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Hey les gros lourds, merci de ne pas débarquer sur scène pour embrasser les filles qui jouent

Samedi 16 septembre, le groupe originaire de Toronto Alvvays donne un concert à Anvers, en Belgique. La chanteuse Molly Rankin, guitare en bandoulière, déploie leur pop sucrée sous influence Best Coast. Arrive le morceau Party Police. Tout se déroule normalement jusqu'à ce qu'un homme surgisse sur scène et tente de l'embrasser en l'attrapant par le cou. La jeune femme a un mouvement de recul, pousse un petit cri de surprise. L'homme n'insiste pas, fait semblant de s'excuser et s'en va comme il est venu. La scène est à voir ci-dessous à partir de 3:35 :

Ceux qui auraient été sensiblement capables de faire la même chose ou qui n'ont aucune conscience de la société patriarcale dans laquelle nous vivons trouveront cet incident amusant et s'offusqueront très certainement qu'on s'attarde à le condamner dans cet article. Et pourtant, débarquer sur scène pour embrasser de force une artiste n'a rien de drôle. Il s'agit même d'une d'agression dont tout le monde se passerait bien, et qui rappelle l'inégalité persistant entre artistes masculins et féminins.

"Montre moi tes nichons" 

L'incident n'est pas isolée. Les artistes femmes se font régulièrement emmerder, notamment lorsqu'elles se produisent en live, la scène étant un lieu de force mais aussi de fragilité, de mise à nu. En février dernier, lors d'un concert à Cambridge, la rappeuse new-yorkaise Princess Nokia était descendue de scène pour frapper l'un des spectateurs qui, selon elle, lui avait manqué de respect en lui adressant des obscénités du type "montre moi tes nichons". Bien entendu, le spectateur en question avait nié.

S'était alors posée la question de la violence de sa réaction. Mais pas tellement celle de la violence de l'homme dans le public. Elle témoigne pourtant de la persistance d'un comportement sexiste consistant à renvoyer l'artiste femme à sa sexualité, à l'objectifier jusqu'à la réduire à un corps soumis au bon vouloir de l'homme, lui seul habilité à agir (sexuellement comme artistiquement). En cherchant à embrasser Molly Rankin de force, en la ramenant à la sexualité de son corps, le spectateur lui refuse son statut d'artiste comme son libre arbitre, et s'inscrit par là même dans une démarche profondément sexiste. En creux, ce baiser forcé lui signifie que c'est lui qui devrait être à sa place au micro, ou tout du moins qu'au lieu de chanter, elle ferait mieux de remplir son rôle de femme soumise aux désirs de l'homme.

C'est précisément ce schéma consistant à rabaisser systématiquement les femmes, à les ramener aux rôles que la société patriarcale attend d'elles que Björk dénonçait  en janvier dernier dans un post Facebook :

«Les femmes dans la musique ont le droit d’écrire et de chanter à propos de leurs petits amis. Si elles changent de sujet pour parler d’atomes, de galaxies, d’activisme, si elles produisent leurs beats comme des geeks ou si elles font quoi que ce soit d’autre que d’être des artistes qui chantent à propos de leurs êtres aimés, elles sont critiquées. Les journalistes ont l’impression qu’il manque quelque chose… Comme si nous ne pouvions parler que de nos émotions.»

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Exclu : depuis la Réunion, l'électro-maloya de Labelle brille dans la nuit

On vous a déjà dit le plus grand du musicien qui joue sous le nom de Labelle. Et on va continuer alors que sort son nouvel album, Univers-île, toujours sur le bon label Infiné. En exclu, la vidéo nocturne de la chanson Benoîte, en hommage à une grande chanteuse de la Réunion, pionnière du séga, Benoîte Boulard. Avec au chant, une autre grande chanteuse réunionnaise, mais d'aujourd'hui, Nathalie Natiembé. Labelle jouera en vrai à Paris le 18 octobre, pour le Mama Festival.

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La programmation complète, très internationale et pointue des Trans de Rennes

Il y a quelques semaines, on vous annonçait déjà les 15 premiers noms du festival. Aujourd’hui, on partage tout le casting : pas moins de 40 artistes à découvrir durant ce week-end prolongé de décembre. Venu de France et d'ailleurs, représentants du rap, du rock et de plein d'autres genre, le panel d’artistes proposés est une nouvelle fois très large.

Des artistes venus du monde entier

Dès le mercredi 6 décembre, on est heureux de voir se débarquer le supergroupe (à suivre avec attention) Superorganism qui jouera juste après la performance de Nakhane. Natif d’Afrique du Sud, Nakhane jouera tous les jours à L’Aire Libre.

Côté Français, en plus des rappeurs de Colombine et de Kiddy Smile, on verra Repi Del Mundo, Menthine, Tample, ou encore le rappeur local ABD. Les Américains de Washed Out viendront proposer leur pop planante qui sent bon l’été, tout comme leurs confrères de Thor & Friends ou le trio Moon Hooch . Et on sera ravis d'aller voir Tshegue le samedi.

Les découvertes ne s’arrêtent pas là, tant le festival s’ouvre à de nouveaux horizons. De l’Éthiopie, à l’Israël où il s’est forgé une réputation solide, Gili Yalo, viendra proposer un son hybride, mêlant tous les genres qu’il affectionne. On retrouvera aussi la musique électronique et traditionnelle du Syrien Hello Psychaleppo, aussi, la techno de Skywalker, alias Sama’, la première femme DJ de Palestine (comme l'expliquait Trax Magazine).

Vous pouvez retrouver la programmation complète via ce lien et vous procurez des places en allant ici.

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On y était : Slowdive plane sur le festival angevin Levitation

De nos jours, il semblerait que les lieux de diffusion de la musique soient devenus presque aussi importants que la musique en elle-même. Ainsi, des gros festivals mastodontes aux caves minuscules de quartiers, des salles subventionnées de type assistance respiratoire aux baraques en banlieue improvisées en squat le temps d'une soirée, c'est comme si le cadre des concerts conditionnait plus que jamais la musique qu'on allait y entendre. La faute à des espaces de plus en plus normés, ou en tout cas disposés de manière à ne rien tromper sur la marchandise. La faute peut-être aussi à des artistes qui dévient de moins en moins d'un schéma musical pré-établi. En gros, avant même d’écouter la musique, on sait d’office ce qu’on va y trouver.

nicolas_meurillon_photograpies_4.jpg Le théâtre du Quai - Crédit : Nicolas Meurillon.

À ce titre, l’endroit où se déroule la version française du festival texan Levitation est à la fois singulier et pas très affriolant de prime abord - en tout cas pas forcément raccord avec l’idée qu’on se fait d’un festival avec de la musique de zazous enturbannés dedans. Le théâtre du Quai se présente comme une salle de type SMAC (salle des musiques actuelles) : avec sa baie vitrée donnant sur la rivière de la Maine et ses deux grandes salles adjacentes, le cadre architectural pourrait donner l’envie d’ôter les cigarettes qui rigolent de la bouche des éventuels fumistes qui s’y aventureraient.

Slowdive, toujours dans le coeur de la jeune génération d'artistes psyché

Mais le vendredi soir, la pluie battante oblige les spectateurs à ne pas s'attarder sur la terrasse et à se précipiter dès le début des concerts à l'intérieur du Forum. Ce qui fait que le concert des Californiens de Cosmonauts, fameuse signature du label local Burger Records, nous met d’office dans les meilleures dispositions : un garage rock un peu surf, un peu shoegaze, un peu kraut, très fumiste et enfumé. À la fois branleur et courtois, c’est exactement le truc que l’on a envie d’écouter lorsqu’on grelotte et qu’on commence tout juste à se chauffer. Ça fait le taff, quoi.

Difficile de ne pas voir, à l’aune de ce concert,et particulièrement du dernier morceau ( de très bonne facture au demeurant), l’influence manifeste de Slowdive sur une partie des artistes programmés ce soir-là. Le groupe de Reading, lequel aura connu une carrière ingrate dans les années 90 (méprisés de leur vivant, dieux vivants vingt ans plus tard pour toute la sphère indie), aura de toute évidence marqué de son empreinte cette première soirée de festival.

En partant aussi bien du garage slacker de Cosmonauts donc, pour aller à la minimal wave très chic des éphèbes anglais de The KVB, des très scolaires mais pas déplaisant Ulrika Spacek jusqu’au gros rock patapouf de Bo Ningen (les esthètes du hard rock japonais historiques nous en voudront, mais tant pis), tous auront en commun un goût pour le delay sur les voix et les nappes de guitares diffractées. Jusqu’au point où on se demande ce qu’est la musique psyché en 2017, et qu’on y réponde : probablement tout ce qui a émané du shoegaze depuis 1993. Genre honni, puis réhabilité, puis totalement normalisé dans les cœurs et les fesses des indie kids d’aujourd’hui (et ils sont nombreux ce soir), il est intéressant de voir qu’il est désormais le truc qu’on ne peut pas contourner, aussi bien en terme d’esthétique que de musique – regardez les bottines et écoutez les pédales de delay.

Il y a donc quelque chose d’assez réjouissant de voir débarquer Groupe Doueh & Cheveu sur la Grande Scène aux alentours de 22h. D’une part, parce que leur proposition (soit un de nos très chers groupes dada punk du terroir croisé avec un des meilleurs guitaristes sahariens) jure vraiment avec tout le reste, et d’autre part, parce que leur entrée sur scène amène un peu d’imprévu et de culot à tous les jeunes gens biens mis qui les ont précédés. Et même si le disque éponyme sorti sur Born Bad l’année dernière se démarquait par son irrégularité stylistique et ses sorties de piste plus ou moins maîtrisées, force est de constater en concert que les fameux coups de guidon non contrôlés se retrouvent rehaussés par une spontanéité bienvenue. Moins de maîtrise et plus d’approximations que les jouvenceaux d’avant, certes, mais infiniment plus de danger.

Slowdive, un groupe éternellement clivant 

Le concert de Slowdive arrive donc à mi chemin entre le cheveu sur la soupe et la cerise sur le gâteau, soit le truc de vieux sages et d’iconoclastes à la fois. Il est intéressant de voir que plus de vingt ans après leur séparation, la musique du groupe de Reading soit toujours aussi clivante, malgré une influence sur la scène rock actuelle désormais prépondérante. D’un côté, des jeunes de vingt ans battent l’air de leur poing, dans une passion non refrénée, tandis que de l’autre, certains pouffent de rire de rire devant des chansons qui, les années aidant, prennent un tour sacrément emo. Au final, on se dit que c’est assez sain qu’un groupe comme Slowdive divise toujours autant en 2017 ; ça montre qu’il reste de beaux jours avant qu’on n’arrive à circonscrire ce que doit ou ne doit pas être la musique psyché (ou shoegaze, ou dream pop, etc…), et que les musiques "aventureuses" ne sont pas encore prêtes d’être mises sous cloche, malgré ce qu’on pourrait parfois nous faire croire.

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Perez de retour avec un clip intriguant "Le Dernier Tube de L'été"

Le prince noir de la chanson française nous dévoile son clip Le Dernier Tube de L'été, premier extrait de son EP prévu pour le 20 octobre et dont le single est déjà disponible sur Apple Music.

Dans ce nouveau clip, à la fois cool et oppressant, le réalisateur Maciek Pozoga semble faire le parallèle entre la vie de fourmis (ici, coincées dans une bouteille) et la vie citadine, en multipliant des plans de personnes croisées dans la rue au hasard. A cela vient s'ajouter le rôle de Perez, qui derrière la caméra, et avec son iPhone, déambule dans la cité pour filmer ses habitants.

Avec une pop nébuleuse aux influences electro et des paroles désenchantées, rappelant un Etienne Daho ou un Lescop, Perez a tout bonnement charmé l'Hexagone. Après Un Album de collection conceptuel sorti en 2015, le Bordelais prévoit la sortie de son deuxième album Cavernes, pour février 2018.

>>> A lire aussi : Perez s’inspire d’œuvres d'art pour un nouvel album très pop et très beau

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On a passé la nuit à la Flip Party de Stupeflip, et ça valait quand même le crou d'y aller

Pour trouver le Dock Pullman, spot secret de la Flip Party, il suffisait de suivre les membres du "crou". Vers 23 h, on se presse devant l'imposant bâtiment planqué plaine Saint-Denis de l'autre côté du périph', au milieu des studios de télévision – celui de Salut les Terriens par exemple.

L'immense pièce de 3 200 m2 est débarrassée de ses tribunes et les murs sont recouverts d'écrans projetant parfois le concert, parfois des artworks du groupe. On est tout de suite dans l’ambiance grâce au live de Pogo Car Crash Control qui retentit à ce moment là. Un rock bien gras et puissant,  une bonne découverte qui colle bien avec l’univers éclectique de Stupeflip, qui ne tardera d’ailleurs pas à monter sur scène pour un premier mini-live.

Les adeptes du "crou" – la plupart sont déguisés, ou portent une marque d’allégeance à Stupeflip (t-shirt, masque, oreilles de lapin…) – se ruent au milieu du dancefloor. Agités, bière dans une main, cigarette (et plus si affinité) dans l’autre, les premières frictions éclatent, un pogo se déclenche rythmé par le titre Stupeflip Vite!!! qui résonne à fond. King Ju, tout de noir vêtu, veille sur la foule du haut de la scène, bien épaulé par ses fidèles compères Mc Salo et Cadillac ("Cadillac c’est caca", peut on lire sur un t-shirt).

Quelques titres plus tard, Dr Vince (DJ du "crou") reprend son set, il est bientôt 1 h. Le moment parfait pour prendre une pause, faire un tour à l’extérieur et découvrir le reste des installations. Dehors, même s’il fait froid, les adeptes du "crou" se sont réunis en petit groupe, profitant des boissons ou de la nourriture achetées dans l’un des quelques stands prévus à cet effet. Thierry Ardisson sirote tranquillement sa bière pendant que l’un des (nombreux) hommes masqués se fait visiblement "introniser". Des cris retentissent à l’intérieur de la salle, on y retourne.

Au milieu de la foule, un convoi d’hommes tout habillés de noir, capes et masques compris, se déplace en direction de la scène, drapeaux estampillés "Régions Confédérées" dans les mains. La Religion du Stup se répète en fond sonore  – on apprendra plus tard que ces drapeaux ont été dessinés par King Ju, qu’ils n’ont pas de signification particulière et qu’on pouvait déjà les voir dans le livret du premier album en 2003. Ils montent sur la scène, se figent, leur yeux rouges et brillants fixant le public, alors que King Ju et sa bande entament une deuxième session live.

C.R.O.U #FlipParty #Stupeflip #crou #lapin

Une publication partagée par Tchuck Norris (@hickone) le 17 Sept. 2017 à 3h46 PDT

Les lumières ambiantes se teintent de rose et de vert, Stupeflip propose des titres du dernier album Stup Virus. En plein milieu du planant The Solution, une fille lâche : "Je ne sais pas trop pourquoi je suis là… ". Un autre soulève son masque démoniaque qui arbore un large sourire et lui répond : "Rejoins le crou, tout le monde est le bienvenu". Flippant.

Après The Antidote, Creepy Slugs, Lonely Loverz, Stalactites…, les "adeptes" qui étaient restés bloqués sur la scène disparaissent. Peu après 2 h, un DJ arrive : "C’est Dee Nasty les mecs !!" s’étonne un spectateur vêtu d’un peignoir, d’un masque de lapin et d’une cape. Bien vu.

Le père de l’émission H.I.P. H.O.P (prononcé "à chiper, à choper") se lance pour une heure de set hip-hop/rap, sa spécialité. King Ju reste sur scène, les gens apprécient et dansent, même Casimir qui lui aussi était présent : "C’est ça l’esprit Stup, des vidéos, des temps morts, des animations ! Je suis fan !", s'excite-t-il.

#stupeflip #flipparty #deenasty #djdeenasty #dj #stup #flip

Une publication partagée par Émilie Lajfk (@rastoubil) le 16 Sept. 2017 à 18h35 PDT

Dee Nasty se retire après presque une heure de show, sous les applaudissements de la foule conquise mais réduite, car il se fait tard. L’ambiance change d’un coup, il est presque 4 h du matin. La salle est plongée dans le noir l’espace d’un instant, puis se rallume sur fond de métal, habillée d’une scénographie représentant des flammes. Pophip (que le groupe avait laissé aux portes de l’enfer dans le titre Des nouvelles de Pophip, de l'album Stup Virus) apparaît ligoté au milieu de la scène, cerclé par des flammes, et chante sa douleur.

Pophip disparaît rapidement dans le feu, que des lumières vertes et des écriteaux qui défilent sur les murs remplacent vite. Le "crou" reprend la scène et enchaînera quelques morceaux supplémentaires. Ce sera le dernier acte, avant la fin de la Flip Party, soldée par une vidéo d’au-revoir.

Certains se diront déçus, "parce qu’il n’y avait pas assez de Stupeflip et trop de DJ set". D’autres souligneront le prix "exorbitant" des consommations et de la nourriture. En tout cas, l’on retiendra la "belle fête" que Stupeflip a donné, réussissant une fois de plus à faire rentrer tout ce joyeux monde dans l’univers cultivé par le groupe depuis maintenant plus de 10 ans.

#FlipParty
Paradis pour les uns
Enfer pour les autres
C'était une métaphore du purgatoire @stupeflip pic.twitter.com/2WEPQH9j8j

— Gilles Noeppel (@gilgamed1) 17 septembre 2017

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Vidéo: "Tropical Fruit", le clip planant de Fantastic Mister Zguy

Ambiance tatami, gymnastique et lèvres bleues dans le nouveau clip en exclu de Fantastic Mister Zguy, Tropical Fruit, réalisé par le studio Bengale. Un clip doux et planant, comme la pop du quintet français. Rythmée par la grâce de Lorna - double championne de France de gymnastique rythmique et sportive - qui fait une petite démo de danse des rubans avant d'atteindre le septième ciel sur un tas de tissus bleus et d'effectuer un saut extatique dans les airs. Un peu comme dans le clip Tame Impala pour The Less I Know The Better. 

Tropical Fruit nous fait penser à du Mac de Marco dans les guitares et harmonies, porté par la voix très cool du chanteur Zguy. Le groupe se définit comme "Feel Good Indie", et c'est en effet, le terme idéal pour décrire leur musique.

Tropical Fruit est présent sur son second EP 4 titres Oh Me Oh My, sorti cet été.  Il y a quelques mois, sortait aussi le clip de Zguy on the Silk Road. 

Fantastic Mister Zguy sera en concert au Pop Up Du Label (Paris) le 28 Septembre et au Bus Palladium (Paris) le 14 octobre.

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Comment le conflit nord-irlandais a donné naissance à l'un des plus grands tubes du rock britannique

Dimanche 30 janvier 1972, Billy Doherty parcourt à pieds les quelques centaines de mètres qui le séparent du terrain de foot du coin, près de sa maison du Bogside. Le quartier est situé à l’ouest de la Foyle, fleuve qui sépare encore aujourd’hui les communautés catholiques et protestantes. Le futur batteur des Undertones, comme les autres membres du groupe, a été élevé dans une famille catholique et républicaine. Dans son enfance, les titres des Beatles ou Steely Dan se mélangeaient à ceux de Rory Gallagher et Horse Lips, groupe de rock traditionnel irlandais. Des artistes que personne n’écoutait sur la rive d’en face. À 13 ans, Billy n’a aucun ami protestant, ségrégation oblige. Ce jour-là, il tombe sur une poignée de soldats, bâtons et flingues en main, qui le font vider son sac et le secouent un peu. Un début de journée mouvementé, mais rien en comparé de ce qui va suivre.

Un mauvais pressentiment

L’après-midi, Billy et son père se rendent à une marche pacifique organisée par le mouvement des droits civiques pour protester contre les internements sans procès de membres de l’IRA. Depuis 1969, l’armée britannique campe dans toute l’Irlande-du-Nord. La manifestation est interdite mais démarre quand même dans les quartiers républicains. Alors que le défilé se dirige vers le centre-ville, zone neutre, la route est barrée. Le père Doherty a un mauvais pressentiment et souffle à son fils : " Rentrons, ça va dégénérer." Pendant ce temps-là, Damian O’Neill, est tranquillement chez lui, dans une maison surplombant le Bogside.

Bientôt auteur du riff exaltant de Teenage Kicks, il a refusé de se rendre à la marche pour suivre un match de Chelsea à la télé. Avec cette voix de deuil commune aux gens de la ville lorsqu’ils évoquent ce jour sombre il raconte :

« On a entendu les tirs vers 16h, un peu après le match. On pouvait bien voir depuis ma chambre, sous les toits, alors on est monté avec ma sœur. On voyait les gens s’enfuir, se mettre à l’abri des tirs. C’était le chaos.»

Dans la foule, certains tirent des projectiles. Les soldats britanniques répliquent, à balles réelles. De chez lui, Billy observe les évènements à travers ses jumelles. Il entend les tirs, voit les gens courir se cacher. Damian est lui sans nouvelle de ses parents, jusqu’à se que son père entre avec fracas, une heure plus tard. "Il avait l’air d’avoir très peur, narre-t-il, ému. Il tremblait. Il avait perdu ma mère en s’enfuyant des balles. Il répétait : «  Où est votre mère ? » Elle n’était pas là alors il y est retourné, même s’il avait très peur. Ils ont fini par revenir ensemble. »

Le lendemain, la mère O’Neill amène son fils sur le lieu du drame. La bannière des droits civiques est couverte de sang, les trottoirs aussi. La ville est plongée dans un silence de mort.Ce jour, connu sous le nom de Bloody Sunday, a fait 14 victimes tombées sous les balles britanniques. Sur le sujet, Damian conclue :

«Ça a laissé une cicatrice psychologique sur la ville. Elle est toujours présente.»

Du beau bruit dans un endroit laid

Malgré la cicatrice, les Undertones n’aborderont jamais réellement la question dans leur musique.

John O’Neill, compositeur du groupe et grand frère de Damian, explique :

« Je n’avais pas la confiance nécessaire pour écrire sur la situation politique. Ça n’aurait pas été assez bon. C’était aussi trop évident que venant de Derry on essaie d’écrire des slogans niais sur la guerre. Sur notre troisième LP, il y a une chanson, Crisis of Mine dans laquelle je parle de mon incapacité à écrire sur le conflit. À le faire bien. J’ai essayé, mais ça sonnait toujours forcé.»

À la place, les Undertones se concentrent sur des chansons d’amour, des flirts adolescents. La vraie rébellion.

John pose:

«Teenage Kicks est juste une chanson pop. Je ne pense pas que ce soit une grande chanson mais elle capturait un sentiment d'excitation et de simplicité. Je m'identifiais à la solitude adolescente des chansons Doo Wop que j'aimais beaucoup. Je savais que l'univers qu'elles dépeignaient, ces ados américains dans des diners, qui faisaient des courses de motos et rompaient avec leurs copines, ça n'existait pas vraiment. Mais comparé aux horreurs qui se déroulaient en Irlande, c'était réconfortant.»

S’ils n’abordent pas le conflit, c’est donc aussi pour s’en extraire, penser à autre chose. Après des enfances heureuses, la vie des membres du groupe s’est bien assombrie, comme celle de tous leurs semblables, à l’orée des Troubles.

« Dès 1969, l’atmosphère est devenue beaucoup plus tendue, relate Damian, de sa voix douce. Puis ça a empiré. Surtout après Bloody Sunday. Tu ne pouvais plus aller en ville sans te faire fouiller. Un anneau d’acier entourait la ville, parce qu’il y avait des bombes plantées ça et là par l’IRA. Ma mère a commencé à toujours s’inquiéter de là où on allait.»

Pour Billy, le jour où l’obscurité a envahi son existence est un souvenir très précis. L’air grave, il raconte :

« Ma mère et moi faisions les magasins dans le centre, j’avais besoin d’un nouveau pantalon. Je devais avoir 13 ans. Ce gang catholique de dix catholiques avait tendu une embuscade à un protestant. Ils l’ont battu très violemment. Sa copine a essayé d’intervenir et ils lui ont mis des coups de pieds. C’était un truc que tu aurais vu quand les nazis persécutaient les juifs. Ce gars a essayé de se cacher dans un magasin mais ils l’ont mis dehors. Ma mère était traumatisée. Ça m’a beaucoup choqué de la voir comme ça. C’est là que j’ai pris conscience de la violence des divisions.»

Pour échapper à ça, les Undertones tentent de faire abstraction. À Derry, on se souvient de l’été 77 comme deux mois inhabituellement chauds et secs. Les O’Neill roulaient souvent jusqu’au plages du Donegal, à 15 minutes, au son des Beach Boys et de Creedence Clearwater Revival. Loin de la guerre. Plus souvent, l’échappatoire se fait par des parties de foot endiablées. Puis surtout par la musique.

« Jouer dans un groupe était une manière d’échapper à ce qui se passait autour de nous, pense-John. C’était une manière positive de passer le temps, mieux que de participer aux émeutes. C’est important que durant un conflit, l’imagination garde son espace et son intégrité. L’écrivain et activiste Eamonn McCann a décrit nos chansons comme ‘du beau bruit dans un endroit laid.’ Ça m’a toujours plus.»

Pintes de Guinness et tolérance religieuse

Si Derry, son centre aux rues pavées et ses remparts, n’est pas vraiment laide, l’endroit où les Undertones se sont faits les dents, Damian O’Neill le qualifie bien de "minable". "La Casbah, développe-t-il, c’était un ancien pub qui avait sauté et avait été reconstruit avec des matériaux qu’on voit sur des chantiers, des trucs temporaires. Les gens qui y allaient étaient des genres de hippies. Il y avait seulement des groupes heavy. Qu’on y joue, c’était un miracle." Micky Bradley, le bassiste des Undertones ajoute : "Sur un an et demi, c’est devenu presque chez nous. On était un des groupes résidents. On connaissait presque tout le monde : le patron, les serveurs. Chaque soir, c’était génial."

Damian enchaîne :

« La première fois qu’on y a joué, en Avril 77, Billy mettait des coups de pieds dans sa batterie, à la Keith Moon. Un jour j’ai pogoté avec ma guitare et mon pied s’est bloqué dans un morceau de bois. Il y avait 3 mètres en dessous donc j’aurais pu mourir. Une autre fois notre chanteur, Feargal, a fait tout le concert avec un sac en papier sur la tête. On faisait ces trucs débiles que les groupes punks faisaient.»

Très underground, la Casbah permet aux Undertones de s’entraîner face à un public réel, entre deux pintes de Guinness et dans de discrètes effluves de marijuana. Sans pression, sans personne pour écrire de critique et avec un petit noyau de fans s’épaississant de jour en jour.

the-casbah-pic-unknown.jpg (c) Damian O'Neill

Plus que le lieu qui a fait des Undertones un "vrai groupe", la Casbah est aussi un havre de tolérance religieuse. Micky explique : " La Casbah était à côté d’un check point, mais c’était un endroit très neutre. Personne ne te demandait ce qu’était ta religion. La plus grosse différence c’était entre les punks et les hippies." Ainsi, c’est là que les Undertones rencontrent pour la première fois des protestants. Ceux de leur ville, des gamins qui aimaient les guitares, portaient des jeans droits et des vestes en cuirs. Pas des treillis et des armes automatiques au bout des bras.

Damian sourit :

« C’était ce qui était génial dans le punk et dans le fait de jouer là: pouvoir enfin rencontrer des gens d’une autre religion. Il y avait un gars, Monty Montgomery, dont le père était dans l'Ordre d'Orange (organisation protestante qui prit part aux combats, ndlr). Mais lui s’en foutait de ces conneries. Il était dans le punk à fond. C’était difficile pour lui de venir parce qu’il aurait pu se faire rouer de coups, mais il était courageux. On est devenu amis donc il venait même à la maison.»

De l'éducation et de la chance

Inviter un gars de la rive d’en face en plein milieu du conflit, pas tout le monde ne l’aurait fait. Mais les Undertones était un groupe pacifiste.

«Ça vient d’abord de notre éducation, estime-Billy. Mon père a été désavantagé toute sa vie parce qu’il était catholique. Socialement, économiquement, au niveau de l’éducation. Mais il n’a jamais pris les armes. La vie de ses parents était pire. Mais eux non plus. J’ai toujours admiré ça.»

Ainsi, les Undertones n’ont jamais choisi le chemin de la violence, préférant admirer John Hume, l’homme qui a toujours recherché une solution pacifique et fut récompensé d’un prix Nobel de la Paix pour son rôle dans les accords du Vendredi Saint en 1998. Cette position, Billy, l’explique par un deuxième facteur : durant les Troubles, les familles proches des membres des Undertones sont épargnées. Même si la mort n’était jamais bien loin.

« Un jour, la British Army a tiré sur mon père, révèle Damian O’Neill. Juste à l’extérieur de chez nous, alors qu’il parlait à un voisin. Les balles l’ont loupé de quelques centimètres. Les soldats étaient pleins de ressentiments envers les catholiques. Mais la plupart étaient des gamins qui avaient très peur et ne voulaient pas être là. Alors parfois ils décidaient de nous faire peur. Ça arrivait.»

Pour Billy Doherty, la chance a donc un rôle clef dans le pacifisme des Undertones. Il grimace : " Mon attitude aurait pu changer si ma mère avait été tuée ou que la British Army avait tirée sur ma sœur. Je peux comprendre la révolte des ceux qui n qui perdaient un proche. Être catholique en Irlande faisait de toi une cible pour le gouvernement et les institutions."

Cette chance, beaucoup ne l’ont pas eu. D’autres l’ont ignorée. Le visage fermé, Micky révèle : "Des amis de l'école ont vite pris part aux émeutes. Certains ont rejoint l'IRA. Certains sont morts." Tout aussi froidement, Damian ajoute : "Deux amis ont été tués, un que j'ai connu au primaire, l'autre au collège." Pacifistes, les Undertones ne peuvent pas non plus être neutres. Parmi leurs amis, certains sont faits prisonniers politiques. Billy assure que " ces gars normaux" recevaient les disques des Undertones en avant-première, avant les magasins.

Des disques dont la jaquette, entre autres symboles, comporte toujours un petit drapeau irlandais. Plus fort encore, en 78, le groupe pose devant le mur de Free Derry, haut lieu de la résistance républicaine, à l’entrée du Bogside. Michael Bradley esquive : " Les touristes s’y prennent en photo aujourd’hui. Ce n’était rien de plus que si un groupe parisien s’affichait près de la Tour Eiffel." Si Damian O’Neill assure que le côté politique du cliché était involontaire, il admet un possible statement inconscient.

«On était fiers de venir du Bogside et de Creggan, ajoute-t-il. On a joué sur le fait d’être Irlandais. On faisait toujours en sorte que lorsqu’on faisait des interviews, c’était marqué Derry, pas Londonderry (le nom donné à la ville par les irlandais celtiques contre le nom officiel de l’establishment britannique, ndlr).»

Impossible d’échapper totalement au poids de la guerre, même pour des pacifistes. En tournée, puis carrément basés à Londres, les Undertones découvrent un style de vie bien loin de ceux de leurs voisins au pays. Mais les Troubles finissent toujours par les rattraper. Lors de 5 dates au Marquee, club mythique d’Oxford Street, tout le monde vient voir l’escouade nord-irlandaise. Bob Geldof est là, mais aussi un certain Jake Burns. Né à Belfast, il est le leader de Stiff Little Fingers, groupe d’Ulster punk, politiquement à l’opposé de l’entourage des Undertones. Pourtant, le chanteur accoste tout sourire John O’Neill et Billy Doherty. Le dernier grince des dents :

«Il pensait qu’on ferait copain copain. Mais John et moi l’avons bougé. On l’a questionné sur ce qu’il voulait dire dans ton titre Alternative Ulster. Il n’a pas su répondre. Parce qu’il n’écrivait pas les chansons. Donc on lui a dit : 'quoi ? Tu chantes n’importe quoi sur les Troubles à Derry et Belfast et tu t’en fous ?' Pour nous, ils exploitaient la situation en Irlande-du-Nord. On voulait qu’il parle de la situation, des horreurs. Mais il n’en fut rien. On lui a fait peur. Ça chauffait alors il s’est barré.»

Aujourd’hui, Billy regrette un peu son attitude. Il aurait du la jouer plus cool, être moins dans la confrontation. Facile à dire en temps de paix – relative – plus difficile à mettre en œuvre en plein conflit.

Une Irlande unie

Quarante ans après leur éclosion été 77, les Undertones jouent encore et finissent toujours leurs concerts sur Teenage Kicks. Leur positionnement politique tend vers le même but : la réunification de l’Irlande. Billy précise : " C’est ce que j’ai toujours voulu, mais ça ne doit pas se faire par les armes. Pas comme l’IRA. Il faut que ce soit un consensus."  Démographiquement, la partition de 1921 montrait que les six comtés d’Irlande-du-Nord étaient peuplés d’une majorité de protestants. Ce qui est toujours le cas et l’inverse du sud.

« Je suis en faveur de l’union, mais ça doit être une union socialiste, conclue-John. La communauté loyaliste, qui veut rester Britannique, est un grand obstacle. Elle pense qu’elle est intrinsèquement Britannique. Tout ce qui affaiblirait le lien avec les Britanniques serait anti-protestant. Ce qui est des conneries.»

Que faudrait-il donc aux deux communautés pour " s’aimer ", comme le réclame Billy Doherty ? Peut-être, déjà, mettre en lumière tout ce qu’elles ont en commun. Comme leur amour de la même musique et des Undertones, groupe qui transcendent les divisions, comme l’atteste un épisode de 1980, raconté par Billy : " On avait signé, on avait fait Top of Pops. Je marchais vers chez John et une patrouille nous arrête pour qu’on leur donne nos noms, nos adresses, nos jobs. On leur a dit qu’on était musiciens." Le batteur sourit et reprend en imitant un accent anglais condescendant : " Regarde, mate, on a des musicos ! Alors comme ça tu joues dans un groupe ? C’est quoi le nom ?" Billy répond : "The Undertones". Le soldat explose : "Wow mate, comme Jimmy Jimmy ?" Ses camarades, excités, commencent à encercler le groupe.

Billy conclue :

« En principe, quand la British Army encerclait quelqu’un, c’était drapeau rouge : ces mecs vont se faire arrêter. Mais tous ce qu’ils voulaient, c’était des autographes. Ils avaient le même âge que nous, ils venaient du même milieu social. C’était des gars normaux.»

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Les 5 albums à absolument écouter cette semaine

Ariel Pink - Dedicated to Bobby Jameson

Trois ans après l'épatant Pom Pom (et un EP partagé avec la belle Weyes Blood), Ariel Pink est enfin de retour, troquant ses cheveux blonds peroxydés pour un noir corbeau. Le Californien nous présente un onzième ouvrage dans la digne lignée de son répertoire de pop zinzin et géniale à la fois. Il rend ici hommage à Bobby Jameson, songwriter de L.A. qui après avoir connu une courte heure de gloire dans les années 60 plongera dans un oubli abyssal (avant de refaire un retour discret en 2007 avec une autobiographie en ligne). Fasciné par ce loser magnifique, Ariel Pink se lance à coeur perdu dans un récit initiatique : "On suit le protagoniste affrontant une flopée d'épreuves et déboires de la vie, la première le voit renaître d’entre les morts". C'est donc par la fin que commence ce disque de 14 titres savamment ponctué de distorsions et d'échos, et qui se révèle comme un rêve délirant imaginé par un gars ultra-sensible.

Disponible sur Apple Music

Angus & Julia Stone - Snow

Si le célèbre producteur californien Rick Rubin (Run DMC, Beastie Boys) a réussi à les réunir (après des années de brouille) et les faire groover comme jamais sur leur précédent disque éponyme, Angus et Julia s'émancipent à présent de leur mentor pour composer en ermite cet album définitivement plus personnel et intime. Composé chez eux, dans la campagne australienne (côte Est de Byron Bay), cet ouvrage est né d'une collaboration étroite entre le frère et la sœur. Réunis sous les étoiles, ils pilotent 11 chansons d'amour sublimes, comme deux danseurs sur la piste. On entraperçoit leur âme de hippie à travers leurs mélodies nomades et de poétiques paroles. A écouter en boucle.

Disponible sur Apple Music

Francobollo - Long Live Life 

Paru discrètement à la mi-juillet, le premier album de ces Suédois exilés à Londres mérite amplement qu'on s'y attarde, voir qu'on y plonge la tête la première en la secouant dans tous les sens. Produit par le fameux producteur Charlie Andrew (Alt J, Nick Mulvey, Bloc Party), Long Live Life fait appel à des guitares furieusement punk, des voix rigolardes et des refrains de pop jouissive, comme le fameux "Good Times !"Un arrière-goût de grandes vacances qui n'est pas pour nous déplaire. En concert le 17 novembre au Supersonic (Paris)

Disponible sur Apple Music.

Mdou Moctar - Sousoume Tamachek

Abandonnant les boites à rythmes et autres effets auto-tune, le guitariste touareg revient avec un disque beaucoup plus sincère, s'éloignant de ses débuts assez kitsch. Enregistré en studio à Portland (EU), il y joue tous les instruments et assure également les chœurs. Avec une guitare sèche comme seule compagne (ou presque), le voilà déroulant le fil d'une aventure intime et de thèmes tels que "la religion, la spiritualité et les peines de coeur". Un disque concis (8 pistes seulement) mais entier, et qui saura vous réchauffer tout au long de cet automne.

Disponible sur Bandcamp

Micah P. Hinson - Presents The Holy Strangers

Révélé en 2004 avec son élégant disque inaugural Micah P. Hinson and The Gospel Of Progress, le songwriter de Memphis est de retour avec un ouvrage en forme "d'opéra folk moderne" et enregistré entièrement en version analogique au Texas. Mêlant habilement folk grinçante et americana poussiéreuse, Micah P. Hinson signe ici un ouvrage à la hauteur de son talent, et racontant l’histoire d’une famille en temps de guerre. De la naissance, au mariage, des enfants à la trahison, de la guerre au suicide, tous les dégradés de la vie y sont illustrés avec brio et font de The Holy Legends un disque de chevet promettant des nuits agitées. A ne pas manquer en concert : le 12 octobre à Mouscron / Roubaix (Belgique), le 16 octobre à Paris (Point éphémère), le 18 octobre à Bordeaux (Rock School Barbey) et le 22 octobre à Dijon (Consortium).

Disponible sur Apple Music

Les Inrocks - musique

Radiohead annonce une collaboration avec Hans Zimmer

Comme le rapporte la BBC, Thom Yorke et Hans Zimmer viennent d’enregistrer un remake du morceau Bloom - figurant sur l'album de Radiohead, The King of Limbs (2011). Rebaptisé pour l’occasion, (ocean) Bloom, cette nouvelle version du titre sera disponible le 27 septembre prochain, en même temps qu’un teaser de 5 minutes du documentaire, et apparaîtra sur la bande originale de Blue Planet II, réalisé par David Attenborough.

Pour cette reprise, où Thom Yorke a enregistré de nouvelles paroles, il s’est entouré de l'orchestre de la BBC, et du compositeur Hans Zimmer. À propos de ce dernier, le leader de Radiohead a déclaré dans un communiqué de presse : “ Hans est un compositeur prodigieux qui arrive sans effort à superposer plusieurs genres musicaux, c’était libérateur pour nous de travailler avec un tel talent et de voir comment il assemble la musique de la série et Bloom. “

Une chanson originale inspirée par le premier opus du documentaire : “Blue Planet“

Déjà en 2011, l’enregistrement original de Bloom, s’inspirait de la série Blue Planet ; comme le confirmait Thom Yorke. Une initiative que Hans Zimmer – via le même communiqué – s’est chargé de louer : “ Il se trouve que Bloom a été écrit en avance sur son temps en renvoyant aux formes de vie impressionnantes et aux paysages marins que voient les spectateurs dans Blue Planet II “ ; avant d’ajouter que sa collaboration avec Radiohead a été “merveilleuse“ et lui a “ donné une vision intéressante de leur monde musical “.

Blue Planet 2 airs on the BBC on the 27th of September 2017 Note it in your diary ❤???? #Blue #Planet #2 #Planet #Earth #Natural #World #Animal #Animals #WildLife #Sea #Ocean #Water

A post shared by Blue Planet 2 / Planet Earth 2 (@blue.planet.2) on Sep 14, 2017 at 9:09am PDT

Concernant le documentaire Blue Planet II, la BBC a précisé que l’on pourrait y voir des “créatures“ jusque là encore “jamais filmés“, comme une nouvelle espèce de crabe au corps recouvert de poil, en plus d’autres découvertes scientifiques récentes.

De son côté, Radiohead publiait récemment son tout nouveau clip, Lift. Une vidéo “magique“ réalisée par Oscar Hudson, que vous pouvez revoir via ce lien.

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