ai immédiatement adoré sa maîtrise, sa fougue, sa folie.

Océane alias Sônge

Paris vous inspire-t-il ?

Pi Ja Ma : Paris me stresse plus qu’autre chose. Je m’ennuyais à Avignon donc quand je suis arrivée j’ai trouvé qu’il y avait plein de choses à faire ! Mais finalement je trouve que tout est un peu faux. Quand je suis dans un parc au soleil j’ai l’impression que les gens font semblant de s’amuser, que tout est joué. Dans le Sud, tu peux ne rien faire, t’asseoir sur un banc et regarder les vieux passer. A Paris je me remets toujours en question, j’ai toujours l’impression qu’il faut faire 10 000 choses.

Corine : Moi c’est l’opposé, j’adore Paris ! Ça m’inspire beaucoup ! C’est une ville pleine de paradoxes, parfois étouffante mais avec une belle énergie. On me demande de venir jouer dans des endroits underground avec Jacques, Polo&Pan, que je ne soupçonnais pas. Des ambiances de fête incroyables. Il y a encore ça ! J’ai l’impression que dans tout moment de crise, pleins d’artistes et de gens ont envie de faire des choses de façon différente, alternative, en sortant de la hype parisienne, même si elle existera toujours.

Vous a-t-on déjà reproché Stéphane d’être un programmateur masculin à la tête d’un festival consacré aux artistes femmes ?

Stéphane Amiel : Au début, on me traitait d’usurpateur, on me demandait de quoi je me mêlais, ce que je foutais là. Je me recevais des blagues du type “C’est un club de rencontres ? Tu fais ça pour draguer des filles ?” Ce que j’aime c’est qu’étant un homme, ça me raconte autre chose. Et je crois que les artistes, même des groupes très engagés comme Le Tigre ou Lesbians on Ecstasy, le comprennent. Je défends une célébration de la créativité féminine dans la musique. Je montre des projets qui me semblent importants. Le festival montre que les femmes sont plurielles et peut donner envie aux jeunes générations de se mettre à la musique à leur tour !

Pi Ja Ma : J’ai l’impression que les hommes se permettent de prendre la parole sur des sujets qui ne les concernent pas forcément. Ce qui n’est pas toujours mauvais. Des copains me demandent parfois à quel moment la drague relève du harcèlement. Donc j’explique et ils comprennent et je trouve ça important parce que ce n’est pas une guerre. C’est une façon pour tous les êtres humains d’être bien. Il faudrait des cours, sûrement artistiques, dans les écoles où l’on explique aux enfants qu’ils peuvent être qui ils souhaitent. Car pour l’instant, il y a encore ce truc de bleu/rose, de chevalier/princesse.

Pourquoi consacrer un festival aux artistes féminines ?

Stéphane Amiel : Les Femmes s’en mêlent embrassent un panorama très divers d’artistes féminines, avec des styles, des attitudes variées, puisque j’aime autant la folk que le hip hop que l’expérimental. Quand je regarde Corine, Sônge et Pi Ja Ma, je vois trois univers émergents très différents ! C’est un festival non-dogmatique. Je ne dis pas ce que l’on doit dire ou penser. Je montre juste la diversité des femmes et des artistes.

Ce projet vous parait-il toujours pertinent 20 ans après sa création ?

J’ai voulu arrêter pleins de fois le festival. Mais en discutant avec certaines des artistes programmées, j’ai compris que c’était important de continuer. L’égalité est de moins en moins gagnée, la société régresse à mon avis. On traverse une période compliquée, difficile, marquée par un repli sur soi qui pousse à taper en priorité sur les “minorités” et qui engendre donc une régression des droits. Des acquis peuvent être remis en cause à tout instant. On l’a vu avec la Manif pour Tous notamment. J’ai envie que Les Femmes s’en mêlent libèrent la parole, que les artistes sachent qu’elles peuvent y défendre leur musique comme leurs idées. Etre militantes ou non, déconneuses ou non, politiquement incorrectes ou non.

Corine : Ce que j’aime dans ce festival, c’est qu’il n’est pas spécialement engagé genre poing levé. Il promeut l’idée de travailler tous ensemble et d’être dans un équilibre. Pour ma part je suis très touchée, honorée de partager cette scène avec d’autres artistes femmes. C’est compliqué de partager des co-plateaux, des featurings entre femmes. Ça arrive peu.

Pi Ja Ma : Ce festival évite les clichés. On ne nous a pas collé une affiche rose avec des fleurs ! On ne nous demande pas d’être des chanteuses sexy ! C’est là où j’ai su que ça me plaisait.

Sônge : C’est l’occasion de se connecter entre nous, entre filles qui encouragent des filles, voire de monter des projets communs. Ce festival démontre aussi qu’il n’y a pas de métiers d’hommes ou de femmes. Je fais des instru mais je ne suis pas un homme !

Le festival Les Femmes s’en mêlent se déroulera du 23 mars au 8 avril à Paris et dans plusieurs villes de France avec Jessy Lanza, Austra, Cannery Terror, Laurel, Little Simz, Nova Twins… Plus d’infos sur leur site. 

Les Inrocks - Musique

Loin de Franz Ferdinand, Nick McCarthy présente Manuela, duo tranquille avec son épouse

Manuela Gerneder et Nick McCarthy unis pour leur duo "Manuela". (Crédits : Jasper Baydala)

Pour Nick McCarthy, ex-Franz Ferdinand, Manuela peut revêtir trois significations : il s’agit du prénom de la femme qui partage sa vie, du duo musical qu’ils ont fondé ensemble et du premier album qui en découle, à paraître le 31 mars prochain.

Apparemment, l’ancien guitariste du groupe écossais à l’origine du tube Take Me Out, a eu besoin de respirer un nouvel air. Si cette formation est récente, la collaboration artistique entre Nick et son épouse ne date pas d’hier.

En 2003, Box Codax les rassemble avec un tiers, Alex Ragnew (aujourd’hui reconverti en professeur, loin du milieu artistique). Le trio enregistrera plusieurs EPs et deux albums entre 2005 et 2011. Six ans plus tard, la composition de Manuela s’avère peu différente explique Nick McCarthy :

“C’est juste mon épouse, Manuela, et moi, avec quelques autres personnes extérieures. C’est comme si nous avions commencé une carrière solo depuis Box Codax.”

Par “autres personnes”, Nick entend des amis et d’anciens partenaires : Jim Dixon de Django Django, William Reese  du groupe Mystery Jets, Roxanne Clifford des Veronica Falls ou encore Paul Thomson, le batteur de Franz Ferdinand.

Un duo équilibré

Les deux amoureux sont raccords et d’accord sur un disque qui témoigne de leur complicité retrouvée, après des années d’activité avec Franz Ferdinand. “Je passais plus de temps avec le groupe qu’avec mon épouse,” explique Nick McCarthy, qui a décidé de faire une pause avec ses anciens compagnons de route. Si ce hiatus prend des airs de crise de la quarantaine, le choix de Nick semble très réfléchi :

“Je voulais vraiment produire un autre genre de musique. Avec Franz Ferdinand, nous avons fait des trucs pendant quinze ans. Nous étions quatre mecs réunis dans une pièce, 24h/24. Je souhaitais rencontrer d’autres personnes, créer des chansons que nous n’avions pas l’habitude de composer. Il y a beaucoup d’autres musiciens dans le monde, je me suis dit que ce serait bien de composer avec quelqu’un autre, pour changer un peu.”

Choisir entre sa famille et le studio, certains y verraient un dilemme cornélien. Pas Nick : “Enregistrer avec Manuela c’était profiter du temps passé ensemble,” raconte le guitariste. “C’étaient de bons moments.” Sur cet album signé chez Lost Map Records, chacun occupe son poste : monsieur compose la mélodie et joue, madame écrit les paroles et chante. Le signe d’un équilibre artistique stable et quasiment parfait. Pour Manuela, lier ses deux aspects s’est révélé très naturel :

“On a déjà travaillé ensemble par le passé, et on a fait face à plus de difficultés auparavant. Étonnamment,pour ce projet, cela nous a semblé bien plus simple”. 

Elle poursuit :

“L’avantage c’est que nous nous sommes montrés très francs l’un envers l’autre. Nous pouvions partager nos pensées sans tourner autour du pot. Au début, on voulait simplement faire quelques chansons ensemble. Mais on a fini par en faire un album en réalisant qu’on aimait beaucoup travailler ensemble.”

Un couple qui chante la routine

Deux chansons seulement ont été dévoilées pour l’instant, Cracks in the Concrete, et Supermarket. C’est certes trop peu pour se faire une idée définitive, mais on saisit un esprit aux antipodes de celui de Franz Ferdinand ou de Box Codax. Nick McCarthy, inspiré, déclare à ce sujet :

“Il s’agit d’une approche minimaliste et honnête, un peu plus simple mais toujours bien écrite. Les sessions d’enregistrement et d’écriture ont toujours été très claires : on ne voulait pas se cacher derrière des effets.”

Du côté des paroles, Manuela dépeint la vanité de la vie de tous les jours, et l’étrange routine économique qui s’installe insidieusement dans la vie de nombre d’entre nous. En bref, des histoires mêlées à des introspections existentielles.

Le disque serait le fruit d’une collaboration complice et intimiste, qui touche une thématique classique et une production épurée. Avec une tournée prévue à l’issue de la sortie de l’album, le duo aspire à une expérience tranquille, loin des majors et de toute pression médiatique. Mieux qu’une thérapie de couple.

Les Inrocks - Musique

Le morceau du jour : un trip pop et synthétique pour Wesley Gonzalez et son “I’m a Telescope”

crédit : extrait du clip de Wesley Gonzalez 'I Spoke To Euan'

Nouvelle signature de l’éminent label indé anglais Moshi Moshi (Lykke Li, Hot Chip, Au Revoir Simone), Wesley Gonzalez est un songwriter prodige, révélé dès ses 14 ans comme chanteur des effrontés Let’s Wrestle (encensés dans le NME, Pitchfork…). En juin prochain, il s’apprête à sortir son premier disque en solo : Excellent Musician (disponible en précommande sur Apple Music) et il nous en offre un extrait en exclusivité, I’m a Telescope, à écouter ci-dessous :

Après dix ans de bons et loyaux services au sein de la formation pop-punk des Let’s Wrestle (et trois albums), Wesley décide ainsi de prendre un nouveau chemin lui permettant de renouveler sa plume et sa créativité, comme il nous le confie :

“Malgré ma fierté pour ce que nous avons accompli avec Let’s Wrestle, je déteste les groupes qui régurgitent le même son sur chaque album – je savais que quelque chose devait réellement changer pour moi si je voulais écrire de la musique à nouveau.”

Et sans mettre de côté son adoration pour la britpop et les Beatles, Wesley ressort des cartons des tubes de soul et de funk (Stevie Wonder, Al Green, Sly & The Family Stone) qui vont considérablement influencer son nouveau projet musical : “Je voulais me faire plaisir avec les expériences que j’avais jusqu’alors cachées, comme des démos de chambre.” Il s’ouvre également aux musiques électroniques, et investit dans un clavier Korg qui sera son précieux compagnon de galère pour composer le disque Excellent Musician.

Elles sont loin ses années punk certes, mais pour Wesley sa musique garde l’essence de ses débuts : une énergie vitale qui peut “encore être définie comme de la musique énervée, la colère restant une source d’énergie”. 

Après nous avoir dévoilé le clip farfelu I Spoke to Euan et le morceau Exhibition Song, ce troisième extrait I’m a Telescope, Wesley laisse présager une brillant premier album pour l’été 2017 !

Les Inrocks - Musique

5 morceaux choisis par FKJ pour enterrer l’hiver

photo Jack McKain

Avec le label Roche Musique, FKJ a inventé un nouveau son français fait pour chiller et/ou se pavaner au soleil. Il vient de sortir un premier album tout chaud et tout beau, comme un petit manifeste d’hédonisme, où il développe l’idée d’une musique électronique pensée par et pour le live, les instruments, la danse au ralenti. Passez French Kiwi Juice en soirée et observez l’effet sur les articulations de vos invités… Et sinon, FKJ prouve la force de son mood jusque dans les trucs qu’il écoute lui-même au creux de l’hiver. Ci-dessous, l’ex-Tourangeau de 26 ans, Vincent Fenton sur ses papiers d’identité, balance une mini-playlist commentée pour bien enterrer cet hiver de merde. Et s’ambiancer doucement pour le printemps qui arrive.

Hiatus Kaiyote Fingerprints

“Hiatus Kaiyote est un de mes groupes préférés ever. C’est un des trucs les plus originaux que je connaisse, et qui prend le plus de risques. Dans le tas, Fingerprints est mon morceau préféré de l’album Choose Your Weapon, sorti en 2015.”

Solange Weary

“J’ai vraiment kiffé son dernier album (A Seat At The Table, 2016 – ndlr). C’est à la fois hyper orignal et hyper simple. Hyper texturé, hyper beau. Il y a très peu d’éléments et c’est justement vers ça que j’ai envie de tendre. Less is more!”

Anderson .Paak Come Down

“Pareil, c’est assez récent. Come Down est un de mes morceaux préférés d’Anderson .Paak, qui est un peu le nouveau James Brown pour moi. Très groovy, donc.”

Tennyson Lay-by

“Excellent morceau pour l’hiver, tu te sens vraiment sous une couette en écoutant ça. C’est un des plus beaux morceaux que je connaisse dans la musique électronique actuelle.”

The Internet Gabby (feat. Janelle Monae)

“J‘adore ce groupe. Un de mes préférés en ce moment.”

Album French Kiwi Juice (Roche Musique) disponible

Les Inrocks - Musique

Andreas Doif, Alex Cameron ou Broen… Cinq pépites du Festival By : larm pêchés en Norvège

A Oslo, le By : Larm, festival voué à la découverte, où le rock business international vient faire son marché, s'est déroulé du 2 au 4 mars. Du plus pop au plus rock, quelques artistes, parmi les dizaines présentés, nous ont tapés dans l'œil et l'oreille. Présentations.

Télérama.fr - Musiques

En Cisjordanie, l’hôtel pensé par Banksy va accueillir un festival qui s’annonce fou

L'entrée du Walled off Astoria, conçu par Banksy (© Thomas Coex/AFP)

Banksy a inauguré en lieu bien singulier : un hôtel avec vue sur “le mur de sécurité” à Bethléem bâti par Israël pour délimiter la Cisjordanie, et considéré comme le symbole d’un conflit complexe qui dure depuis près de 70 ans.

Le street-artist dont l’identité reste inconnue a dévoilé sa nouvelle oeuvre, le Walled Off Hotel, le 6 mars dernier. Et il organisera une sorte de festival de musique dans ce lieu volontairement troublant.

#banksy #walledoffhotel

A post shared by Messe Kopp (@messekopp) on Mar 5, 2017 at 3:24am PST

Si Elton John avait déjà joué lors de l’inauguration de l’hôtel, d’autres artistes et pas des moindres, y sont conviés : deux grands compositeurs de bande originales, Hans Zimmer, (Interstellar, Pirates des Caraïbes, Inception) et Atticus Ross (The Social Network, Millénium) également membre de Nine Inch Nails, Flea, l’inénarrable bassiste des Red Hot Chili Peppers, le génial Trent Reznor mais aussi 3D de Massive Attack, de son vrai nom Robert Del Naja.

Comme le révèle le site du Walled Off Hotel, un “récital” est prévu tous les soirs et chaque performance a été enregistrée au préalable spécialement pour l’hôtel. Les concerts sont ensuite diffusés sur un écran relié à un “piano automate”. Les réservations seront ouvertes à partir du 11 mars, souligne Pitchfork.

Banksy est-il un membre de Massive Attack ?

Le premier artiste en “résidence” est donc 3D et sa présence risque d’alimenter la théorie d’un journaliste, Craig Williams, qui a fait beaucoup du bruit il y a quelques mois.

Apparemment, Banksy ne serait autre que Robert Del Naja, co-fondateur et membre de Massive Attack. La rumeur faisait le lien entre l’apparition des graffitis du street-artist anonyme et des tournées du groupe anglais : les pochoirs de Banksy surgissaient à quelques jours d’intervalle des concerts du trio.

Deux options sont possibles : soit Banksy se trouve être réellement 3D, soit il se moque de nous en jouant sur les théories autour du mystère de son identité.

Les Inrocks - Musique

Préparez-vous, Jack White a “envie d’écrire comme Michael Jackson” pour son nouvel album

Capture d'écran Youtube

Ce mois-ci, Jack White fait l’objet d’une longue interview du média américain The New-Yorker, qui retrace son parcours depuis son enfance et en passant par les White Stripes.

“Je vais essayer d’écrire comme Michael Jackson”

Selon l’article, Jack White passerait ses journées enfermé dans son appartement de Nashville afin de plaquer de nouveaux morceaux sur un enregistreur à bande magnétique. Un appareil qu’il a acheté à 14 ans, avec l’argent gagné en tondant des pelouses.

Dans cette interview, le chanteur et producteur aborde ses envies pour son nouvel album. “Je vais essayer d’écrire des titres qui peuvent être écoutés par mon voisin” déclare t-il. Avant d’ajouter :

“Je vais essayer d’écrire comme Michael Jackson aurait écrit. Plutôt que composer avec un instrument ou fredonner des mélodies, je les intellectualise. Tout est dans ma tête. Je travaille dans une pièce, en silence.”

Au fil de l’entretien, Jack White revient également sur sa vie, notamment son adolescence à Détroit. Période durant laquelle il passait plusieurs heures en voiture afin de dénicher des objets et leur donner une seconde vie. “Je considère depuis toujours que rien n’appartient à personne (…) Si vous pouvez prendre soin d’un objet et le laisser partir, c’est une bonne chose” affirme t-il. Une philosophie de vie qu’il a toujours gardée.

De manière plus générale, Jack White déclare au New-Yorker “vouloir être un excentrique sur tous ces projets, et produire un beau moment dont les gens parleront”. On ne doute pas que son futur album fera partie de ceux-là.

Ce disque fera suite à Lazaretto (2014). En 2016, il a également sorti la rétrospective Acoustic Recordings 1998-2016, reprenant vingt-six morceaux composés par Jack White et repris à la guitare acoustique.

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Targ

Nous évoquions récemment les aventures sahraouies des Bordelais de Cheveu, mais ça bouge aussi du côté de la Tunisie, où de furieux grooveurs sévissent dans un esprit tradi-moderne militant. Le nom du collectif belgo-tunisien Bargou 08, qui se présente comme un front de musique populaire, est celui d'un massif montagneux coincé contre la frontière algérienne au nord-ouest du pays, associé à son ancien indicatif régional, utilisé depuis comme un sobriquet méprisant pour moquer les miséreux et les populations marginalisées. Originaire de la vallée, le chanteur et musicien Nidhal Yahyaoui a longuement sillonné ce djebel oublié du monde, pour collecter à la source des chansons centenaires menacées de disparition.

Ces dernières constituent l'ADN du groupe formé avec le compositeur Sofyann Ben Youssef : des musiciens traditionnels (guembri, luth loutar, flûte gasba, hautbois zokra…) et occidentaux (claviers Moog, basse et batterie), qui sont d'abord partis en tournée dans le bled tunisien et les festivals européens, avant d'enregistrer Targ, au terme d'une ultime résidence à Bargou. Mélange de stridences véloces et de basses déflagrantes, de chants lancinants et de percussions frénétiques, la transe folk-rock du « 0-8 » préserve le son roots et sauvage de la musique targuie, mais la booste avec une puissance avant-gardiste propre à déboulonner tout préjugé. — Anne Berthod

| 1 CD Glitterbeat/Differ-Ant.

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Bouleversement majeur

Décidément, il existe une chanson francophone qui échappe aux feux médiatiques, mais qui recèle de petites pépites. En voici une. Un disque qui semble aussi calme qu'une mer d'huile (voix impassible et folk feutré, sonnant comme un doux chuchotis), mais qui est traversé de forts courants sous-marins. La violence de nos vies ordinaires. « Dans mon ventre, il manque quelque chose », répète à l'envi, dans Mythes, ce vrai faux Flegmatic, Thomas Boudineau de son vrai nom, qui s'était déjà fait remarquer par un premier disque en 2015. Ses chansons se promènent dans le décor de nos provinces pluvieuses, de nos zones commerciales, nos habitats périurbains, nos villages scindés par de rectilignes nationales. Elles passent au scanner le kaléidoscope de nos pensées quotidiennes (Chez le boucher). Avec sa désespérance à la Houellebecq, son ironie à la Katerine, Bouleversement majeur évoque aussi Les Lisières d'Olivier Adam. Quand le surréalisme naît de l'hyperréalisme, il fait poindre une étrange et grinçante poésie, presque politique. — Valérie Lehoux

| 1 CD We are unique ! Records/STRN Pop.

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My foolish heart

Qui aime le jazz garde dans son coeur l'interprétation qu'a donnée de My foolish heart le trio de Bill Evans avec Scott LaFaro et Paul Motian, en 1961. De formation classique, le guitariste (et pianiste) Ralph Towner (né en 1940) a été marqué par cette version à l'harmonisation envoûtante. Plus d'un demi-siècle plus tard, Ralph Towner la reprend, avec émotion, délicatesse, à la guitare, et c'est presque aussi beau.

On l'avait connu, dans les années 1970, au sein du quartet Oregon, qui mariait avec art les influences indiennes et américaines. Depuis, il a fait carrière surtout en solo, exclusivement à la guitare acoustique, six cordes (nylon) ou douze cordes (métal), déployant avec discrétion une technique impeccable, improvisant avec goût sur des compositions personnelles où s'entend sa culture classique. Discrétion, c'est le maître mot de ce styliste accompli qui visite son monde intérieur avec le souci de le faire partager sans jamais l'imposer. La caresse soyeuse des cordes, le phrasé souple, la mélodie insidieuse, tout concourt à la fascination dans les tons apaisants. L'album My foolish heart, qui bénéficie, comme toujours chez ECM, d'une prise de son merveilleuse, offre onze compositions du guitariste en plus de la chanson titre. Un récital dont on a plaisir à découvrir à la réécoute la profondeur musicale, qui ne se donne pas d'emblée, tant la discrétion est ici de rigueur. — Michel Contat

| 1 CD ECM/Universal.

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Ripe Dreams, pipe dreams

Faites-vous la surprise d'écouter cet album comme s'il venait de nulle part. Laissez-vous envoûter par ce crooner inconnu, semblant sans âge et dont les accents lyriques ou veloutés s'accordent aux violons de l'orchestre comme au gant la main curieusement affichée par la pochette. Voici une poignée de chansons amples et généreuses, du bois dont on réchauffe les fins d'hiver.

Maintenant vous pouvez revenir lire la suite et apprendre que le sieur Avery, plus connu jusqu'ici par son diminutif « Cam », est le bassiste de Tame Impala, sensation néo-psyché australienne d'il y a deux saisons. Pour les friands de mondanités, il était aussi ce play-boy international paradant avec un top model à la beauté fatale, Camille Rowe. Le genre de garçon qui peut donc agacer. Mais voilà, Cameron s'est découvert une impossible étoile, une douce obsession, la quête de contrées sonores plus personnelles et non moins ambitieuses. On se frotte les tympans : longtemps qu'on n'avait pas ouï disciple aussi convaincant de Scott Walker (Do you know me by heart) ou Lee Hazlewood (Dance with me, avec son allusion trop littérale à des boots faites pour marcher) ; voire rendant hommage aux deux à la fois (Big Town Girl). Est-ce en tournant avec les Last Shadow Puppets que Cameron Avery a contracté le virus de la pop épique ? Bluffant sur les six premiers titres, le fier aspirant douche un peu notre enthousiasme en s'égarant dans un pastiche raté d'Elvis ou un excès de saccharine. L'ensemble de ces Dreams reste pourtant de haute tenue. Filon ou soufflé ? A suivre. — François Gorin

| 1 CD Anti/PIAS.

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Rêvolution

Trente ans après leurs premières scènes, Akhenaton, Shurik'n, Imhotep, DJ Kheops et Kephren publient leur huitième album. Les IAM le savent, leur parole a de l'importance. Alors le groupe, qui a écrit l'une des plus belles pages du rap hexagonal, mesure chaque strophe. « Il faut peser les mots, notre pays n'est pas en guerre », prévient Akhenaton sur Rigamortis, aux accents reggae pas vraiment maîtrisés. « Y a trop de crainte, trop de peur, trop de haine, trop de vide, ça laisse la place aux nocifs », lui répond en écho Shurik'n sur le morceau titre, l'entêtant Rêvolution, où résonnent les notes d'un phin, cette guitare traditionnelle électrifiée thaïlandaise. En dérogeant à la règle du « tout sample » pour enregistrer avec des musiciens, de vrais instruments, les IAM sortent de leur zone de confort.

On eût aimé qu'ils prennent autant de risques côté paroles et thèmes de chansons. Car à force de se poser en gardiens d'un hip-hop humaniste, nuancé, engagé mais pas dupe, et de rester optimistes malgré ces temps troublés, les Marseillais diluent sérieusement leur propos. Dénoncer au détour d'une phrase « les populistes », sans plus de précisions, à la façon d'un éditorialiste pontifiant, ça ne mange pas de pain. Sans compter que Rêvolution est bien long — dix-neuf titres ! Tout juste, sur Monnaie de singe, les IAM redeviennent ceux qu'on aimait tant, premiers inventeurs de l'humour acide dans le rap français, quand ils claquent : « On est ces bêtes à quatre pattes qui font changer les modes, ton fils aime nos sons de macaques. » Réponse parfaite au pro-FN Henry de Lesquen qui voit dans le rap une… « musique de nègres ». — Erwan Perron

| 1 CD Def Jam.

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