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Le bal masqué de Juniore et Foxygen à Plage de Rock

Foxygen

“Je suis crevé, mec. On était à Los Angeles hier, je suis un peu déphasé”, nous confie Jonathan Rado à l’ombre d’un cocotier. Le producteur du génial album des Lemon Twigs et co-leader de Foxygen aux côtés de Sam France a débarqué dans le sud de la France dans la nuit, trimballant avec lui pas moins de onze personnes. C’est ici, à Grimaud, que les californiens doivent débuter leur tournée européenne, avant de filer directement après le concert à la Route du Rock (Saint-Malo), puis d’enquiller avec le Portugal, l’Allemagne, le Pays-Bas et l’Angleterre. De quoi faire stresser Jeroen, le tour manager. “Je crois que c’est la logistique la plus importante que j’ai eu à gérer”, dira-t-il.

Le Rado de la méduse

A post shared by François Moreau Martinez (@francois_mmartinez) on Aug 18, 2017 at 11:43pm PDT

Tu te rappelles du concert de Amazing Snakeheads ?

Parmi tout ce petit monde, Cameron Ralston et Pinson Chanselle, respectivement à la basse et à la batterie. Foxygen a eu la bonne idée de s’entourer des meilleurs musiciens pour cette tournée, en allant piocher dans la filière Spacebomb records, label fondé par Matthew E. White et basé à Richmond, Virginie (Etats-Unis).

Entre deux bouchées de pastèque, les deux compères se remémorent un certain 7 novembre 2013, à Paris. La soirée avait commencé à la Cigale avec le concert de Matthew E. White, dans le cadre du festival des Inrocks et s’était terminée au Silencio avec une fête organisée par le label Domino Records. “Pinson passait des disques dans ce club”, se souvient Sergio, ingénieur son de Foxygen, avant de nous livrer une réflexion semble-t-il empirique sur les différences culturelles de la pratique du topless sur les plages espagnoles et sud-américaines. Cameron, lui, se rappelle surtout des coups de boutoir des écossais de Amazing Snakeheads, alors tête d’affiche de soir-là.

“Eteignez vos clopes !”

Quelques heures avant de monter sur scène, on surprend Sam France un bouquin à la main. Il s’agit de l’autobiographie de Miles Davis, écrite avec son ami journaliste et écrivain Quincy Troupe. Une lecture qui en dit long sur les ambitions de Foxygen. Le groupe s’est agrandi et compte maintenant un trio de cuivre, qui faisait ses débuts ce jeudi sur la scène du Long Bar. La veille, Sam et Jonathan lâchaient le clip de Avalon – nouveau single issu de Hang, leur dernier album -, dans lequel Rado joue le rôle d’un réalisateur complètement égocentrique, extraverti et control freak. Presque tout le contraire de qu’il est sur scène, à ce détail près qu’il reste le chef d’orchestre incontesté et discret de l’énorme bordel qui s’y passe.

Il laisse à Sam France le rôle de torche humaine au visage pailleté et gesticulante. Dans un show complètement glam’, France passe ainsi en revue l’histoire du rock et la joue un coup crooner, un coup punk, un coup Bowie à l’époque où il faisait s’écrouler sur scène Ziggy Stardust, le tout avec une sorte de dramatisation carrément burlesque. Entre les morceaux, il s’épanche sur ce que lui inspire l’amour, la vie et les clopes, demandant au public d’arrêter de fumer pour le bien-être de ses poumons et donnant au concert des allures de performance jazz parlée et improvisée quand, accompagné par les cuivres, il se laisse aller à ce genre de digressions. De son côté Rado reste planqué derrière son clavier et sa guitare, tandis que Jackie, aux choeurs, bouge comme une Ronnette en faisant mieux au tambourin que Liam Gallagher et Joel Gion réunis.

Même si les frangins D’Addario de Lemon Twigs semble maitriser davantage le genre, on tient sans doute ici la meilleure formule live jamais montée par Foxygen.

Pour un slow à Grimaud

Plus tôt dans la soirée, Juniore a fait danser Grimaud, façon American Graffiti cette fois. Anna Jean débarque avec sa clique comme dans une scène de Faster, Pussycat! Kill! Kill! et balance Ouh là là, titre instrumental en forme de cavalcade surf qui ouvre l’album du même nom. Fringuées en noir dans un style southern gothic, les Juniore ressemblent à ce girl-band qui a pris à contre-pied une époque dans laquelle on cite plus volontiers Elli & Jacno que Françoise Hardy et Nancy Sinatra.

Des sixties les Juniore n’ont pas gardé que le style, elles ont aussi conservé ses usages. En invitant le public à monter sur scène pour un slow sur Je fais le mort, elles transforment la plage du Long Bar en bal rétro sans boule à facettes, tandis que Panique fait bouger la foule comme un vieux rock un peu badass, un peu romantique. Mais les deux vont souvent ensemble. Pourtant, si les ressorts de la nostalgie sont à chercher quelque part, c’est plutôt du côté du jeu de guitare d’Anna Jean qu’il faudra lorgner ; comme quand, sur Tu vas tu viens, sa main dégringole le long du manche de sa Guild Starfire rouge, dans une suite d’accords reproduisant les “tu verras bien demain” de la chanson. Une belle façon de terminer les vacances.

Les Inrocks - Musique

Weezer annonce la sortie d’un nouvel album, avec un deuxième extrait en écoute

Weezer avait teasé son nouvel album il y a quelques jours (capture d'écran)

C’est par un joli texte, classique du taoïsme, que Weezer a annoncé sur Facebook ce 17 août la sortie prochaine d’un nouvel album, Pacific Daydream (Crush Music/Atlantic Records). Il s’agit d’une fable du penseur chinois Tchouang-tseu, aussi appelé Zhuangzi, baptisée “Le Rêve du papillon” :

“Zhuangzi rêva une fois qu’il était un papillon, un papillon qui voletait et voltigeait alentour, heureux de lui-même et faisant ce qui lui plaisait. Il ne savait pas qu’il était Zhuangzi. Soudain, il se réveilla, et il se tenait là, un Zhuangzi indiscutable et massif. Mais il ne savait pas s’il était Zhuangzi qui avait rêvé qu’il était un papillon, ou un papillon qui rêvait qu’il était Zhuangzi”

En bas à droite de la pochette de l’album, des sinogrammes font le lien avec cette référence inattendue.

Un deuxième extrait toujours aussi estival

Pour accompagner cette annonce, les Californiens ont dévoilé un deuxième extrait de l’album, Mexican Fender (référence à la gamme de guitares Fender la plus économique, fabriquée au Mexique), en écoute ci-dessous :

A la mi-mars, ils avaient anticipé l’été avec un premier extrait de circonstance : Feels Like Summer.


Pacific Daydream, de Weezer, le 27 octobre, en pré-commande ici.

Les Inrocks - Musique

Les 10 albums de jazz qu’il faut écouter avant la rentrée

Le pianiste Gerald Clayton (© Keith Major)

Hermon Mehari, Bleu

Depuis son plus jeune âge, Hermon Mehari collectionne les distinctions grâce à sa trompette véloce, qu’il maîtrise avec une technique exemplaire. D’un musicien on attend cependant des qualités autres qu’athlétiques. Ce disque enregistré en sextet (avec Logan Richardson à l’alto et Aaron Parks au piano) balaie toute inquiétude à ce sujet. Sur une rythmique gonflée à la testostérone – péché de jeunesse de nombreux jazzmen américains –, Mehari déroule thèmes mélodieux et solos ingénieux, osant même une certaine nonchalance. Ce contraste entre la sophistication extrême d’un swing calé au micro-temps près et la décontraction assurée du leader fait tout l’attrait de Bleu.

Gerald Clayton, Tributary Tales

Dans le livret de son nouvel album, le pianiste Gerald Clayton s’empare de la métaphore du ruisseau devenu rivière, puis fleuve afin d’évoquer son parcours d’homme et de musicien. Derrière le cliché, nulle naïveté : le tumulte océanique du premier titre (Unforeseen) se prolonge en houles furieuses soulevées par le batteur Justin Brown et une solide armada de saxophonistes, Logan Richardson, Ben Wendel et Dayna Stephens. Quand le calme revient, les voix de quelques poètes tombent sur l’onde et, par instants, on pense à Mingus (Wakeful) après avoir songé à McCoy Tyner. Tant de capacités si bien employées, dans les mains d’un homme de 33 ans, ne peuvent que laisser admiratif.

Manuel Valera Trio, The Seasons

Les Quatre saisons, on l’oublie parfois à force de subir leur introduction en boucle sur les répondeurs de dentistes, contiennent des splendeurs impérissables, distribuées en quatre concertos pour violon. Pour son nouvel album, le pianiste cubain Manuel Valera a puisé son inspiration en elles sans chercher à en reproduire les thèmes si célèbres, sensible davantage à la poésie des évocations de Vivaldi qu’à leur traduction littérale. Frôlant les abîmes à force de vitesse, son trio adopte les foulées nerveuses du hard bop plutôt que celles, plus souples, des leçons latines. Mais au bout de la course, c’est l’apaisement qui triomphe, dans un Hallelujah de toute beauté.

Oregon, Lantern

De la formation originale ne restent que Ralph Towner et Paul McCandless (Mark Walker est arrivé en 1996 et le contrebassiste Paolino Dalla Porta signe ici son premier enregistrement avec le groupe), mais Oregon n’a en rien renoncé à sa mission, fixée dès 1971 : vagabonder à travers les musiques du monde et le folk pour enrichir toujours plus son jazz de sons, modes et rythmes rares. L’exotisme n’est pas de mise à la lumière de cette Lantern : au hautbois et au cor anglais, au soprano comme à la clarinette basse, McCandless affiche une distinction quasi élisabéthaine, tandis que Towner, à la guitare et aux claviers prête du nylon au swing et au blues, quand ce n’est pas un soupçon de surréalisme psychédélique (ainsi dans le superbe morceau-titre). C’est le trentième album d’Oregon et le secret de ses fascinantes limpidités reste entier.

Giovanni Falzone Quintet, Pianeti Affini

Pour traduire les sympathies musicales des « planètes connexes » (Pianeti Affini), Giovanni Falzone a convoqué un orchestre étrange réunissant trombone, accordéon et effets électroniques en plus de la section rythmique et de sa trompette. Cette matière sonore, loin d’être accidentelle, a sûrement influencé l’écriture même, précise et répondant à des plans particuliers pour chaque pièce. L’assaut de l’espace ne se sépare jamais ici d’une truculence et d’un certain grotesque typiquement italiens : parfois chétives, voire manquées, ces ascensions fragiles mènent à de touchants retours à l’humaine condition – et donc au blues, américain, italien, universel.

Roscoe Mitchell, Bells for the South Side

Certains hommes ont la passion de l’expérimentation, aussi radicale et indéterminée pourrait-elle paraître. « J’aime le mystère » déclare simplement Roscoe Mitchell, co-fondateur de l’Art Ensemble of Chicago, saxophoniste de génie et amateur passionné de clochettes. Réunissant ses quatre trios ce double album ressemble à une toile vierge traversée de lézardes étranges, fissures tremblotantes où s’insinuent des fureurs de rythme, des silences qui inquiètent moins que les bruits qu’ils enfantent, des cavalcades d’esprits chuintants, hurlants ou pleurants. La tonalité par instants se précise sans que la terre soit plus ferme sous les pieds, et cette solitude du chaos peu à peu nous dépeuple de toute image, de toute idée-réflexe, livrant l’esprit au vertige interrogateur du neuf.

Eric Schaefer, Kyoto mon amour

Laissant les sublimes fracas de son disque enregistré avec The Shredz propager leurs dernières vibrations, Eric Schaefer définit un espace musical entièrement différent dans cet album inspiré par la cité impériale japonaise. Procédant par touches, silences et traits gracieux, le batteur allemand et ses musiciens (Kazutoki Umezu aux clarinettes, Naoko Kikuchi au koto et John Eckhardt à la basse) cultivent leur art comme un jardin zen, avec la subtilité requise et tout ce qu’il faut de patience, de confiance et d’abandon. Il en résulte un cahier poétique qui évite l’écueil du pittoresque et ne s’attache qu’aux beautés évanescentes de l’esthétique japonaise.

Josiah Woodson, Suite Elemental

Il a longtemps mis ses talents au service des autres sans se fixer de limites (ses compagnonnages vont de Branford Marsalis à Beyoncé et Mos Def), mais c’est au sein d’un quintet “classique” (avec basse, batterie, claviers et saxophone en soutien) et dans un langage apparenté au jazz modal qu’il réalise aujourd’hui cette ambitieuse Suite Elemental. Passant de la guitare à la flûte ou à la trompette, Josiah Woodson peint les quatre éléments comme autant d’états d’âme et de mouvements sensuels. La cohérence entre le concept et ses développements est telle qu’on redécouvre avec enthousiasme l’inépuisable valeur esthétique de ces quatre principes créateurs.

Stephan Micus, Inland See

Fidèle parmi les fidèles au label ECM, Stephan Micus aborde chaque nouvel enregistrement comme un voyageur partant pour une traversée en solitaire. Collectés dans tous les pays, ses instruments, dont il joue seul et avec beaucoup de finesse, instaurent l’espace et le temps qui lui sont propres, entre l’Asie, le Moyen-Orient et Europe, entre traditions immémoriales par où les hommes se liaient à la nature et au divin, et présent rasséréné, dépollué de son infamante laideur. Un rapport nouveau au monde peut se faire là, salutaire, curateur.

John Coltrane, European Tour 1961

Avec Charlie Parker, John Coltrane compte parmi les saxophonistes les plus influents de l’histoire du jazz. Edité pour le cinquantenaire de sa disparition, ce passionnant coffret de sept albums retrace sa tournée européenne de 1961. C’est une époque charnière pour Trane, celle qui le voit trouver en McCoy Tyner, Reggie Workman et Elvin Jones les soutiens nécessaires à l’exploration de nouvelles voies. Au fil des concerts, on retrouve ses thèmes fétiches, Naima, Impressions (neuf fois), My Favorite Things (neuf fois également) ou Blue Train, tous magnifiés par les interactions de ce quartet fabuleux et les libertés folles d’Eric Dolphy (alto, flûte et clarinette basse), génie supplémentaire engagé en renfort pour cette tournée. Un must have.

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Disque La Rayé et Oté Maloya nous font voyager à travers leurs compilations

Quel est le point commun entre le boogaloo des Antilles dans les années 1960 et le maloya électrique des années 1970-80 à la Réunion ? Les DOM-TOM, comme on disait jadis. Ou le monde créole, comme on dirait aujourd’hui. Et le calendrier, qui aligne idéalement la sortie de ces deux compilations surexcitantes, collections de pépites musicales de la France lointaine, et qui donnent envie de faire “cocorico !” en créole. Ces deux compiles présentent aussi la double qualité d’être à la fois bonnes pour la tête et les jambes. Pour la tête : elles témoignent de migrations et de mutations musicales, du grand mouvement de la créolisation du monde. Pour les jambes : on peut les écouter sans penser à tout ça, juste pour danser et boire des coups.

La première documente l’arrivée du boogaloo en Guadeloupe et en Martinique dans les années 1960. Genre de pré-salsa née à New York dans la communauté latino, le boogaloo des Antilles ici sélectionné est chanté en créole, avec des influences locales, le tout dans cet esprit toujours très drôle, garage, futile et néanmoins indispensable qui honore les productions du label Born Bad. La seconde va encore plus loin, en révélant les (r)évolutions électriques du maloya réunionnais. Insulaire et endémique, cette musique de groove ternaire est un terreau fertile, idéal pour faire pousser des hybrides psychédéliques, funk, reggae ou rock (prog et jazz) de l’époque. Les claviers, les basses et les guitares électriques ne font qu’ajouter aux mystères insondables du maloya originel. Et les incroyables breakbeats de Daniel Sandié sur Défoule 3e âge sonnent comme la promesse d’une nouvelle jeunesse pour le maloya électrique vintage. Compile de l’année.

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Alex Cameron, Andy Shauf et Allah-Las réussissent avec brio le lancement de la Route du Rock

Crédit photo : Julien Nedelek

Pour le lancement de sa 27eédition, la Route du Rock s’est échauffée à la Nouvelle Vague, salle de concert de Saint Malo. Située dans la rue des Acadiens, ce lieu dédié aux musiques actuelles affichait complet pour l’occasion. A 20H, une longue file de festivaliers s’étirait pour assister à l’inauguration, et ce malgré les quelques apparitions de pluie bretonne. Après un léger retard de circonstance, Alex Cameron débarque en grande pompe.

@alkcm ouvre la collection été de @laroutedurock ???? #rdr2017

Une publication partagée par Chloé CRN (@chloe.cairon) le 17 Août 2017 à 12h28 PDT


Et si la température de la salle frôle rapidement une température tropicale, le rockeur australien participe à la torpeur ambiante. Le petit protégé de Jonathan Rado (Foxygen), a en effet été chargé d’inaugurer la soirée. Arrivé sur scène accompagné de ses trois musiciens, dont son saxophoniste et ami Roy Molloy, Alex se présente dans son look traditionnel : blouson en cuir, marcel blanc, blue jean et cheveux gominés. Son concert débute avec Candy May, premier extrait de son second album prévu pour le 8 septembre prochain. Avec sa voix ténébreuse et son charisme à l’aura débordante, impossible de ne pas résister à l’appel de la danse.

Avant d’entamer un second titre, Cameron teste son accent français avec un “Merci” lancé à la foule. Mission réussie. “Je ne sais pas vraiment parler français, mais j’aime beaucoup les sonorités“ poursuit-il avant de s’auto-corriger “SI! Je sais dire “sans gluten””, déclenchant l’hilarité générale. Il enchaîne ensuite avec Happy Ending, effectuant son mythique déhanché sur fond de lumière pourpre, puis Good Looking, Comeback ou encore Marlon Brando. Seule déception de la soirée, Angel Olsen (programmée ce dimanche au Fort Saint Père) ne l’a pas rejoint sur scène pour interpréter Stranger Kiss, leur titre sorti en duo ce mois-ci.

Vient ensuite le tour du multi-instrumentiste et songwritter Andy Shauf, casquette vissé sur la tête. Il n’est pas venu seul, mais entouré de ses cinq musiciens (dont un saxophoniste et une clarinettiste). Avec trois albums à son actif, le canadien n’en est plus à son tour d’essai, se plaçant définitivement dans le sillage des plus grands artistes folk. Musicien contraint durant sa jeunesse (notamment le dimanche à l’église), Andy prouve que l’église peut faire naître la vocation de bons rockeurs. Durant plus d’une heure, il a enchanté le public avec ses ritournelles hypnotiques. Et lorsque les premières notes de The Magician résonnent, titre phare de son troisième album, les exclamations enthousiastes se font entendre dans la salle. D’une même voix, le public a communié avec cet ancien enfant de coeur.

Après le temps des ballades folk et ensorcelantes vient le temps de pop californienne. Les américains d’Allah Las ont enflammé la scène avec un son lumineux et ont interprété leur troisième album, Calico Reviews, sorti l’année dernière. Ce jeudi, le chanteur s’est présenté en marinière traditionnelle bleue et blanche, honorant cette magnifique région trop souvent réduite à son cidre et ses galettes saucisses.

Le résultat? Un mélange entre un groupe de rock garage rennais, un revival des Beatles en pleine période sixties ou encore en dignes héritiers de Love et des Byrds. Entre deux titres, le chanteur laisser échapper un “and fuck Donald Trump” virulent, particulier bien accueilli par le public suite au comportement outrancier du président américain après les violences de Charlottesville. Un point de vue partagé par les autres artistes de la soirée, notamment Alex Cameron, qui n’hésite pas à utiliser Twitter pour dénoncer la situation aux Etats-Unis.

Don’t tell my heart
My basic racist heart
I just don’t think he’ll understand pic.twitter.com/1KzrsiTK7d

— Alex Cameron (@ALKCM) 13 août 2017

Une belle promesse pour la première journée officielle du festival, qui accueillera notamment Foxygen, PJ Harvey et Idles ce vendredi.

Les Inrocks - Musique

Steven Wilson : “Je rêve d’un album qui fasse le pont entre Kate Bush et Daft Punk”

Avec son groupe Porcupine Tree puis en solo, ce musicien virtuose et éclectique s'est fait le champion d'un néo rock progressif. Remixeur attitré de King Crimson ou de Jethro Tull, il revient sur les disques et les artistes qui l'on inspiré.

Télérama.fr - Musiques

Gucci Mane annonce un nouvel album et sort un titre avec Migos

Gucci Mane aux Eurockéennes de Belfort le 7 juillet 2017 (© Sébastien Bozon / AFP)

Gucci Mane a annoncé jeudi 17 août, la sortie de son nouvel album, Mr. Davis. La dernière production du rappeur est disponible en pré-commande sur iTunes et Apple Music depuis hier soir, mais elle ne sortira pas avant le 15 septembre.

De nombreux artistes surprises

Histoire de donner un avant-goût, Gucci Man a balancé dans la foulée un track réalisé avec Migos et intitulé I Get The Bag. Pour l’instant, on sait en tout cas que l’on pourra retrouver sur Mr. Davis quelques une de ses anciennes collaborations comme le track Make Love, avec Nicki Minaj, ou encore Tone It Down, avec Chris Brown. Mais le rappeur s’est aussi entouré d’autres artistes comme The Weeknd, Big Sean, A$AP Rocky, Schoolboy Q, Monica,  lim Jxmmi de Rae Stremmurd et bien d’autres encore…

Gucci Mane ne s’arrête plus. Le 26 mai dernier, la rappeur d’Atlanta sortait déjà son quatrième album, Drotopwop, depuis sa sortie de prison, il y a un an.

Les Inrocks - Musique

Nick Cave en BD, c’est pour bientôt

Reinhard Kleist/Self Made Hero

Le musicien est à l’honneur d’un roman graphique de l’auteur allemand Reinhard Kleist, déjà à l’origine d’une excellente biographie en BD de Johnny Cash (Une vie 1932-2003). En mettant en scène le chanteur mais également une galerie de personnages tirés de ses chansons, Kleist retrace son enfance australienne, ses premières années en tant que musicien avec son groupe The Birthday Party, l’arrivée du succès avec les Bad Seeds, les tourments de la créativité.

L’album, titré Mercy on Me a reçu la bénédiction de Nick Cave puisqu’il en parle en ces termes :

“Reinhard Kleist, maître du roman graphique et faiseur de mythes a une fois de plus atomisé les conventions du roman graphique en concoctant un mélange terrifiant de Cave songs, de semi-vérités biographiques et de fabulations absolues, créant ainsi un voyage complexe, glaçant et totalement bizarre dans le Monde de Cave. En tout cas, bien plus près de la vérité que n’importe quelle biographie ! Quoi qu’il en soit, sachez que je n’ai jamais tué Elisa Day.”

Parution en Angleterre le 7 septembre, pas de date de sortie française pour l’instant.

Les Inrocks - Musique

Les Stones, prophètes au pays du blues

En 1969, les Rolling Stones entreprennent une tournée infernale dans une Amérique à cran. Suivis comme leur ombre par le journaliste Stanley Booth, les Anglais n’ont qu’une obsession : rallumer les feux du blues.

Télérama.fr - Musiques

Les enfants de Johnny Cash ont un message pour les néo-nazis qui portent un T-shirt de leur père

Johnny Cash interprète "Daddy Sang Bass" / Capture d'écran YouTube

Devant les images du jeune néo-nazi arborant un T-shirt à l’effigie du célèbre chanteur de Johnny Cash lors de la manifestation suprématiste de Charlottesville, le sang des enfants du héros de la country n’a fait qu’un tour. Sur sa page Facebook, sa fille ainée Rosanne s’est empressée de poster un message signé de son nom et de celui de ses frères et sœurs. Elle demande fermement que le nom Cash soit maintenu éloigné de ces idéologies destructives et haineuses.

Dans ces quelques lignes, les enfants de l’artiste décédé en 2003 rappellent l’engagement politique de leur père, son combat pour l’égalité des droits et les libertés.

“Johnny Cash était un homme dont le cœur battait au rythme de l’amour et de la justice sociale. Il a reçu des récompenses humanitaires, entre autres, venant du Fonds national juif, de l’organisation B’nai Brith et des Nations Unies. Il a défendu les droits des Amérindiens, a protesté contre la guerre au Vietnam, était une voix pour les pauvres, pour ceux qui luttent et défendent les opprimés, s’est engagé pour les droits des prisonniers. Avec notre sœur Rosanne, il était membre du conseil d’une organisation exclusivement consacrée à la prévention de la violence armée chez les enfants”, précisent-ils. “Notre père nous disait à chacun, nous a répété encore et encore tout au long de notre vie : Les enfants, vous pouvez choisir l’amour ou la haine. Sachez que je choisis l’amour”.

A message from the children of Johnny Cash:We were alerted to a video of a young man in Charlottesville, a…

Posted by Rosanne Cash on Wednesday, August 16, 2017

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