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Pour sa tournée “The Wall” de 1980, dans des stades survoltés, les Anglais font voler des cochons gonflables ou s’écraser un avion de chasse. Ce nouveau genre scénique, théâtral et “total”, révolutionne le show musical. Une déflagration.

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Lescop : “PNL représente davantage la société que moi”

Lescop sur la scène de la Montagne, lors du festival Musilac. Crédit : Breysse / Musilac 2017.

Quelques minutes avant son passage sur scène, Lescop ne laisse rien transparaître des ses émotions. Au bord du lac du Bourget, le chanteur révélé en 2011 avec le morceau La Forêt semble inaccessible à la torpeur qui l’entoure. D’un calme marmoréen avec son tee-shirt blanc et ses lunettes noires, le natif de La Rochelle raconte la genèse de son deuxième album : Echo. Centré sur des personnages qui semble tout droit échappé de Twin Peaks, cet album à la beauté glaçante dévoile une nouvelle facette de l’ancien chanteur du groupe Asyl. Loin de l’étiquette d’héritier d’Etienne Daho trop souvent rattachée à lui, Mathieu Peudupin (de son vrai nom) s’épanche ici sur ce tournant musical. Ou encore sur la photographie, PNL et Damso.

Entre ton premier et ton second album, il s’est écoulé quatre années. Qu’as-tu fait durant cette période ?

Lescop – J’ai passé deux ans en tournée puis j’ai pris un peu de temps pour moi, ce que je n’avais pas eu le temps de faire jusque là. J’ai également commencé à écrire un scénario de film, qui sera peut-être destiné à devenir une série en fin de compte. J’avais besoin de faire autre chose que de la musique. Je me suis remis à écrire par tâtonnements.

Pour la création d’Echo, tu t’es fixé un rythme d’un morceau par jour, ce n’était pas trop stressant ?

Ce processus est venu à partir du moment où j’en avais assez de faire et de refaire des versions différentes des mêmes morceaux qui me convenaient pas, aux alentours de l’été 2015. Je me suis dit qu’il fallait que j’avance, et pour avancer vite, autant aller vite. A partir du moment où j’ai adopté cette méthode, tout s’est enchaîné.

L’écriture de scénario, cela fait longtemps que tu y aspires, c’est en train de se réaliser ?

C’est en train de prendre forme oui. C’est toujours un peu long. Mais l’écriture est terminée. J’ai toujours été un perfectionniste, certains diront maniaque, c’est mon côté Asperger. Dans ma tête tout est clair mais la matérialisation concrète prend beaucoup du temps avant que j’en sois pleinement satisfait.

Et quel est le fil rouge ?

C’est un polar assez froid et sombre. Une traversée d’une ville d’Angleterre de nuit. Quelque chose qui se situerait entre les films de Jean Pierre Melville et les Warriors.

Tu avais enregistré ton premier album (Lescop) en Angleterre et le second (Echo) à Paris. Ca change quoi pour toi ?

Echo parle beaucoup de Paris, alors que Lescop évoquait ma migration de La Rochelle à Paris. Avec des morceaux comme Paris s’endort, j’exposais ma vision de provincial qui débarque dans une grande ville. Maintenant que je connais un petit mieux Paris, j’ai voulu décrire sa population, son ambiance. On y rencontre beaucoup de gens mais en réalité, on les connaît peu. C’est l’inverse d’une petite ville. Je ne dis pas que l’un est mieux que l’autre, c’est juste différent. Personnellement j’apprécie cet anonymat relatif.

Écho est un album plus joyeux, plus dansant, c’était recherché ou cette atmosphère est venu naturellement ?

C’est un album qui n’est pas forcément joyeux mais qui est bienveillant. L’album parle, je n’irai pas jusqu’à dire de rédemption, mais de mutation de gens. Il y a beaucoup de personnages que j’ai inventés qui sont inspirés de personnes que je connais. En tout cas, Echo est plus apaisé que Lescop, qui était un album très guerrier. Même si je me moque un peu de mes personnages, car je suis assez dur avec eux, je m’en moque avec bienveillance. Et puis il y a une partie de moi en eux.

Comme la chanson David Palmer ?

Ou du garçon dérangé. Je pense que dans tous les albums on se raconte au travers de personnages, d’avatars… Mais je pense surtout que j’ai changé de vision artistique. Quand j’étais plus jeune, je pensais qu’un artiste devait forcément être quelqu’un de reclus, qui observe la société de l’extérieur. Vivre seul et s’étourdir de lectures, de drogues, de travail solitaire. Avant je me sentais beaucoup plus en marge. Je ne réfute pas ça, mais j’ai changé. C’est un peu con à dire mais j’ai envie d’être dans mon époque, de l’observer de l’intérieur et d’en rapporter ma lecture.. Je pense que c’est le rôle d’un artiste d’observer différemment les choses. Même en peinture, c’est évident, en tout cas quand c’est figuratif. Comme Van Gogh qui voit les champs de blé bleu.

Tu parles de la peinture, je rebondis sur la photo. Pendant la période de création tu t’es beaucoup inspiré de livres de photos. Qu’est ce qui t’a le plus marqué ?

J’ai été inspiré par de nombreux photographes mais également par des magazines d’actualité, de mode, de musique.. Mais ma source principale et inépuisable reste la collection de mes parents, qui possèdent des tas entiers de magazines Zoom des années 80. J’adore ses couleurs saturées. D’ailleurs, c’est marrant car on les retrouve aujourd’hui dans les filtres Instagram. Il devrait les labelliser “le filtre Man Ray”, “le filtre Nan Goldin”. C’est assez cocasse que nos outils numériques nous servent à imiter cette époque. Après j’ai aussi mes héros personnels, et j’assume ce côté hommage dans ma façon de faire. Je serai toujours un amoureux de David Bowie par exemple.

Et d’Etienne Daho !

Bizarrement oui mais plus dans sa façon de faire. Je pense qu’avec Etienne on est le même genre d’artiste, c’est peut-être pour ça qu’on nous compare souvent. Et puis l’on admire les mêmes personnes. J’en reviens à Bowie, Iggy Pop, Jim Morrison. Mon truc à la base c’est vraiment le rock’n’roll, que j’ai découvert par le punk. Les Doors, les Stooges, les Sex Pistols, le glam rock, T-Rex…. Ce que je fais est sans cesse une relecture de cet héritage musical.

Et la nouvelle scène française, elle t’inspire quoi ? La Femme, Fishbach, Paradis…

Les effets de mode font les mouvements et les mouvements font les effets de mode. Ce qui est sûr c’est qu’il y a une réalité, une façon de faire. Il faut juste faire attention, et je m’inclue dans cette remarque, à ne pas être redondant. Je n’aime pas l’entre soi donc il y a quelque chose qui me chiffonne dans cette catégorisation. On nous dit que l’on représente notre époque mais nous sommes juste des avatars d’une certaine catégorie sociale. Je vais te parler de chiffres, c’est moche mais c’est une réalité : j’ai 20 millions de vues de moins que n’importe quel clip de PNL. Et je les connais pas, je les ai jamais croisés. J’ai jamais rencontré Damso ou Vald. Des mecs qui représentent un gros truc pour une catégorie sociale qui est de l’autre côté du périphérique et au-delà. Et je me dis qu’il y a un truc qui ne s’est pas fait entre nous. Il y a un loupé. Je ne dis pas forcément qu’on devrait tous être copains mais c’est comme si deux univers musicaux ne se croisaient jamais. Et pourtant à choisir, j’estime que PNL représente plus la société d’aujourd’hui que moi. Le mec qui sera très fort c’est le mec qui arrivera à connecter la pop française et le rap actuel. Mon fantasme absolu, ça serait ce métissage musical au sens large.

Et tu aimerais y participer, pourquoi pas avec des collaborations sur un troisième album ?

J’aimerai bien oui. Je ne pense pas du tout que ça soit antinomique avec ma culture. J’ai toujours un peu râlé quand on me parlait de new wave car j’aime Etienne Daho et Joy Division mais pas plus que j’aime Gucci Mane ou Vince Staples. Quand j’étais gamin, j’étais dans un collège de province et on écoutait autant de rap que Nirvana.

Après Musilac tu enchaines avec Cabourg Mon Amour, tu aimerais tourner où après ça ?

J’aime tourner de manière générale. J’aimerai bien partir un peu plus à l’étranger. Là j’étais en Chine et c’était vraiment chouette. On a réussi à monter une tournée qui n’était pas juste pour les expat, on a joué dans des clubs à Pékin, à Shanghai…. Une chance de sortir de notre monde occidentalo-centré et de se rendre compte que des gens lookés qui font de la musique stylée il y en a Paris et à Londres mais aussi à Cap Town, Shanghai ou Kinshasa.

Pour terminer, quel est le morceau que tu as le plus aimé et détesté dernièrement ?

Mon coup de coeur du moment c’est Batuk. J’adore la chanson Daniel. Et le pire truc, si je peux tirer sur l’ambulance, enfin d’ailleurs qu’ils aillent se faire foutre, c’est les Beach Boys qui ont joué à la Maison Blanche pour Trump. C’était tellement à l’image de tout le reste, de cette horrible personne. Truffé de vocoder avec une multitude de drapeaux américains derrière, mon écoeurement était total. En regardant ça, j’avais l’impression d’avoir bouffé trois kilos de fraise Tagada…

Propos recueillis par Manon Michel

Les Inrocks - Musique

Les 5 clips qu’il ne fallait pas rater cette semaine

capture d'écran Youtube/Little Dragon

Vic Mensa Rage

Une semaine avant la sortie de son premier album, Vic Mensa balance une des grosses torgnoles de la semaine avec le clip de Rage, single pas moins ambitieux et percutant. Le réal Andrew Donoho y met en scène un avion en train de se crasher – une façon d’illustrer les soucis d’addiction et de névroses que Vic Mensa évoque dans le morceau. C’est le bad. <3

Marlin 54321

Après des gros clips pour Kendrick Lamar, Ab-Soul ou encore Mai Lan, les Français de Panamæra reviennent avec un clip pour Marlin, nouvelle signature Elektra qu’il ne faudra pas s’étonner de voir cartonner dans les prochains mois. Comme souvent avec Panamæra, il y a peu de narration mais de grosses phases de mise en scène : tornades dans le désert californien, BMW à l’ancienne et tunnels spatio-temporels participent à l’esthétisation de cette série de plans bien foutus.

Little Dragon Strobe Light

Encore une BMW à l’ancienne, mais cette fois en Afrique du Sud, à Johannesburg. Et surtout : on suit deux danseurs qui jouent avec les codes du genre en donnant, au passage, une grosse leçon de style. Le tout est réalisé par IB Kamara et Kristin-Lee Moolman pour Little Dragon.

Cassius Ibifornia (Myd Remix)

Premier clip pour Simon Bournel-Bosson, illustrateur issu de la team Kiblind. C’est cool à découvrir et, en plus, il y a des licornes et des petits singes qui font coucou.

Jay-Z Bam (feat. Damian Marley)

On ne s’est pas encore remis du clip de The Story of O.J., plus brillant et plus beau à chaque visionnage, mais Jay-Z continue d’alimenter sa chaine Youtube après la parution de son nouvel album. Dans la nouvelle livraison, pour le morceau Bam, il se balade avec Damian Marley et Sister Nancy en Jamaïque, où le réal Rohan Blair-Mangat a laissé trainer sa caméra. Le résultat est une sorte de clip-docu. C’est classe.

Les Inrocks - Musique

Les pires ratés du punk français

Après le succès de “Ça plane pour moi” en 1978, quelques punkies du dimanche ont surfé sur la vague Plastic Bertrand. Cela donne une compilation épique de pépites un brin pathétiques.

Télérama.fr - Musiques

Tout va bien, Montréal est toujours le paradis des fans de musiques

La place des arts en folie - Crédit @ Festival de Jazz de Montréal

“Viens, on plaque tout et on part s’installer à Montréal”. Dans leur quête de PVT, de grands espaces (verts), de loyers corrects
et de dépaysement raisonnable en territoire francophone, les Français qui choisissent Montréal sont de plus en plus nombreux à installer leur bonne humeur retrouvée sur le Plateau. Dans cet ancien quartier ouvrier adossé au Mont Royal, les conversations tournent autour des souvenirs plus ou moins lointains de la ligne 13 du métro parisien et évoquent la France comme on se souvient d’une autre vie. Les plus déterminés tentent de s’approprier l’accent québecois en descendant des broues ou des clamatos au bar du coin. Parmi les raisons qui poussent autant de Français à téléporter leurs envies d’ailleurs à Montréal, l’ouverture d’esprit et le positivisme s’imposent comme les principales évidences dès l’atterrissage à Trudeau. Deux dimensions parfaitement incarnées par la vitalité culturelle d’une ville qui propose une liste impressionnante de festivals organisés tout au long de l’année.

“Booba, c’est aux Francofolies de Montréal qu’il est invité, pas à celles de la Rochelle. Pourquoi ? ”

De l’Igloo Fest à Osheaga, des Nuits d’Afrique à M Pour Montréal, des Francos à Oumf, ces événements offrent de larges détours vers les musiques spé, tout en glorifiant les cultures populaires et indépendantes. Une formule en rapport avec l’époque et qui n’a rien d’exceptionnel en soi, mais qui continue d’exciter certains esprits conservateurs lorsqu’elle est appliquée  en Europe. Il n’y a qu’à se retourner vers l’accueil flippant réservé à Kanye West lors de sa programmation à Glastonbury en 2015, ou vers la réaction de certains musicos immobiles quand Booba s’est ramené en tête d’affiche des Eurocks cette année. Jean-Paul Roland, le boss des Eurockéennes, était alors venu remettre les tibias sur les i dans une interview percutante pour Sourdoreille :

“On est là pour prendre le pouls des musiques populaires. Et aujourd’hui, c’est le hip-hop. C’est lui qui dit quelque chose de nos sociétés. Sa résonance est partout. Se priver de ce pan culturel, cela n’aurait pas de sens pour moi. Booba, c’est aux Francofolies de Montréal qu’il est invité, pas à celles de la Rochelle. Pourquoi ? C’est quoi le problème en France ?”

Joey Bada$$ et Feist, roi et reine du Festival de Jazz de Montréal

Organisé à quelques jours d’intervalle mais dans le même périmètre que les Francos, le Festival de Jazz de Montréal offrait cette année le plaisir d’une prog ouverte à souhait et d’une double leçon de rythmes. D’abord délivrée par la légende Tony Allen (qui a eu la bonne idée de reprendre le répertoire d’Art Blakey), puis en compagnie d’Anderson .Paak, véritable héros de l’édition 2017 du festival pour un concert gratuit et transpirant en plein cœur de la ville. Mais avant d’aller se frotter aux dizaines de milliers de spectateurs entassés devant l’élégance supérieure du Californien, on avait profité des différents rebondissements de la programmation pour confirmer la fluidité des différents styles célébrés par le plus grand festival de jazz du monde. Depuis sa première édition en 1980, le FJIM a su s’imposer en s’adaptant aux révolutions des industries du spectacle et de la musique

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Entre les concerts gratuits sur la Place des Arts et l’offre payante déployée au Club Soda, au Métropolis ou dans le vertige impressionnant de la salle Wilfrid Pelletier, l’événement zappe du jazz au rock en passant par le rap. Sans fausse note. L’un des grands moments de l’édition 2017 restera le festival de Feist, venue présenter sa magnifique transformation sur Pleasure : son premier album publié en six ans et qui éteint les lumières pop de l’époque des synchros pub.

Ce soir-là, la Canadienne n’a pas quitté sa guitare pour une performance incroyable de maîtrise et d’euphorie rentrée. On se demandait comment la chanteuse allait pouvoir assumer la liberté de ses nouvelles compos sur scène. Devant l’éventail rose qui scintillait en fond de scène, elle est apparue conquérante et sûre d’elle pour évoquer des sentiments larges et contradictoires, déjà expérimentés chez Air, Local Natives, Janis Joplin ou Ludus. On se demandait aussi si Feist allait assumer son histoire et les tubes sempiternels qui accompagne sa réputation depuis le milieu des années 2000 et la mondialisation de ses petits pas chassés sur le tapis roulant de l’ère Myspace. Opération réussie avec succès devant un parterre de danseurs hilares et une standing ovation méritée.

Feist et ses aventures dans la salle Wilfrid Pelletier // @ Victor Diaz Lamich

Feist et ses aventures dans la salle Wilfrid Pelletier // Crédit @ Victor Diaz Lamich

Si Feist a prouvé qu’elle pouvait concilier son existence pop et ses désirs d’expériences dans un même geste, Joey Bada$$ n’a pas trop eu à se fouler pour retourner le Métropolis en entonnant ses hymnes générationnels, repris par une foule toute acquise à sa cause. Le rappeur a a encadré son show par Ses deux gros tubes : Land Of The Free et Devastated. Sur l’instant, on peut certainement reprocher à Joey Bada$$ d’un peu moins se donner sur scène qu’à l’époque ou percer était encore un combat. Mais comment lui en tenir rigueur quand on voit à quel point ses fans sont déterminés à faire le travail à sa place en assurant tous les backs.

Joey Bada$$ sur la scène du Métropolis, juste avant d'enlever son sweat bordeaux

Joey Bada$$ sur la scène du Métropolis, juste avant d’enlever son sweat bordeaux // Crédit @ Victor Diaz Lamich

En bon diplomate, Joey Bada$$ n’a pas oublié de dédicacer Peter Sagar, plus connu sous le nom de Homeshake. Le musicien montréalais est l’auteur de la boucle parfaite qui enrobe Love Is Only A Feeling : l’un des meilleurs tracks joués ce soir-là au Métropolis et déjà présent sous le même titre sur Midnight Snack, l’un des disques indispensables de l’année 2015. Sur cet album comme sur le suivant, l’ancien guitariste de Mac DeMarco livre la B.O parfaite de l’état d’esprit qui souffle sur la ville.

Encore plus relax et détendu que le regard baveux des vicelards qui traînent au Café Cléopâtre, Homeshake figure parmi les projets les plus excitants qui pullulent sur les bords du Saint-Laurent. Depuis le début des années 2000, Montréal alimente en flux tendu les playlists des amateurs de rock et de musique indé et un canal direct semble connecter les groupes du Mile End et les oreilles des rédacteurs de Pitchfork. Dans le désordre chronologique depuis le changement de millénaire, on peut citer des artistes comme Half Moon Run, Grimes, Mac DeMarco, Arcade Fire, Kaytranada, Peter Watson, TOPS, Duchess Says, Suuns, A-Trak, Chromeo, Majical Cloudz, Ought… Et on n’a pas fini de parler de l’arrivée en force du nouveau rap québécois.

Pourquoi Montréal ne connaîtra pas le même destin que Seattle

Comment expliquer cette hype qui dure depuis le début des années 2000 autour des groupes de Montréal ? Il y a deux ans, Laurent Saulnier, journaliste repenti et programmateur du Festival de Jazz de Montréal depuis plus de quinze ans, expliquait le phénomène en ces termes :

“Montréal est une des villes les moins chères d’Amérique du Nord, c’est une dimension qui joue beaucoup dans le rayonnement de la scène anglophone. Les jeunes n’ont pas besoin d’empiler trois jobs pour payer leurs études, leur loyer et leurs sessions de répétitions. Au début des années 2000 j’avais un peu peur que Montréal se transforme en une deuxième Seattle mais finalement les groupes continuent à sortir depuis bientôt quinze ans !”

En ce qui concerne la formalisation de la musique, il semblerait que les considérations étriquées soient restées bloquées au 20ème siècle ou prisonnières du bug de l’an 2000. Un projet hybride entre rock slacker et r’n’b FM comme celui défendu par Homeshake n’aurait sans doute aucune chance d’être exposé s’il voyait le jour dans la France qui condamne l’idée d’un feat entre Booba et Christine and The Queens et moque la voix de Benjamin Biolay sous autotune.

>> A lire aussi : “La scène montréalaise a évolué depuis l’explosion d’Arcade Fire”

En dehors d’Anderson .Paak, Feist, Tony Allen ou Joey Bada$$, le Festival de Jazz de Montréal invitait cette année le chant de gorge mystique de Tanya Tagaq, une musicienne inuit qui reprend Nirvana en douceur quand elle ne racle pas au plus profond de ses cordes vocales pour sortir des sons gutturaux que vous n’entendrez nulle part ailleurs qu’au pied des montagnes du Nunavut.

Tanya Tagaq sur la scène du Club Soda // Crédit @ Benoit Rousseau

En vrai, c’était un peu flippant mais on n’imagine pas quelle grosse machine événementielle française serait capable de proposer autant de variations tout en restant fidèle à son impératif de défrichage. Même en 2017.

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Tyler, the Creator a lâché son nouvel album !

La pochette de « Flower Boy », le nouvel album de Tyler, The Creator (© Eric White)

Après avoir leaké au début du mois de juillet, le nouveau disque de Tyler, the Creator vient de sortir officiellement, faisant suite à l’excellent Cherry Bomb sorti en 2015, auquel un documentaire est dédié. Vous pouvez l’écouter ici :

Le rappeur l’avait d’abord intitulé “Scum Fuck Flower Boy” (qu’on pourrait traduire par “Sale Raclure de Garçon Fleur”), avant de changer le titre en dernière minute, optant pour un plus sobre “Flower Boy“. Plusieurs de ses morceaux avaient déjà été révélées, dont Who Dat Boy, 911/Mr.Lonely,  Boredom, et I Ain’t Got Time, en partie composé dans le studio de Kanye West.

Des featurings prestigieux

Sorti chez Columbia, le LP comprend 14 morceaux, et des featurings avec A$AP Rocky, Frank Ocean (qu’on retrouve sur 911/Mr.Lonely et Where This Flower Blooms), Kali Uchis, Estelle, Roy Ayers, Lil Wayne, ou encore Jaden Smith, parmi d’autres.

La pochette de Flower Boy a été peinte par l’artiste Eric White, qui avait collaboré avec Korn, Frank Zappa, Incubus ou encore The Meices dans les années 90, avant de se focaliser davantage sur ses projets personnels.

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Pour son concert controversé en Israël, Radiohead livre son plus long set depuis 11 ans

Thom Yorke lors d’un précédent live (capture d’écran Youtube)

Le soir du mercredi 19 juillet, Radiohead a donné un concert devant 47 000 fans dans le Parc Hayarkon à Tel Aviv, malgré les nombreuses critiques soulevées par ce show, qui était sold-out. Le groupe a tenu son live le plus long depuis 2006, comme le rapporte la BBC, jouant Like Spinning Plates, qu’ils interprètent rarement, ainsi que des classiques comme The Bends, Creep, Pyramid Song, et Karma Police.

>> A lire aussi : malgré les attaques de Roger Waters, le concert de Radiohead aura bien lieu

Avant d’entamer ce dernier morceau, Thom Yorke a brièvement évoqué les reproches qui lui ont été faits : “Beaucoup de choses ont été dites, mais au bout du compte on a joué de la musique”. Vous pouvez l’entendre dans la vidéo ci-dessous :

Ken Loach : “Radiohead doit décider s’ils supportent l’oppresseur ou l’oppressé”

En avril dernier, une pétition avait été lancée par l’association Artists For Palestine UK, qui demandait à Radiohead d’annuler son concert dans un pays “où un système d’apartheid a été imposé aux Palestiniens”. Elle a été signée par plusieurs personnalités du monde de la musique, dont Thurston Moore, Roger Water, Brian Eno, ou encore Tunde Adebimpe de TV on the Radio.

>> A lire aussi : le morceau que Radiohead a refusé de sortir pour éviter d’être tué par le succès

Le réalisateur Ken Loach a ensuite enfoncé le clou il y a dix jours en publiant une tribune dans The Independant pour dénoncer le concert : “Radiohead doit décider si ils supportent l’oppresseur ou l’oppressé. Le choix est simple.”

Une grille de lecture binaire, que Thom Yorke a dénoncé le jour même dans une déclaration sur Twitter – préférant répondre aux reproches de Loach à distance que d’accepter son invitation à le rencontrer.

“On a joué en Israël pendant plus de vingt ans, durant lesquels les gouvernements se sont succédés… Tout comme on l’a fait en Amérique. On ne soutient pas plus Netanyahu (le premier ministre israëlien, ndlr) que Trump, mais on joue encore en Amérique. La musique, l’art et le monde universitaire traversent les frontières, ils ne les érigent pas.”

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— Thom Yorke (@thomyorke) 11 juillet 2017

Le concert de Tel Aviv constituait la dernière étape de la tournée internationale de Radiohead, longue de trois mois, organisée suite à la sortie de leur album A Moon Shaped Pool (2016). Le guitariste Ed O’Brien a confié à la BBC que le groupe en prévoyait déjà une nouvelle, de moindre ampleur, pour l’année prochaine.

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Kristen Noguès, bretonne à cordes sensibles

Harpiste et compositrice, Kristen Noguès balançait entre Satie et folk celtique, fest-noz et mélancolie. Celle qui bluffait les jazzmen a pourtant laissé peu de disques et beaucoup de mystères. Dix ans après sa mort précoce, il est temps de la redécouvrir.

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Avec la partition numérique, le classique devient branché

Tablette sur chaque pupitre, pédale Bluetooth pour tourner les pages… Les notes numériques font leurs gammes. Vont-elles transformer le concert classique ? Halte-là ! crient les gardiens du papier.

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