Actu 28

26 octobre 2017

Plus besoin d’attendre les encombrants !

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Actualités

Mise à jour d’une vaste opération espagnole de pêche aux ailerons de requin à São Tomé et Príncipe

Mise à jour d’une vaste opération espagnole de pêche aux ailerons de requin à São Tomé et Príncipe

Les autorités de São Tomé intentent une action en justice au sein de l’UE

Le 5 septembre, le palangrier espagnol Baz était arraisonné dans les eaux territoriales de São-Tomé-et-Príncipe, état insulaire d’Afrique centrale, par la garde côtière et les inspecteurs des pêches de São Tomé, soutenus par les autorités gabonaises et l’équipage de Sea Shepherd au cours d’une opération conjointe appelée Opération Albacore.

Le Baz arraisonné par des garde-côtes et des inspecteurs des pêches de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd
Le Baz arraisonné par des garde-côtes et des inspecteurs des pêches de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Le palangrier détenait un permis pour pêcher "des thons et espèces similaires", or l'inspection de ses cales a révélé qu'il avait presque exclusivement capturé des requins, principalement des requins bleus, une espèce considérée comme “quasi-menacée” selon l’UICN, mais également des requins-taupe bleu, classés comme "vulnérables" ; catégorie précédant "en danger". De nombreux ailerons avaient déjà été séparés des corps, une violation présumée du règlement de l’Union européenne 1185/2003 et de l’amendement 605/2013 relatifs à l'enlèvement des ailerons et exigeant que les requins soient débarqués avec leurs ailerons naturellement attachés au corps.

Les mâchoires de requin s’alignent sur le pont du Baz alors que le Bob Barker arrête le navire pour inspection. Photo Tara Lambourne/Sea ShepherdLes mâchoires de requin s’alignent sur le pont du Baz alors que le Bob Barker arrête le navire pour inspection. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Il se trouvait presque deux fois plus de requins que de thons à bord du Baz, le navire transportant 62 730 kilogrammes de requins bleus et 6 242 kilogrammes de requins-taupe bleue, pour 36 943 kilogrammes de thons obèses et 5 387 kilogrammes de thons jaunes.

Les avançons, qui sont les segments en monofilament qui soutiennent les hameçons, ont été renforcés à l'aide de fils d'acier, augmentant de ce fait les soupçons de ciblage spécifique des requins par l'équipe du Baz en lieu et place du thon. Les avançons en acier sont employés afin que les requins ne mordent pas la ligne de pêche et s'échappent.

On a également retrouvé à bord des poissons éviscérés et transformés, en infraction à la législation de São Tomé relative à la pêche en l’absence de demande d’approbation préalable, laquelle n’a pas été obtenue par le Baz.

Le capitaine espagnol du Baz avec des ailerons de requins provenant de la cale à poisson. Photo Tara Lambourne/Sea ShepherdLe capitaine espagnol du Baz avec des ailerons de requins provenant de la cale à poisson. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Sacs d’ailerons de requins, preuve de l’infraction à la réglementation européenne. Photo Tara Lambourne/Sea ShepherdSacs d’ailerons de requins, preuve de l’infraction à la réglementation européenne. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

À peine plus d’une année plus tôt, en août 2016, les autorités de São Tomé, qui opéraient de nouveau à bord du Bob Barker de Sea Shepherd, avaient arrêté un palangrier espagnol, l’Alemar Primero, Il avait à son bord 87 tonnes de requins et d’ailerons de requins. En conséquence, le navire avait été saisi, avant d’être relâché au bout de trois semaines, suite au paiement d’une amende pour diverses infractions sans rapport avec la pêche aux ailerons de requin; en effet, bien qu’elle tombe sous le coup de l’interdiction européenne, cette pratique n’est pas encore expressément interdite par la législation nationale de São Tomé.

"Le ministère de la Pêche de São Tome a déposé une plainte auprès de la direction générale des Affaires maritimes et de la pêche de l’UE (DC MARE) pour initier des poursuites relatives à l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins. Curieusement, aucune action conséquente n’a cependant été engagée en Espagne, pays d’immatriculation du navire, le principe non bis ne idem servant de prétexte, des peines ayant prétendument été infligées à São Tomé, bien qu’il ne s’agisse pas de peines pour pêche aux ailerons de requins" a déclaré Peter Hammarstedt, directeur de campagne de Sea Shepherd.

Le 10 octobre 2017, le ministère de la Pêche de São Tomé a émis un avis d’infraction aux règles de pêche à l’égard de l’armateur du navire espagnol et déposé auprès de la Commission européenne une demande d’enquête sur la violation de l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins.

Arraisonnement du Baz par la garde côtière de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea ShepherdArraisonnement du Baz par la garde côtière de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Aux yeux de Sea Shepherd, l’abordage et l’inspection du Baz donnent à l’Espagne, état du pavillon, l’occasion de maîtriser enfin les activités criminelles de sa flotte de palangriers.

"La responsabilité de poursuivre l’Alemar Primero pour violation de l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins incombait aux autorités européennes ; en s’y soustrayant, elles ont nourri au sein de la flotte de palangriers espagnole le sentiment de pouvoir poursuivre en toute confiance la pêche au requin dans les eaux santoméennes, en infraction à la réglementation européenne en matière de conservation," a déclaré Peter Hammarstedt. "À la DG Mare européenne de montrer l’exemple en se chargeant du Baz. S’il n’est pas sanctionné par l’Espagne, son pays d’immatriculation, justice ne sera pas rendue pour São-Tomé-et-Príncipe et l’interdiction européenne de l’enlèvement des ailerons des requins restera lettre morte."

L’Opération Albacore

En 2016, Sea Shepherd s’est associée avec le gouvernement gabonais pour la première Opération Albacore. Cette campagne s’est soldée par plus de quarante inspections en mer de bateaux de pêche et par la saisie conséquente de trois chalutiers congolais pratiquant la pêche INN ainsi que d’un palangrier espagnol. L’Opération Albacore a repris le 5 juillet 2017, lorsque le Bob Barker a rejoint le Gabon.

En septembre, São-Tomé-et-Príncipe a rétabli son association à l’Opération Albacore, dépêchant deux marins et un observateur des pêches qui ont rejoint l’équipage de Sea Shepherd, les membres de la marine nationale du Gabon et les agents gabonais des Pêches (ANPA) à bord du M/Y Bob Barker, afin de repérer et de contrecarrer la pêche INN dans le golfe de Guinée.

La campagne a pour objet d’amplifier les mesures de suivi, de contrôle et de surveillance existantes, de repérer et contrecarrer toute activité de pêche INN ainsi que de vérifier que les exploitants détenant une licence de pêche respectent la législation. Tout au long de la saison de pêche au thon 2017, la marine nationale et l’ANPA sont restés en poste sur le Bob Barker, patrouillant dans les eaux territoriales du Gabon en collaboration avec l’équipage de Sea Shepherd.

L’Europe a adopté cette interdiction de l’enlèvement des ailerons de requins dans un objectif de conservation, afin de s’assurer que les carcasses de requins ne soient pas rejetées en mer pour gagner de l’espace où entreposer les ailerons, plus profitables, ce qui conduirait à tuer bien plus de requins qu’en l’absence de cette mesure. Le nombre des requins mis à mort pour répondre à la demande asiatique d’ailerons, ingrédient de la soupe aux ailerons de requins, ne cesse de croître. Un tiers des espèces de requins fait l’objet d’une surpêche assez importante pour les menacer d’extinction.

Le Baz arraisonné par des garde-côtes et des inspecteurs des pêches de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea ShepherdLe Baz arraisonné par des garde-côtes et des inspecteurs des pêches de São Tomé et Príncipe. Photo Tara Lambourne/Sea Shepherd

Sea Shepherd News - Sea Shepherd FR

Fêtez Halloween à l'AgglOcéane

<p>Avez-vous déjà vu une sorcière, un vampire et un zombi nager ensemble ? Alors ne manquez pas cette occasion en venant célébrer Halloween, à l'AgglOcéane de Saint-Rémy-sur-Avre, le 31 octobre.</p>

Actualités

Trois raisons de jouer à "Enterre-moi, mon amour" sur votre mobile (plutôt qu'à "Candy Crush")

Depuis 2011, plus de cinq millions de Syriens – près d’un quart des habitants – ont quitté leur pays en raison de la guerre civile qui le ravage. Après un énième bombardement de Homs en septembre 2015, Nour décide à son tour de tenter l’aventure en Europe. Cette jeune Syrienne est l’héroïne fictive d’Enterre-moi mon amour, un jeu vidéo interactif sur smartphone développé par le studio français The Pixel Hunt. Une manière ludique et intelligente de s’intéresser au sort des réfugiés, trop souvent déshumanisés et réduits à de simples chiffres. Vous en doutez ? Pop Up’ vous explique pourquoi Enterre-moi, mon amour est un jeu important.

C’est instructif sans être prise de tête

Nous sommes le 4 mars 2016. Sur votre téléphone portable, vous recevez une photo (sous la forme d'une jolie illustration). C’est Nour, votre épouse qui s’apprête à quitter son pays, la Syrie. Pas rassurée, elle s’inquiète de ne pas voir arriver son chauffeur au point de rendez-vous. A vous de lui redonner confiance, ou, au contraire, de lui faire part de vos craintes. Vous voici dans la peau de Madj, son époux, contraint de rester en Syrie pour veiller sur le reste de votre famille.

Enterre-moi, mon amour est une fiction interactive qui se joue via une messagerie instantanée de type WhatsApp. Une interface simplissime qui vous place dans la peau de l'interlocuteur privilégié du personnage. Votre mission : la rassurer, la conseiller, l’informer et l’aiguiller au mieux dans son voyage, avec des réponses qui vous sont suggérées.

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La première étape de ce voyage qui doit la mener en Allemagne est Beyrouth, la capitale libanaise que Nour doit rejoindre en taxi afin d’embarquer pour la Turquie. Mais évidemment, les choses ne se déroulent pas comme prévu. Entre passeurs malveillants, polices locales zélées, bombardement et champs de mines, Nour va devoir éviter tous les écueils qui vont se présenter sur sa route. Pour mesurer l'avancement de son voyage, vous pouvez à tout moment consulter une carte vous indiquant où elle se trouve et le chemin qu’elle a parcouru. Conseiller téléphonique, vous êtes aussi son Google, qui l'informe des situations plus ou moins tendues dans les pays qu'elle traverse ou de la meilleure façon de réaliser une amputation.

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Quelques notes (sommaires) vous donnent des précisions sur les lieux où Nour est passée, comme le camp de Zaatari en Jordanie, dans lequel Nour séjourne une nuit. Ouvert en 2012, ce camp accueille en moyenne 80 000 réfugiés syriens, mais en a compté jusqu’à 200 000 au cours de l'été 2013. Les descriptions que Nour fait à Madj de ces quelques heures passées au sein de ce camp où l’on vit entassés, sans eau potable ni électricité, donnent une idée du quotidien de ces gens parqués depuis des années.

Car Enterre-moi mon amour n’invente rien. Les lecteurs assidus du monde.fr auront sûrement reconnu ce Grand format qui racontait le "Le voyage d’une migrante syrienne à travers son fil WhatsApp" en 2015. Le récit commençait par les mots d’une mère à sa fille : "Enterre-moi, mon amour". Cette expression, qui en arabe signifie : "Je t’aime, donc je veux mourir avant toi", est employée au moment de quitter des gens auxquels on tient. Plus qu'une inspiration pour le studio, qui a choisi de nommer les deux protagonistes de cette histoire conseillères éditoriales sur le jeu.

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Ça humanise "les migrants"

Hormis le défi de nous faire vivre en temps réel les difficultés auxquelles sont confrontés les migrants qui tentent de fuir leur pays, Enterre-moi, mon amour réussit quelque chose que peu de documentaires ont montré jusqu’à présent. Nour et Madj sont comme nous. Avant d’être des Syriens en détresse, c’est un couple de jeunes adultes qui, en dépit de la gravité de la situation, plaisantent, font des selfies et utilisent les emojis pour faire passer leurs émotions.

Enterre-moi, mon amour est un jeu qui parle "de ce que ça signifie de devoir laisser derrière soi ses proches et ses biens, et de la difficulté de se faire une place dans un endroit où vous n’êtes pas le bienvenu" explique Florent Morin, son game designer à Polygon. "On aimerait que les joueurs réalisent qu’ils ont plus en commun avec ces deux jeunes Syriens qu’ils ne pourraient le penser" ajoute-t-il. C'est franchement réussi.

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Ce n’est pas un jeu chronophage

A moins de vouloir accélérer les choses (les préférences de réception des messages sont paramètrables), vos conversations avec Nour se déroulent en temps réel. Ainsi, il peut s’écouler près d’une journée avant que vous ne receviez de ses nouvelles, faute de réseau, de batterie sur son téléphone portable… ou simplement parce que Nour est occupée.

Ainsi, pour un périple d’une quinzaine de jours, comptez tout autant pour boucler le jeu, avec plusieurs sessions de quelques minutes uniquement par jour. Un jeu volontairement non chronophage, qui laisse au jouer le temps de réfléchir. Vous vous surprendrez même à ouvrir l’application après des heures d’inactivité, pour être certain de n’avoir pas raté un message important de Nour.

On reproche souvent aux jeux vidéo leur côté addictif et trop prenant. Enterre-moi, mon amour n’est pas de ceux-là, mais risque néanmoins de vous hanter longtemps après l’avoir terminé. Notez que dix-neuf fins différentes sont accessibles. Elles varient selon le moral de Nour, son budget et sa relation avec Madj. Le jeu est disponible en français et en anglais, mais également en allemand, en espagnol et en italien.

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Enterre-moi, mon amour est disponible au téléchargement sur IOS et Android depuis le 26 octobre pour 3,49 euros. Une introduction de 20 minutes racontant le quotidien de Nour avant son départ est accessible sur le site d'Arte et le jeu sera jouable sur le stand de l’éditeur lors de la Paris Games Week, porte de Versailles, du 1er au 5 novembre prochain.

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