Actu musique

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Quelque part entre l'Australie et la Bosnie-Herzégovine, il y a Hector Gachan (ton nouveau meilleur pote)

“La chanson ‘Balkan Boy’ c’est, en gros, moi quittant Sarajevo pour Sydney à 19 ans et me retrouvant comme un no land man”, lâche Hector Gachan dans un fou rire, avant de renchérir quelques secondes plus tard : “Un no land man, mec ! Tu vois le jeu de mots ? Je me suis senti comme un outsider.” Il peut bien s’esclaffer de l’autre côté du combiné, on devine les cicatrices.

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Le label Tigersushi sort la compilation "Musique ambiante française Vol.1"

L’ambient, dont la définition demeure aussi évanescente et atmosphérique que l’expérience d’écoute qu’elle sous-tend, bénéficie ces jours-ci d’une cote de popularité qui, au-delà de l’effet de mode, s’explique par la présence hégémonique de la techno dans la musique électronique : “L’ambient est le pendant de la techno, explique Joakim, le fondateur de Tigersushi à l’origine de la compilation. Il y a toujours eu dans les raves des chill-out rooms pour décompresser, les deux sont hyperliées et cette association est toujours valide.”

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Parcequ'on ne l'a jamais oubliée : réédition de la discographie de Lhasa De Sela dans un album intégral

Dans le deuxième album de Lhasa de Sela, The Living Road, il y avait cette chanson titrée Para el fin del mundo o el año nuevo, “Pour la fin du monde ou le nouvel an” – et ce furent les deux mon capitaine, puisque Lhasa a rendu l’âme à l’âge de 37 ans, vaincue par le cancer, le 1er janvier 2010. Un ange est passé. De son vivant, la chanteuse américano-mexicaine basée à Montréal a sorti trois albums : La Llorona en 1998, The Living Road cinq ans plus tard, puis Lhasa en 2009.

De l’histoire ancienne ? Sauf qu’on ne s’est jamais vraiment consolés de la mort de Lhasa, ni remis de ses chansons. Qu’on n’a jamais cessé d’y revenir, et qu’on envie ceux qui vont les découvrir maintenant, à la faveur de la réédition de sa discographie (aussi en vinyle pour le premier album), de la sortie d’un live inédit et d’un grand concert hommage à la Philharmonie de Paris.

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Le catalogue du label ECM est désormais disponible en streaming

Dans l’univers du jazz, des musiques improvisées et du classique contemporain, l’annonce a fait l’effet d’une bombe. Depuis le 17 novembre, la totalité du catalogue du label ECM est désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming, et les longs silences qui inaugurent une grande partie des enregistrements ECM depuis presque cinquante ans connaissent ainsi une nouvelle vie numérique. Sans parler des merveilles qui les suivent.

Enfin libre

Fondé en 1969 à Munich par Manfred Eicher et Karl Egger, ECM (acronyme de Edition of Contemporary Music) est devenu au film des années et des enregistrements mythiques l’une des cellules de création les plus singulières et fertiles de l’histoire de l’industrie musicale. Le premier album publié par ECM était signé du pianiste de jazz Mal Waldron, et son titre, Free at last, semblait un incipit parfait pour l’aventure qui allait naître. Très vite, les noms de Paul Bley, Gary Burton, Chick Corea, Don Cherry, Art Ensemble Of Chicago allaient agrandir cette écurie d’exception, sans parler de Keith Jarrett et son fameux Köln Concert de 1975, qui s’écoulera à plus de trois millions d’exemplaire et fera la fortune d’un label originellement voué à la confidentialité.

Mystérieux

En accueillant en parallèle des monstres de la musique contemporaine comme Steve Reich, ECM a élargi son champ d’influence, conduisant en 1984 à la création d’une division baptisée ECM New Series, dont la star absolue deviendra Arvo Pärt, compositeur estonien aussi prolifique que mystérieux, dont certaines œuvres comme Tabula Rasa, seront également des best-sellers.

Réputé pour la qualité sonore prodigieuse de ses enregistrements, pour ses œuvres savamment articulées ainsi que pour ses pochettes minimalistes et ses livrets riches en informations, ECM n’était pas a priori configuré pour le flux désordonné et intempestif de l’écoute en streaming. Mais les curieux un peu intimidés par le continent en soi que représente la firme indépendante allemande tiendront là une bonne occasion d’y tremper une oreille. Et il y a de fortes chances pour que certains d’entre-eux s’y noient à jamais, avec beaucoup de sensations fortes et de bonheur à la clé.

L'intégralité des enregistrements ECM est disponible sur Apple Music

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Voici venu “Souvenir”, le premier extrait du prochain disque de Feu! Chatterton

Il y a un peu plus de deux ans, Feu! Chatterton, l’association de cinq trublions (Arthur, Raphaël, Sébastien, Clément et Antoine), lâchait un premier album, Ici le jour (a tout enseveli) - la suite logique de leur EP Feu! Chatterton. En peu en amont de cette parution, on en profitait pour les rencontrer dans un luxueux studio de Göteborg (où ils enregistraient ce premier disque), pour parler de leur ascension fulgurante.

Seulement quelques mois après cette première entrevue, on en profitait, une nouvelle fois, pour s’entretenir avec eux, en marge de leur concert au Trianon de Paris. Une occasion toute choisie, alors que leur tournée battait son plein.

Retour à aujourd’hui ; jour choisi par la superformation pour (enfin) lâcher Souvenir, premier extrait d’un prochain disque à venir. Pour l'écouter, il vous suffit de vous rendre sur ce lien Apple Music. Comme on ne pas vous laisser finir ce papier sans rien écouter, voici un extrait que le groupe a partagé sur son compte Facebook :

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La Brabançonne by Damso ?

“Merci pour cette belle publicité les copains, là si j’annonce un album j’peux battre Orelsan qui sait ?” Ainsi s’exprimait Damso le 22 novembre en légende d’un post Facebook compilant plusieurs titres de presse sur “la polémique”. Le choix de l’Union belge de football de lui confier la composition de l’hymne des Diables rouges en vue du Mondial 2018 a fait grincer des dents. Surtout celles de Viviane Teitelbaum. Dans un billet de blog, la présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique donne un “carton rouge à Damso”.

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Vous aimez la musique africaine des années 70-80 ? Vous aimerez le label Habibi Funk

Dans les bacs, les amateurs de musiques un peu rares et exotiques ont commencé à repérer les disques du label Habibi Funk : belles pochettes sobres avec photo vintage en noir et blanc, et titres écrits en arabe sur la pochette. Tout concorde : en activité depuis 2015, ce label berlinois (émanation d’un autre label, Jakarta Records) a pour mission d’exhumer, compiler et rééditer des morceaux pop (au sens large, de l’ère pop) enregistrés dans les années 1970-80 dans le monde arabe, du Maroc au Soudan.

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The Jazz Butcher, Peter Broderick, NxWorries... en accéléré

Ce n’est pas seulement parce que les frimas l’imposent qu’il faut se gaver de sirop contre la toux. Quitte à l’allonger à la gnôle des campagnes, histoire de rendre plus flous les contours, léthargiques les sons, ralenties les visions. On en aura besoin pour accompagner de jolis disques assoupis. Avec ou sans Nils Frahm, Peter Broderick partage ce trait avec Max Richter : une capacité à enchaîner les projets tout en prodiguant la musique la plus apaisée, voire réparatrice, de l’époque. Comment peut-on ainsi tenir une allure de sprinteur punk tout en jouant à la façon d’un paresseux sur un arbre en mousse ? Ce qui sidère sur cet album compilant des projets sans liens (BO de films, musiques de ballet, pièces pour mariage…), c’est la cohérence de l’esprit et du son. L’Américain joue tout, c’est souvent mystérieux, nébuleux, mais toujours prenant. C’est surtout cette façon d’illuminer la mélancolie de l’intérieur, de faire sourire le spleen, avec cette discrétion laconique réservée aux amis de la nuit.

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Le compositeur Marc Mélia rend hommage au Prophet, avec ses "Music For Prophet"

Il y a les groupes qui écrivent leurs albums sur une histoire d’amour passée, ou ceux qui les dédient à un être cher. Et puis il y a Marc Melià, compositeur né à Majorque désormais implanté à Bruxelles, dont les onze titres du premier album ont été créés en l’honneur du Prophet, l’un des synthétiseurs phares de la musique analogique.

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Tommy Keene, mort d’un chanteur discret

C’était un nom qui n’occupait jamais les têtes d’affiche, mais qui figurait souvent sur les pochettes de ses amis Paul Westerberg, Robert Pollard ou Peter Buck de R.E.M. Tommy Keene, qui vient de mourir dans son sommeil à l’âge de 59 ans, était une figure constante de ce genre typiquement américain qu’est la power-pop, auteur d’une douzaine d’albums solo en 40 ans de carrière, après avoir commencé comme guitariste au sein des oubliés The Rage ou The Razz de Washington D.C.

Originaire du Maryland, Keene aurait rêvé devenir guitariste de Bruce Springsteen, son idole, mais il devra se contenter d’occuper l’ombre d’artistes moins célèbres et de bâtir une petite œuvre estimable qui ne dépassera jamais vraiment les frontières U.S., à l’intérieur desquelles il tournait inlassablement, souvent en première partie des Replacements ou de Matthew Sweet. En 1984, il avait frôlé la gloire avec Places that are gone, extrait du EP du même nom, qui se classa parmi les meilleures ventes des charts indépendants durant quelques semaines.

Ce coup de projecteur lui avait valu de signer chez Geffen pour deux albums aux succès mitigés. Une fois ce coche raté, il poursuivra à son rythme une carrière de songwriter plutôt plaisante, formant en parallèle un éphémère duo avec Robert Pollard (Guided By Voices) sous le nom de The Keene Brothers.

Tommy Keene avait publié son dernier album, Laugh in the dark, en 2015.

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