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Festival Generiq, jour 5 : Bayonne le formidable entertainer

On commence cette cinquième journée du festival Generiq par un raté : on manque la prestation de l’Anglais Charlie Cunningham au Planétarium de Belfort. Trop dommage, tant sa musique à la fois scientifique dans ses constructions complexes et onirique dans ses lavis de guitares flamenco, semblait parfaite pour ce lieu magique, entre technologie et rêverie.

Bayonne est toujours ce formidable entertainer texan

Heureusement, pour l’onirisme, on ne perd pas une miette du concert de Bayonne, à la charmante chapelle du Scénacle de Besançon. L’Américain s’auto-sample en direct en un mille-feuilles mélangeant électronique et analogique. Ses chansons enjouées, ses refrains enfantins offrent à l’electronica et sa rigueur habituelle une évasion joyeuse, joueuse. C’est à la fois contemplatif et incurablement pop, chanté à tue-tête, farouchement physique, incarné, habité. Car le Texan reste un formidable entertainer, dirigeant ses machines avec autant de fantaisie que de rigueur, avec la minutie d’un horloger – ce qui semble la moindre des politesses quand on joue à Besançon. Le jeune moustachu s’agite constamment derrière ses machines, fait le foufou, mais reste surtout un grand rêveur, heureux dans la bulle qu’il créé en direct, à la main. Avec majesté, Bayonne superpose ainsi ses rythmiques mécaniques avec ses propres percussions cognées avec violence, dans un bras de fer toujours aussi jouissif entre l’homme et la machine (spoiler : à la fin, c’est l’homme qui triomphe, parce qu’il possède un cœur et une âme).

Plus loin à Besançon, on s’ancre pas loin du Doubs dans le très impressionnant complexe de La Rodia, bâti sur les ruines industrielles de la ville. On y retrouve avec joie les Anglaises de Kite Base, on y découvre Sandor, un groupe mixte et régional dont on reparlera, on y revoit la rutilante et étonnante machine variété-house de Paradis. Mais la trouvaille du soir est française, elle s’appelle Faire et donne envie de danser des jerks électroniques, de pogoter sur une planète mauve et sans apesanteur. Mines de dandys, poses de rock-stars étudiées en encyclopédie : le groupe ne pourrait être qu’une de ces sensations parisiennes inexportables outre-périphérique. C’est à l’inverse une furieuse usine à tubes assistés par gros bordel qu’offre Faire, avec un immense savoir-faire pour les arrangements et les refrains qui agrippent. Faire joue une musique qui n’a pas encore de nom ou de forme définitive. Son turbulent psychédélisme le fait parfois croiser La Femme sur les hauteurs d’une vague de mercure, mais le reste du temps, cette dance-music orientalisante, punk ou silly-billy semble s’amuser seule. Mais ciel qu’elle s’amuse !

Les Inrocks - Musique

Lana Del Rey de retour avec l’excellent “Love”

She‘s back. Lana Del Rey laissait ses fans trépigner d’impatience depuis pas mal de temps. Cette période est désormais révolue. La chanteuse américaine signe en effet son retour avec le single Love. Une ballade planante, éthérée et définitivement ésotérique.

“You get ready you get all dressed up, to go nowhere in particular, back to work or the coffee shop, doesn’t matter because it’s enough to be young and in love”, nous glisse-t-elle à l’oreille.

Le dimanche s’annonce très cool. Vous pouvez retrouver Lana au festival Loolapalooza, les 22 et 23 juillet à Paris.

Les Inrocks - Musique

A Cambridge, sur les traces de Syd Barrett

Berceau de l'élite britannique, la ville universitaire célèbre l'art gothique dans un écrin bucolique. Elle abrita aussi Syd Barrett, génie déchu de Pink Floyd.

Télérama.fr - Musiques

Dans la routine de Flyman, l'un des derniers distributeurs de flyers

Devant la Bellevilloise ou le New Morning, à PAris, Olivier Espiau, distribue ses tracts aux amateurs de musiques du monde depuis plus de vingt ans. Plus qu'un métier, une véritable vocation.

Télérama.fr - Musiques

Festival Generiq, jour 4 : Shame et HMLTD font sensation

crédit : Vincent Courtois

Pour cette quatrième journée du festival Generiq, on a hésité : tambouille anglaise ou fusion food ? Peu doué pour l’ubiquité, on quitte à regret Audincourt, son Moloco, son absinthe maison et sa programmation mondiale et passionnante. Car ce soir le club présente aussi bien la house parisienne de Paradis, la pop ligérienne de Mesparrow, les joyaux australiens d’Alex Cameron ou l’électronique panoramique des Américains de Survive, responsable de la remarquable BO de la série Stranger Things.

À ce festin, on préférera pourtant l’assiette anglaise. Qui démarre en toute logique par une entrée américaine au Cellier de Clairvaux avec deux frangins de Floride repérés aux côtés du grand Mac DeMarco : Tonstartssbandht. Le blondin en front de scène tient sa guitare comme une hache, chantant des incantations obscures à une déesse sans doute véhiculée en licorne. À moins qu’il ne raconte une forêt enchantée où pousseraient comme du chiendent des champignons magiques. En tout cas, on en mesure les possibles effets secondaires sur une musique sans forme, sans structure, jouée sur une guitare douze cordes, parce que vingt-quatre cordes, ça n’existe pas. Après ce concert de prog-rock carabiné, on rejoint la colonie anglaise installée dans les caves du centre d’art contemporain du Consortium.

Ça commence dans cet étrange mélange de raideur et de félinité propre aux Savages, qui ont délégué leur bassiste Ayse Hassan et son duo privé, Kite Base. Joli concert aux reliefs un peu absents, délavés, il ne faudra pas grand chose pour que ces chansons lyriques jusqu’au hululement (à ne pas confondre avec hurlement, quoique) trouvent un ton percutant et punchy. En tout cas, cette formule rigoureuse à deux basses et boîte à rythmes est déjà un régal,

Dijon a l’accent londonien

Mais Dijon parle surtout ce soir avec un accent londonien mâle et énervé, plus précisément sud-londonien, avec deux des plus brillants espoirs de la scène locale et électrique : les teignes politiques de Shame et les dandys déglingos de HMLTD. Mais si les deux groupes partagent la même volonté de maltraiter l’électricité et d’exploser les coutures de la pop (Shame) ou du glam-rock (HMLTD), les musiciens, amis dans la vie, parviennent à leurs fins par des voies radicalement différentes. Shame s’inscrit dans une veine terriblement british de pop journalistique, racontant la petite vie anglaise à hauteur d’homme. Ils évoquent ainsi la morgue de The Fall, l’urgence de Joy Division, la rage de Clash, le bagout de The Streets ou l’élégance des Smiths.Car derrière les facéties, les discours rageurs et les shows tapageurs de leur chanteur Charlie, grosse star, le groupe joue précis, fougueux, érudit, à la fois punk dans l’esprit et pop dans la lettre.

Chez HMLTD, la notion de filiation est nettement moins évidente, tant ce groupe aux nationalités éparpillées (deux Anglais, trois Français, un Grec) semble échapper à tout arbre de famille – ou alors, un arbre tordu, déchiqueté par la foudre. On y reconnaît peut-être l’esprit tapageur des New York Dolls, la classe lugubre des Cramps ou les cris de crooners maudits, d’Iggy Pop ou Nick Cave. Mais on n’y entend à l’arrivée rien de tout ça, tant le son du groupe, chien fou sans collier, échappe à tout contrôle, toute raison. C’est fascinant à voir autant qu’à entendre, en quelques flashs colorés et déflagrations soniques venues tout droit des hormones encore en lutte dans ces corps efflanqués. London calling ? Pour ces deux groupes, on répond immédiatement présent.

Les Inrocks - Musique

10 albums africains à écouter en 2017

Jupiter Okwess, et son “bofenia rock”, forgé dans le chaudron de Kinshasa.

Jupiter, Kin Sonic

Déterminé comme jamais à précipiter les musiques congolaises dans un cocktail Molotov moderniste, voire futuriste, l’indestructible “Général” au profil tout en longueur revient avec l’intention ferme d’instaurer le règne intergalactique de son trépidant “bofenia rock”. En faisant quelques tours du monde, son groupe a gagné en efficacité et dépense sans compter une énergie un peu braque que la production se garde bien d’aseptiser. Plus funk, plus rock que son prédécesseur, Kin Sonic, à paraître le 3 mars, inscrit définitivement Jupiter parmi les leaders musicaux d’Afrique centrale.

Orchestra Baobab, Tribute to Ndiouga Dieng

Ce n’est pas à l’Orchestra Baobab que l’on apprendra à faire se déhancher une rumba, comment l’entremêler de kora indolente et la sous-tendre d’une dignité toute mandingue. La science de cette légende de la musique sénégalaise est telle que tout ici paraît moelleux, suave, inspiré par une sagesse non dogmatique, un laissez-vivre heureux. La formation n’a plus d’âge et elle a subi de nombreux changements de line-up, mais la voix de Balla Sidibé n’a rien perdu de sa splendeur et son entourage sait lui offrir l’écrin qu’elle mérite. Si ce disque ne bouscule donc rien, il n’a pour nous que tendresse – et c’est réciproque. Sortie le 31 mars, en concert le 16 mai au Cabaret Sauvage.

King Ayisoba, 1000 Can Die

Entre revendication et communion, rire et fureur, colère et exultation, la musique de King Ayisoba se déploie depuis les deux cordes rêches violemment fouettées de son luth kologo, son inséparable corne dont il souffle tel un chasseur appelant à la curée, et sa voix, rocailleuse et comme possédée par un démon trop lucide. Les prestations du punk d’Accra tiennent ainsi du happening musical et politique à la démence non feinte. 1000 Can Die en restitue toute l’urgence, même quand il accueille d’autres dingos comme Lee Perry ou Orlando Julius. Sortie le 31 mars.

Awa Poulo, Poulo Warali

Unanimement respecté pour son travail de réédition, le label Awesome Tapes from Africa a depuis peu entrepris de produire directement des artistes et, là encore, on peut compter sur la pertinence de ses choix. Awa Poulo compte ainsi parmi les rares chanteuses peules du Mali, ce qui fait toute la curiosité de ce disque, traditionnel par la forme et l’essentiel de l’instrumentation (flûte peule, n’goni et calebasse, relevés de quelques traits de guitare électrique) comme par sa progression en brèves séquences mélodico-rythmiques répétées indéfiniment jusqu’au jaillissement d’un chant humble et gracieux.

Bargou 08, Front Musical Populaire

Avant de la recevoir de plein fouet le 31 mars à Aubervilliers, lors du concert programmé par Banlieues Bleues, on peut déjà se confronter à la bourrasque soulevée par Bargou 08 en écoutant son album-manifeste, Front Musical Populaire. Menée par son chanteur, le charismatique Nidhal Yahyaoui, la formation restitue les traditions d’une région pauvre du nord-ouest de la Tunisie en accentuant la brutalité des rythmes et en teintant son répertoire de rock. Le résultat est nu, sec, exaltant, porté à incandescence par d’enivrantes volutes de ney et de superbes saillies vocales.

Serendou, Zinder

Serendou scelle la rencontre étincelante entre deux flûtistes venus d’horizons apparemment éloignés, la Bretagne pour Jean-Luc Thomas, le Niger pour Yacouba Moumouni, leader de Mamar Kassey. Soutenus par le chant et la calebasse de Boubacar Souleymane, les deux hommes privilégient le dialogue fraternel et l’ouverture, au jazz avec une invitation à Michel Godard, au Brésil avec des interventions de Carlos Malta et Bernardo Aguiar. Plus richement produit que le précédent, ce deuxième album se déroule en transes libératrices, euphories douces, plaisir constant du rythme et de l’imagination en ébullition. Un bonheur. A retrouver le 16 mars au Studio de l’Ermitage.

Tamikrest, Kidal

La situation au Nord Mali est sans doute difficile à déchiffrer mais inutile de se voiler la face : les grands médias français s’y intéressent peu. Les tensions ne sont pourtant pas apaisées, et Ousmane Ag Mossa entend bien le faire savoir à travers sa musique. Oscillant entre envols bercés de murmures gutturaux, rock fouettés d’électricité orageuse et syncopes reggae brisées de wah-wah, Tamikrest ne change rien à son message de paix, de fierté et d’indignation, mais le pare d’harmonies nouvelles. Le groupe touareg témoigne ainsi d’une capacité à évoluer et à se renouveler, tout en inspirant le même respect pour son engagement. Sortie le 17 mars.

Janka Nabay, Build Music

En cherchant à unir une voix nasillarde et un phrasé lent évoquant les prophètes rastas à des sonorités rétrofuturistes que les synthés actuels se refusent normalement à produire, Janka Nabay a pris un risque : celui de la ringardise. Et pourtant, ça tourne, et même davantage. Miracle des grooves, distillés avec une science toute africaine, miracle aussi des attaches traditionnelles, cette “bubu music” que le Sierra-Léonais a emportée avec lui dans son exil américain et qu’il a su mettre à la portée d’un nouveau public. A paraître le 24 mars, Build Music apparaît finalement comme un album d’afro-electro tout à fait jubilatoire.

Black Flower, Artifacts

Le phénomène est désormais bien identifié : en exhumant dans leurs “Ethiopiques” les trésors du Swingin’ Addis, Francis Falceto et Gilles Fruchaux ont poussé des formations européennes à cultiver leurs propres floraisons dans les étranges jardins nubiens. Black Flower en a tiré un jazz baraqué, baignant dans des nocturnes hantés de menaces qui tantôt ricanent à travers le clavinet et la wah-wah, tantôt s’ébrouent au son du baryton et de la trompette. Ajoutez à cela des tambours de guerre et des sinuosités flûtées, des dorures passées et des flamboyances toutes contemporaines et vous obtenez un second disque passionnant. A retrouver les 9 et 10 mars, au Duc des Lombards.

The Original Sound of Mali

Comme les voies du Seigneur, les profondeurs de la musique malienne sont insondables : au moment où, soit orgueil, soit inconscience, on pense avoir réussi à cerner à peu près le sujet, il survient toujours de nouvelles productions, de nouvelles rééditions, pour nous émerveiller encore. Ainsi The Original Sound of Mali, dernière compilation de Mr. Bongo, explore-t-elle un versant psychédélique plutôt inhabituel, quand le balafon et le n’goni enfumaient les esprits, que les tambours vrillaient les tempes et que la kora chevauchait les astres. Une fois de plus, d’Idrissa Soumaoro au Super Djata Band, de Sorry Bamba au Rail Band, l’extraordinaire valeur des musiciens maliens s’impose à nous. Sortie le 10 mars.

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Soko revient en forme avec “Sweet Sound of Ignorance”

capture d'écran Youtube/NYLON Video

Soko, Soko, Soko Soko. Son nom revient de temps en temps comme une chansonnette, mais sa nouvelle sortie est plutôt du genre tube trippy, un peu à la Connan Mockasin. Le morceau est titré Sweet Sound of Ignorance et s’accompagne direct d’un clip que Soko a réalisé elle-même à Los Angeles, avec peu de moyens mais beaucoup d’amis et surtout beaucoup d’idées. Le morceau, lui, a été enregistré à New York, là où elle bosse actuellement sur son prochain album avec Patrick Wimberly (moitié de Chairlift et producteur pour le dernier Solange ou encore le prochain MGMT). Le tout est cool, drôle et à découvrir ci-dessous.

Mystère et suspens

“Ce n’est pas vraiment un single, explique-t-elle quand on la rencontre dans le centre de Manhattan. Même pas un single zéro, comme on dit parfois”. En fait, Soko sort ce morceau pour accompagner la couv de Nylon qui lui est consacrée ce mois-ci (numéro de mars). Le clip est d’ailleurs sorti en avant-première sur le Facebook du magazine, en attendant que l’album en préparation se termine. “Je sais un peu de quoi ça va parler, mais j’ai l’impression de le découvrir en ce moment, en le faisant.” Le titre de cet album ? “Je ne peux pas te le dire pour l’instant, j’ai encore trop peur de changer d’avis ! En gros, ça parle du présent, de là où j’en suis.”

Soko connait toutefois un peu le programme musical : “Des chansons assez solaires mais avec des paroles plutôt tristes”. Une tonalité que Sweet Sound of Ignorance laisse déjà entrevoir dans sa volonté de nouveauté, deux ans après My Dreams Dictate My Reality et quelques mois seulement après le film La Danseuse. Et cette nouveauté n’est pas sans lien avec la situation géographique actuelle de Soko, éternelle nomade incapable de se poser. A New York depuis le mois d’août dernier, elle raconte :

“Je suis venue à New York pour sortir de ma zone de confort. Ma vie est à Los Angeles. Ici, je suis déstabilisée. Cette ville me rend un peu folle. Alors je ne fais que travailler. J’avais besoin de de ça, sortir de ma routine, pour me lancer de nouveaux challenges.”

Mais l’album “n’est pas prêt du tout” et ne sortira “pas avant septembre”. Il faudra donc patienter avec Sweet Sound of Ignorance et son clip, ce qui est déjà pas mal.

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Rencontre avec Halehan, la nouvelle pépite folk venue de Belgique

Il est midi lorsque nous rencontrons Halehan dans un bistrot du 10ème arrondissement. On découvre un jeune homme de vingt-deux ans, (très) grand et vêtu d’un col roulé noir et d’un long manteau beige. Histoire de n’épargner aucun cliché, on débute l’échange autour d’une bière traditionnelle de son pays, la Chouffe.

De son vrai nom Alexandre Lambrecht, Halehan a pris goût pour la musique durant sa petite enfance. Issu d’une famille catholique traditionnelle, il se penche rapidement vers d’autres formes de spiritualité et créer des personnages imaginaires qui peupleront ses rêves et ses premières compositions. Il démarre la guitare à dix ans, crée son premier groupe de rock dans la foulée puis passe un an à faire du piano-jazz. Avec le partenaire de son second groupe (d’électro’ pop cette fois-ci), il part étudier à la célèbre Institute of Contemporary Music Performance de Londres, où il travaille durant trois ans la composition de chansons.

Mais ses projets de groupes ne durent pas, et Halehan se lance rapidement dans un projet solo. “Je voulais davantage me concentrer sur un projet seul, plus lyrique, plus écrit, et décoller de l’électronique”, confie-t-il.

Durant sa dernière année de cours, il trouve son nom de scène.

“Il y avait une petite voisine qui m’appelait “Halehana”, avec un “a”, car elle ne savait pas bien dire Alexander. Du coup c’est resté, avec le “a” en moins”, explique-t-il avec le sourire.

Des influences hétéroclites, bercées par la Belgique

Originaire de Linkebeek, ville flamande coincée entre Bruxelles et Waterloo, Halehan fait partie intégrante de la nouvelle scène Belge actuellement en pleine ébullition.

“Je trouve que pour l’instant il y a une chouette scène, avec beaucoup de projets très intéressants qui repoussent les limites de la pop”

Il cite comme exemple Romeo Elvis, l’un des rappeurs belges du moment. Principalement attiré par le jazz, Halehan revendique aussi une passion pour la musique du monde : la bossa nova, la pop psyché, l’électro, la musique brésilienne, ou encore la folk anglaise et américaine. Au niveau de ses sources d’inspiration, le panel est également varié : Norah Jones et Chet Baker pour leur mélancolie, Mac deMarco pour sa spontanéité ou encore Ryan Adams pour son côté songwriter.

Un premier EP mystique 

Si les inspirations sont nombreuses, son premier EP Temple of Maya ne ressemble à aucun autre. Composé de cinq titres à dominante acoustique, l’EP opère une attraction immédiate et nous plonge directement dans les rêveries d’Halehan.

Maya, le premier titre, pose d’emblée le ton de l’EP et aborde la notion du sacrifice de l’artiste au profit de sa musique et de son abstraction dans l’oeuvre. “J’ai essayé d’emmener les gens dans mon petit monde créatif” déclare Halehan. Le second morceau, Worldwild, est un dialogue musical et rationnel avec Dieu. “Quand il y a le cœur de voix qui chante, on a l’impression que Dieu répond. Cela renvoie au fait de croire en quelque chose de plus grand que nous.”

Viennent ensuite Snow et Feather Light, deux titres qui se complètent. Car si le premier parle du manque et du vide, le second injecte une bonne dose de romantisme et d’amour. Un morceau qui tire sa force de Cécilia Heba, une amie d’Halehan, qui pose sa voix sur ce titre. “Cette chanson en duo apporte un petit changement. Elle est vraiment plus légère, même au niveau des paroles, c’est une petite balade amoureuse. Le thème de de la lumière colle bien avec les autres morceaux.” Dragon Fly, qui vient se poser en clôture, est probablement le titre le plus lyrique de l’EP, sur le thème du courage.

Une esthétique particulière 

En colocation avec le collectif Chapter One, Halehan vit à Bruxelles entouré d’autres artistes : vidéastes, danseurs… S’il aurait pu céder à une frénésie artistique et abreuver la toile de visuels, il décide pourtant de choisir la sobriété :

“Jusqu’à présent il y avait un côté très simple dans mes visuels, pour l’aspect acoustique. Je voulais faire parler la musique d’abord. On fait pas mal de visuels mais j’en utilise peu.”

Halehan n’a pour l’instant pas mis de clips en ligne, mais il a d’ores et déjà déjà réalisé plusieurs sessions acoustiques.

Quand on lui parle de ses futurs clips, Halehan balance sans hésiter ses idées :

“Quelque chose en mouvement, un peu comme dans le rap, avec pas mal de gens autour. En même temps très spontané et très simple, quasiment du live en fait. J’aime bien les bruits de clap, de clics, et des voix, assez épuré. Qu’il y ait la participation des gens présents.”

Malgré une courte expérience de la scène (pour le moment), il a déjà une idée bien précise de l’ambiance de ses futurs concerts :

“J’aimerai créer un chouette spectacle dans un endroit sympa, j’aime bien les petites salles. J’ai fais pas mal de petits shows intimistes où les gens sont assis autour de moi et où je tape des mains pour que les gens répondent, j’aime bien ce côté chaleureux. J’aimerai recréer ça, quand l’artiste est au centre et les gens l’entoure”.

En attendant de voir son public grossir, Halehan ne s’impose pas de limites, et voit déjà les choses en grand :

“J’aime bien l’idée boiler room. Une boiler room acoustique. Ou sur la lune ! (rires) Ça peut être sympa aussi.”

EP : Temple of Maya, sortie prévue le 10 février sur le label Vangarde 

concerts : Halehan sera présent à la Nuit des Botaniques, au mois de mai 2017.

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Avec “Nord”, Laura Cahen nous offre une jolie promenade musicale au fil des saisons

Crédits : Julia Grandperret

Née dans une famille de mélomanes, la Nancéienne apprit le piano, puis le violon, avant 
de se mettre au chant et à la guitare à l’âge de 10 ans. Les onze titres de cet 
album s’enchaînent suivant 
quatre chapitres 
au fil des saisons : au Nord l’automne est bleu, l’hiver orange, rouge le printemps et noir l’été. Si on devait retenir un premier morceau phare, cela serait sûrement Froid, qui parvient à 
nous ensorceler en quatre minutes chrono, telle une incantation.

Autre coup de cœur pour le morceau Mai, porté par un rythme 
plus entraînant. Les trois derniers titres, ceux de l’été, rappellent les origines algériennes de la chanteuse par leur chaleur et leur musicalité. Celle qui 
se décrit elle-même comme “une éponge à sentiments” livre ici une belle promesse, pleine de beauté mélancolique.

En concert le 24 mars à Montreuil, le 28 à Nantes, le 1er avril à Hyères, le 29 à Nancy.

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Illusionniste de la pop, Brent Crash dévoile son nouvel album “The New High”

Cela fait presque dix ans 
que l’on entendit pour 
la première fois la voix renversante de Brent Cash, sertie d’arrangements d’une classe folle, héritage de la pop américaine la plus haut de gamme, celle 
des Brian Wilson, Jimmy Webb ou Todd Rundgren. On crut alors 
à un miracle, à un mirage, tant 
ce garçon, qui posait à contre-jour sur la pochette de son premier album, How Will I Know If I’m Awake (2008), semblait non pas faire partie du monde palpable mais bien 
de celui des songes, comme 
il le suggérait lui-même. Brent Cash n’a publié qu’un album dans l’intervalle (le tout aussi sublime How Strange It Seems, en 2011) 
qui nous sépare de The New High, mais le temps n’a aucune importance lorsqu’il s’agit de concourir pour l’éternité.

Reclus à Athens (Géorgie), 
Cash poursuit, sans se soucier 
des remous extérieurs, sa fugue étoilée, jouant de tous les instruments (hormis les cordes, sans doute déléguées à des anges) et façonnant des chansons limpides, luminescentes, qui racontent éternellement le même foudroiement solaire sur un ton doux et utopiste. “I wish I were a song”, chantait Brent Cash 
en ouverture du précédent album, et c’est à cela qu’il nous invite : à habiter un paradis artificiel 
où les flûtes et les harpes tombent en cascades, les pianos sont des toboggans, les chœurs féminins des arcs-en-ciel, et où les licornes traversent le paysage sans que personne songe à s’en étonner.

Illusionniste de la sunshine-pop, Cash joue à cache-cache avec les aïeuls célestes de The Free Design, The 5th Dimension, The Carpenters ou The Association, rétrécit 
le temps et l’espace entre 1967 
et 2017, et procure de véritables bouffées de bonheur. De la 
feel good music plus que jamais nécessaire en ces heures blêmes 
et orageuses.

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