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Exposition "Daho l'âme Pop" : la pop française dans l'objectif d'Etienne Daho

Étienne Daho, dont l’apport artistique à la jeune génération d’artistes français n’est plus à prouver (son surnom suffit “le Parrain de la nouvelle génération”), troque sa casquette de cuir (comme il la porte fièrement sur la pochette de son dernier album, Blitz), contre celle d’un commissaire d’exposition. Une exposition - tirée d’une idée originale de Vincent Anglade, puis en collaboration avec Tristan Bera – qui, en plus de porter son nom, porte aussi son regard de photographe.

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Dans Daho l'aime pop, le vétéran propose sa propre histoire (chronologique) de la pop française, à travers une sélection de clichés captés par ses soins ou par d’autres, soit, ressortie d’archives. Pour accompagner le plaisir des yeux, Daho s’est aussi fendu d’une bande-son de plus d’une heure, composé uniquement de contenus inédits.

>> Aussi à lire : Étienne Daho : “ je vis encore comme un adolescent ” <<

Genèse du projet

À propos de son goût pour la photographie (qui ne date pas d'hier), Etienne Daho s’explique dans le dossier de presse de l'exposition :

“Je prenais des photos de loin en loin depuis mon adolescence. Je repris mon appareil à l’occasion d’une carte blanche musicale que me proposa la Philharmonie au printemps 2014. Comme je consacrais l’une des soirées aux artistes de la nouvelle pop française et à leurs parrains, je saisis l’occasion d’immortaliser leur insouciante photogénie (…). J’adorai l’expérience et la renouvelai lorsque le Midi Festival me proposa d’être le président d’honneur de l’édition 2016.”

Peu de temps après, la Philharmonie démarche le chanteur pour qu’il y expose sa trentaine de photos. Un contenu, qui n’est pas assez conséquent au goût des deux partis. Ensemble, ils envisagent un projet plus opulent : “un parcours subjectif de 70 années de la pop française en 200 portraits ” où, Étienne Daho serait à la fois “narrateur et guide”. Une sélection que l’auteur de Blitz a bâtie selon : “ceux qui ont nourri son envie de devenir musiciens, ceux dont la trajectoire croise la sienne, ou ceux encore sur lesquels il souhaitait mettre de la lumière ”.

Des icônes aux “jeunes gens modernes”

Parmi les 200 portraits, l’on retrouvera donc des clichés de “nos aînés” comme Charles Trenet ou encore Boris Vian, des femmes fortes, à l’image de François Hardy et de Catherine Hardy, mais aussi, des représentants de la jeune garde pop française symbolisés par des figures fortes comme Sébastien Tellier, Calypso Valois, La Femme, Flavien Berger, et bien d’autres encore.

Daho l'aime Pop aura lieu du du 5 décembre au 29 avril 2018 à la Cité de la Musique – Philharmonie de Paris. Toutes les informations sont à retrouver sur le site officiel de La Philharmonie. Pour acheter des tickets en ligne, c’est par ici.

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Chance The Rapper supplie Barack Obama de revenir à la maison blanche dans un sketch hilarant du Saturday Night Live

Samedi dernier, Chance The Rapper était l'invité d'honneur de la célèbre émission américaine Saturday Night Live (SNL). A cette occasion, il a participé à de nombreux sketchs et son humour s'est révélé plus que convaincant.

Dans la séquence ci-dessus, le rappeur de Chicago enfile le costume des Boys II Men, emblème des boys bands des années 90, pour interpréter le très cheesy titre Come back Barack. Accompagné par Kenan Thompson et Chris Redd, le MC y exprime son souhait le plus cher, que Barack Obama revienne à la maison blanche : "I need you in my life" [J'ai besoin de toi dans ma vie]. Hilarant !

Autre sketch extrait de cette même émission, toujours orchestré par Chance, un faux documentaire sur l'histoire du hip-hop et le choc des générations. A revoir ici. Immanquable !

>>> A lire aussi : Eminem livre un medley d'anthologie sur le plateau du Saturday Night Live

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Morrissey dérape une nouvelle fois en défendant Kevin Spacey et Harvey Weinstein

Morrissey est de retour avec une nouvelle boulette, et pas des moindres ! A l'occasion de la sortie de son nouvel album solo Low in High School, il a donné une interview au média allemand Spiegel… et a dérapé quelque peu en évoquant ses opinions personnelles. Après avoir évoqué Trump et le Brexit, l'ex chanteur de The Smiths a carrément dépassé les bornes quand on lui a demandé si il suivait le mouvement #metoo et le débat autour du harcèlement sexuel à Hollywood :

«Dans une certaine mesure, oui, mais après c'est devenu un jeu. Tout le monde est coupable en même temps. N'importe quelle personne qui aurait dit à une autre : 'je t'aime bien', est tout d'un coup responsable d'agression sexuelle. (…) Si je ne peux pas dire à une personne que je l'aime bien, comment cette personne peut-elle être au courant ? Bien entendu, il y a des cas extrêmes, le viol est révoltant, chaque attaque physique est répugnante, mais on doit les envisager de manière relative. Sinon, chaque personne sur cette planète est coupable. On ne peut pas constamment demander l'autorisation de ce que l'on est autorisé à faire ou non. Autrement, on est tous prisonniers. En plus, certaines personnes sont très maladroites quand on parle d'amour. Ils ne savent pas quoi faire et leur comportement est agressif.»

Morrissey s'est ensutie exprimé sur le cas de Kevin Spacey, accusé d'agression sexuelle sur mineur :

«De ce que j'en sais, il était au lit avec un garçon de 14 ans. Kevin Spacey avait 26 ans et le garçon de 14 ans, se demandant où est ce que ses parents étaient. On peut se demander si le garçon n'était pas au courant de ce qui pouvait lui arriver. Je ne vous connais pas, mais je n'ai jamais été dans de telles situations dans ma jeunesse. Jamais. J'ai toujours été conscient de ce qui pourrait m'arriver. Quand vous êtes dans la chambre de quelqu'un, vous devez être au courant de ce qui peut s'y passer. C'est pour cela que ça ne me parait pas très crédible cette histoire. On dirait que Kevin Spacey a été attaqué inutilement.»

Et enfin, le grand final, son avis sur l'affaire Harvey Weinstein:

«Les gens savent exactement ce qui se passe. Et ils en jouent. Après coup, ils se sentent embarrassés ou ils n'aiment pas cela. Et ils inversent la situation et disent : j'ai été attaqué, j'ai été surpris, j'ai été emmené de force dans la chambre. Mais si tout s'était bien passé et que ça leur aurait offert une belle carrière, ils n'en parleraient même pas. Je déteste le viol. Je déteste les agressions sexuelles.(…) Dans toute l'histoire de la musique et du rock, il y a eu des musiciens qui ont couché avec leurs groupies. Et si l'on remonte le temps, presque tous sont coupables de coucher avec des mineurs. »

La traduction de cette interview est basée sur l'article publié par Stereogum.

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Georgio, Remy ou Josman... Un casting bouillant pour le 9e épisode de &quot;Rentre dans le cercle&quot; de Fianso

Fianso, le rappeur de Blanc-Mesnil continue de jouer les défricheurs du rap hexagonal. Dans le 9e épisode de son émission Rentre dans le cercle, sur la chaîne YouTube Daymolition, il a invité des rappeurs novices ou confirmés pour des freestyles bien chaud, dans un entrepôt du XIXe arrondissement de Paris.

Au menu de cet épisode : Georgio, Remy, Josman, Franglish, S.Téban, Leys, L'Antidote LaFamille, Junior Alaprod, DJ Bens et les interventions de Pauline Duarte d'Universal et de David Delaplace, venu présenter son livre Le Visage du Rap.

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Pascal Nègre pointe du doigt les triches au streaming et le modèle de répartition des revenus aux artistes

Cette interview, c’est à Pure Médias - dans le cadre de l’émission #QHM - que Pascal Nègre l’a accordée. Elle intervient des suites d’un constat historique que le Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP) vient de réaliser : les revenus générés par les écoutes en streaming ont dépassé ceux des ventes physiques sur le premier semestre 2017.

L’ancien président d’Universal Music France, désormais à la tête du label Six & Sept, a tout d’abord confirmé les soupçons de triches dans le stream, d’un “évidemment que ça triche” sans appel ; avant de recentrer le débat sur le modèle de répartition des revenus “absolument injuste”, qui est selon lui le vrai problème. Un extrait de l’interview est à voir ci-dessous :

“ La répartition devrait absolument se faire par abonné ”

Pascal Nègre a en conséquence développé un argumentaire, à travers l’exemple d’une des plateformes de streaming les plus influentes, en mettant en corrélation certaines données (âge des utilisateurs et fréquence d’utilisation) :

“ Aujourd'hui, Spotify prend le chiffre d'affaires du mois dans le pays, puis divise par le nombre de streams et obtient le prix au stream. Mais je trouve ça absolument injuste : imaginez quelqu'un qui paie 10 euros, qui a 55 ans et écoute 100 chansons par semaine, et quelqu'un qui paie ces mêmes 10 euros, mais a 17 ans et écoute 2500 ou 3000 streams dans le mois. Eh bien une toute petite partie des 10 euros du premier va aller à ses artistes, tandis que le reste financera la musique qu'il n'écoute pas ”

Celui qui est maintenant aussi animateur radio d’une émission (L'invité de Pascal Nègre diffusée sur les ondes de RFM), a même proposé une ébauche de solution, en soumettant un nouveau modèle :

“ La répartition devrait se faire par abonné. Si je n'ai écouté qu'un titre, les dix euros vont au producteur du titre. Si j'en ai écouté 10.000, on divisera et ça fera des poussières de centimes (…). Si on ne le fait pas, on va favoriser les musiques par les moins de 25 ans et c'est très bien, mais à un moment donné, on va tuer la monétisation de la world music, du jazz, de la musique classique, de la chanson française, les fonds de catalogues français… On aura un vrai problème de diversité. Il est fondamental d’avoir tous les genres de musique. Je me suis toujours battu pour ça. ”

L’intégralité de l’interview, où Pascal Nègre parle aussi, de son émission de radio, de son éviction d'Universal, de harcèlement sexuel dans la musique et de bien d'autres sujets, est à revoir via ce lien.

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Diana Ross illumine la 45e édition des American Music Awards (et son petit-fils lui vole la vedette)

La cérémonie des American Music Awards avait lieu hier soir à Los Angeles. Un show à l'américaine pour récompenser les artistes américains ayant marqués l'année, et a également mis en avant quelques live d'artistes qui ont surtout marqué les années 2000 comme Kelly Clarkson, Pink, ou Christina Aguilera.

La cérémonie était présentée par Tracee Ellis Ross, la fille de Diana Ross, alors que la chanteuse d'aujourd’hui 73 ans, a reçu un prix d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Pour l'occasion, Le couple Obama avait tenu a enregistrer un message pour la diva :  "Les gens de 8 à 80 ans connaissent tous par cœur les chansons de Diana Ross, son art touche les gens de toutes les nationalités, tous les passés et chemins de vie différents" a souligné Michelle.

Présente sur scène pour interpréter un medley de plusieurs de ses tubes, la diva s'est faite voler la vedette lorsque son petit fils Raif-Henok Emmanuel Kendrick l'a rejoint sur scène et se lance dans une dance endiablée enchaînant les grands écarts et acrobaties. La vidéo se regarde ci-dessous (à partir de la onzième minute) :

Vu : le gros playback de Selena Gomez 

Autre sensation de la soirée, l'ancienne star de Disney Chanel, devenue blonde au passage, faisait sa première apparition live depuis sa greffe de rein. La jeune star a interprété Wolves par une performance malheureusement assez terrible avec un playback qu'il n'était pas vraiment difficile de déceler, surtout lorsque la chanteuse a retiré son micro avant même d'avoir terminé sa phrase. Les preuves en images :

Well it's not a Selena Gomez performance without the mediocrity and lip syncing so are we really surprised? #AMAs2017 #AMAs pic.twitter.com/BNQ3AIrpNk

— A. (@ExposingSMG) November 20, 2017

Grand gagnant de la soirée, Bruno Mars, a raflé quant à lui pas mal de prix dont celui d'artiste de l'année. Le "tube de l'été", Despacito a également été salué.

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Quand Charles Manson côtoyait Neil Young et les Beach Boys

Le 9 août 1969, la femme de Roman Polanski, Sharon Tate, enceinte de huit mois, était assassinée dans leur demeure de Benedict Canyon à Los Angeles, ainsi que quatre de leurs amis. Commis par Susan Atkins, Linda Kasabian, Patricia Krenwinkel et surtout Tex Watson, ces meurtres sont inscrits dans la mémoire collective et dans la culture populaire la plus morbide. Ils portent le sceau d'un autre homme : Charles Manson. Décédé à 83 ans ce 19 novembre alors qu'il purgeait une peine de prison à vie pour avoir commandité la tuerie, et d'autres assassinats, le gourou le plus tristement célèbre de l'histoire, incarcéré depuis 1971, exerçait une emprise mystique sur ses disciples. Pour la communauté qu'il avait baptisée la Manson Family, fondée en 1967, il était la réincarnation du Christ.

Point Godwin

Charles Manson a deux choses en commun avec Hitler. Cette croix gammée, qu'il s'est tatouée sur le front, d'abord, mais aussi le fait qu'avant d'être le monstre connu de tous, il cherchait à percer dans l'art. Pour le dictateur, ce fut la peinture. Pour Manson, c'était la musique. Au milieu des années 1960, alors qu'il est déjà en taule, il apprend la guitare grâce au braqueur de banques Alvin Karpis. Il est libéré à 32 ans, et après l'écoute du White Album des Beatles, il devient totalement obsédé par le groupe. Il se met à écrire et à composer, il retrouve un ancien compagnon de prison, Phil Kaufman, producteur de disques, qu'il convainc d'intégrer la Manson Family. C'est lui qui poussera Manson à enregistrer ses compositions. Il ne parvient pas à trouver de producteurs, mais se lie d'amitié avec plusieurs célébrités. Parmi elles, Dennis Wilson, batteur des Beach Boys.

Dans son autobiographie sortie en 2012, Neil Young se rappelle qu'en 1969, son pote Billy Talbot, bassiste de son groupe Carzy Horse, venait d'emménager dans une maison près de Topanga Canyon. "Il avaient installé le berceau [de leur enfant] Chris dans une petite pièce dont une fresque vraiment bizarre ornait l'un des murs, peinte par les locataires précédents. La fresque était si flippante que Billy avait fini par la recouvrir avec des panneaux en bois. C'est seulement plus tard qu'il a appris que le locataire précédent s'appelait Charles Manson." A l'époque, la Manson Family a investi plusieurs demeures californiennes.

"Il était plutôt doué"

Mais le futur auteur de Harvest ne s'arrête pas là. La même année, il rend visite à Dennis Wilson :"Je l'ai trouvé en compagnie de trois ou quatre filles plutôt froides. Elles avaient quelque chose de distant, pas du tout le genre de nanas que l'on rencontrait dans le coin. Dennis les avaient prises en stop. […] A un moment, un gars s'est pointé, a pris ma guitare, et s'est mis à chanter. Il s'appelait Charlie. Ses chansons étaient des trucs qu'il improvisait comme ça, et il ne les jouait jamais deux fois de la même manière. Un peu à la Dylan, mais pas tout à fait parce qu'il n'y avait pas vraiment de message. Cela dit, les chansons avaient quelque chose d'envoûtant. Il était plutôt doué."

Neil Young lui demande alors s'il travaille avec une maison de disques, question à laquelle le Charlie en question répond par la négative, mais précisant qu'il en cherche une. Plus tard, Young parle de lui à Mo Ostin, du label Reprise, qui l'oriente vers un certain Terry Melcher. Ce dernier connaît Charlie, mais refuse de bosser avec lui. "Peu de temps après, Sharon Tate et ses amis ont été assassinés, et le nom de Charlie Manson a fait la une de tous les journaux de la planète. Je n'arrivais pas à le croire : j'avais fait de la musique avec lui ? Ces meurtres épouvantables ont eu lieu dans l'ex-maison de Terry Melcher, qui venait de déménager. Sharon Tate était la nouvelle locataire, elle venait à peine de s'y installer."

Que Neil Young soit tombé sur Charles Manson chez Dennis Wilson n'a rien d'étonnant, au final. Les deux hommes étaient proches, et le gourou avait investi la maison du batteur depuis plusieurs semaines, avec quelques uns de ses disciples. C'est d'ailleurs dans cette demeure de Pacific Palisades que Terry Melcher auditionne pour la première fois le meurtrier, mais la démo ne le convainc pas de le signer. Dès 1968, Charles Manson, qui enregistre ses chansons grâce à Phil Kaufman, propose l'une d'elle aux Beach Boys : Cease To Exist. Le groupe en changera sensiblement les paroles, et le titre pour Never Learn Not To Love. Le single sort en face B le 2 décembre 1968, puis sur l'album 20/20 l'année suivante. Sauf que Wilson ne crédite pas Manson. Ce dernier, blessé par ce manque de reconnaissance, ira même jusqu'à envoyer une balle par la poste au domicile du batteur, qui aura alors la bonne idée de déménager.

Comme Johnny Cash, un "Live At San Quentin"

L'obsession de Charles Manson pour les Beatles a grandi. Il interprète les chansons des Fab Fours comme des messages qui lui seraient destinés, à la portée biblique et prophétique. Notamment Helter Skelter. Pour lui, ce morceau est un appel à l'anarchie, mais aussi à un réveil de la race blanche menacée par la race noire. Les meurtres qu'il ordonnera à ses disciples de commettre – ceux de Sharon Tate et ses amis puis ceux de Leno et Rosemary LaBianca, commis le lendemain par les quatre mêmes personnes épaulées par Leslie Van Houten et Steve Crogan – seront présentés par Manson comme un projet portant le nom de Helter Skelter.

Peu après son arrestation ainsi que celles de ses exécutants, en 1970, Phil Kaufman parvient à rassembler 3000 dollars et à presser 2000 exemplaires d'un album regroupant les compositions enregistrées par Charles Manson : Lie : The Love and Terror Cult. Sur la tracklist, on retrouve d'ailleurs Cease To Love, que les Beach Boys avaient transformé en Never Learn Not To Love, ainsi que le très cynique Don't Do Anything Illegal.

La même année, plusieurs membres de la Manson Family entreprennent de reprendre et interpréter des compositions de leur gourou. Le disque The Family Jams ne sort officiellement qu'en 1997.

Entre temps, Charles Manson, qui croupit en prison, parvient à enregistrer une discographie fournie de derrière les barreaux. Les Live at San Quentin (1993), Commemoration (1994), et The Way Of The Wolf (1998) regroupent la majorité des enregistrements connus, tout comme One Mind, sorti en 2005. Le hip-hop ne tardera d'ailleurs pas à sampler ses chansons, ainsi que les extraits d'interviews qu'il a pu donner à des journalistes durant sa peine de prison. Death Grips, Lil Ugly Mane et autres The Game s'en sont donnés à cœur joie, dans une fascination morbide et incontrôlée. A l'image de Manson.

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Exclu : William Z. Villain réhabilite le chat moche dans la vidéo de &quot;Her Song&quot;

La dictature du poil soyeux, de la mignonneté et du LOL dans les vidéos de chats, c'est terminé. L'Américain William Z. Villain (un de nos coups de coeur en 2016, et héros de 2017 avec son premier album, ses concerts hilarants et le tube Anybody Gonna Move) vient d'y mettre fin en confiant le premier rôle de sa nouvelle vidéo (pour l'envoûtante et vénéneuse chanson Her Song) à un chat moche, un félin fêlé, un matou tout noir avec une gueule de tueur, ou le genre à être passé sous les roues du gros camion qu'on voit aussi dans le clip.

Anormalement talentueux, William Z Villain, qui est guitariste, avait tourné en France il y a quelques mois avec un bras cassé, abandonnant la guitare pour s'accompagner avec un petit clavier joué d'une seule main, et ces concerts étaient tout aussi bons que ceux à guitare. Il est de retour en France ces jours-ci, ya all, pour encore quelques concerts avec ses deux mains, sa guitare, et énormément de magie. Le 22 novembre à Chambéry, le 23 à Châtenay-Malabry, le 24 à Saint-Nazaire, le 25 à Pleubian et pour finir le 26 à Laval.

Le second album de William Z. Villain sortira à l'automne 2018, toujours sur le label français (et même normand) Normandeep Blues Records.

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Les 5 albums à absolument écouter cette semaine

Morrissey – Low In High School

Il y a quelques semaines, The Queen Is Dead, album culte d’un groupe qui l’est tout autant, The Smiths, avait le droit à sa réédition. Hasard du calendrier ou timing calculé, Morrissey, leader de la formation la plus iconique de Manchester, est de retour (lui aussi) avec son onzième album solo Low In High School, en partie enregistré dans les mythiques studios romains d'Ennio Morricone. Pour ce nouveau long format, le vétéran a fait appel à la quasi même bande de World Peace Is None of Your Business, album qu’il publiait à l’orée de l’été 2014. Logiquement, on retrouve la double touche du producteur américain Joe Chiccarelli, sur les premiers titres du disque, où, respectivement, guitares et synthés s’imposent (My Love, I’d Do Anything for You ; I Wish You Lonely). La suite est plus pop, avec le titre Jacky’s Only Happy When She’s up on Stage, plus délicate sur In Your Lap ou Spent the Day in Bed, même plus sombre avec I Bury the Living – la plus longue piste de l’album, qu’on écoute d’ailleurs tout de suite :

À écouter sur Apple Music.

Boubacar Traoré –  Dounia Tabolo

Dans un Mali qui gagnait son indépendance aux débuts des années 60, un rockeur et guitariste chevronné, Karkar, se faisait connaître à l’aide de ses chansons (on pense à Mali Twist, un véritable hymne) qui squattaient les ondes des radios nationales (à défaut d’avoir étés enregistrées en studio…) Des décennies plus tard, Karkar est redevenu Boubacar Traoré, son rock s’est lui mué en blues. À maintenant 70 ans, l’artiste s’est envolé au pays du blues, la Louisiane, pour enregistrer son dernier disque, Dounia Tabolo, et ainsi complété sa discographie (déjà) conséquente. Accompagné par ses proches musiciens Vicent Bucher à l’harmonica et Allassane Samaké aux percussions, par de nouveau venus aussi, dont le guitariste blues Corey Harris, Boubacar Traoré livre avec ce disque, un parfait mélange entre le blues américain et la musique de l’Afrique de l’Ouest. Boubacar Traoré sera en concert au New Morning de Paris, les 13 & 14 décembre.

À écouter sur Apple Music.

Marvis Staples - If All I Was Was Black

Après le blues, vient la soul, représenté par l’un de ses plus fidèles porte-drapeaux, la chanteuse Mavis Staples. À presque 80 ans, la soul woman nous gratifie d’un nouveau disque If All I Was Was Black, exclusivement composé de titres originaux (pour être précis, il y en a 10) et enregistré avec Jeff Tweedy (dont le nom apparaît d’ailleurs, sous un “featuring” dans la quatrième chanson de l’album, Ain’t No Doubt About It), l’actuel leader de la formation Wilco. Ce dernier long format, esquisse un portrait de l’Amérique du moment, certes anti-Trump (ce qui est devenu coutume depuis son élection), mais surtout, rempli de messages d’amour. Notre préféré, We Go High – “When they go low” -, petit bijou, en écoute juste ci-dessous :

À écouter sur Apple Music.

Étienne Daho - Blitz

C’est vêtu de cuir et laissant échapper les volutes d’une cigarette, que l’on découvrait Daho, en train de poser sur la pochette de son dernier disque. Un cliché signé Pari Dukovic, qui rappelle le film de 1963, Scorpio Rising. Une image dure, en totale rupture d’avec son single doux, beau et planant, Les Flocons de l’été, que l’artiste sortait début septembre. Car, oui, le disque se veut plus psychédélique, en même temps, il fallait s’y attendre avec ce nom, Blitz, qui en plus d’être une référence historique tragique (période de bombardement de la Grande-Bretagne par l'aviation allemande en 1940), est un synonyme d’éclair. D’histoire, il en est justement question sur le titre Hôtel des Infidèles, qui dépeint le quotidien d’une troupe de résistants. On reste dans le thème, celui de la guerre, avec Après le Blitz, chanson brûlante et inquiétante, où le jeune producteur Flavien Berger se joint au chanteur. Retour réussi et homogène pour Colonnel Daho, qui dans le cadre de son Bliztour, sera en concert à l’Olympia de Paris, ou encore à Annecy.

À écouter sur Apple Music.

Charlotte Gainsbourg – Rest

“Premier appel originel / Premier baiser, purement maternel ” sont les vers d’ouverture du magnifique disque de Charlotte Gainsbourg. Très beaux et poétiques, ces mots sont surtout chantés en français : une grande nouveauté dans la carrière de la digne héritière de Serge (Dieu), le père. Oui, la fille ose même parler de son paternel, dans une chanson qui serre le cœur et glace le sang, Lying With You, qui dans un sens, fait aussi écho au Lemon Incest de 1985 : “Laisse-moi donc imaginer / Que j'étais seule à t'aimer / D'un amour pur de fille chérie /Pauvre pantin transie / Où est parti mon baiser / Quand le coffre s'est fermé ”. La mort, il en est une autre fois question dans la chanson suivante, Kate, où la voix douce de Charlotte, ose évoquer la disparition de sa demi-sœur, parti en 2013. Malgré tout, la chanteuse à la voix de velours est là, toujours guidée par cette force incroyable de créer, qui l’a d’ailleurs menée vers d’autres artistes pour la confection de cet album : le producteur Sébastian (en tête), Paul McCartney, Owen Pallett, Émile Sornin (Forever Pavot) ou encore Vincent Taeger (Poni Hoax). Les initiales B.B. sont définitivement en train de devenir initiales C.G. .

À écouter sur Apple Music.

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Le relais bisou : découvrez la course câline imaginée par ZOOEY dans son dernier clip &quot;Realise Realise&quot;

Imaginé par Alina Landry Rancier, le clip de Realise Realise, met en scène de jeunes gens dans une course effrénée au câlin, un vrai relais bisous où chaque partenaire doit tomber dans les bras de son voisin… avant que ce dernier ne s'enfuit à son tour pour partager cet élan d'amour.

Poétique et tendre à la fois, à l'image du morceau Realise Realise, cette vidéo est un extrait illustré du premier album de ZOOEY, The Drifters, disponible sur Apple Music depuis janvier dernier.

Zooey est un duo bordelais (émigré à Londres) mené par Matthieu Beck (ex-Adam Kesher) et Marie Merlet (Iko Chérie, Monade). Harmonieuses et liquoreuses, leurs balades pop constituent la bande son idéale pour roucouler sous la couette.

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