Actu musique

1 février 2017

24e édition des Victoires de la musique classique : une scène très féminine

24e édition des Victoires de la musique classique : une scène très féminineDe la musique classique en direct à 20h50 à la télévision, c'est sur France 3 ce soir. Il s'agit des 24èmes Victoires de la musique à l'auditorium de Radio France. Leïla Kaddour nous en dit plus.   

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Un beau début de programmation pour le festival Cabourg Mon Amour

Pour sa cinquième édition, le festival normand promet d’ores et déjà de belles surprises. En effet, on apprenait hier les premiers noms de l’édition 2017 du festival Cabourg Mon Amour.

C’est donc sur la plage de cette coquette station balnéaire que l’on retrouvera : Princess Nokia, Shame et les Australiens de Parcels. Du côté français, on attend avec impatience le r&b de SÔNGE, Lescop, Basile di Manski, le duo electro-synthé Agar Agar et le percussionniste zinzin Jacques (que vous avez pu apercevoir en couverture des Inrocks la semaine dernière). En tout, ce sont donc 3 jours de folle musique sous le soleil normand !


Et en attendant d’avoir les pieds dans l’eau et de bronzer sur les galets, vous pouvez profiter d’un concentré de bonheur filmé lors de l’édition 2015 :

Les pass 3 jours sont déjà disponibles à la vente juste ici, au tarif “Nouvelle Vague” (60€).

Festival Cabour Mon amour
Du 28 au 30 juillet 2017 sur la plage de Cabourg
Evènement facebook
Plus d’infos

Les Inrocks - Musique

Les Victoires de la musique classique 2017 au féminin pluriel

Les Victoires de la musique classique 2017 au féminin plurielLa 24e édition de la cérémonie, qui récompense les artistes qui ont marqué l'année 2016, est diffusée ce mercredi soir 1er février en direct de l'Auditorium de la Maison de la radio sur France 3 et France Musique. Les chanteuses lyriques y sont à l'honneur.

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Musique de la pub Suzuki IGNIS 2017 : qui chante ?

Musique de la pub Suzuki IGNIS 2017 : qui chante ?Pour démarrer l'année 2017 sur les chapeaux de roue, la marque automobile Suzuki déploie en télévision un spot publicitaire mettant en lumière son nouveau modèle IGNIS. La musique ? Un titre dancefloor que vous connaissez peut-être…

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Philippe Lacheau choisit l'Amiénois Ciol pour la musique d'Alibi.com

Philippe Lacheau choisit l'Amiénois Ciol pour la musique d'Alibi.comIl s'appelle Loïc Van Zon, il a trainé sa guitare et sa voix dans plusieurs groupes d'Amiens et aujourd'hui c'est sous le pseudo de Ciol qu'il signe trois titres pour la bande originale de la nouvelle comédie de Philippe Lacheau. "Alibi-com" était projeté en avant-première à Amiens précédé par un concert en show case du musicien. Le film sortira en salles le 15 février 2017.

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Christophe, absent des nominations, tacle les Victoires de la Musique

Christophe, absent des nominations, tacle les Victoires de la MusiqueS'il a sorti l'album "Les vestiges du chaos" l'an dernier, Christophe n'apparaît pas dans la liste des nominations des Victoires de la Musique. Le chanteur vient de répliquer : "Je m'en tape".

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Iggy Pop raconte les Stooges : “Il y avait une sorte de chaos permanent autour de nous”

En 2007, Iggy Pop renouait avec ses complices des Stooges, Ron et Scott Asheton, pour enregistrer leur premier album ensemble depuis près de trente-cinq ans. Dix ans avant la sortie de “Gimme Danger”, le documentaire de Jim Jarmusch qui retrace l'histoire du groupe de Détroit, rencontre avec un rocker remarquable et radical jusqu'au bout.

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Lady Gaga au Super Bowl : cascade, guests... La chanteuse fait des révélations

Lady Gaga au Super Bowl : cascade, guests… La chanteuse fait des révélationsCe dimanche, Lady Gaga donnera le concert de sa vie lors de la 51ème édition du Super Bowl. Interrogée sur ses impressions à quatre jours de l'événement, la star américaine a fait une révélation inattendue sur sa performance et raconté comment elle avait convaincu la NFL de l'engager.

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Grand Corps Malade raconte sa vie de "Patients" dans son premier film

Grand Corps Malade raconte sa vie de "Patients" dans son premier filmAprès les mots et la musique, le slameur Grand Corps Malade raconte son histoire dans "Patients". Ce premier film est une plongée dans le centre de rééducation de Poitiers qui l'a accueilli après son accident et rend hommage avec humour et sincérité aux personnes handicapées qu'il a rencontrées. Coréalisé par Mehdi Idir, le film sortira au cinéma le 1er mars 2017.

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En écoute : “Bérite Club Music” la mixtape de Teki Latex sur la nouvelle scène club

Incendie de la rue Bérite (avril 2016) et Teki Latex (source Wikipedia)

Entre novembre 2013 et août 2016, l’émission TV Overdrive Infinity célèbrait chaque semaine et pendant plus de 2 heures, les meilleurs DJs de la planète mais également des jeunes pousses de l’hexagone. Diffusée sur Dailymotion, l’émission était animée par Teki Latex et enregistrée dans les studio de la plateforme, dans la Rue de Bérite à Paris (6ème).

Berite music Club : naissance d’un mouvement

Au fil des émissions, Teki Latex remarque “qu’un groupe de jeunes DJs et producteurs parisiens se formait autour de l’émission. Ces kids se connaissaient vaguement d’internet et se donnaient rendez-vous quasiment chaque semaine au studio ou Overdrive était tourné. Ils étaient tous fans de Grime, de Club Music américaine, de Ballroom, de Kuduro, on va dire de club music globale, tout comme moi”. Pour Teki, ces kids représentent une nouvelle génération de producteurs underground français. En se liant d’amitié avec eux, et au gré des discussions, Teki témoigne : “un embryon de nouveau style a commencé à éclore.”

Malheureusement, une explosion de gaz dans un immeuble voisin du studio met fin à l’émission (et à tous les programmes rattachés au studio de Dailymotion) en avril 2016. Teki commente :

“Nous n’avions plus d’endroit où nous réunir régulièrement mais c’était trop tard pour empêcher de faire germer l’idée d’un nouveau son français, et cette idée allait devenir de plus en plus concrète au fil des soirées passées ensemble dans les clubs de Paris. Vers fin 2016 les premiers morceaux de Bérite Club Music (baptisée ainsi en hommage à la Rue de Bérite où se trouvait le défunt studio) firent leur apparition dans certains DJ sets, témoignant de la naissance d’un mouvement.”

La mixtape “Berite Club Music” : un manifeste sous forme de collage sonore

Pour célébrer cette nouvelle scène musicale, Teki a décidé de dévoiler une mixtape en rassemblant des morceaux fondateurs de la Bérite Club Music avec des influences notables évoquées lors de leurs réunions. En ressort, “un manifeste sous forme de collage sonore” définissant le mouvement même de la Bérite Music Club comme le précise Teki :

“C’est un point de départ pour qu’une nouvelle génération de producteurs approfondisse ce style afin de le rendre plus tangible.”

La mixtape Berite Music Club est écouter ci-dessous :

Sur cette tape, on retrouve un melting pot de morceaux originaux, de remixes et d’édits (souvent inédits) signés par cette nouvelle scène formée autour des studios de la rue de Bérite. Notamment : l’écurie parisienne Paradoxe Club (De Grandi, Sunareht, Le Dom), mais aussi Sylvere (Trax Couture, Sans Absence), Fréquences Fortes (un alias de Basile de Gang Fatale), Club Kelly (Crazylegs), Detente ou encore Martel Ferdan.

Pour rendre hommage à ses fondateurs et ses aînés, la mixtape Bérite Music Club rassemble également des “morceaux-influences” comme “la présence du parrain du Coupé-Décalé Molaré, des héros du Logobi Zaza Twins et du créateur de l’Afrotrap MHD entre autres souligne le fait que c’est la musique de l’immigration Africaine en France qui est la base évidente de l’identité rythmique de la Bérite Club Music.” Sans oublier des souvenirs de l’obsession éternelle de la French Touch pour les samples, “traitée à travers le prisme d’une génération élevée au Rap français et aux découpages du Grime, de la Jersey et de la B-more”. La définition du “son Bérite” commence ainsi à prendre forme comme Teki le résule en une phrase :

“Pour créer quelque chose de nouveau il semble important de d’abord comprendre et valoriser les connections entre les styles du passé et c’est ce que j’ai essayé de faire avec ce projet.”

Découvrez le tracklisting complet de la tape Bérite Club Music :

Molaré – Boucan
De Grandi – 94120 Groove
MHD x OK Lou – Champions League Defeat (Detente Blend)
Aero Manyelo – Yoh
DJ Gregory & Africanism – Block Party
Sylvere – Emergency Call
Maddslinky – Compuphonic (Le Dom edit)
DJ Gregory, Sidney Samson & Dama S – Dama S Salon (Dub)
Bambounou – Dogon
De Grandi – BYE
L-Vis1990 – Ballad 4D (Sylvere edit)
Sunareht – Hyul 10
De Grandi – Cloud
Detente – Generation Assassin (refix)
Franko – Coller la petite
DJ Shoe – Poing
Le Dom – ???
ZaZa TWiNS – CouPer DCaler-OCTOBER 2008
French Fries – Senta (Bambounou remix)
Things With Wings – Yoruba Lesson
Sunareht – Main Sequence
Fréquences Fortes – Toi je sais pas si j’te bérite
Superficie – Cerol
Images – Les Démons De Minuit (Le Dom refix)
Gradur – Oblah ft. MHD & Nyda (Retina Set edit)
Zini – Sirenzz
Feadz & Douster – DJ Quik’s Hair
Le Dom – Stamina
Modjo – Lady (Frequences Fortes raw chops and loops edit)
De Grandi – Sharp
Clubkelly – UDDS
DJJ – hard rum track
Martel Ferdan – Luz
De Grandi – Plans (le Dom edit)
The Phantom – Gothic (De Grandi edit)
De Grandi – Sapristi !
Maahlox Le Vibeur – Tuer pour Tuer
Sunareht & Sylvere – Vervain
Inkke – Pioneer
Thomas Bangalter – What To Do
Le Dom – Bayern (Le Dom & De Grandi refix)

Les Inrocks - Musique

Daft Punk enfin de retour sur scène aux Grammy Awards

Daft Punk enfin de retour sur scène aux Grammy AwardsLe légendaire duo français se produira lors de la cérémonie le 12 février, accompagné du chanteur The Weeknd avec qui ils ont collaboré sur le tube Starboy . Leur première performance live depuis trois ans.

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Rihanna dans la bande-annonce inquiétante de "Bates Motel". Regardez !

Rihanna dans la bande-annonce inquiétante de "Bates Motel". Regardez !Plus qu'une popstar, Rihanna est en train de faire ses armes en tant qu'actrice. A l'affiche du prochain Luc Besson et du film de braquage "Ocean's Eight", la chanteuse reprend le rôle mythique de Marion Crane dans "Psychose" pour la série "Bates Motel". Regardez les premières images !

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La Machine du Moulin Rouge fête ses 7 ans avec une cool programmation

© Remy Golinelli

Ce vendredi 3 février, le Machine fêtera ses 7 ans, avec un programme et une orga assez cool : 7 artistes par salle, de 7 PM à 7 AM. Pour l’occasion, le club parisien a sorti les grands moyens : on retrouvera notamment Blocaus, Djoon, Fils de Vénus, Infiné Music, La Mécanique Ondulatoire, Paris International Festival of Psychedelic Music, Wet for Me, Kapsule… 3 salles (Central, Chaufferie et Bar à Bulles), 3 ambiances, et de jolis collectifs invités à faire la fête donc. La programmation complète est dispo ci-dessous :

La Machine, un lieu polymorphe

A cette occasion, le directeur du lieu, Stéphane Vatinel, a rédigé une note d’intention retraçant le parcours du lieu et ses grands moments. Tout commence en 2009, suite à un constat relativement simple : “La Machine du Moulin rouge c’est d’abord un lieu rare, chargé d’histoire, sous les ailes du Moulin Rouge et donc au centre de ce qui a construit la nuit parisienne depuis des dizaines d’années”. Mais le lieu ne se cantonne pas à un statut de fer de lance de la nuit parisienne, et propose également un lieu de vie original, des événements culturels (danse, art…) et des résidences d’artistes. Stéphane Vatinel déclare à ce propos :

“Nous avons décidé d’ouvrir nos portes au hip-hop, au rock, à la danse, au cinéma… En bref à tous les aventuriers de la culture, ayant pour point commun leur défense passionnée d’une certaine expression artistique indépendante.”

De nombreux artistes sont déjà passés par ce lieu pluridisciplinaire : Jeff Mills (avec le très beau projet Time Tunnel), Laurent Garnier, Jacques, Peaches, L’Impératrice, Fishbach, Flying Lotus, Jeremy Underground, Jon Spencer, Four Tet, Flavien Berger ou même Jim Jarmusch (pour la sortie du film Only Lovers Left Alive).



Vendredi 7 février
7 PM – 7 AM
90 boulevard de Clichy, 75018 Paris

Les Inrocks - Musique

Josman, meilleur espoir du rap français ?

Depuis l’été 2016 et la sortie de sa mixtape Matrix, Josman surfe sur des nuances d’excitation et de curiosité sans trop se prendre la tête. De Pussyboyz à La Cage, ses clips se sont enchaînés ces derniers mois pour révéler une identité plurielle. Celle d’un rappeur à l’aise dans plusieurs styles, capable de soigner ses mélodies et ses placements de voix dans un geste en rapport avec l’époque ou défoncer des prods en kickant comme en 1995. Originaire de Vierzon mais installé à Paris depuis plusieurs années, Josman prépare Zéro Dollar, une nouvelle mixtape prévue pour le courant mois de mars. En attendant le jour de paye, on lui a donné rendez-vous pour parler de son nouveau projet, de la nécessité d’évoluer dans un cercle restreint pour donner le meilleur de lui-même et de la définition toujours plus évolutive du mot rappeur.

Tu viens de province mais tu es installé à Paris depuis quelques années. J’ai lu qu’avant de basculer dans le rap, tu écoutais beaucoup de R’n’B pendant ton adolescence…

Le truc des premières interviews c’est que tu dis un peu n’importe quoi. Avec le temps, je me rends compte qu’il y a pas mal de réponses qui ne correspondent pas vraiment à la réalité. J’ai toujours écouté plein de choses différentes en fait. Plutôt les musiques issues de la culture hip-hop, évidemment, mais je n’ai jamais eu d’attachement pour un artiste en particulier. C’est clair que j’ai écouté les gros tubes R’N’B à l’époque d’Alicia Keys et d’Usher mais à côté j’écoutais beaucoup de rap. Sans forcément avoir de véritable influence musicale très marquée.

Comment vis-tu l’engouement qui grossit autour de toi depuis quelques semaines ? J’ai l’impression que plus ça marche, plus tu as envie de prendre du recul.

Rien n’a changé dans ma vie. Je trouve ça cool, je vois qu’il y a de plus en plus de vues sur Internet mais concrètement ma vie ne change pas. Je suis juste content car il y a plus de gens qui écoutent ce que j’ai à dire. Je n’ai gagné aucune bataille. Et puis il n’y a même pas de bataille en fait. Je fais de la musique et je continuerai à en faire de la même façon, avec ou sans les statistiques. Ce n’est pas toute ma vie. J’ai des potes qui ne font pas de rap, je ne peux pas me mettre à rapper devant eux H24. Ca les saoulerait ! La musique prend une grosse part de mon temps avec le studio, les concerts ou les interviews comme c’est le cas aujourd’hui. Je kiffe ça. Mais ce n’est pas toute ma vie. A une époque je ne pensais qu’au rap, mais quand tu t’investis trop dans quelque chose en occultant le reste, tu commences à te perdre. Je n’ai pas envie que ça m’arrive. Peut-être que je continuerais à rapper jusqu’à cinquante ans mais j’espère que ça ne prendra jamais le dessus sur ma vie perso, ma relation avec ma famille ou mes amis.

On sent que ça te tient à cœur de rester un peu isolé et de ne pas citer  de grosses références.

J’écoute tellement de trucs différents qu’avec le temps j’ai appris à aimer évoluer dans plein de styles assez éloignés. Je ne veux surtout pas me limiter à une seule case musicale. Demain, si ça se trouve, je ferais totalement autre chose que du rap. Je ne veux pas m’imposer de limites.

Sur la mixtape qui arrive (Zéro Dollar), on a l’impression que tu changes de style et de façon de rapper à chaque nouveau morceau. Comme si tu étais cinq rappeurs différents. C’est une caractéristique que tu veux conserver ou tu te dis qu’il va falloir te stabiliser sur une seule forme de rap à un moment ?

Tant que je me sentirais à l’aise dans un maximum de registres, je continuerais à essayer de tout faire. Je n’ai pas envie de me spécialiser. Je n’ai pas l’impression d’être cinq emcees différents, je pense simplement être une personne qui aime plein de choses dans la vie et qui s’autorise beaucoup de variations. Je ne sais même pas si je suis un emcee en fait. Je l’ai sans doute été à l’époque des open-mics et des battles… Aujourd’hui, je me considère comme un mec qui fait de la musique. Peut-être même que je chanterais encore plus si je savais mieux le faire. J’aime trop de choses différentes pour vouloir me cantonner dans un seul registre. Il y a une époque de ma vie où j’étais à fond dans le rap : je m’entraînais à faire plein de trucs, j’écrivais beaucoup de textes. Quand je suis arrivé à Paris, j’ai eu la chance d’avoir accès à un studio pour concrétiser tout ça. C’est à ce moment que j’ai eu l’opportunité d’expérimenter le plus de choses possibles sur ma voix. Et sur ma façon de rapper.

Ouais, c’est à cette époque que tu avais fait ton feat avec Ol Kainry je crois. Tu considères que ce morceau t’a permis de franchir une étape importante et de réaliser que tu pouvais faire quelque chose d’intéressant dans la musique ?

Je pense que le seul moment où j’ai ressenti ce genre de sentiment, c’est la première fois que j’ai essayé de m’enregistrer chez moi, dans ma chambre. J’avais fait une instru et je me suis directement rendu compte que ça me plaisait à fond, que ça m’ouvrait un milliard de possibilités. Je pouvais rapper dessus, choisir n’importe quel mot, changer les textes à l’infini si je voulais. Je ne voyais pas de fin en fait. Je ne pourrais pas te dire précisément quand c’était. Genre, il y a une dizaine d’années peut-être.

Ce qui est paradoxal c’est que tu sembles évoluer en retrait de toute la scène rap à Paris. Tu aimes rester dans ton coin. Et pourtant, ce que tu fais ressemble à une synthèse du rap français actuel. Avec des morceaux mélancoliques, d’autres où tu joues sur les placements de voix avec des mélodies pop. Et d’autres où tu kickes de façon plus classique…

Je pense que ça vient simplement du fait que je suis un mec du moment. Dès l’instant où tu m’enlèves la casquette de rappeur, je suis juste un jeune de mon époque. J’écoute ce qui sort, je vais dans les mêmes soirées que les gens de mon âge et ça se ressent fatalement dans ma musique. Tout ce que j’ai fait jusqu’à maintenant, je le considère comme un entraînement. Pour Echecs Positifs, mon premier EP, c’était la première fois que j’avais accès à un studio. Je testais plein de choses. J’ai fait une cinquantaine de morceaux et j’en ai conservé huit ou neuf. Aujourd’hui je ne saurais même pas te dire pourquoi j’ai gardé ceux-là plutôt que d’autres. C’était un apprentissage et l’identité qui en est ressortie ne correspond pas à celle qui est la mienne aujourd’hui. Quand je réécoute certains textes je me dis : “Ah ouais, je voulais vraiment percer à ce moment-là !”. Aujourd’hui j’ai moins envie de tout faire pour y arriver. Je me rends compte que le plus important est ailleurs. Même si j’attire de plus en plus d’attention, j’ai toujours les mêmes personnes autour de moi. Pour l’instant ma vie ne change pas trop et c’est un truc auquel je tiens.

plus aucune chance

A photo posted by Josman (@ogjosman) on Jan 5, 2017 at 6:17am PST

Il y a quand même des gens qui t’entourent, qui bossent avec toi et qui suivent ce que tu fais sur la longueur. Je pense à Marius Gonzales qui réalise tes clips ou à Eazy Dew qui s’occupe des prods et qui rappe aussi.

Le noyau dur est beaucoup plus large que ça. Mais parmi mes potes, ce sont effectivement les seuls qui gravitent dans le milieu de la musique. On traîne tous dans le même groupe et quand on est tous ensemble on parle rarement de musique. Avant de te rejoindre par exemple, je ne leur ai pas dit que j’avais une interview mais que j’avais un rendez-vous. J’ai rencontré Eazy à l’école, on faisait une formation d’ingénierie du son. A cette époque-là, j’étais un peu perdu. J’avais arrêté la fac et je m’étais dit que si le rap ne marchait pas il fallait que je trouve quand même un métier dans le son. Marius est un pote d’enfance. On se connait depuis le lycée, du temps où je mettais mes musiques sur Skyblog. Lui faisait déjà de la vidéo et on a commencé à taffer ensemble comme ça,  il y a huit ou dix ans. On se voyait tous les jours au lycée mains on ne se parlait pas vraiment avant de connecter sur Internet. J’étais en terminale et lui en seconde et on peut dire qu’on est devenu potes grâce à la musique. Mais à cette époque on ne voyait pas du tout le fait de collaborer ensemble comme une opportunité. C’est aujourd’hui que ça en devient une.



Dans tes textes tu parles beaucoup d’Instagram, des gens qui s’inventent des vies, de tes soirées. Tu te mets en scène au milieu de tout ça sans jamais décrire une version fantasmée de toi mais en te présentant comme un mec normal. Tu penses que ça participe au succès de tes derniers clips ?

Wow, “succès” c’est un bien grand mot pour l’instant ! Mais c’est vrai que mon rapport à la musique a changé. Avant je faisais peut-être des sons “pour percer” ou pour prouver. Mais j’avais un petit peu honte au fond de moi car je me disais qu’il fallait que je reste moi-même. Cette prise de conscience a changé ma façon d’écrire. Aujourd’hui, j’ai un autre rapport avec le devant de la scène. Ca ne m’intéresse plus trop de percer et de devenir une “star”. Je veux juste faire de la musique en racontant ma vie de tous les jours. J’ai la chance d’être dans de bonnes conditions pour le faire et je peux profiter de ma vie à côté, tranquillement. Ce qui est parfait pour moi.

Sur tes clips, tu apparais souvent en tant que co-réalisateur. Comment vous vous partagez le travail avec Marius ?

Comme je te l’ai dit on est potes avant tout. Ca veut dire qu’on a un peu les mêmes goûts en ce qui concerne l’image et les clips. Je m’y intéresse beaucoup. Depuis les premiers clips qu’on a réalisés, on passe à chaque fois de longues nuits blanches sur le montage pour choisir tous les plans. Même si c’est lui qui tient la souris, on fait tout ensemble. Chacun ramène ses idées. On mélange tout et ça donne un clip.

Vous n’avez pas les moyens des mecs en major. Du coup ça vous force à tenter plein de choses pour vous démarquer et arriver à créer une identité. Tu n’as pas peur de perdre cette force et cet instinct si le vrai succès arrive ?

Non. Je pense que si de plus en plus de structures professionnelles viennent vers nous on les considèrera simplement comme des associés. On prendra ce qui peut nous aider sans se laisser diriger. Il faut que le cadre de travail soit bien délimité. Pour l’instant, on fait notre truc entre nous. Si jamais on trouve un accélérateur, c’est tant mieux.

Tu écoutes quoi en ce moment ?

J’écoute plein de trucs que mes potes m’envoient mais finalement il y a très peu de choses qui m’accompagnent dans mes écouteurs. En ce moment j’écoute surtout Migos. Le dernier album est vraiment cool.

On a parlé d’un vieux feat avec Ol Kainry tout à l’heure mais tu fais très peu de collaborations avec les mecs de la nouvelle scène rap en France.

Sur le principe, ça ne me dérange pas. J’ai déjà fait des feats avec plein de gens. Après, si j’invite quelqu’un c’est vraiment pour embellir le morceau et pas pour miser sur le potentiel de son nom. J’ai confiance en mes qualités et mes capacités, je sais faire un bon morceau tout seul. Quand j’ai commencé, personne ne faisait de la musique autour de moi. J’ai pris cette habitude de bosser tout seul. Pour Matrix, j’ai presque tout fait seul dans ma chambre.  Et puis pour tout te dire, les autres rappeurs, que ce soit en France ou à Paris, je ne les connais pas. Il y a bien des mecs que je croise sur les scènes à droite à gauche et on sympathise sur les événements. Mais en dehors des personnes dont on a parlé, je n’ai pas d’entourage particulier ni de supers amis dans le milieu.

La semaine dernière tu jouais au New Morning, dans une petite salle à Paris. Je crois que c’était une date particulière pour toi.

Ouais, apparemment les gens ont apprécié le concert. Le public était vraiment large : il y avait tous types d’âge et puis la salle était remplie. J’ai fait pas mal de premières parties, beaucoup d’open-mics mais je n’avais jamais fait de concerts en tant qu’headline. Il y avait un autre artiste aussi qui s’appelle Haristone. Il a fait un très bon show donc c’était cool. L’ambiance était là.

Tu as participé à pas mal de battles et de concours d’improvisation au début de ta carrière. Comment as-tu décidé de te lancer dans ces open-mics ?

C’est arrivé quand je suis arrivé à Paris. Je me suis rendu compte qu’on pouvait faire plein de battles ici. Ca n’a pas vraiment duré très longtemps mais je l’ai fait de façon assez intensive entre 2013 et 2014. J’ai découvert le rap beaucoup plus tôt. J’en faisais tout seul dans ma chambre quand j’étais ado. Je n’avais pas de bande de potes ni de groupe autour de moi. Je faisais tout dans ma chambre, seul dans mon coin.

Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de l’écouter, comment tu présenterais Zéro Dollar, le projet qui arrive en mars ?

Le nouveau projet est différent. Il y aura plus de morceaux donc forcément plus de variété. Sur Matrix je crois que j’avais produit cinq ou six morceaux sur les neuf. Pour Zéro Dollar je n’en ai fait que quatre sur quatorze. Il y a Eazy Dew qui a fait beaucoup de prods, Rolla (un beatmaker de Lyon) et puis Hologram Lo’ et Myth Syzer.

Avant qu’on commence l’interview, tu me disais que tu ne savais pas si tu te considérais comme un rappeur.

Être un rappeur, je ne sais pas vraiment où ça commence ni ou ça s’arrête. Sur un morceau comme Dans le vide je ne suis pas un rappeur et sur Fucked Up j’ai l’impression de l’être à 100%. Ce dont je suis certain, c’est que je ne suis pas seulement un rappeur. Que ce soit dans mes morceaux ou dans ma vie en général.

Propos recueillis par Azzedine Fall

Mixtape Zéro Dollar à paraître en mars 2007 chez Choke Industry

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Daft Punk fera son retour sur la scène des Grammy Awards le 12 févrierTrois ans que le duo français de musique électronique ne s'était pas produit en live. C'est donc une vraie bombe qu'ont lâché les organisateurs des Grammy Awards mardi en annonçant que Daft Punk montera sur la scène lors de la cérémonie de remise des prix, le 12 février prochain à Los Angeles.

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Christophe n’est pas nommé aux Victoires de la musique : « Je m’en tape »L’année dernière, Christophe a sorti un nouvel album. Mais celui-ci, pourtant salué par la critique, n’a pas été sélectionné pour les Victoires de la musique. Le chanteur n’en a toutefois pas grand chose à faire : depuis 2003, il n’a jamais voulu y retourner.

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John Wetton, le chanteur du groupe de rock progressif Asia meurt à 67 ansJohn Wetton, le chanteur britannique du groupe Asia est décédé hier soir des suites d'un cancer du colon. Avec le titre "Heat of the moment", il était devenu l'une des figures du rock progressif anglais. Il devait remonter sur scène au mois de Mars pour une tournée en Amérique du Nord avec les rockeurs du groupe Journey.

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Pharrell Willams : sa femme donne naissance à des triplés !Le chanteur Pharrell Williams et sa femme Helen Lasichanh sont de nouveau parents. Ils ont accueilli des triplés au cours du mois de janvier.

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"Sexual" : NEIKED fait grimper le mercure en France avec un titre coquinOriginaire de Suède, le producteur NEIKED cartonne en Europe avec le titre "Sexual". En France, le morceau piquant ne cesse de grimper dans les classements. Ecoutez !

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Dix Pièces pour quintette à vent, Kammerkonzert, Six Bagatelles

Il suffit d'écouter les Six Bagatelles pour quintette à vents pour s'en convaincre, « la musique de Ligeti allie l'extrême complicité technique au pouvoir immédiat de fascination auditive » (1). Comment résister à cette oeuvre de jeunesse aux accents ludiques, traversée, comme tout ce qu'écrivit György Ligeti (1923-2006), par le goût de la plaisanterie allié à une sourde mélancolie ? Ecrite en 1953, elle est encore très influencée par Stravinsky et Bartók. Quinze ans plus tard, Ligeti composera les Dix Pièces pour quintette à vent, où se lit en filigrane sa fascination pour l'univers de Lewis Carroll. Même brièveté, même sens de l'humour et du théâtre, mais le langage ligétien a eu le temps de se cristalliser de manière autonome.

A ces deux pièces fondatrices, ce beau disque ajoute un frémissant Kammerkonzert aux textures riches et ondoyantes, aux intitulés programmatiques et parfois loufoques (Presto bizzarro…). Fondateur de l'orchestre Les Siècles, dont sont issus les solistes de cet album, François-Xavier Roth dit avoir voulu, avec ses musiciens, « approfondir et mettre en cohérence cette exploration de la notion de couleur, fil rouge de [notre] travail ». Une mission que leur interprétation remplit au-delà de toute espérance. — S.Bo.

(1) Karol Beffa, dans sa récente et remarquable biographie du compositeur (György Ligeti, éd. Fayard).

| Ligeti, Les Siècles, 1 CD Les Musicales Actes Sud 4F.

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Die Stücke der Windrose für Salonorchester

Avec ses ancêtres enracinés dans l'est et le sud de l'Europe, sa naissance en Argentine et son émigration en Allemagne en 1957, Mauricio Kagel (1931-2008) pourrait constituer à lui seul un bon résumé de la rose des vents. De cet outil indispensable aux marins, qui s'en servirent très tôt pour repérer les points cardinaux, il a tiré huit pièces instrumentales, composées entre 1988 et 1994 « pour orchestre de salon » (clarinette, quintette à cordes, piano, harmonium, percussions variées). Huit séquences correspondant aux huit directions principales de la rose des vents (Osten, Süden, Nordosten…), pleines de souffle, d'humour et d'imagination, et rarement jouées dans leur intégralité. On sait donc tout autant gré à l'Ensemble Aleph de proposer l'ensemble du voyage que de l'interpréter avec le juste dosage de sérieux et de fantaisie réclamé par cette musique vagabonde. Kagel, qui poussa fort loin les expérimentations sonores dans les années 1960, utilise ici un instrumentarium relativement traditionnel, et déplace l'inventivité du côté du récit porté par chaque pièce. Un récit moins exotique (malgré l'exubérant recyclage de rythmes venus du monde entier) qu'anthropologique et culturel, et dont il précise les ressorts dans des textes indispensables à l'orientation de l'auditeur. Car sa Rose des vents n'a pas de centre fixe, et fonctionne d'abord par association de fantasmes et d'idées.

Si le très cinématographique Osten (Est) et sa clarinette bien exposée lorgnent de manière transparente vers le klezmer, le folklore tsigane et les musiques d'Europe centrale, des pièces comme Süden (Sud), avec ses transformations permanentes, sont plus déroutantes. Pas étonnant : pour Kagel l'Argentin, « le Sud n'évoque pas la chaleur mais le froid : Patagonie, Terre de Feu, Antarctique. Par contre, le Nord est tout sauf froid : soleil impitoyable et ombres aux contours appuyés, chaleur accablante, aridité et paysages désertiques ». Dans Westen (Ouest), où l'on entend, entre autres, du ragtime, et Norden (Nord), hanté par une transe richement bruitée, il s'intéresse respectivement à l'africanisation de la musique d'Amérique du Nord, et au souvenir d'un texte de Mircea Eliade sur le chamanisme et les mythes sibériens. Très actif dans le paysage de la musique d'aujourd'hui, le « collectif de solistes associés » qu'est l'Ensemble Aleph (fondé en 1983) joue passionnément son rôle de guide, et nous fait savourer chaque étape de ce fascinant itinéraire. — Sophie Bourdais

| 2 CD Evidence.

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The Microcosm. Visionary Music of continental Europe, 1970-1986

Il n'y a que les collectionneurs les plus endurcis pour accomplir ces explorations qui tiennent de l'épopée. Depuis sa base solaire de Los Angeles, Douglas McGowan, fondateur des disques Yoga, fouille sans relâche les arrière-boutiques obscures pour assouvir une passion très particulière. En 2013, il compilait un patchwork de musiques « new age » made in America (I am the center), il se tourne maintenant vers l'Europe, où l'on s'y connaît en musiques planantes, trips électroniques et rêveries pour synthétiseurs débridés. L'envoûtant The Microcosm (1) est un tour d'horizon (gazeux) de la « musique visionnaire du continent entre 1970 et 1986 ». A l'époque, l'Europe se projetait dans les délices d'une nouvelle aube cosmique (quoique mélancolique par nature). Le jeune Vangelis (1971) ouvre le disque avec sa Création du monde, oeuvre minimale bâtie sur des tremblements d'orgue, et l'on retrouve quelques stars cosmiques - Ash Ra Tempel, Popol Vuh, Roedelius - et une foule de délicieux excentriques - le Français Ariel Kalma et son Orguitar Soir, qui ne fait « qu'un avec l'univers », ou le flûtiste autrichien Robert Julian Horky, influencé par Bach et Pink Floyd.

Pris en main par une génération de virtuoses formés au classique, les synthés furent ensuite détournés par des musiciens déchaînés par l'explosion punk. Les machines n'étaient plus programmées pour l'élévation mais pour le fracas et la gueule de bois postindustrielle. De John Foxx à Thomas Leer, de Blancmange à The Human League, et tant d'étoiles filantes (Cultural Amnesia, Sea of Wires, The Passage…), Close to the noise floor (2) est un recueil captivant de cette musique qui grince, cogne et palpite : « uneasy listening ». — Laurent Rigoulet

(1) The Microcosm. Visionary Music of continental Europe, 1970-1986, 2 CD ou 3 LP Light in the attic/PIAS 4F.

(2) Close to the noise floor. Formative UK Electronica, 1975-1984, 4 CD Cherry Red 4F.

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Frescalalto

Lee Konitz ! Soixante-dix ans qu'il affirme calmement son autonomie par rapport au style de Charlie Parker tout en s'exprimant dans le langage be-bop. Miles Davis, à qui quelqu'un reprochait d'engager un saxophoniste blanc pour ses sessions de Birth of the cool, répondit : « Un musicien pourrait être vert ou jaune, je m'en moquerais, pourvu qu'il joue bien. » En effet, Lee Konitz joue suprêmement bien, avec une sonorité mate, sans vibrato, des phrases complexes dans leur mise en place aventureuse. On ne compte plus les albums publiés sous son nom (autour de deux cents) ni ceux où il apparaît comme sideman. Il fut, à la fin des années 1940, le compagnon d'armes du pianiste Lennie Tristano et du saxophoniste ténor Warne Marsh avec lesquels il créa le style cool, cette idée « blanche » de la musique noire la plus avancée, aidant ainsi à ouvrir le jazz à des expérimentations hardies sur les harmonies du bop, avec des morceaux compliqués, comme Ezz-thetics (de George Russell). Dans ce nouvel album, Frescalalto, qui a quelque chose d'amusé et de détendu, l'âge (89 ans) se fait parfois sentir dans la sonorité fragilisée de Konitz mais jamais aux dépens de la musicalité. Il faut dire que l'altiste bénéficie d'une rythmique exceptionnelle, soudée par l'amitié, avec l'inégalable Kenny Barron au piano, Peter Washington à la contrebasse et Kenny Washington à la batterie. Nouveauté, Lee s'essaie même à des chorus de scat sur Darn that dream et Out of nowhere, avec bonhomie. Une énième version de Thingin, la réécriture konitzienne d'All the things you are, apparaît comme la pierre de touche de son style si original. Une telle longévité artistique se salue. — Michel Contat

| 1 CD Impulse/Universal.

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Panier sur la tête

Il était le poète maudit, le Créole errant, le héraut rebelle de l'âme réunionnaise, et son oeuvre posthume continue d'essaimer sous les formes les plus inat­tendues : le troubadour Alain Peters ressuscite en français, traduit par leguitariste Stéphane Hoareau et incarné par la voix magnétique de Bruno ­Girard. Revenu de ses aventures avec Bratsch, celui-ci fait avec le jeune quartet de rock G !rafe (basse, guitares, harmonica et batterie) une relecture électrisante. Ces mots noirs et vénéneux que Peters ressentait comme un « tapage », Girard les récite, avec une lenteur ­impérieuse, comme pour mieux les ­dénuder. Du « pain sec comme le coeur des riches » à la complainte ivre du cheval boiteux, les images claquent dans la réverbération des cordes saturées, nimbées d'orage et d'envoûtantes réminiscences de maloya. L'air est moins moite, plus coupant que chez le Réunionnais, mais la production fait ressortir les nuances de ces tribulations très rock. La poésie respire, dans les ­volutes d'une clarinette basse ou le ­blues d'un harmonica, impertinente et mélancolique. — Anne Berthod

| 1 CD Discobole/L'Autre Distribution.

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Ty Segall

Presque un an que le très productif Ty Segall n'avait pas livré d'album. Autant dire une éternité pour lui. Le temps de souffler pour nous et surtout de digérer son abrasif tir groupé de l'hiver précédent (quatre disques — Emotional Mugger, Ty Rex, Fuzz II et Gøggs — en trois mois). Non pas que sa nouvelle livraison sans titre signale un changement particulier chez le cool mais frénétique Californien, disciple de l'école Neil Young, où l'on enregistre plus vite que son ombre en n'é­cou­tant que son instinct et ses envies. Aujourd'hui, il propose, telle une pause bienvenue pour ceux qui avaient décroché, un tour d'horizon des genres abordés et plutôt maîtrisés jusqu'ici par ce garçon bien d'aujourd'hui obsédé par le rock (en majorité britannique) de la fin des sixties au début des seventies. Un fan de Marc Bolan et de Syd Barrett autant que de Black Sabbath ou de Led Zep, toujours en quête de conciliation du bruit et de la mélodie. Les riffs drus (Break a guitar, The Only One) s'enchaînent aux éclaircies pop psyché (Orange Color Queen, Take care to comb your hair) dans un mariage de cohérence et de variété. Avec même une nouveauté, un titre à rallonge qui développe un parfum de doux impro, révélant une autre passion insoupçonnée du boulimique Segall : le Grateful Dead. Warm Hands (Freedom Returned) n'a pourtant rien de l'exercice scolaire ou du plagiat, le presque trentenaire prouvant une fois de plus qu'il a le talent d'allier hommage appuyé et patte personnelle. Autant dire que pour les amateurs épisodiques ou les néophytes, l'album a tout de la bonne pioche. — Hugo Cassavetti

| 1 CD Drag City/Modulor.

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Un coup de queue de vache

Le style Fersen. A lui, à part. Reconnaissable à la seconde. Une patte de fabuliste aux comptines peuplées de personnages pittoresques, d'objets ou d'animaux. Ce sont ces derniers qui, après s'être faits plus discrets ces dernières années, reviennent en force tout au long de ce dixième album. Vache, cochon, libellule, papillon, lièvre, homard… Le grand bestiaire (campagnard, mais pas seulement) est convoqué pour des paraboles censées en dire long sur la nature humaine. En éternel La Fontaine de la chanson, Fersen fustige l'ultra-consommation (La Cabane de mon cochon), s'amuse des amours illusoires (Un lièvre), rappelle Nougaro en racontant les mésaventures d'un coq (Un coup de queue de vache), sans toutefois atteindre la maestria de son aîné. Il désarçonne aussi, un peu, en reprenant Testament, une chanson grave du Québécois Fred Fortin, mais il en faudrait davantage pour éviter une sensation de déjà entendu. A vrai dire, c'est surtout dans ses arrangements, signés Joseph Racaille, que l'album séduit : un quatuor à cordes vient porter le chant et l'adoucir. — Valérie Lehoux

| 1 CD Believe.

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Laisse ça être

Le nom du groupe tout comme le titre de l'album auraient autrefois fait le bonheur de Maître Capello. « Jeux de mots », aurait-il précisé. Entre question existentielle déguisée (A quoi sers-je ?) et traduction littérale un peu potache de Let it be (comme ces types qui disent Jean Marron pour James Brown, wouf wouf), Aquaserge affiche un esprit de dérision à l'ancienne pour emballer son prog rock de musicos on ne peut plus sérieux et accomplis. Bien sûr, Frank Zappa a largement démontré que l'on pouvait manier humour (vraiment drôle), caustique ou délirant, et virtuosité instrumentale sans frontières. Et comment ne pas apprécier l'intention et la démarche du collectif toulousain de proposer une alternative au souvent indolent robinet pop hexagonal, en s'inspirant des artisans aventureux du son de Canterbury (Soft Machine, Caravan, National Health, etc.). Les musiciens appliqués d'Aquaserge le font même impeccablement, jouant de structures atypiques, de ruptures élégantes, de rythmiques oscillant entre groove swing et pulsations africanisantes, de cuivres d'un free r'n'b, le tout ponctué de textes minimaux et cryptiques ou de vocalises à la lisière du jazzy kitsch. Reste un problème, de taille : on est plus épaté que touché par l'exercice. Julien Gasc (claviers) ou Barbagallo (batterie) ont préféré garder leur chansons plus directes et émouvantes pour leur projets solo, laissant le pilotage central d'Aquaserge aux adeptes plus forcenés de groove cérébral (le guitariste Benjamin Glibert, la bassiste Audrey Ginestet). C'est un peu dommage. — H.C.

| 1 CD Almost Music/Crammed Discs.

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Février 2017
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