Actu musique

1 mars 2017

Vie Sauvage, l’un des festivals les plus cool du sud-ouest revient pour une 6ème édition

crédit : Sonia Bousseria

Après avoir invité des artistes aussi prestigieux que Jacques, Bon Voyage Organisation ou encore Bagarre en 2016, Vie Sauvage remet le couvert cet été. Léger changement de format cependant, puisque le festival ne durera plus 5 mais seulement 3 jours, mais rassurez-vous les forces vives et talents y seront concentrés, le niveau montant d’un cran !

Découvrez les premières têtes d’affiche de ce festival intimiste et pointu qui se tiendra les vendredi 23, samedi 24 et dimanche 25 juin prochains à Bourg-sur-Gironde.

crédit : Antoine Delpage

Premiers noms à l’affiche : François & The Atlas Mountains, Polo & Pan, Botibol, Bon Entendeur et Charles X

Tout d’abord, le festival donnera carte blanche tout le weekend à la pop fantasque de François & The Atlas Mountains. Le groupe qui s’apprête à sortir son troisième album engagé Solide Mirage y présentera une exposition, un set DJ et bien évidemment un concert, vendredi 23.

Vendredi soir, on attend également avec impatience le duo d’electro-mélo Polo & Pan pour leur premier live bordelais. Ils nous dévoileront des extraits de leur nouvel album Caravelle prévu pour mai.

Mélangeant rap et soul, le rappeur Charles X fera briller de mille feux la Citadelle de Bourg-sur-Gironde, samedi 24. Suivi du duo Bon Entendeur (qui s’est fait connaître grâce à ses mixtapes) nous préparant un DJ set bien épicé dont lui seul a le secret.

Enfin, un folkeux habitué des festivités, déjà présent sur l’édition 2015, Sieur Botibol viendra clôturer l’événement dimanche 25.

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Crédits photos : Sonia Bousseria

Festival Vie Sauvage
Les 23 et 24 juin à Bourg Sur Gironde
Plus d’infos sur le site et billetterie
Evènement facebook

Les Inrocks - Musique

Stupeflip : la bande-son de notre interview en 10 morceaux

King Ju de Stupeflip, Paris, février 2017 © Karen Assayag pour Les Inrockuptibles

Après nous avoir dévoilé un morceau décapant et à l’occasion de la sortie de son tout nouvel album (financé via une cagnotte Ulule, ça ne s’invente pas), le groupe de King Ju nous a confié ses coups de coeur musicaux dans un entretien intégral – à retrouver dans les Inrocks en kiosque, ou sur le site premium ici. En voici quelques savoureux extraits :

Pogo Car Crash Control – Paroles/M’assomment

“Je n’écoute plus de rock depuis Trompe Le Monde des Pixies et le dernier Nirvana. Si, il y a un groupe qui s’appelle Pogo Car Crash Control, c’est le meilleur truc que j’ai entendu en France depuis les Bérus. Mais c’est pas pareil”.

Booba – Comme une étoile

“L’auto-tune, je n‘en mets pas, mais je n’ai rien contre. Booba a une dizaine de morceaux sous auto-tune que je trouve déments”.

Bifty & Julius – Pigeon Bleu

“Je suis beaucoup dans la trap, les petits mecs de banlieue qui sortent des clips tous les jours depuis trois, quatre ans. Tout le monde dit que le rap est mort, mais la trap, c’est des tueurs.”

Boby Lapointe – Mon Chanteur préféré

“J’aime bien la prononciation, les onomatopées, un peu comme Boby Lapointe, pif paf pou, un peu ludique.”

Zapp – Funky Bounce

“C’est un putain de groupe de funk, le top du funk.”

Mobb Deep – Right Back At You

“Le hip-hop, c’est une plaque de marbre glaciale, linéaire. C’est la force du rap : dès que tu mets le truc, ça t’accroche direct et après c’est linéaire.”

Snoop Doggy Dogg – Tha Shiznit

“J’étais à New York en 93, les mecs avec le ghetto-blaster et Wu-Tang, Snoop, les cafés au lait dans la neige… C’est ça ma culture.”

Fauve – Kané

“Je les ai rencontrés les petits gars de Fauve, ils sont super. Fauve et Stupeflip, même discours, je sais qu’ils m’ont cité.”

Katerine – Louxor j’adore

“J’aime beaucoup Katerine quand il chante J’adore regarder les gens. Toute ma vie, c’est ça. Je me mets en terrasse et je regarde les gens qui passent.”

Bashung – Fantaisie militaire

“J’adorais Bashung, ses disques et le personnage, très gentil, très humble. Les meilleurs c’est toujours les plus humbles, c’est 2%. Il reste 98% de vrais connards qui se la pètent. C’est drôle hein ?”

Retrouvez l’entretien intégral dans le magazine,disponible en kiosque cette semaine et aussi sur le store des inrocks.

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Dans les coulisses de “Télérama” : profession critique rock

Chaque semaine, Fabienne Pascaud, directrice de la rédaction de “Télérama”, vous fait découvrir le nouveau numéro de notre magazine en interrogeant un journaliste. Aujourd'hui, Hugo Cassavetti, chef du service musique, qui parlera de son travail de critique.

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Phoenix tease une tournée mondiale. Et qui dit tournée, dit album ?

Capture d'écran du clip de "Lisztomania".

Ils n’avaient pas encore confirmé leur retour de manière officielle. Cette fois, ça y est : Phoenix sort du silence et remonte sur scène, en son nom, au cours d’une tournée internationale.

Si les quatre Versaillais ont déjà été annoncés à l’affiche de différents festivals cet été dont le Bilbao BBK, aux Eurockéennes et à John Beauregard, ils seront également en tournée aux États-Unis et en Europe dans les prochains mois. Phoenix vient en effet de poster une vidéo simple et brève sur les réseaux sociaux et sur son site :

Quatre villes, quatre dates : New York, Los Angeles, Londres et évidemment Paris, le 29 septembre 2017 à l’AccorHotels Arena (ex Bercy). Côté album, le groupe continue de titiller les nerfs de ses fans. Il ne laisse aucun indice si ce n’est un extrait instrumental d’un titre inconnu qui porte clairement les couleurs de Phoenix.

Les billets sont disponibles dès maintenant, pour Paris, et pour les autres dates. Dépêchez-vous, ça va aller très vite.

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Quand le premier orchestre de groove français fait danser le théâtre du Châtelet

Mardi 28 février, se tenait un concert inédit, financé grâce à une campagne de crowdfunding Kisskissbankbank (ayant récoltée plus de 2000 euros). Le théâtre du Châtelet accueillait en effet l’Orchestre Orage, premier orchestre de groove en France, respectivement en duo avec deux jeunes talents du label Cracki Records : Renart, maestro de la musique électronique, et le duo de synth pop Agar Agar.

Un cadre teinté de chic 

Le ton est donné dès l’entrée dans le théâtre : un grand hall majestueux, un tapis rouge le long des marches, le tout accompagné d’un lustre gigantissime. Un cadre plutôt rare, voir chic pour cette nouvelle scène indépendante parisienne.

Lorsque les portes ouvrent, dès 18H45, les premiers arrivés se dirigent vers le bar pour boire un verre sous les arcades, autour de jolies tables lumineuses. Et le lieu en met encore une fois plein la vue, entouré de frises, de peintures et autres merveilles.

Une rencontre réussie entre classique et électronique 

Au fur et à mesure que les verres se vident, les plus pressés rejoignent le salon Diaghilev. L’Orchestre Orage arrive en premier sur la scène, composé d’une quinzaine de jeunes musiciens. La chef d’orchestre franco-américaine salue la foule. Elle s’appelle Uèle Lamore, est seulement âgée de vingt-deux ans et déjà diplômée du prestigieux Berklee College of Music de Boston (et au passage propriétaire d’un joli tatouage de dauphin).

A l’inverse d’un orchestre symphonique, Orage se spécialise exclusivement dans l’accompagnement d’artistes contemporains. Et ce soir-là c’est Renart qu’il accompagne, ce jeune prodige de la musique électronique. Cadre oblige, ce dernier est vêtu d’une chemise bleue et d’un nœud papillon du meilleur effet. Tandis que l’orchestre est d’un côté de la scène, Renart est de l’autre, seul. Et pourtant, malgré cette apparente distinction géographique, la symbiose est parfaite. Les titres s’enchaînent et s’harmonisent dans une fluidité parfaite, entre beats électroniques, violons, violoncelles, tubes et percussions.

Agar Agar, un live réussi mais bref 

Après une courte pause, le duo Agar Agar rejoint la scène, occupant la même disposition que Renart. La foule s’amasse, curieuse d’entendre le résultat de l’alliance entre l’orchestre, les expérimentations sonores du producteur Armand et la voix suave de sa chanteuse Clara.

L’alchimie entre les cordes classiques et le matériel électronique du duo est indiscutable, et pourtant inattendu…notamment sur les titres I Am That Guy ou bien encore sur le dernier en date, la reprise d’un pape de la french touch Demon, You’re High. Et lorsque les premières notes de Cuidado, Peligro, Eclipse se font entendre, c’est l’euphorie qui parcourt la foule.

Petit bémol néanmoins pour la durée de la prestation. Prévue pour cinquante minutes, le duo ne restera que trente petites minutes sur scène. Et malgré les rappels incessants, Agar Agar n’y reviendra pas. On se rassure en se disant qu’on les retrouvera au festival We Love Green dès l’été prochain.

Après cette première soirée ambitieuse, l’orchestre Orage vous donne rendez-vous pour un deuxième concert début avril au Café de la Danse avec Issa Murad et son groupe Joussour, et pour une autre représentation fin avril avec Grand Blanc au Trabendo.

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Pourquoi il faut absolument voir le documentaire sur Manu Le Malin, ange noir de la techno hardcore

Manu Le Malin (crédit : Sourdo Production)

Cela fait vingt ans qu’il règne sur la techno hardcore française. Manu Le Malin, que la nouvelle génération connaît aussi sous son alias techno The Driver, est un artiste intriguant, obscur et multiple qui méritait bien que l’on se penche un peu plus sur sa vie. Mario Raulin et le collectif Sourdoreille s’en sont chargés. Le documentaire Sous le donjon de Manu Le Malin sort ce 1er mars, faisant bien sûr la part belle à ce dj et producteur à part, mais aussi au festival Astropolis, auquel il est extrêmement lié. A visionner ci-dessous :

Un artiste, un festival et un château

Que l’on aime le hardcore ou non, on est face à objet visuel de dingue qui mélange fiction et docu pour mieux faire ressortir l’aspect romanesque de la vie de Manu Le Malin et ses traits de caractère insoupçonnés. Mario Raulin explique : “Il joue une musique inhabituelle : du hardcore assez extrême, de la techno dans ce qu’elle a de plus rapide et de plus violent. Mais c’est aussi quelqu’un d’entier, qui paraît brutal, mystérieux, alors que derrière, il y a des convictions, ses idées.”

Tourné en grande partie au château de Keriolet, près de Concarneau, lieu des premières éditions d’Astropolis, il convoque des artistes tels que Laurent Garnier, Jeff Mills, The Dj Producer, Electric Rescue et évidemment Lenny Dee, légende du hardcore, pour parler de cet endroit unique et de l’homme qui le fait vibrer. Lorsqu’il s’agit d’expliciter son rapport à l’équipe du festival, Manu Le Malin est clair : “Ce sont des gens qui ont cru en moi dès le début et qui ont été là dans les moments difficiles. Si je suis encore là, c’est grâce à eux. Ils m’ont rattrapé au moment où j’ai voulu tout arrêter. Le fait qu’il y ait aussi ces gens présents dans le docu et ce château incroyable, qui en est le décor, une sorte de huis clos assez classe, c’était important.”

“J’étais un joueur compulsif”

Car en vingt ans, Manu Le Malin n’a pas connu que des hauts. Les bas s’invitent aussi dans le documentaire, à commencer par les excès, mais aussi les addictions, comme celle qu’il a développé vis-à-vis du jeu. Il nous raconte : “C’est une addiction comme une autre. Moi, je savais qu’elle était en moi, c’est presque génétique, mes parents étaient joueurs. Je savais quasiment jouer aux cartes avant de marcher. Je l’avais évité pendant des années, et un jour, je m’y mets. Il suffit que dans ta vie tu ne sois pas forcément heureux et tu tombes. J’ai fait le casino, les salles de jeux, le poker en ligne… Le jeu sous toutes ses formes. Et ça n’est pas une question d’appât du gain, j’étais un joueur compulsif. Et au-delà de l’argent, ça m’a fait perdre pas mal de gens autour de moi, ça m’a coupé du monde. Jusqu’à ne pas aller à une date parce que je suis sur un tournoi. C’était deep. Même les croupiers me disaient : “Putain, t’es bon, mais t’es compulsif.” Et les gars en face de moi le savaient, donc ils me rentraient dedans et je mettais tout. Ca fait cinq ans que je n’ai pas retouché une carte, et ça ne ma manque plus du tout. Des fois des potes m’appelle pour des parties, mais je n’ai pas envie de jouer avec le feu. Ca ne m’intéresse plus.”

Cette personnalité sombre est alliée à un homme finalement ouvert, que l’on découvre durant tout le documentaire. Mario Raulin le définit aussi comme tel : “Il est assez romantique, par exemple, très fleur bleue. Et puis c’est un des plus grands techniciens que j’ai vu aux platines. Il a une manière de mixer qui met la taule à tout le monde, corporelle, fusionnelle.” Ce que ne manquent pas de souligner les différents djs et producteurs interviewés.

Son double : The Driver

Le documentaire promet de faire pas mal de bruit. La campagne de crowdfunding Ulule démarrée pour financer le projet a explosé le montant espéré. Parce que Manu Le Malin compte beaucoup de fans de plusieurs générations. Parce quand il faut se mobiliser pour son patron, l’underground sait y faire. Parce que le projet et le personnage sont marquants. La carrière du bonhomme a connu un nouveau souffle lorsque l’équipe d’Astropolis lui a présenté Electric Rescue, producteur techno français avec qui il a monté le projet W.L.V.S., puis affirmé son alias The Driver.

“C’est un alias que j’ai depuis longtemps, mais qui est plus assumé aujourd’hui. Musicalement, il me faut une sorte d’équilibre. Si je ne jouais que hardcore, je me ferais chier au bout d’un moment. Si je ne jouais que de la techno, pareil. Le public n’est pas le même, la vibe non plus. Ma compagne, mes potes me disent : T’es pas le même quand t’as le costume de l’un ou de l’autre. C’est assez étrange. Apparemment, je suis plus calme et posé quand je suis sous le nom The Driver.”

Et si l’homme est un Parisien pur et dur, supporter du PSG, c’est aussi un grand amoureux de la Bretagne avec laquelle il a un lien très particulier. Une des raisons qui ont poussé les chaînes locales Tébéo et TVR à être diffuseurs du projet. Mais on ne va pas vous spoiler tout le docu, l’important, c’est de le regarder, que l’on aime ou pas le hardcore.

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Lady Gaga assurera le festival Coachella à la place de Beyoncé

Lady Gaga a relevé un challenge de taille : celui de ne pas décevoir ceux qui attendaient Beyoncé à Coachella. (Crédits : Wikimédia creative commons.)

Programmée au festival Coachella en avril prochain, Beyoncé a été forcée de devoir laisser sa place, en raison de sa grossesse – révélée via des photos largement reprises sur les réseaux sociaux début février. Pour la remplacer, c’est Lady Gaga qui a été choisie et qui a accepté de se produire sur la scène de l’Empire Polo Club en Californie, le mois prochain. La chanteuse n’a pas caché son enthousiasme sur Twitter, ce mercredi 1er mars :

“Allons faire la fête dans le désert !”

Let's party in the desert! ✌️ pic.twitter.com/2SYOv7TscF

— xoxo, Joanne (@ladygaga) March 1, 2017

Si Coachella avait fait fort en annonçant Queen B dans sa programmation, et si la star, enceinte de jumeaux, avait assuré un show spectaculaire à la cérémonie des Grammys, il y a deux semaines, elle ne pourra cependant pas se montrer sur scène au milieu du désert californien. Selon des sources de Consequence Of Sound, elle pourrait accepter de participer à l’édition suivante, en 2018.

De Radiohead à PNL

Lady Gaga rejoint donc les têtes d’affiches de cette 18e édition du festival. Parmi elles : Radiohead, Kendrick Lamar, Future, New Order, Bon Iver, The xx, Mac DeMarco, mais aussi Jagwar Ma, Father John Misty, Lemon Twigs. La France sera bien représentée à la fois côté rap par PNL, et côté électro avec Justice, Breakbot, DJ Snake, le producteur Brodinski et le jeune Kungs de Toulon.

Comme l’année précédente, Coachella se déroulera deux week-ends de suite, du 14 au 16 avril et du 21 au 23 avril. Découvrez la programmation sur le site officiel.

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En écoute : Flavien Berger compose un morceau à partir de sons envoyés par les internautes

© Philippe Lévy

Après avoir brillé avec son premier album Leviathan, et plus récemment dévoilé un album suprise de Noël, le Parisien nous offre un nouveau morceau réalisé à partir de motifs sonores envoyés par des internautes. Le défi qu’il qualifie de “stimulant” lui a été lancé par le projet Beats On Demand. Il l’a réalisé en deux jours seulement dans le Red Bull Studios de Paris. Baptisé Babylone et d’une durée de 6min26, le titre est en écoute en avant-première, ci-dessous :

Après que le caennais Superpoze se soit soumis au même exercice, c’est donc Flavien Berger  qui réussit avec brio le pari lancé par Beats on Demand. Avec le titre collaboratif Babylone, il nous mène brillamment en voyage.

Pour sa production, il change ses habitudes, passe ainsi derrière la console pour “donner le top à des musiciens” qui l’aident à composer la trame sonore (basse, guitare, batterie, clavier Rhodes) avant de “disposer” les extraits envoyés par les internautes “dans les différents paysages de la chanson”.

Des motifs variés : vent nocturne, sonnerie de téléphone, cochon d’inde…

Parmi les différents extraits envoyés par les internautes, on reconnait notamment : une ambiance de bord de mer, le roulis d’une horloge, des claquements de main, des rires ou encore un ressort électronique… Le producteur commente la “souplesse” et la rigueur dont il a dû fait preuve pour les faire tous cohabiter sur une seule et même piste : “C’est comme un cadeau et à la fois c’est une pièce d’un puzzle, comme dans un grand jeu.” Flavien retiendra ainsi quasiment la totalité des sons reçus, les utilisant tels quels… sauf pour certains qu’il se doit de sublimer. On peut citer par exemple, un extrait envoyé par Rebeka Warrior : “Elle m’a envoyé une voix disant “à table”, mais je ne savais pas où le caser, je l’ai alors mis en boucle et ralenti afin que ça s’harmonise“

Flavien ayant l’habitude de faire appel aux bruits de la vie de tous les jours, il insiste sur l’importance du hasard dans son travail :

“Utiliser des enregistrements de la vie de tous les jours en samplant mes archives comme matière sonore est une pratique à laquelle je suis habitué, dans mes disques et même dans mes cassettes que je mets sur Soundcloud. Le hasard joue souvent un rôle important quand il s’agit de tirer un son d’un disque dur pour le rajouter à un morceau”

Après avoir été quasi omniprésent sur les scènes européennes en 2017, Flavien Berger pourrait bientôt rentrer en studio pour : “Faire un killer album sur le voyage dans le temps.” Restons donc à l’affût !

Les Inrocks - Musique

Musique à la carte : un hiver philharmonique

Séances de rattrapage si vous avez raté les concerts de la Philharmonie de Paris : Schumann, Mahler et Berlioz étaient au programme et sont actuellement disponibles en ligne.

Télérama.fr - Musiques

Elwan

Oyez, oyez ! Les Tinariwen, rois du désert, sont de retour avec Elwan (1), un huitième album studio moins audacieux que le précédent (Emaar, noyé dans la réverbe énigmatique du rock stoner californien), mais toujours aussi bien produit et fidèle à leur verve majestueuse. Pour les oreilles vierges qui auraient hiberné ces vingt-cinq dernières années, c'est le moment ou jamais de goûter à leurs syncopes envoûtantes. Les fans de la première heure, eux, ne bouderont pas cet énième recueil de blues âpre en douce lévitation, où figurent à nouveau quelques guitares occidentales croisées dans le studio de Josh Homme (Queens of the Stone Age).

Les amateurs de riffs plus énervés s'embraseront plutôt sur la dernière production rock'n'roll de Tamikrest (2), autre groupe touareg qui martèle à la caisse claire son hymne d'insoumis à la ville de Kidal.

Pour autant, rien de vraiment nouveau sur la crête des dunes, où l'écho des guitares ishumars se répercute sans fin aux quatre coins d'un Sahara bien encombré. Pour une claque inédite, il faut regarder à l'ouest, chez les Bédouins du grand Sud marocain, où le très undergound trio français Cheveu est clairement venu chercher les ennuis en s'invitant à Dakhla chez la famille de Group Doueh (3). Entre l'électro punk railleuse des Bordelais et la transe électrique des Sahraouis, la cohabitation est radicale, explosive, à la fois rugueuse et étrangement pénétrante, comme si les deux combos étaient habités par la même folie. Mélange d'anciens poèmes hassanis et de tirades goguenardes, de stridences mystiques et de rage de sale gosse, l'expérimentation déménage. — Anne Berthod

(1) Elwan, 1 CD Wedge/Pias 4F.

(2) Kidal, 1 CD Glitterbeat Records/Differ-Ant 3F.

(3) Dakhla Sahara Session, 1 CD Born Bad Records/L'Autre Distribution 3F.

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The Complete Symphonies

Le 2 septembre 2016, la Philharmonie de Paris faisait une rentrée électrisante avec le chef d'orchestre Daniel Barenboïm, la vénérable et dynamique Staatskapelle de Berlin (dont Barenboïm est le directeur musical depuis 1992, et le « chef principal à vie » depuis 2000), et la Symphonie no4 « Romantique » d'Anton Bruckner. Le début d'une intégrale menée tambour battant, qui s'est poursuivie début janvier et finira à l'automne 2017. On prend ici un peu d'avance, puisque ce coffret propose les neuf symphonies, enregistrées live à Vienne en 2012 pour les trois premières, et à la Philharmonie de Berlin en 2010 pour les suivantes.

Symphoniste tardif mais passionné, Anton Bruckner (1824-1896) eut du mal à convaincre ses contemporains qu'il pouvait être autre chose qu'un bril­lant organiste et un grand compositeur de musique sacrée. Coincé entre l'héritage de Ludwig van Beethoven et la concurrence de Johannes Brahms, ­embarqué malgré lui dans une vaine querelle entre conservateurs brahmsiens et progressistes wagnériens (ébloui par Tristan et Isolde, Bruckner vouait une admiration sans bornes à ­Richard Wagner, ce qui ne l'empêcha pas de développer un style propre, fermement ancré dans le passé), le compo-siteur passa beaucoup de temps à réviser ses oeuvres pour obtenir qu'elles soient jouées, notamment par le Philharmonique de Vienne, qui refusa sèchement d'interpréter la première version de la troisième symphonie. Souvent comparé (rarement à son avantage), Anton Bruckner le fut aussi après sa mort, et mit du temps à s'imposer dans les répertoires des orchestres européens. En Daniel Barenboïm, il a trouvé l'un de ses prophètes les plus ardents : le chef israélo-argentin en est à sa troisième intégrale symphonique brucknérienne, après celles enregistrées avec l'Orchestre symphonique de Chicago et le Philharmonique de Berlin.

A ces imposants monuments à la structure traditionnelle (le dévelop­pement l'est beaucoup moins), impitoyables marathons pour les cordes et les cuivres, Daniel Barenboïm et la Staatskapelle berlinoise réservent une approche à taille humaine. Les tempos sont relevés, sans précipitation, la puissance n'exclut pas la fluidité, les différentes strates sonores fusionnent sans s'écraser, les contrastes apparaissent nettement, et les mouvements lents frappent par leur intensité. Uni­que regret : un appareil éditorial bien mince, qui ne donne aucune information sur le choix des versions retenues. — Sophie Bourdais

| Coffret 9 DVD, Deutsche Grammophon.

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For we the living

Si l'on devait chercher sur la scène française un cousin musical à Gabriel Legeleux, 24 ans, alias Superpoze, on penserait à Rone. Pour l'évidence et la beauté des mélodies, les emprunts à la musique classique, un grain de son ultra léché dans un esprit pop… Tous deux ont été influencés par la techno climatique des Ecossais Boards of Canada et des Allemands Moderat. Influences dont Superpoze s'éloigne, sans tout à fait s'en affranchir, sur ce deuxième album, pour l'essentiel instrumental. Dès l'introductif Signal, dont la lente progression évoque le Talk Talk de Spirit of Eden sur fond de discrets beats électro, le producteur se situe en douceur au confluent de plusieurs mondes. Il a recours à un pied marqué comme sur Azur, titre le plus évidemment techno. Mais cela ne dure pas. Car Superpoze place la mélodie avant le beat, le silence avant le fracas. L'instrument le plus prégnant de son disque, subtilement arrangé pour percussions acoustiques et ordinateurs, est un piano, de plus en plus présent à mesure que les titres défilent, et dont les accords en mode mineur renvoient à Satie et Bartók (On the mountain top, The Importance of natural disasters). On se croyait parti pour une virée en rave, et voilà qu'on se retrouve à applaudir les grands sensibles d'un autre temps ! Terriblement romantique. — Erwan Perron

| 1 CD Combien mille/Sony.

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Daylight Ghosts

Pour qui guette les pianistes originaux, l'apparition, en 1993, du jeune Craig Taborn dans le quartet du saxophoniste James Carter donna un signal fort. Vingt-trois ans plus tard, après six albums en leader et près de quatre-vingts en tant que sideman, il s'affirme en styliste intrépide, tant au piano qu'au Fender Rhodes ou au synthétiseur. Le bien nommé Daylight Ghosts propose en quartet huit compositions originales et une reprise de Roscoe Mitchell qui forment une déambulation fantomatique dans des lumières changeantes. Craig Taborn a l'art de faire sonner un quartet avec saxophone ténor (Chris Speed, qui double aussi à la clarinette en si bémol), contrebasse (Chris Lightcap), batterie et percussions électroniques (Dave King), comme une formation plus large. Les compositions partent le plus souvent d'un module de quelques notes pour se développer en style modal et progresser en créant des atmosphères étranges et capiteuses, ou en riffs répétitifs visant à fasciner. On choisirait volontiers la pièce Abandoned Reminder comme BO d'un film noir et Daylight Ghosts pour leitmotiv d'un film d'amour insolite. Les compositions ne laissent guère de place à l'improvisation, le saxophone étant utilisé surtout comme instrument d'exposition plus que de solo. Le disque entier baigne dans une sorte d'irréalité poétique, un monde doucement halluciné, au bord du fantastique. Il s'agit décidément d'autre chose, à la lisière du jazz et de la musique contemporaine. — Michel Contat

| 1 CD ECM/Universal.

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50 Song Memoir

Stephin Merritt aime les concepts. Quinze ans avant ce colossal 50 Song Memoir, l'homme qui officie sous le nom de Magnetic Fields avait déjà commis un copieux recueil de soixante-neuf chansons originales explorant toutes les facettes de l'amour. L'encore jeune homme de 35 ans, américain, gay revendiqué, à l'enthousiasme d'un Droopy, impressionnait autant par son timbre grave que par son art d'investir les genres — de la country à l'électro pop — en les détournant de sa plume caustique. Pour célébrer ses 50 ans en 2015, Merritt s'est lancé le défi d'écrire une chanson par année de sa vie, mêlant souvenirs intimes et environnement musical d'époque. Tout démarre donc en 1966, avec un bébé baigné de la culture pop hippie de ses parents. Dix ans plus tard, il attaque l'adolescence en rebelle, tandis que la new wave commence à souffler sur la planète. Années 80, un pèlerinage à Londres agit comme une révélation sur le garçon plongé dans le monde de la pop synthétique des nouveaux romantiques et de la sexualité floue. Merritt se trouve enfin, décidé à vivre sa vie de compositeur éclectique un brin cynique… 50 Song Memoir n'est peut-être pas un chef-d'oeuvre — qui pourrait tenir la distance ? —, mais n'a rien d'un pensum. Car si toutes les chansons ne semblent pas inoubliables — un bon nombre le sont, néanmoins, notamment sur l'excellent (et drôle) deuxième CD —, elles ont le mérite, outre de rester courtes, de constituer chacune un éclairant chapitre de cette singulière, parfois captivante et souvent amusante, autobiographie musicale. — H.C.

| 5 CD Nonesuch/Warner.

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Last Place

Dix ans après sa dissolution, Grandaddy est de retour. Et rien n'a vraiment changé. Deux albums solo de Jason Lytle n'auront servi qu'à confirmer que Grandaddy, c'était lui. Un style, pop, faussement distant ou indolent, mais aussi distinct esthétiquement que mémorable mélodiquement. A la fin des années 90, le groupe est apparu, barbu et flou, mais cette fausse queue de comète du grunge marquait en fait le doux renouveau du genre : avec un rock moelleux à guitare ponctué de fioritures de claviers 80's et porté par une voix harmonieuse, sans aspérité, émouvante, qui enchantait en traître. Derrière la brume mélancolique, la mélodie. Jason Lytle, skateur sensible proche de la nature, après avoir pris congé, désillusionné, de tout ce qui l'horripile dans ce monde — l'industrie de la musique, les réseaux sociaux —, a renoué avec ses anciens camarades. Et la grâce reste intacte. Sa pop sans esbroufe, aux airs d'ELO (Jeff Lynne est son modèle avoué), coule toujours avec une belle limpidité, enchaînant harmonieusement titres mid-tempo avant de s'achever sur une tristement radieuse ballade acoustique (Songbird Son). Un mini triomphe discret. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Columbia/Sony.

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Solide Mirage

En 2014, le joli Piano Ombre avait assis la réputation de ce groupe chic à défaut d'être choc, qui depuis dix ans sert une pop limpide mâtinée de world dans la veine de Vampire Weekend. Très mélodique et même assez poétique dans ses titres les plus posés. D'où l'attente qui entourait ce septième album, publié sur le très distingué label anglais Domino (Franz Ferdinand, Anna Calvi, Arctic Monkeys…). Résultat ? Hélas, peu d'émoi. Non pas que Solide Mirage soit déplaisant : il est parfaitement aimable, souvent dansant, s'appuyant sur des rythmiques engageantes et des lignes claires, mais se révèle trop lisse pour qu'on s'y accroche — hormis quelques soubresauts bienvenus, sur Apres Après. Les guitares fines, aux inspirations ouest-africaines, ne donnent guère de substance aux chansons ; surtout, l'interprétation étonnamment plane les prive de tout relief. Et ce n'est pas Bête morcelée, subite éruption de rock énervé, qui relèvera l'ensemble — elle sonne plus comme un pur exercice de style. Au lieu de cette brève poussée de décibels, on aurait préféré, sur l'ensemble du disque, un caractère plus trempé, eût-il été mauvais. — Valérie Lehoux

| 1 CD Domino.

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