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27 août 2016

Rock en Seine, un festival sous haute surveillance et sous brumisateur

Rock en Seine, un festival sous haute surveillance et sous brumisateurRock en Seine bat son plein ! Les concerts s'enchaînent depuis hier sous une chaleur de plomb mais aussi sous haute surveillance. Cette année, les organisateurs ont mis les bouchées doubles pour que les festivaliers s'éclatent l'esprit tranquille grâce à des mesures de sécurité renforcées.

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Songwriters - U2 - 'Là où finit l'art et où intervient l'âme' (Part. II)

En cette période de vaches maigres, côté actu. de nos 4 paddies, j'ai fait un tour dans nos archives non traduites à ce jour et vous propose cet intéressant papier sur le songwriting made in U2. Enjoy !



par Robert Hilburn

C'était évident, alors que le groupe apportait la touche finale à son album, Pop, en cet après-midi hivernal de 1996. À, seulement, une semaine de la deadline, tout était ouvert à changement.

Ce soir-là, Bono voulait jouer avec les mots sur une chanson. Assis sur une chaise dans la salle de contrôle de Dublin, où le groupe écrit et enregistre la plupart de ses tubes, il chante le nouveau couplet alors qu'une piste instrumentale joue.

Il parcourt la pièce du regard en quête d'une réaction. Clayton et Mullen pensaient tous deux qu'il fallait qu'il ajoute plus de sentiment dans la voix, aussi s'y remet-il. Cette fois, les mots sont tellement émouvants qu'il se lève et se déplace avec la musique.

Étant donné l'assurance de Bono sur scène, c'était très révélateur de le voir combien il pouvait être vulnérable dans l'attente du verdict de ses camarades de jeu. Quelque peu nerveux, il suggérait qu'il devait peut-être revoir deux ou trois mots de plus. Non, non, rétorquèrent-ils, les paroles et la voix sont bonnes. Il parut soulagé.

Dans les mois de la création d'un album, les autres musiciens sont fréquemment mis à l'épreuve de la même façon Bono, lors de cette session. Ils se nourrissent de leur processus commun et biologique d'élaboration de chansons.

"À différentes reprises, nous avons tenté de coller au songwriting conventionnel", souligne Mullen, de Dublin. "Mais au bout de quelques mois, nous voyons que cela ne fonctionne pas. Il nous faut démanteler les idées et recommencer."

Et the Edge d'enchérir : "Mon pire cauchemar est que cela « sonne » 'professionnel.' Je pense que nous travaillons mieux lorsque nous poursuivons notre avancée dans l'inconnu."

Œuvrer par instinct

Le songwriting non orthodoxe de U2 est né de la nécessité.

Lorsque les membres du groupe se sont mis ensemble au collège, ils n'étaient pas suffisamment bons avec leurs instruments pour jouer des reprises convaincantes des tubes de l'époque. Pour cacher cette inexpérience, l'idée leur est venue de jouer leurs propres chansons.

"Très tôt, il nous a semblé évident que nous n'avions aucune idée de la technique du songwriting", de poursuivre the Edge. "Notre manière de nous glisser dans le songwriting était de le rêver. Nous tentions d'imaginer comment les autres pourraient faire la chanson, les Clash, Lennon ou les Jam. L'instinct était tout pour nous, et ça l'est vraiment toujours."

La façon de chanter fascinante de Bono et les notes à la guitare de the Edge allaient devenir le premier signe distinctif du groupe.

"J'aime un joli son tintant à la guitare, et pour la plupart de mes accords, je trouve deux cordes et les fait vibrer sur la même note, de fait que c'est presqu'un son de 12 cordes", confiait-il, il y a des années. (NDLT : en français, on a pour les notes de solfège do, ré, mi, fa, sol, la, si, do… Lorsque l'on commence, on dit donner le « la », donc, en anglais, le « la » correspond à la première note soit « A » et on repart dans l'ordre français, ce qui donne – La = A, Si = B, Do = C, Ré = D, Mi = E, Fa = F et Sol = G). "Ainsi, pour obtenir un E (mi), je pourrais jouer B (si), EE (mi, mi) et B (si)."

Comme il n'aimait pas le son grave de sa guitare Gibson Explorer, Edge s'est concentré sur les notes hautes des cordes de celle-ci, donnant à sa musique des pointes aigües séduisantes. C'est le brillant accord claironnant de sa guitare qui a injecté une riche et irrésistible qualité dans "I Will Follow", la pièce maîtresse de l'album des débuts du groupe, sorti en 1980, Boy.

Les paroles de cette chanson, avec l'imagerie de "I was lost, but I am found", sont un lieu commun sur la page, mais s'envolent dans l'énergie et l'optimisme juvénile du morceau.

Les membres de U2 ne s'imaginaient pas songwriters avant leur 3e album, sorti en 1983, War.

Avant de débuter ce projet, Edge, le musicien le plus talentueux du groupe, avait passé trois semaines à tenter d'assembler des idées musicales de sorte qu'ils ne commenceraient pas vraiment à partir de rien en répétition. Deux de ces idées allaient donner "Sunday Bloody Sunday" et "New Year's Day", des chansons qui allaient élever le groupe vers de nouveaux sommets.

"Mon boulot consiste à trouver une image qui, en quelque sorte, évoque la musique", souligne Bono, "et, c'était facile pour 'New Year's Day.' Les notes du piano étaient glaciales et la partie à la basse par Adam nous dit que cela se passe à l'extérieur, pas à l'intérieur."

Debout en studio, en ce jour de 1982 alors que U2 finalisait "New Year's Day", Bono a eu cette image mentale de Lech Walesa, le leader de Solidarnosc, debout dans la neige, le 1er janvier, menant une grève de travailleurs. Elle a résonné en lui.

Les membres du groupe avaient traversé des épreuves et ils n'étaient plus sûrs de vouloir poursuivre ensemble. Leurs valeurs spirituelles semblaient en contradiction avec le style de vie du rock, mais ils finirent par comprendre qu'ils pouvaient utiliser la musique pour partager leurs croyances. Comme si le groupe débutait à nouveau.

Sur un arrière-plan musical léger, Bono assemblait un message sur un nouveau départ et la solidarité, un message d'innocence et d'espoir.

Pour "Sunday Bloody Sunday", l'autre titre phare de l'album War, l'idée pour la chanson comme pour son titre et les accords de base sont venus de the Edge. La mélodie et le cadre militarisant combinés à un soupçon d'inspiration des Clash furent ajoutés en studio.

"L'idée était d'obtenir le contraste entre le Bloody Sunday (dimanche sanglant), au cours duquel 13 manifestants pacifistes irlandais ont été tuées par les troupes militaires anglaises, et le dimanche de Pâques", d'expliquer Bono. "À l'époque, je venais de commencer à découvrir le principe de la non violence, et il y a également une part de cela dans ce morceau."

L'ouverture de la chanson :

I can't believe the news today (Je ne peux croire les nouvelles du jour)
I can't close my eyes and make it go away (Je ne peux pas fermer les yeux pour les faire disparaître)
How long, how long must we sing this song ? (Combien de temps, combien de temps, devrons-nous chanter cette chanson ?)

Lorsque War est sorti, U2 avait largement été salué comme le meilleur jeune groupe de rock, depuis une éternité. Pourtant, son songwriting restait en questionnement. "Sunday Bloody Sunday" et "New Year's Day" étaient de bons débuts. Mais où était son "Let It Be" ?

Ils le trouvèrent l'année d'après.

Blues et prières

Hommage à la doctrine de non violence prônée par le révérend Martin Luther King Jr., "Pride (In the Name of Love)" a été le premier single du groupe à figurer dans le Top 40 U.S. Dans celui-ci, l'art et la spiritualité se rejoignent.

U2 travaillait, alors, avec les producteurs Brian Eno et Daniel Lanois, qui encourageaient le groupe à adopter des textures musicales encore plus majestueuses et atmosphériques.

Pour "Pride", la musique semble aussi majestueuse que les cloches d'une cathédrale alors que Bono chante :

Early morning, April 4 (Tôt le matin du 4 avril)
Shot rings out in the Memphis sky (Des coups de feu retentissent dans le ciel de Memphis)
Free at last, they took your life (Libre, enfin, ils t'ont ôté la vie)
They could not take your pride (Ils n'ont pas pu prendre ta fierté)

Le chef d'œuvre du groupe – et le premier album purement rock à remporter le Grammy du meilleur album depuis celui des Beatles, Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band – n'était qu'à quelques mois d'achèvement.

L'Amérique exerça une fascination sur U2 durant la tournée qui allait précéder l'album The Joshua Tree.

Alors que les influences musicales de ses débuts incluaient Bob Marley, Elvis Presley, Bruce Springsteen et un grand nombre de groupes punk et post-punk tels les Clash, les Sex Pistols, Television et Patti Smith, sa période aux Etats-Unis allait l'amener à explorer les racines blues et les sons country qui avaient contribué à la naissance du rock.

Tout au long de la tournée, Bono a lu, dévorant les œuvres de romanciers, dramaturges et poètes américains tels Flannery O'Connor, Tennessee Williams, Charles Bukowski, Sam Shepard et Allen Ginsberg, parmi des centaines d'autres. Tout cela l'avait aidé à devenir plus intime et intuitif en tant qu'auteur. Et les saintes écritures étaient, comme ça avait toujours été le cas depuis le début, une constante source d'inspiration.

Le fruit de l'exploration du groupe allait donner The Joshua Tree, dont "I Still Haven't Found What I'm Looking For" récolterait une nomination au Grammy du disque de l'année.

Comme "Where the Streets Have No Name," "Looking For" est un rock épique construit autour de la guitare enivrante de Edge, l'impression de marche /défilé militaire donnée par la batterie de Mullen et la séduisante offensive des accords de la basse de Clayton. En termes cinématographiques, l'équivalent serait un événement en technicolor et en 16/9e.

Les paroles de Bono soulignaient la quête d'une soif de satisfaction et de salut :

I have run I have crawled (J'ai couru, j'ai rampé)
I have scaled these city walls (J'ai escaladé les murs de cette ville)
Only to be with you (Uniqument pour être avec toi)
But I still haven't found (Mais je n'ai toujours pas trouvé)
What I'm looking for. (Ce que je recherche)

Songwriters - U2 - 'Là où finit l'art et où intervient l'âme' (Part I)

Songwriters - U2 - 'Là où finit l'art et où intervient l'âme' (Fin)

(à suivre)

Voir en ligne : LA Times

U2 France

Stephen McRobbie est peut-être le meilleur symbole de l’indépendance musicale écossaise

Le 23 juin 2016, 62% des Ecossais votaient à contre-courant du reste du Royaume-Uni pour rester dans l’Union européenne et relançaient ainsi le débat sur l’indépendance de leur pays. L’Ecosse soulignait alors une nouvelle fois sa singularité culturelle, elle qui, tout en se fondant dans la masse britannique, n’a jamais renoncé à ses traditions, aussi folkloriques soient-elles. Et la musique ne fait pas exception. Avec leurs cornemuses et leurs danses traditionnelles, les Highlands ont le pouvoir de nous projeter instantanément dans un épisode grandeur nature de la série Outlander – formidable plaisir coupable télévisuel sur fond de révolte jacobite. Mais la musique écossaise est loin de se limiter à quelques (beaux) joueurs de pipeau en kilt et ce n’est pas la ville de Glasgow qui va nous contredire. Belle & Sebastian, The Jesus & Mary Chain, Primal Scream, Teenage Fan Club, Camera Obscura, Chvrches… On ne compte plus les artistes originaires de cette cité post-industrielle au charme que l’on qualifiera poliment de discret.

Glasgow, underground résistance

Si nombre d’entre eux ont préféré s’exiler à Londres pour signer sur de prestigieux labels indés (Franz Ferdinand chez Domino, Hudson Mohawke et Rustie chez Warp…), d’autres ont fait le choix de rester dans leur ville natale, qui a su développer ses propres infrastructures pour soutenir sa scène musicale et attirer de nouveaux talents. Si Postcard Records (Josef K, Orange Juice) et Chemikal Underground (Mogwai, Arab Strap) ont montré la voie dès les années 80, c’est aujourd’hui une myriade de micro-labels hyperactifs, souvent initiés par les artistes eux-mêmes, qui prouve qu’il n’est pas nécessaire de s’en remettre à l’ autorité anglaiss pour se faire connaître hors des frontières british : Rock Action (créé par Mogwai), LuckyMe (le collectif de Hudson Mohawke), les références électro Numbers et Optimo Music… Les initiatives ne manquent pas.

A force de projets communs, tout ce petit monde finit par graviter autour des mêmes lieux, parmi lesquels le mythique Sub Club, le disquaire électro Rubadub, ou encore le café-concert 13th Note.

Stephen McRobbie, légende tranquille

Stephen McRobbie, leader du groupe légendaire The Pastels et figure emblématique de la scène glaswégienne, a ainsi créé il y a quelques années Mono, un espace polyvalent abritant à la fois un disquaire rock (Monorail), une salle de concert, un délicieux restaurant vegan et un bar avec des DJ sets tous les soirs. Monté en collaboration avec Craig Tannock, le propriétaire du 13th Note, Mono a été conçu à l’ancienne, comme un “espace municipal ou une bonne bibliothèque publique”. A l’origine, un désir commun et un besoin essentiel d’ “avoir des infrastructures locales permettant de créer un contexte favorable à la naissance de grandes créations artistiques. Ou peut-être parfois pas si grandes” ironise McRobbie.

“Nous mettons la communauté au cœur de ce que nous faisons. Glasgow a une communauté artistique et musicale forte, qui s’entrecroise et se rencontre autour de lieux tels que Monorail et Mono.”

Egalement fondateur du label rock Geographic, Stephen a su s’entourer d’une belle équipe de couteaux suisses : son associé Dep a son propre label de grassroots Watts of Goodwill, Eilidh joue dans le duo punk Sacred Paws signé chez Rock Action, Michael fait partie de trois groupes et dirige le label Night School…  “Tous ceux qui travaillent ici sont aussi impliqués dans la communauté musicale locale d’une autre manière. Nous essayons de nous soutenir les uns les autres. “

Une équipe multitâche et soudée, donc, qui a su faire de Mono un lieu de rencontre et de partage, sans aucune velléité branchouille et où les familles se mêlent joyeusement aux étudiants :

“Ici nous détestons l’élitisme et nous voulions un vrai mélange social et un espace accueillant”.

Une ligne de conduite engagée qui a fait de Mono l’un des centres de gravité de la vie culturelle weedgie et qui caractérise parfaitement une scène artistique “ouverte d’esprit, qui se soutient et accepte à contrecœur de se faire peu d’argent avec tout ça“. Depuis plus de trente ans, Glasgow compense son âpreté architecturale par une scène culturelle vibrante et solidaire, qui n’a besoin de personne pour subvenir à ses besoins, mais reste avide d’échange et d’ouverture, à l’image d’une Ecosse qui n’a jamais vécu ses revendications identitaires comme un repli sur soi. “S’impliquer, observer, être là – c’est une question d’amitié, de politique égalitaire et de construire quelque chose pour l’avenir “, analyse McRobbie. Des valeurs capables de renverser n’importe quel Brexit.

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À Rock en Seine, musique et brumisateurs

À Rock en Seine, musique et brumisateursLa canicule est également l'invitée-surprise du festival Rock en Seine. Au programme : musique, spectateurs en quête de fraîcheur et sécurité renforcée.

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10 albums de jazz pour la rentrée

Le trompettiste israélien Itamar Borochov (© Aviram Valdman)

Joshua Redman & Brad Mehldau, Nearness

Ces deux-là entretiennent une amitié dont les ramifications sont profondes et qui excède la sphère professionnelle. Avec des esprits aussi supérieurs que Joshua Redman et Brad Mehldau, pareille complicité ne pouvait cependant manquer de devenir musique, et c’est bien ce qui charme à l’écoute de ce magnifique album live, leur premier en commun : l’impression d’une unité acquise par la confiance et la bienveillance plutôt que par la rivalité, la poésie douce des improvisations tentaculaires de Mehldau unie aux vols planés tranquilles et aux blues insouciants de Redman. Un indispensable, à se procurer dès le jour de sa sortie, le 9 septembre.

David Helbock Trio, Into the Mystic

Ouvrir son album par une réinterprétation de la célèbre marche de la 7ème de Beethoven, poursuivre avec des variations sur le thème héroïque de Star Wars pour revenir ensuite au A Child Is Born de Thad Jones, il faut un certain culot. Mais David Helbock est assez malin pour ignorer l’esbroufe et résister au pastiche. Tout au contraire, le pianiste autrichien réussit admirablement à enchaîner ses propres compositions, d’ailleurs superbes, autour de ces thèmes divers, et à bâtir, avec l’aide de Raphael Preuschl au ukulele basse et Reinhold Schmölzer à la batterie, un ensemble homogène et enthousiasmant, plein de surprises et de ravissements.

Nels Cline, Lovers

L’approche pudique, la peinture par touches et la féerie sans ostentation rappellent d’emblée la manière de Chet Baker ou Bill Evans. Cultivant un romantisme non pas timide mais tout d’intériorité, Nels Cline, ici accompagné par un orchestre élargi comprenant cordes, cuivres et vibraphone, réinvente le jazz feutré des années 50 et 60, celui que l’on jouait cool, en marge du bop. 18 titres, pour la plupart des standards, et une magie lancinante, persistante, que le guitariste maintient en fondant ses solos concis dans une très belle matière orchestrale. Sortie le 2 septembre.

Shabaka and the Ancestors, Wisdom of Elders

Sans forcément le savoir, on a beaucoup entendu Shabaka Hutchings au cours des derniers mois. Au sein des furieux Sons of Kemet, c’est lui qui sonnait la charge, et c’est lui encore que l’on a retrouvé à surfer dans les étoiles en compagnie des allumés de The Comet Is Coming. Beau pedigree, avant-gardiste et iconoclaste. Mais avec Wisdom of Elders enregistré en un seul jour avec l’aide de musiciens sud-africains, le saxophoniste anglais monte encore en puissance. Comme possédé par une énergie spirituelle brute, quasi menaçante, Shabaka convoque les transes free au cœur des mystères africains. Fascinante, la vibration qui en résulte magnétise à la façon d’un fétiche impénétrable. A paraître le 16 septembre.

Marius Neset & London Sinfonietta, Snowmelt

A chaque fois, c’est le même éblouissement. Snowmelt a beau constituer le troisième projet publié par Marius Neset en 18 mois, on est à nouveau saisi par la hauteur de ses vues autant que par son swing ardent, rapide et survolté comme les poings d’un boxeur au sommet de son art. Crânement, le saxophoniste norvégien s’est confronté aux tessitures chatoyantes du London Sinfonietta. Il en a tiré d’amples compositions marquées par les modernités percutantes de Bartók, Stravinsky ou Prokofiev, succession de virevoltes barbares et d’apaisements solaires qu’il a lui-même orchestrée avec maestria et un sens aigu du sublime. Une fois encore, on met donc chapeau bas.

Will Calhoun, Celebrating Elvin Jones

Tous ceux qui ont eu le bonheur de le voir un jour sur scène le confirmeront : Elvin Jones, en plus d’être un batteur foudroyant, était un sage charismatique d’une générosité exceptionnelle. Sur les traces de son swing polyrythmique à l’inventivité foisonnante, Will Calhoun, batteur de Living Colour, choisit judicieusement de célébrer moins l’artificier du célèbre quartet de John Coltrane que le batteur-compositeur qui continua de s’accomplir après cette expérience fondatrice. Renforcé par les présences de Jan Hammer et du regretté Doudou N’Diaye Rose, son groupe possède la solidité nécessaire pour recréer au mieux les grands instants du maître, ainsi son monumental Dolls of the Bride.

Avishai Ornoy, Sneakin’ In

La flûte, quand ça joue binaire derrière, se retrouve vite associée à un imaginaire 70s certes sympathique mais suranné. Parce qu’il navigue avec décontraction entre jazz, blues et funk – lui qui vient du classique et est passé par le klezmer ! -, il serait ainsi tentant de rapprocher le style d’Avishai Ornoy de celui adopté par Herbie Mann ou Yusef Lateef dans leurs productions les plus faciles. Mais cette impression ne dure pas. Ici, le groove est contagieux et quant à la simplicité, elle n’est que de façade. Au soprano comme à la flûte, aucun déchet, aucune note en trop dans les saillies d’Ornoy, délectables jusque dans les titres les plus contrastés (Bipolar, First Rain) d’un album décidément futé.

John Scofield, Country for Old Men

Contrairement au jazz, la musique country repose généralement sur des accords non enrichis et des mélodies évidentes. Quand elle consent à se hisser par-delà le sirop, le foin à bestiaux et les costumes à paillettes, elle inspire pourtant un sentiment étrange, mélange de foi innocente et de cafard sans remède, comme si le diable était entré dans la grange et n’allait plus vous lâcher d’une semelle. Un sentiment que John Scofield excelle à transmettre, même lorsqu’il mène son Hank Williams en bop ou reprend le thème traditionnel de Red River Valley en mode néo-punk. Dans sa charrette, le guitariste place encore Dolly Parton, Merle Haggard ou James Taylor, tous réorientés vers des jazz sinueux et imprévisibles. Un album de maître, à paraître le 23 septembre.

Itamar Borochov, Boomerang

Mélopées orientales de la liturgie juive, hard bop trempé au gospel de Lee Morgan, déchirement extra-tonal de John Coltrane, toutes les sources d’inspiration d’Itamar Borochov renvoient à un même émerveillement de la présence du divin dans le monde. Pour le trompettiste israélien établi à New-York, la musique doit traduire cette illumination, recueillir à son tour une trace de cette transcendance, mouvement d’aller-retour qu’il conçoit comme celui d’un boomerang. Aussi le jazz de son quartet impressionne-t-il par sa spiritualité sereine, donnant l’impression, lorsqu’il joue, d’élargir l’espace jusqu’à une beauté limpide. Sortie le 7 octobre.

Iro Haarla, Ante Lucem

Encore un disque symphonique, à croire que pour cette rentrée 2016, de nombreux artistes de jazz se sont lancés le défi de substituer de grands orchestres aux petites formations qu’ils privilégient d’ordinaire. Cette fois, il s’agit d’une oeuvre unique, divisée en quatre parties et brillamment composée par la pianiste et harpiste Iro Haarla. Privilégiant les variations d’intensité et les oppositions de clarté et d’obscurité, Haarla déroule une fantaisie volontiers sentimentale, sorte de songe d’une nuit nordique teinté d’un romantisme qui ne dédaigne pas le fantastique et stimule ardemment l’imagination. A paraître le 2 septembre.

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Les 7 clips qu’il ne fallait pas rater cette semaine

capture d'écran Youtube/GaspardRoyant

DJ Shadow Nobody Speak (feat. Run The Jewels)

DJ Shadow publie clairement le meilleur clip de la semaine. On y suit un débat politique un peu particulier, avec une grosse baston à la clé. Killer Mike, de Run The Jewels (en feat. sur le titre), a dit ceci à propos de ce clip réalisé par Sam Pilling : “J’espère vraiment que c’est ce qui arrivera entre Trump et Hillary. (…) Et je pense que Hillary gagnerait.” Et paf.

Kaviar Special Starving

En concert ce week end à Rock en Seine, les mecs de Kaviar Special ne prennent pour autant pas la grosse tête. Dans leur nouveau clip, pour le morceau Starving, ils enchainent les situations absurdes et crados avec un fond vert et beaucoup d’idées à la con. C’est plutôt cool.

The Avalanches Subways

2016, c’est le grand retour du collectif australien The Avalanches. Et pour faire les choses bien, ils se payent les services des graphistes français Mrzyk & Moriceau, qui leur ont mijoté un clip animé bien foufou pour Subways. Niveau de drôlerie et de surréalisme : 100%.

Jorrdee Coller au rythme

Kevin Elamrani-Lince a encore frappé.

Santoré Another Man

Comme quoi, un groupe peut se mettre en scène dans son propre clip sans être relou. Ici, les frères Gouny alternent séquences classiques (eux en train de jouer) et délires de mise en scène très dans l’air du temps, mais très efficace visuellement. Des jouets défilent, un mec danse, ça tourne, ça gigote, il y a plein de couleurs, c’est très ludique et très chouette – bref, c’est à l’image du morceau que tout ça illustre.

Miike Snow My Trigger

Après lui, Ninian Doff réalise un nouveau clip pour les Suédois de Miike Snow. Même del, en gros : un truc très sérieux – une intrigue du genre politique – qui part en sucette avec des choré de comédie musicale. La vie devrait plus souvent ressembler à ça.

Gaspard Royant 7″ Club

Un gang de filles en motos, un gang de mecs en scooter, des looks bien badass de mods et de bikeuses : il y a tout ça, eh oui, dans ce mini road movie de Gaspard Royant pour son nouveau single, 7″ Club. Une petite leçon de style pour les amateurs de rock à l’ancienne.

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M Pokora a-t-il copié Bruno Mars ? Critiqué, le chanteur met les choses au clair

M Pokora a-t-il copié Bruno Mars ? Critiqué, le chanteur met les choses au clairNouveau coach de "The Voice Kids" saison 3, M Pokora a lancé son nouveau clip cette semaine. Pour sa reprise de "Cette année-là" de Claude François, le chanteur a misé sur une ambiance funky. S'est-il un peu trop inspiré de Bruno Mars, comme le pensent les internautes et les médias ? Le chanteur a tenu à mettre les choses au clair dans un message publié sur Twitter.

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M Pokora reprend Cette année-là de Claude François

M Pokora reprend Cette année-là de Claude FrançoisVIDÉO - L'interprète d' Envole-moi revient en se glissant dans la peau de… Cloclo. Admirateur du travail de son aîné, le chanteur a repris l'un de ses tubes les plus mythiques.

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Patrick Fiori: «J’ai les meilleurs talents dans mon équipe!»

Patrick Fiori: «J’ai les meilleurs talents dans mon équipe!»CE SOIR À LA TÉLÉ - Le chanteur corse est de retour dans le jury de la nouvelle saison de The Voice Kids , sur TF1, auprès de Jenifer et de M Pokora, lequel remplace Louis Bertignac.

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Rock En Seine 2016 : les meilleurs concerts du vendredi 26 août

Rock En Seine 2016 : les meilleurs concerts du vendredi 26 aoûtVéritable institution musicale depuis sa première édition en 2003, le festival Rock En Seine investit pendant trois jours le parc national de Saint-Cloud avec une fréquentation qui dépasse les 100 000 personnes aujourd'hui. Pour ce premier jour d'ouverture, (re)vivez les concerts de Bastille, Brian Jonestown Massacre et bien d'autres.

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