Actu musique

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Hyacinthe, le rap français entre violence et tristesse

On l’avait senti dès le clip de Sur ma vie. Dévoilée en avril, la vidéo montrait Hyacinthe errant en soirée au milieu de ses potes, des représentants d’une scène parisienne en pleine effervescence : les Casual Gabberz, les Pirouettes, Krampf, Jok’Air, L.O.A.S… Autant de noms qui devraient commencer à vous dire quelque chose, tant leur influence se ressent de plus en plus sur la musique fr…

Les Inrocks - musique

"Inner City Dream" : Une dernière dose de soleil fourni par Wesley Fuller

Depuis que James Bagshaw, le chanteur des Temples, a débroussaillé la sienne, la plus belle afro du circuit pop revient désormais à Wesley Fuller, Australien de 26 ans à la chevelure aussi effervescente que son tout jeune répertoire. Car, à l’image de cette spectaculaire coupe de douilles, difficile de passer à côté de morceaux tel #1 Song, imparable single qui aurait en effet bien mérité…

Les Inrocks - musique

Stop aux baisers forcés

Le 16 septembre, alors que le groupe canadien Alvvays est sur scène à Anvers, un homme déboule, essaie d’embrasser la chanteuse Molly Rankin en l’attrapant par le cou, échoue, n’insiste pas, mime la confusion, et disparaît. Sur les vidéos disponibles sur YouTube, Molly Rankin a l’air décontenancé. Il est facile d’imaginer une bande de gros lourds se poussant du coude en se défiant d’aller rouler u…

Les Inrocks - musique

Les anglais de Wolf Alice se la jouent Californiens dans "Visions of a Life"

La carrière du groupe ressemble à une success-story d’autrefois : sorti de presque nulle part en 2015, le premier album, My Love Is Cool, affole le public britannique et parvient même à taper l’incruste dans les charts US. Depuis, le groupe londonien a assuré deux années de tournée mondiale effrénée, et le retour en studio aurait pu être laborieux. Pourtant, les quatre têtes brûlées ont t…

Les Inrocks - musique

Curls, Girls In Hawaii, Torres, en accéléré

C’est “Emotion”, premier morceau d’un nouveau groupe, Curls, qui passe en boucle dans mon casque cette semaine. Enfin, pas si nouveau puisque son leader n’est autre que Christopher Owens, génie qui sortit des chansons à se rouler par terre avec Girls. Il faudra attendre le 7 novembre pour s’emparer du fruit de sa nouvelle aventure collective : un ep baptisé Vante (Urban S…

Les Inrocks - musique

Oscar And The Wolf revient avec un album sombre et effronté

Trois ans après Entity, premier album à la beauté trouble, Max Colombie, alias Oscar And The Wolf, bombe le torse. Epaulé par le Français Jeroen De Pessemier (ex-The Subs) et l’Américain Noah Breakfast (âme damnée de Ty Dolla $ign, Santigold ou Christine And The Queens), le musicien a troqué les vertiges de l’éther pour une came plus musclée : une EDM canaille teintée de beats priapiques…

Les Inrocks - musique

Tout l'univers du folklorique duo DAF à redécouvrir avec le coffret “Das ist DAF“

Pour justifier les slogans politiques plus que borderline dans les paroles de DAF, Gabi Delgado disait détourner des éléments de langage qui envahissaient les médias. Il ne s’en est jamais excusé pour autant : quand il assénait “nous sommes les Turcs de demain” ou “danse l’Adolf Hitler, le communisme et le Mussolini !”, ce fils d’immigrés espagnols qui zonait dans la Ruhr entenda…

Les Inrocks - musique

Gili Yalo sort le clip de son premier single "Selam"

L'éthiopien Gili Yalo, maintenant installé à Tel Aviv dans la bande des Buttering Trio ou Raw Tapes, sort le clip de son premier single Selam, réalisé par Guy Bolandi. Il y fait danser les enfants et les habitants de son village en Ethiopie, et risque également de vous faire vous dandiner devant votre ordinateur. Avec un son moderne à la croisée des genre, à la fois ethio-funk, fusion, et jazz, Gili Yalo débarque en France.Il sera pour la première fois aux Trans Musicales de Rennes en décembre prochain. Son album est prévu pour le 24 novembre.

On en parlait il y a quelques jours, pour retrouver la programmation complète, très internationale et pointue des Trans de Rennes, c'est ici.

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Shed Seven de retour avec un single… et une bière

Si vous n’étiez pas nés au début des années 90, il y a de fortes chances pour que le nom de Shed Seven ne vous dise à peu près rien. Actif pendant toute la décennie, ce groupe originaire de York est demeuré depuis dans l’angle-mort de la Britpop, n’ayant jamais obtenu le ticket de la postérité que poinçonnent encore les Stone Roses, Blur, Oasis ou Pulp. Avec ses quatre albums publiés entre 1994 et 2001, puis une séparation dans l’indifférence absolue, Shed Seven a surtout laissé le vague souvenir d’un soutier de deuxième rideau, capable de quelques fulgurances (le single Going for gold), mais généralement cantonné à des rôles de figuration dans la dernière grande bataille musicale d’Angleterre.

Reformé en 2007 le temps d’un Best of et d’une tournée qui ne dépassa guère les frontières d’Albion, ils remettent ça dix ans plus tard, avec cette fois un nouvel album à paraître en novembre, Instant pleasures, dont ils viennent de révéler le premier extrait, le très bluesy et épais Room in my house.

Après s’être brièvement distingués dans les tabloïds en accusant l’ex-One Direction Harry Styles d’avoir plagié la pochette de leur single Ocean Pie pour celle de son premier album solo, ils finissent toutefois par amuser la galerie en annonçant en parallèle à leur nouvel album le lancement de leur propre marque de bière, baptisée Going for gold, disponible toutefois pour une durée limitée (jusqu’au 22 octobre) dans les pubs Nicholson au Royaume Uni. On se demande s’il ne vaut d’ailleurs pas mieux les boire que les écouter.

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Grâce au nouvel album de Safia Nolin, vous allez adorer être triste

Quand Kurt Cobain est mort, Safia Nolin était un petit bébé. On ne sait pas à quoi elle ressemblait, mais peut-être qu’elle avait les cheveux blonds filasses un peu gras, le teint blême et une brassière à carreaux de bébé bûcheron. Parce que, quand on a entendu les chansons de Safia Nolin sur son premier album, Limoilou, on a beaucoup pensé à Kurt Cobain et au journal dans lequel il racontait son enfance de galeux. A Québec d’où elle vient, Safia Nolin a subi à hautes doses la solitude, le harcèlement des autres gamins, les changements d’école, la séparation de ses parents et le racisme (elle a longtemps porté le nom de son père d’origine algérienne, Nolin est le nom de sa mère). Harry Potter était son meilleur ami – elle a d’ailleurs gardé ses lunettes. Safia adorait Britney Spears, les Backstreet Boys ou Céline Dion (elle a même pleuré quand Céline a annoncé qu’elle faisait une pause dans sa carrière pour devenir mère) et se rêvait chanteuse, mais sans savoir chanter.

“Puis à 16 ans, ma voix s’est placée du jour au lendemain, je ne sais pas pourquoi. J’ai lâché l’école à cet âge-là, et l’année suivante j’ai appris la guitare avec internet. Dès le début, je voulais être populaire. J’ai commencé à poster des reprises sur internet, pour devenir amie avec Miley Cyrus et les Jonas Brothers.” Comme cette version un peu ingrate du Bad Romance de Lady Gaga à l’automne 2009, encore visible sur YouTube. Mais les pop-stars n’ont pas contacté Safia Nolin.

“J’étais folle, je pense“

L’année suivante, elle hiberne dans une grosse dépression, ne sort plus de chez elle et ne touche plus sa guitare. “J’étais dans un état dégueulasse, je n’avais rien.” Et rien à perdre non plus quand, en une demi-heure, elle compose sa première chanson originale, Igloo, où il est question de “faire une rivière de mon igloo”. “Je venais de recommencer à jouer de la guitare, c’est comme si j’avais découvert en même temps la musique et l’écriture. Cette chanson est à part, je ne comprends pas d’où elle est sortie. J’étais folle, je pense.” Deux autres chansons suivent. En 2012, sa mère l’inscrit à un festival de chanson à Granby. Elle chante une de ses compositions, La Laideur, et tout devient plus beau. Son interprétation lui permet de rencontrer des musiciens, de prendre confiance en elle, de préparer puis d’enregistrer son premier album, de faire de son igloo une rivière où elle nage enfin dans le sens du courant.

Ce premier album, on l’a découvert quand il est sorti ici en catimini il y a pile deux ans. Et on a donc pensé à Kurt Cobain, à ce qu’il aurait pu devenir et chanter s’il ne s’était pas fait sauter le caisson. Du folk fragile de naufragé, des chansons bouteilles à la mer auxquelles on a pu s’accrocher comme à des bouées. Parce que Safia Nolin est une femme, et québécoise, on a aussi pensé à Cat Power et Lhasa. Ou à la scène indé slow-core des années 1990, tous ces musiciens dont les coups de blues étaient trop sincères et languides pour être misérables. Safia Nolin a touché un public. Elle a un peu tourné en France (notamment en première partie de Lou Doillon). Au Québec, où elle a récemment sorti un album de reprises de chansons locales, elle est même devenue une sorte de vedette au statut pas toujours aisé (au moins pour les autres), le cul entre deux chaises, entre le monde la chanson québécoise et celui de la musique indé. Entre Céline Dion et Kurt Cobain, quoi (“Il y a un côté grunge chez Céline”, ose-t-elle).

Limoilou ressort en France

Drôle de jet-lag : si on rencontre Safia Nolin aujourd’hui, c’est parce son album ressort ces jours-ci en France, avec un peu plus de moyens. “Ces six derniers mois, j’ai passé plus de temps en France qu’au Québec. Ça arrive à un moment de ma vie où j’ai vraiment besoin de sortir du Québec, ça me motive et ça me fait du bien.”

L’hiver prochain, elle enregistrera son prochain album, qu’elle souhaite dans la lignée de Limoilou.

“Je l’ai réécouté il y a deux-trois mois et je me suis dit ‘calice, c’est dark !’. Des gens me le disaient et avec le recul, j’ai pesé la lourdeur, c’est quand même triste… Quand je l’ai fait, j’étais perdue, je n’avais pas la maturité, ni dans la musique, ni dans ma vie. J’ai grandi, mais j’ai encore besoin de puiser dans la tristesse pour en sortir et avancer dans la vie. Ce disque a changé ma vie, mais je ne me sens pas en décalage par rapport aux chansons, elles me font encore de l’effet.”

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