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16 février 2017

Qui est Stefflon Don, la nouvelle reine du rap anglais ?

Pochette de la Mixtape "Real Ting" de Stefflon Don

Fin 2016, Stefflon Don mettait nos oreilles à feu et à sang. Et pour cause : sa première mixtape Real Ting, portée par l’enragé 16 Shots, est une petite bombe à retardement, qui lui permet à la fois d’exposer la richesse de sa musique, coincée quelque part entre le hip-hop, la grime, le r’n’b et le dancehall, et la férocité de son flow, inspiré par les divines Lil Kim et Foxy Brown. “En grandissant, je n’écoutais qu’elles”, confiait-elle récemment à Fact Magazine.

“Le fait qu’elles parlent de façon crue, qu’elles aient confiance en elles… Elle n’ont pas peur de dire ce qu’elles pensent. À chaque fois qu’elles apparaissent sur un titre, elles le dominent. C’est ce que j’aime.”

Cette aptitude à régner sur les morceaux, Stephanie Allen (de son vrai nom) a elle aussi su se l’approprier, grâce à une volonté de fer, de grands rêves, et une palette musicale très variée. Dans l’appartement familial de Birmingham, où elle naît en 1991, le reggae résonne constamment, joué par des parents d’origine jamaïcaine. Il y a aussi le hip-hop des années 90, que ses frères et sœurs passent en boucle durant son enfance. “Comme il n’y avait pas encore Internet, j’avais l’habitude de me balader avec un enregistreur à cassettes, et d’enregistrer tout ce que j’entendais autour de moi pour le réécouter encore et encore”, raconte-t-elle à MTV.

“Vivre à l’étranger a clairement eu un impact sur ma musique”.

À l’âge de 6 ans, la tribu Allen quitte Birmingham pour Rotterdam. C’est là, dans le cœur des Pays-Bas, que notre artiste découvre le bubbling, un sous-genre de dancehall inventé en 1988 par un certain DJ Moortje, qui resterait encore aujourd’hui très populaire dans le pays selon The Fader.

“Voyager permet indéniablement de t’ouvrir à d’autres cultures, parfois très différentes de la tienne”, poursuivait-elle devant les caméras de MTV. “Cela te permet vraiment de voir les choses autrement, de penser autrement. Le fait d’avoir vécu à l’étranger a clairement eu un impact sur ma musique.”

À 14 ans, la jeune Stephanie est de retour à Londres, flanquée d’un accent néerlandais qui la complexera parfois, mais qui fait aujourd’hui la singularité de son rap. C’est à cette époque, au milieu des années 2000, qu’elle se prend de passion pour le grime, alors en pleine explosion au Royaume-Uni. Ce genre musical typiquement londonien, qui connaît actuellement un engouement sans précédent grâce à des MCs comme Skepta et Stormzy, l’encouragera à se lancer.

En 2015, après avoir travaillé trois ans dans un salon de coiffure (ce qui lui vaut probablement cette chevelure bleue éclatante), Stefflon Don propose sa propre version de Lock Arff, un des plus gros succès du groupe de grime Section Boyz. “C’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à vraiment me trouver en tant que rappeuse”, avoue-t-elle à i-D. Cette reprise, remarquée, attire l’attention des amateurs de grime et des artistes eux-mêmes : Inch, l’un des sept comparses de Section Boyz, fera même une apparition dans le clip de Stefflon Don. Dans les colonnes d’i-D, elle relate :

“Quand j’ai entendu Lock Arff pour la première fois, j’ai tout de suite commencé à la réécrire, puis l’enregistrer et en faire une vidéo. C’était aussi simple que ça. Puis je l’ai glissé à Inch via un DM [message privé sur Twitter] (rires), et il m’a répondu en me disant que c’était l’une des versions les plus folles qu’il avait jamais entendues. Donc je suis allée le rencontrer, et il a accepté de figurer dans ma vidéo […]”

“Rappeler aux hommes qu’ils ne sont pas supérieurs aux femmes”

Dès lors, l’ascension de Stefflon Don ne cesse de prendre de l’ampleur. À l’été 2016, elle apparaît sur plusieurs titres phares, dont certains cumulent des millions de vues sur YouTube : Hop On d’Angel, Wobble de Lethal Bizzle, et surtout Popalik de l’amstellodamois Cho, un morceau de dancehall percutant, qui démontre toute la puissance dominatrice de Stefflon Don. Dans la foulée, la rappeuse s’invite aux côtés de Jeremih sur le langoureux London, extrait de la mixtape Late Nights Europe. Avec cette chanson aux influences caribéennes, qui lui vaudra d’être nommée dans la convoitée BBC Sound of 2017, Stefflon Don dévoile une autre facette de sa personnalité : plus délicate, plus sensuelle, qui flirte davantage avec la douceur du r’n’b.

C’est dans cette aisance à changer de registre, d’ambiance et d’émotions en un claquement de doigt que Stefflon Don puise sa force. Le 16 décembre dernier, elle offre son premier long format : Real Ting. Une mixtape de 40 minutes, notamment repérée par le réputé Pitchfork, qui confirme un peu plus le style de Stefflon Don (rapide, cru et versatile, qui lui vaudra d’ailleurs plus d’une comparaison avec Nicki Minaj), et réaffirme la place de la femme au sein de la société. Elle s’intérroge au Micro de Fact Magazine :

“Je ne sais pas pourquoi certains hommes se pensent supérieurs aux femmes. Mais ils ne le sont pas. Et je suis là pour le leur rappeler.”

Désormais signée chez Sony, soutenue par Skepta, DJ Khaled et Jeremih (que l’on retrouve d’ailleurs sur Real Ting), “la fille aux cheveux bleus”, comme elle aime à se désigner, s’apprête à retourner en studio, bien décidée à s’asseoir sur le trône de la scène rap anglaise. “Je veux être la numéro un,” annonçait-elle humblement à i-D. “Je veux que mes morceaux dominent les charts. Je veux être aussi connue qu’Adele [rires]. Fais gaffe Adele : j’arrive.”

>>> La mixtape “Real Ting” de Stefflon Don est disponible sur Apple Music.

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Le morceau du jour : Joey Bada$$ balance un hymne pour la NBA “Victory”

À l’occasion d’un partenariat avec la marque de soda Moutain Dew, le principal sponsor de la NBA, Joey Bada$$ a composé Victory, un morceau de circonstance pour la ligue de Basketball la plus importante et la plus célèbre des États-Unis.

L’entreprise Mountain Dew a lancé le projet “The Courtside Project” dans le but de réunir musiciens, chanteurs, rappeurs et producteurs autour de la NBA, rapporte le site Consequence Of Sound.

Pour cette première collaboration, Joey Bada$$ s’est entouré de Kirk Knight, lui aussi membre du collectif new-yorkais ProEra, et du producteur Adam Pallin, crédité ici sous le blase 1-900. Ce dernier avait déjà travaillé avec le jeune rappeur sur le titre anti-Trump Land Of Free, dévoilé il y a un mois :

Aussi lourd soit-il, Victory n’est pas dans la tracklist du prochain album de Joey Bada$$, AABA, prévu pour 2017 et annoncé sur Twitter en novembre dernier (deux tweets qui ont été supprimés depuis).

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Drake en concert à Londres : la belle et la bête, tout à la fois

L’élection de Donald Trump aurait-elle scellé la fin du rêve américain pour ouvrir définitivement les horizons vers le Canada ? Il est vrai que son voisin a su dernièrement très bien se placer : son premier ministre Justin Trudeau est devenu le symbole du renouveau de la classe politique -comme avait pu l’être auparavant Obama. Dans un tout autre style, une nouvelle version de Justin Bieber, moins infernale, a récemment vu le jour, capable de pondre de vrais tubes. Et surtout, l’un de ses ambassadeurs les plus mythiques, le rappeur Drake, a prouvé en ce 15 février que si le soleil s’est peut-être assombri aux Etats-Unis, c’était pour mieux rayonner de l’autre côté de la frontière.

La belle

On a reproché plein de choses à Drake, notamment après la sortie de son quatrième album en 2016, Views. Un artiste calimero en plein questionnement existentiel, un visage d’ange qui fait souvent oublier sa discographie au profit des memes de “gendre idéal” qui pourraient presque le rendre ennuyeux. Très attendu, mais un peu éclipsé par les bombes sonores qu’ont lâché en 2016 Frank Ocean (Blonde), Kanye West (The Life Of Pablo) et Solange Knowles (A Seat at The Table), Views se fait un peu le reflet des traits de caractère que l’on reproche à son interprète : un album introspectif, tourné sur ses origines à Toronto et évoquant toujours sur des beats lourds et mélancolique ses difficultés amoureuses dont il ne semble pas capable de se remettre.

Et, si quelques bijoux au parfum des Caraïbes ont propulsé le disque dans des hauteurs difficilement atteignables (Hotline Bling qui résonne à la manière d’un N****s In Paris dès trois heures du matin dans toute soirée avec des gens de goût mais très saouls), Views avait conforté son créateur dans ce qu’il sait faire de mieux, sans le sortir vraiment de sa zone de confort : un hip-hop efficace mais parfois trop doux pour que l’on se rende compte véritablement de sa puissance de frappe.

La bête entre en scène

Sur la scène de l’O2 ce Mercredi 15 février 2017, Drake a pourtant démontré en un peu moins de deux heures que sa véritable force, comme peut l’être aussi celle d’un Frank Ocean, ou d’un Young Thug dans une toute autre mesure (le rappeur américain ouvrait d’ailleurs le show juste avant Drake, arborant fièrement une cagoule Tortue Ninja), c’est d’avoir pris du recul sur le game. Et de montrer une palette plurielle, à la fois lover pour minettes contourées (les Londoniennes sont décidément trois niveaux au-dessus de tout le monde en matière de technique de maquillage), une Belle au cœur brisé, mais aussi une bête de scène prête à tout casser. Le contraste entre ses bras fuselés à la salle de musculation prêts à péter des poutres, et un sourire d’enfant de chœur déclarant pendant 10 minutes sa flamme à certaines spectateurs : “Toi avec la pancarte, je te vois, toi avec le pull blanc, je te vois aussi”.

Drake a trente piges, une belle carrière, et assume ses défauts tout comme ses qualités. Pendant son show, chaque morceau un peu doux, un peu triste, chaque titre où il chante plutôt qu’il ne rappe se prendra une raclée en étant succédé par un énorme tube. Histoire de rappeler que sous l’apparente gentillesse de Drake se cache un magicien détenteur de quelques charmes incapables à parer : Started From The Bottom (qui sera l’une des premières tracks balancées à la foule, évidemment), The Motto, mais aussi les duos avec Rihanna, Take Care ou Work, qui seront revus et corrigés avec des danseuses au bootyshake impressionnant. Sans oublier One Dance ou encore With You, parure au parfum de sable chaud de Views, qui empêchera le public londonien de s’asseoir, trop occupé à reprendre en chœur toutes les paroles.

Le chaud et le froid

La scénographie de la tournée The Boy Meets World joue elle aussi sur la duplicité du rappeur, une dualité basée sur le chaud et le froid : la centaine de globes glacés (rappelant les lumières qu’aiment travailler James Turrell, artiste qui avait inspiré le clip de Hotline Bling) constellent le plafond de l’arena bourrée à craquer et s’opposent à des jets pyrotechniques bien énervés ou à des lances flammes brûlants en arrière-plan, balancés pour accentuer les grosses basses des morceaux les plus excités.

En une trentaine de morceaux et quelques pas chassés (oui, Drake danse vraiment comme dans Hotline Bling), on se rappelle que si Aubrey Drake Graham est un garçon bien sous tous rapports, c’est aussi l’un des artistes les plus pertinents d’une génération en quête d’honnêteté, cœur sur la table et droit dans ses rangers, qui se réapproprie les codes et les thématiques du hip-hop pour les traduire dans un langage qui ne peut laisser personne de marbre.

Est-ce parce que Drake entretient une relation particulière avec Londres et sa scène musicale (le rappeur Giggs était d’ailleurs le seul invité sur la scène de l’O2, alors que la discographie de Drake pullule de featurings) que l’atmosphère était aussi brûlante ? Ou la faute au geysers de flammes ? Il faudra attendre le 12 mars à Bercy pour les trois dates parisiennes du The Boy Meets Tour pour le confirmer. En attendant, il est nécessaire de replonger la tête la première dans Views, qui ne forme peut-être pas un collier parfait mais contient de superbes perles. Sans oublier de se rappeler que Drake n’est plus le boy qu’il veut nous faire croire, qu’il n’est pas non plus le garçon idéal au cœur chamallow que l’on rêve de présenter à ses parents, mais l’un des seuls monstres actuels du hip-hop à avoir démontré et assumé une certaine part d’humanité.

Drake : “The Boy Meets World tour” sera le 12, 13 et 14 mars 2017 à l’Accor Hotels Arena.

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Frank Ocean rejoint l’affiche du festival finlandais Flow

source : Wikipedia (Lana Del Rey à gauche et Frank Ocean à droite) et instragram (pour Young Thug au milieu)

Pour la quatorzième année consécutive, le Flow Festival reviendra faire danser la ville d’Helsinki. Plus précisément, c’est le Suvilahti qui accueillera cette année les festivaliers, une ancienne usine de gaz et centrale électrique désormais reconvertie en espace culturel et redécorée pour l’occasion.

Le festival a dévoilé hier sur son compte facebook (cf ci-dessous), une nouvelle liste d’artistes programmés et qui fait plutôt rêver. On y retrouve le petit génie Frank Ocean, le songwriter Ryan Adams, le trio de Moderat, le rappeur Young Thug, les rockeurs Car Seat Headrest, la charismatique Princess Nokia, le duo Sparks, le mélodieux Sampha, Model 500 et un live house de Mr Fingers (aka Larry Heard).

On en profite pour vous rafraîchir la mémoire avec la première série d’artistes annoncés à l’affiche du Flow Festival : la diva Lana del Rey, le trio british The XX, les maestro de l’électronique Aphex Twin et Jon Hopkins, les londoniens de London Grammar, la songwriteuse américaine Angel Olsen, le producteur australien Flume et l’américain Maceo Plex, le rappeur Vince Staples, la Norvégienne Jenny Hval et un live des irlandais Biceps. Quatre talents nationaux se partageront quant à eux la scène : Alma, MC TaaKibörsta, Femme en Fourrure et Kauriinmetsästäjät (on vous met au défi de le prononcer correctement du premier coup).

Vous pouvez d’ores et déjà réserver vos billets ici (pass 1 jour à 99€, pass 2 jours à 149€ et pass 3 jours à 185€).

Festival Flow
Du 11 au 13 août à Helsinki
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Nouvelle sensation islandaise, Junius Meyvant met le feu au festival Generiq

Photomaton extrait du profil facebook de l'artiste Junius Meyvant

On a commencé ce deuxième jour du festival Génériq dans des Bains-douches, on l’a fini en nage. L’inverse eut été plus judicieux. C’est donc aux Bains Douches de Besançon, chouette petite salle aux murs tapissés d’affiches sérigraphiées très classes que l’on se retrouve, en fin d’après-midi. La salle, comme le trottoir, voire la rue entière sont bondés pour applaudir Junius Meyvant, sensation islandaise à multiples barbes rousses.

D’entrée, à peine le premier titre achevé, le chanteur à bonnet tricoté à la laine de mouton de Stokkseyri révèle un humour absurde qui fera de cette soirée autant un concert qu’un numéro de stand-up. “Bonsoir et merci, ça sera notre dernière chanson ce soir !” Le groupe joue serré, réchauffé à la soul-music qu’il chante d’une voix plaintive. Puissantes même en restant feutrées, ces chansons ne connaissent que le rythme langoureux des slows, du frotti-frotta des longues soirées d’hiver. Évoquant une météo plus que radieuse sur Besançon, Junius commente : “Nous avons découvert le soleil. Ça faisait des années que je l’attendais. Je pensais que c’était un mythe !” Pourtant, sa musique est depuis le départ ensoleillée, trouvant un impossible point commun entre la pop recueillie de son compatriote Asgeir et la soul radieuse de Curtis Mayfield. Il y a pourtant de la place, beaucoup d’eau et même de la glace entre les deux.

La soirée se continue à Montbéliard, dans l’une des imprimeries de trois frappadingues obsédés par la musique. Ils ont ainsi vidé une partie de leur vaste espace de travail, perdant ainsi des fortunes à chaque heure écoulée, pour y bâtir un véritable club, qui accueille les très jeunes et très en place jeunes locaux de Blanker Republic puis la Québécoise Laura Sauvage, dont les chansons hérissées portent bien son nom. Mais la révélation de la soirée vient de Colombie et des très jeunes El Otro Grupo. Perdus en ville jusqu’à l’heure de leur concert, les Sud-Américains jouent avec l’électricité – ce qui pourrait se révéler dangereux dans une imprimerie. Ils mélangent disco en transe et déflagrations hardcore en quelques chansons toutes en crêtes, en lignes (claires) brisées, comme si Sonic Youth jouait Chic un soir de sacrifice de vierges.

Ça continue ce soir, à base d’An Pierlé ou de Kite Base. On ne sait pas dans quel état tout cela finira.

Festival Generiq, du 14 au 19 février à Dijon, Mulhouse, Belfort Besançon…
Avec Lambchop, Adam Naas, Romeo Elvis, Shame, Paradis, Alex Cameron…
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Kurt Cobain aurait fêté ses 50 ans ce mois-ci : retour sur nos photos avec Nirvana en 1991

Renaud Monfourny est loin d’ici. En vacances aux États-Unis. Mais quand on s’est aperçu que le cinquantenaire de la naissance de Kurt Cobain approchait à grands pas (certainement poursuivi par sa farandole d’hommages et de statuts Facebook nostalgiques #SubPop), on n’a pas hésité longtemps avant de trouver la personne idéale pour nous parler de ses différentes rencontres avec l’idole contrariée de la fin du 20ème siècle. Dès 1991, avant le succès commercial de Nirvana, Renaud avait eu l’opportunité de rencontrer le groupe par l’effet ricochet d’une interview avec Sonic Youth. Dans les Inrocks, d’autres reportages photos et d’autres interviews ont évidemment accompagné l’explosion et l’implosion de Nirvana. Renaud préfère vous parler de sa première prise de contact avec le groupe le long des souvenirs alignés sur cette page. Comme vous l’avez compris, les photos affichées dans cet article sont de Renaud Monfourny. Ne vous amusez pas à les partager sans son accord ou à les agrémenter d’un impayable filtre Amaro. Sinon il reviendra en quatrième vitesse de Miami pour vous faire bouffer toutes ses cassettes promo éditées entre 1987 et 1991.

“Au début de l’été 1991, je suis en train d’organiser une interview et une séance photo avec Sonic Youth. L’attaché de presse français de la maison de disque Geffen me propose de faire une article plus petit sur un nouveau groupe, protégé de Sonic Youth, Nirvana. Je ne lui dit pas que je connais le groupe – qui a déjà sorti un excellent disque chez Sub Pop et attends qu’il me fasse parvenir “du son”. Cette époque parait lointaine : les journalistes écoutaient la musique qui n’était pas encore disponible en disques et cd sur des… cassettes. C’est ainsi que je découvre Smell Like Teen Spirit en juillet 1991.”

“Un rendez-vous est pris pour le mois d’août à Londres, je fais une interview de deux heures avec Sonic Youth, une séance photo, puis une autre séance dans la foulée avec Nirvana. Le groupe commence à voir sa côte de petit groupe rock monter, ils ont fait une grande interview la veille avec Sounds, un des trois hebdomadaires musicaux anglais qui défend fort ce qui ne s’appelle pas encore le grunge. Avec leur nouveau batteur Dave Grohl, Krist Novolevic et Kurt Cobain sont ultra détendus, bien dans l’esprit de leur époque qui consiste à faire les idiots pendant les photos. On discute tranquillement en faisant quelques photos dans les rues de Londres…”

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Nirvana – Crédit @ Renaud Monfourny

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Nirvana – Crédit @ Renaud Monfourny

“A peine publié l’article d’une demi page le mois suivant, on commence a avoir vent d’une onde venant des USA : le groupe devient superstar, à travers le média qui fait la loi à cette époque : la chaine musicale MTV. Quelques mois plus tard, en décembre, devant l’incroyable succès de Nirvana, leur maison de disques leur fait faire une escale à Paris après leur concert aux Transmusicales de Rennes. C’est là que je ferai une interview avec Kurt Cobain, dans la pénombre de sa chambre d’hôtel deux étoiles de Pigalle, lui au fond de son lit, maugréant à moitié les réponses, crevé, lessivé. Il acceptera de faire quelques photos, mais sans aucun enthousiasme et à condition que ça ne dure pas longtemps… Le lendemain, ils annulaient les quelques dates qui leur restaient en Europe pour rentrer se reposer…”

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Retour sur les débuts de la house de Chicago avec Larry Heard, pionnier du genre

Larry Heard alias Mr Fingers à gauche, ici avec Frankie Knuckles

Larry Heard, 56 ans, est le genre de type coincé dans un entre-deux. Si son nom suffit à affoler certains palpitants, il n’évoque absolument rien pour d’autres, amateurs de musique ou non, qui nous regardent avec un air hébété lorsque l’on évoque un rendez-vous sur Skype avec la légende. Sous l’alias Mr Fingers, Larry Heard a pourtant largement contribué à l’émergence de la house à coups de tubes imparables dont l’influence n’est jamais retombée. La basse sourde et entêtante qui offre au Fade de Kanye West tout son charisme ? Un sample de Mystery of Love, l’un de ses hits sorti en 1986 avec Fingers Inc. le groupe éclair qu’il forma avec les chanteurs et danseurs Robert Owens et Ron Wilson.

Rembobinons. A la fin des années 70, à New York, deux jeunes Dj, Larry Levan et Frankie Knuckles, retournent le Paradise Garage, un club majoritairement fréquenté  par un public gay, noir et latino. Leur secret a pour nom le sampling : Knuckles et Levan n’enchaînent pas les tubes disco et funk comme cela se pratique alors, mais les mélangent jusqu’à créer des tracks originaux qui rendent les danseurs fous. Un entrepreneur leur propose une résidence au Warehouse, le nouveau club qu’il ouvre à Chicago. Bingo, ils y posent leurs valises de 1977 à1982, Knuckles s’en allant ensuite créer son propre club, le Power Plant. Rebaptisé Music Box, le Warehouse n’en reste pas moins l’un des temples de la house.

Dans le même temps, l’invention des boites à rythme Roland TR-707, et Roland TR-808 – pour ne citer qu’elles- ouvrent un nouveau champ des possibles. Dans la moiteur de leurs chambres à coucher, les Djs se mettent à créer leurs propres tracks à l’aide de samples martelés par des beats aussi tranchants qu’une lame de rasoir. A la croisée du disco, du voguing, de la new wave et de la boite à rythme, naît un nouveau genre : la house, qui tire son nom du club qui la célèbre tous les week-ends, le Warehouse.

Une réaction à l’administration Reagan ?

En 1984, Larry Sherman et Vince Lawrence, deux autres Djs de Chicago, montent le label Trax, avec lequel ils sortiront entre autres Your Love, imparable collaboration de Knuckles et du chanteur à la voix haut perchée Jamie Principle, qui déborde encore de sensualité trente ans plus tard.

En 1985 et 1986, Larry Heard déboule avec Mystery of Love et Can You Feel It, deux de ses plus gros hits, et invente la deep-house, un sous-genre  infusé de jazz-soul-funk. Alors que Ronald Reagan siège à la Maison Blanche, une jeunesse de contre-culture s’éclate jusqu’au bout de la nuit sur une musique qui allie érotisme et force de frappe, coups de rein et coups de langue, délire et empowerment et qui n’aura dès lors de cesse de conquérir les clubs de la terre entière.

Faut-il y voir une réaction face à l’Amérique conservatrice ? Le pendant de la scène voguing de New York ? Le prequel de la techno de Détroit ? Entretien avec Larry Heard, survivant un brin mutique d’une époque où ProTools et selfies n’existaient pas, qui sera en live au festival The Peacock Society (Parc Floral de Paris) ce vendredi 17 février. Ne le ratez pas, le mec se fait aussi rare sur scène qu’en interview.

Tu as sorti un nouvel EP, Outer Acid, en 2016 sous l’alias Mr Fingers, que tu avais remisé au placard depuis 2005. Pourquoi ce besoin de revenir ?

Larry Heard – Je suis musicien donc je suis toujours en train d’esquisser de nouvelles idées musicales, comme un peintre réalise des croquis, griffonne. Un second EP devrait arriver juste après la tournée.

Comment prépares-tu tes lives ?

Je ne les prépare pas vraiment. J’essaie juste d’offrir une version élargie de mes morceaux afin que ça parle davantage au public.

Comment as-tu commencé à faire de la musique ?

Probablement enfant, quand je tapais sur tout ce qui se trouvait à porter de main ! Ma mère et mon père jouaient du piano. Mes grands-parents aussi. Ils n’avaient pas de télévision, parce qu’ils avaient investi dans un piano à la place ! Je pense que cette tradition musicale a fait son chemin jusqu’à moi. Enfant, je voyais mes parents s’asseoir au piano. Donc quand ils n’étaient pas là, qu’est-ce que je faisais ? La même chose ! Je m’asseyais au piano, et je tapais sur les touches. On avait des banjos et des tambourins à Noël ou aux anniversaires. Puis au lycée j’ai eu une guitare. C’était une sorte d’évolution naturelle, que je n’ai jamais planifiée. A 17 ans, je me suis mis à faire de la batterie et à devenir sérieux au sujet de la musique.

Larry Heard plus jeune

Comment es-tu venu à la musique électronique ?

Je jouais de la batterie dans des groupes de rock, de reggae et de jazz-fusion. C’était marrant, ça me permettait d’acquérir de l’expérience. Mais je ne faisais que suivre le rythme, m’en tenir au beat. Je ne composais rien. Peu à peu j’ai commencé à m’intéresser au processus créatif.

Tu te rappelles de la première fois où tu as entendu de la musique électronique ?

Je ne peux pas dire que je me rappelle de la première fois. C’est quelque chose de progressif. Quand quelque-chose joue en fond sonore, votre oreille l’entend même si vous n’êtes pas vraiment attentif. J’écoutais des émissions de radio tard le soir qui passaient Kraftwerk et des trucs expérimentaux. Je pense que c’est comme ça que ça s’est fait, au début des années 70.

Tu étais plus Kraftwerk que disco ?

On avait aussi le disco à la fin des années 60, début 70. En 1970, mon père avait ramené le premier album de Funkadelic. On écoutait ces supers lignes de basses, ces rythmes de batterie et on se disait “wow !”.

Pourquoi le rythme, le beat t’a-t-il autant marqué ?

J’ai été élevé dans un environnement musical, donc c’est rapidement devenu ma façon d’appréhender le monde, ma psyché. J’exprimais mes émotions à travers les sons, les notes, moins par les mots.

Quelle était la profession de tes parents ?

Mon père était flic à Chicago. Ma mère était à la maison, il fallait bien que quelqu’un s’assure qu’on n’ait pas d’ennuis !

Et tu en avais des ennuis ?

Rien de fou. Juste des trucs de gosses. Rien qui implique la police ! Mon père étant flic, j’étais déjà foutu, je ne pouvais pas m’attirer d’ennuis !

Tu te rappelles de la première fois où tu as mis un pied dans un club de Chicago ?

Non. Je suis sûr que ça s’est passé ! Mais je crois que si tu ne cherches pas délibérément à retenir un moment, tu ne t’en souviens pas. Tu expérimentes des choses, et tu penses à ce qui t’attend, pas à ce que tu viens de vivre.

Comment t’es-tu retrouvé dans la scène house ?

Je ne l’ai pas décidé. J’étais là au bon moment ! J’étais à Chicago, je traînais avec Ron Hardy et les Djs locaux. Il y avait une grande proximité. J’étais là, donc il ne s’agissait que d’une question d’argent et de temps avant que je me greffe au mouvement.

Comment as-tu composé tes premiers tubes, Mystery of Love, Can You Feel It…?

Dans ma chambre. J’avais une boite à rythme, un synthé, et un magnétophone. J’avais un budget très réduit. Je devais donc faire preuve d’ingéniosité afin de réaliser ce que je voulais faire.

Comment as-tu décidé de jouer tes morceaux en club ?

Là encore, je ne l’ai pas décidé ! J’étais là et ça se passait là. Il y avait une scène musicale et je faisais cette musique. On s’influençait tous. On était plus forts à plusieurs.

On te considère comme l’un des pionniers de la house music, comment le vis-tu ?

Cela se décide tout seul. Je crois qu’il ne faut pas trahir une sorte de niveau d’excellence. J’essaye à la fois de préserver un côté artistique très profond, et les basiques, do, ré, mi, fa, sol, que tout le monde connaît, et qui permettent donc de conserver une dimension universelle, qui ne parlera peut-être pas à la tête, mais ira droit au cœur des gens.

Quel est ton but ?

Amener de la beauté dans ce monde si négatif, ce monde qui grandit au milieu d’une décharge !

Tu as samplé un discours de Martin Luther King pour l’une des versions de Can You Feel It (1986), était-ce un moyen de politiser la house ?

Pas vraiment, ça se faisait déjà avant moi. Quand les discours de Luther King sont sortis en disque, les Djs de Chicago ont commencé à en incorporer à leurs tracks, à leurs mixes. C’était un moyen d’apporter une dimension nouvelle aux morceaux. C’était quelque chose d’assez courant à cette époque, les mashups, les samples.

Tu n’étais donc pas dans l’activisme politique ?

Non, j’avais déjà mes mains pleines de musique. Tu ne peux pas tout faire dans la vie. Faire de la musique prend du temps, je n’aurais pas pu être maire de la ville en plus !

Pourquoi avoir ces différents pseudos ?

J’avais beaucoup d’idées musicales qui émergeaient et je me suis rappelé de cet album de Funkadelic de 1970. J’ai découvert que George Clinton avait aussi The Parliaments. J’ai trouvé ça cool. C’était un moyen de sortir toujours plus de musique, et de casser les codes.

Personnellement, je suis une grande fan de l’album Alien. Il t’a été inspiré par des films de science-fiction ?

C’est aussi mon préféré ! J’ai vu la trilogie Alien encore récemment. Mais ça ne vient pas de là. Mon manager Renée, qui me donnait parfois des idées, est venu me voir un jour avec ce titre de projet, “Alien”. Je l’ai trouvé intriguant. C’est la b.o. d’un film qui n’a jamais existé. C’était l’occasion d’utiliser tous les super sons que je produits constamment en studio. Cet album a vraiment une forme très libre. Je n’ai pas beaucoup réfléchi en amont. Je me suis laissé guider par la musique. Ça te parait compréhensible ? (rires)

Oui. Tu suivais une sorte de film dans ta tête ?

J’essayais. C’est pour cette raison que j’ai lu plein de choses sur le système solaire et plein de théories dans une encyclopédie. Je voulais être spatial. Pour ce faire, je devais absorber beaucoup d’informations sur l’espace.

L’espace t’influence plus que la Terre ?

Sur Alien totalement, mais le reste de ma production est plus ancré sur terre, dans nos interactions, nos sentiments.

Kanye West a samplé Mystery of Love pour Fade, comment cela s’est-il fait ?

Je l’ai découvert quand il a dévoilé le morceau lors d’un défilé je ne sais plus où. Des amis m’ont directement écrit en me demandant si je l’avais entendu. Je crois que des personnes sont entrées en contact avec mon manager, qui a fait le nécessaire au niveau administratif. Et voilà.

Tu ne l’as donc jamais rencontré ?

Non.

Quel sentiment ressens-tu à l’idée d’être toi-même samplé ?

C’est toujours un compliment quand quelqu’un aime ton idée. Ils pourraient juste dire “non, ça craint”. Et c’est drôle aussi car ils l’ont sorti trente ans après que je l’ai créé. Étrange coïncidence ! La musique dance et le hip-hop n’ont cessé d’entretenir une relation étroite. Le premier disque de hip-hop avait pour fond sonore une musique de Chic. Le jour où vous êtes samplé par un artiste de hip-hop, vous rejoignez cette tradition.

On oublie souvent que le hip-hop était à l’origine étroitement lié à la danse… 

Oui ! C’était très énergique, presque terrifiant avec toutes leurs acrobaties ! C’était plus cool à l’époque. Le hip-hop jouait un rôle important dans la rue, différent de ce qu’il est aujourd’hui…

Toi-même tu étais fan de hip-hop ?

Chicago n’était pas vraiment dans le hip-hop, c’était plus New-York et le New-Jersey. Et puis j’étais déjà batteur pour Genesis, Yes. J’étais très loin de ce monde. J’écoutais plus du Frank Zappa !

Pour revenir à Kanye West, tu connaissais sa musique avant Fade ?

Je crois que c’est impossible de ne pas connaître ce genre de personnes, c’est comme Lady Gaga ou Niki Minaj. ça passe à la radio ! Mais le simple fait que trop de gens adorent me pousse à m’éloigner. Je ressens trop de pression sociale.

Tu n’aimes rien de mainstream ?

Ce n’est pas que je n’aime pas, c’est que ça ne me touche pas. Je l’entends mais rien de magique ne se produit. Quand le morceau s’arrête, il s’arrête et voilà. Je ne me dis pas “wow, je veux le réécouter !” C’est une formule, comme les émissions de télé-réalité ou certains films où tu sais pertinemment ce qui va se produire. Il y a donc toujours de nouvelles têtes pour faire les mêmes choses, sans jamais rien inventer. S’il n’y a plus d’électricité, que vont-ils faire ? Certains vont continuer à jouer avec des instruments et prouver que ce sont de vrais musiciens ! Beaucoup de producteurs, d’ingénieurs du sons ne sont en réalité pas de vrais musiciens.

Tu n’as donc jamais cherché à faire un tube ?

Le public du tube ne m’attire pas. J’aime les ambiances plus intimes. Pas les foules. Quand je vois trop de monde, je me dis “ah, allons plutôt là-bas” (Rires). Je suis peut-être une sorte de gitan qui erre par-delà les montagnes en quête d’une aventure non-orthodoxe !

Pourquoi avoir quitté Chicago pour Memphis, où tu vis actuellement?

C’était il y a 18 ans. J’avais besoin de partir, de m’évader, de réévaluer ma vie, de ne plus la consacrer qu’à la musique. La musique est mon occupation principale mais j’ai aussi une vie. Des vacances, un quotidien. C’est un peu comme un libraire à qui l’on ne parlerait que de ses livres tout le temps !

D’après toi, pourquoi la house est apparue à Chicago ?

Je ne sais pas. C’est avant tout apparu au sein d’une communauté. On écoutait tous la Motown, Telex, Kraftwerk. Puis, on a commencé à penser à notre propre moyen d’expression, et on s’est tous dit qu’on avait quelque chose à apporter. Voilà ce qui s’est passé. C’était un mouvement local mené par Frankie Knuckles et d’autres mecs, qui habitaient tous à côté les uns des autres. Moi par exemple j’étais au lycée avec Jamie Principle !

Et Frankie Knuckles, comment l’as-tu rencontré ?

Je l’ai vu jouer plusieurs fois avant que l’on se rencontre véritablement. Je le regardais jouer mais je ne lui parlais pas, car la dernière chose à faire c’est emmerder un Dj qui joue. Sinon tu as tout le club qui te criait “dégage de la cabine du Dj !!!”

Et le chanteur Robert Owens, avec qui tu as monté le groupe Fingers Inc. ?

A une fête, où il mixait. Il a passé Mystery of Love. Je me suis présenté. On s’est échangé nos numéros de téléphone. C’était une rencontre tout à fait normale, pas un truc spécial à la X-files ! C’est genre “hey j’adore ce que tu fais, moi je fais ça, faisons un truc ensemble !” Ainsi est né Fingers Inc. avec Ron Wilson aussi.

Quel regard portes-tu sur les avancées technologiques ?

Elles permettent de faire de la musique à moindre coût. Maintenant il te suffit d’un logiciel et d’un ordinateur. A l’époque, ça m’avait coûté 2500 dollars. Et ce n’était pas une pilule facile à avaler. C’était un gros investissement pour un mec célibataire comme moi.

Tu te vois faire de la musique jusqu’à la fin de ta vie ?

Bien sûr, parfois j’en ai marre, et j’ai besoin d’une pause. Du coup, je peins et je dessine, je travaille le bois aussi. J’élargis mon champ d’expression artistique ! Une fois que j’aurais fini avec cet EP et cette tournée, je ne veux plus entendre parler de musique. Parlons de ce que tu veux tant que ça ne concerne pas la musique !

La house music t’est-elle déjà apparue comme une nouvelle religion, avec les clubs pour temples ?

Possiblement. Surtout avec sa rythmique tribale. Ça rappelle un peu les danses rituelles qui rassemblaient les gens l’espace d’un instant. Le club produit des moments magiques qui sont difficiles à décrire. Il faut les vivre. Je suis allé dans ces clubs comme le Warehouse, et j’ai vu un public tout entier être dans le même délire au même moment et au même endroit. Là, tu te dis « wow ». C’est inattendu. Ça me rappelle l’époque du psychédélisme où les gens cherchaient à ne former qu’un esprit, à agir et prendre du plaisir tous ensembles constamment.

Y a-t-il une réaction que tu adores voir dans le public ?

Non, je recherche le mélange. Si tout le monde faisait la même chose, ça serait un public de robots. Je veux que les gens apprécient le moment. Parfois, on est trop occupés à analyser l’instant, et on le rate. C’est pour ça qu’il y a peu de documentation sur la scène house de Chicago ou le Paradise Garage ou Music Box [le nouveau nom du Warehouse suite au départ de Knuckles]. Les gens étaient trop occupés à danser pour prendre des photos ! Ça montre à quel point la musique nous absorbait. C’est ça que je veux voir, les gens dans l’instant présent. Pas les gens en train de se prendre en selfie devant la scène, avant de se casser sans même avoir écouté la musique !

==== >>>> Plus d’informations sur le festival The Peacock Society ici. 

Les Inrocks - musique

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Février 2017
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