Actu musique

4 mars 2017

Christine and the Queens se confie sur sa peur de voir Marine Le Pen arriver au pouvoir

Le mois dernier, Christine and the Queens remportait le prix de la meilleure artiste internationale et celui du meilleur titre au NME awards. Elle était également nommée dans la catégorie Artiste féminine internationale aux Brit awards, aux côtés de Beyoncé, Solange, Sia et Rihanna. Rien que ça. Pour son édition du 3 mars 2017, le magazine anglais Evening Standard a interviewé Héloïse Letissier alias Christine and the Queens lors de son passage à Londres.

En préambule de cet entretien, l’artiste raconte être “obsédée” par l’idée de changer de genre “pendant une semaine”.

“Mais je ne sais pas si je veux devenir un homme parce que je veux être une femme, ou si c’est juste parce que la société me fait sentir que je ne suis pas assez bien en tant que femme”, explique-t-elle.

“Il y a une idée très étroite de la façon d’être une fille”

Elle détaille alors sa relation au corps et dénonce les concepts de féminité préconçus par la société : “Il y a une idée très étroite de la façon d’être une fille, et j’ai réalisé qu’il serait alors plus difficile d’obtenir certaines choses que je voudrais avoir.”

Héloïse Letissier raconte comment au lycée des amis ne cessaient de lui dire : “Tu parles trop fort, et tu fais trop de blagues”. “Je souffrais de ne pas me sentir sexy ou comme une vraie fille”, ajoute-t-elle.

Lorsqu’elle entame ses études à Lyon, la jeune nantaise s’oppose très vite à ses professeurs qui laissent régulièrement entendre que seuls les hommes pourraient devenir réalisateur. “Tu devrais essayais d’être comédienne d’abord”, ne cessaient-ils de lui répéter. “Je devais dire cinq fois ce qu’un homme déclarait une seule fois, c’était exaspérant”.

Elle raconte également entretenir une relation spéciale avec ses fans. L’une d’entre eux a récemment réussi à obtenir son numéro de téléphone et a commencé à la suivre dans la rue.

“J’ai de l’empathie pour ces gens, parce que moi aussi j’ai été un peu étrange à un moment donné. Alors j’ai fait tout ce que ma manager me disait de ne pas faire. Elle me disait d’arrêter de répondre aux appels, mais je ressentais le besoin de lui expliquer des choses”, explique-t-elle.

Marine Le Pen présidente ? “Ce serait un putain de désastre”

Dans les colonnes de Evening Standard, Christine and the Queens se confie aussi sur la montée des populismes un peu partout dans le monde. L’été dernier, elle montait sur la scène du festival de Glastonbury le même jour que les résultats du référendum sur le Brexit. Interrogée sur ce point, elle déclare ne pas vouloir donner de leçons étant donné qu’ “en France, l’extrême-droite est très haute dans les sondages”. “Je pense que tout est possible désormais. De la même façon que l’élection de Trump, ce serait un putain de désastre”, lâche-t-elle à propos de sa potentielle victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle.

“Le problème est que nous vivons dans des bulles que nous le voulions ou non. Je suis en quelque sorte dans la bulle des gens qui pensent de la même façon que moi”, relève-t-elle.

La chanteuse s’est rendue à la Women’s March de Paris, le 21 janvier dernier.

“C’est toujours encourageant d’être entouré de gens qui pensent comme vous – mais ce n’était pas non plus totalement réconfortant étant donné que Trump va rester à la tête des Etats-Unis pendant 4 ans”, remarque-t-elle.

Les Inrocks - musique

Musique, danse et 3D, le Art Rock Festival célèbre tous les arts

Contrairement à nombreux de ses homologues, le festival Art Rock ne se cantonne pas à la musique. Si les groupes et artistes musicaux restent au cœur de la programmation – et quelle programmation ! – les arts de la danse et de l’image ne sont pas mis sur la touche, à l’occasion de cette 34e édition, qui se tiendra le weekend du 2 au 4 juin 2017 à Saint-Brieuc.

D’abord, du côté de la scène musicale, le line-up promet des shows mémorables. Pour le vendredi 2, rendez-vous avec The Kills, Cassius, le fameux duo de la French Touch, nos français préférés de La Femme et Las Aves, Jagwar Ma arrivé d’Australie, et les loufoques Naive News Beaters pour le vendredi.

Samedi 3 juin, beaucoup d’artistes français sont attendus, notamment Julien Doré, Cléa Vincent, mais aussi Last Train de Mulhouse, le collectif DJ de Deluxe ou encore Clément Bazin.

À l’international, Bombino représentera l’héritage du rock touareg, Thomas Azier, son cru électro pop d’Allemagne et Parcels, la funk perchée australienne. Enfin, pour la dernière journée, le festival nous offre Metronomy, Archive, les Black Angels et Abra sur la Grande Scène. Shame et leur look british fouleront le sol de Saint-Brieuc en cette occasion. Radio Elvis défendra son rock français.

Pour ceux qui préfèrent le rap, courez écouter KillASon, s’il est bien français, son flow n’a rien à envier aux rappeurs originaires d’outre-Atlantique.

Des flammes et de la 3D

Le samedi, aura également lieu le “concert dansé” de d’Héla Fattoumi et Eric Lamoureux, Sympathetic  Magic, sur la musique de Peter Von Poehl. Samedi et dimanche, à partir de minuit, une installation de feu pourra être admirée, réalisée par la compagnie Carabosse.

Enfin, les 13, 14 et 15 mai prochains, Art Rock propose la projection des créations de Art Futura, un projet qui vise à suivre les tendances et l’évolution de l’animation 3D, aujourd’hui.

Le festival Art Rock se déroule à Saint Brieuc, le vendredi 2, samedi 3 et dimanche 4 juin 2017. Les billets sont déjà en vente ici.

Découvrez l’ensemble de la programmation culturelle sur le site d’ Art Rock.

Les Inrocks - musique

George Harrison, génie contrarié

On réédite aujourd’hui toute l’œuvre de George Harrison, le talent le mieux caché des Beatles. Au premier plan, l’ambitieux “All things must pass”, chef-d’œuvre éternel de la pop rêveuse.

Télérama.fr - Musiques

Le festival SXSW pris dans une polémique sur l’immigration

Crédits : Ron Henry/ Flickr/ CC.

Ça ne sent pas bon du côté du SXSW. Le festival qui a lieu tous les ans à Austin est accusé de menacer des artistes internationaux de “déportation”  s’ils donnent des concerts officieux en marge de l’événement auquel ils participent.

La polémique est née d’un tweet de Felix Walworth, batteur dans le groupe indé de Brooklyn, Told Slant, programmé au SXSW. Ce dernier annonce qu’il a annulé sa participation au festival après avoir lu le contrat passé avec les organisateurs :

After looking through this contract sent to me by sxsw I have decided to cancel Told Slant's performance at the festival pic.twitter.com/rI2Xv0duJl

— Told Slant (@Felixixix666) March 2, 2017

Le contrat stipule que si SXSW estime que des artistes ou leurs représentants se livrent à “des actes qui seraient défavorables à la viabilité de leur apparition officielle au festival”, les organisateurs ont le droit d’agir en conséquences. Ces conséquences vont de l’exclusion du festival à l’annulation de leur réservation d’hôtel. Mais la mesure qui a choqué Told Slant est la suivante :

“SXSW avertira les autorités américaines responsables de l’immigration des actions citées plus haut. Les artistes internationaux qui entrent dans le pays via le Visa Waiver Program, un Visa B, ou tout visa sans permis de travail, ne pourra se produire à tout événement public qui ne soit pas associé au SXSW, de jours comme de nuit, du 13 au 19 mars 2017. Accepter et jouer lors d’événements non-officiels entraînera une déportation immédiate, un passeport révoqué ou une entrée refusée par les douanes américaines à la frontière du pays.”

Si les groupes et artistes d’un pays étranger viennent à jouer dans des lieux publics en dehors du cadre du festival, ils seraient directement rapatriés chez eux. Pour Told Slant, cette mesure est largement excessive.

Quand SXSW répond

En premier lieu, le SXSW a reproché à Felix Walworth d’avoir coupé deux extraits du contrat pour les relier entre eux, masquant certaines conditions. Le musicien américain a répondu en postant une vidéo sur Twitter où l’on peut voir le mail de l’organisation. Il pointe du doigt la responsabilité du SXSW dans la “gentrification massive” de la ville d’Austin, rapporte le Rolling Stone. Il ajoute ensuite :

“L’ensemble du festival existe au détriment des gens de la classe ouvrière et des gens de couleurs à Austin.”

Voyant la polémique grossir rapidement sur les réseaux sociaux, le dirigeant du SXSW, Roland Swenson, a publié un communiqué afin de clarifier la situation et remettre en contexte les conditions du contrat :

“Nous sommes désolés d’apprendre que l’un de nos participants a choisi d’annuler son concert au SXSW cette année, en raison d’un malentendu sur notre politique envers les artistes internationaux.”

Le co-fondateur précise aussi que le festival qu’il mène s’est toujours fermement opposé à la politique du nouveau président américain et ajoute :

“Nous comprenons qu’étant donné le climat politique actuel autour de l’immigration, le language publié peut paraître dur.”

Roland Swenson parle évidement de Donald Trump qui s’entête à bloquer l’entrée des immigrants de certains Etats du monde et son obsession durant sa campagne électorale à renvoyer les musulmans vers leurs contrées d’origines.

Une fausse polémique ?

Billboard mentionne que les concerts non officiels surviennent tous les ans et posent problème aux organisateurs. À travers la voix du CEO, si les organisateurs prennent de telles mesures, c’est pour des raisons de sécurité et aussi pour faire respecter les lois d’entrée, certes strictes, aux Etats-Unis : “si un artiste veut jouer ailleurs, il aura besoin d’un permis de travail,” rappelle Swenson.

Cette clause que rejette le batteur de Told Slant existe depuis longtemps dans ce contrat, aussi nommé “Performance Agreement” soit “accord de représentation” passé entre le festival et les artistes. Jusqu’à aujourd’hui, aucun participant non-américain ne s’est fait éjecter des Etats-Unis, et Roland Swenson souligne : “nous espérons ne jamais être amené à agir de la sorte.”

Les Inrocks - musique